Jean Suret-Canale

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Jean Suret-Canale
Jean-suret-canale-72.jpg
Jean Suret-Canale en 1972.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
GirondeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Victor Suret-Canale (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Michel Suret-Canale (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique

Jean Suret-Canale, né le , mort le , est un géographe français, historien de l'Afrique, homme de lettres, militant communiste, résistant, anticolonialiste et spécialiste de l'Afrique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Suret-Canale est né de Victor Suret-Canale (1883-1958), un graveur sorti de l'École nationale des arts décoratifs et de Thérèse Suret-Canale, peintre, initiée tout d'abord en Allemagne puis à l'Académie Julian à Paris.

Brillant élève au lycée il obtient une bourse de la Ligue Maritime et Coloniale pour visiter les colonies françaises du Dahomey (Bénin) en 1938 et de l'Indochine en 1939.

Revenu en France il continue ses études de géographie, est emprisonné pour activité antiallemande puis participe à la Résistance dans les FTP de 1940 à 1944 dans le sud du Massif central tout en continuant ses études. Pendant cette période, il rencontre sa femme, Georgette Lamargot, engagée dans la Résistance comme courrier, une journaliste, écrivain et poète féministe, dont il aura trois enfants.

Agrégé de l'Université de Paris (1946) en géographie il est nommé au lycée Van Volenhoven à Dakar où il ajoute à son enseignement officiel la préparation d'élèves de l'École William Ponty au baccalauréat et la participation aux groupes d'études marxistes. Cet ensemble d'activités lui vaut d'être expulsé par le Gouverneur. De retour en France, il enseigne en particulier à Laval où il publie divers articles d’intérêt local et participe activement à la vie du Parti communiste.

La Guinée étant devenue indépendante à la suite du référendum de septembre 1958, il s'y rend dès que possible et est nommé d'abord à Conakry (Lycée classique) puis à la tête du l'Institut national de recherches et documentation qui comprend Musée, Archives et Bibliothèque nationales et qui hérite les biens du centre local IFAN. En 1962 il est nommé directeur de l'École normale supérieure Kindia.

En 1963, menacé d'être déchu de la nationalité française, il doit retourner en France.

Il occupe divers postes en France et en Algérie tout en continuant de publier des articles et des livres.

Il publie en 1958, Afrique Noire, regard critique sur le monde colonial.

Sa thèse de doctorat Afrique et capitaux, soutenue à la veille de la retraite, regroupe des données issues de trente années au moins de recherche.

Il prit une retraite en Périgord lieu de son activité résistante pendant l'occupation.

Ce dessin représente Jean Suret-Canale en 1985, date à laquelle il a été réalisé à la sanguine par son fils cadet Michel. Ce portrait était accroché dans son bureau.

Il meurt à La Roquille (Gironde) le 23 juin 2007.

Toute sa vie Suret-Canale a continué son activité au Parti communiste français, bien que très critique envers son leader Maurice Thorez. À la suite de la mort de Staline et de Thorez, Suret-Canale devient un des fondateurs du « Centre d'études et de recherches marxistes » (C.E.R.M.) en 1960, qui est parmi les centres les plus connus pour développer les théories marxistes sur le mode de production asiatique, et qui sera ensuite adopté par les mouvements de libération dans le Tiers-Monde[1]. Il sera pendant quelques années membre du Comité Central du PCF, bien qu'il ait critiqué plusieurs fois le Bureau politique[2]. En dépit de son activité militante et de son approche marxiste de l'Histoire, Jean Suret-Canale savait, selon Daniel Rivet, « disséquer d’aussi près le passé que ses collègues néo-positivistes et avec les mêmes outils d’investigation »[3].

Il est resté engagé politiquement et a écrit de façon occasionnelle des articles pour le journal L'Humanité[4].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Afrique Noire occidentale et centrale, t. 1 : Géographie, civilisations, histoire, Paris, Éditions sociales, , 288 p.[5]
  • Afrique Noire — L'ère coloniale (1900-1945), Éditions sociales, 1961, 637 p.[6]
  • avec Djibril Tamsir Niane. Histoire de l'Afrique Occidentale, 1961.
  • Afrique Noire occidentale et centrale, t. 2, Paris, Éditions sociales (réimpr. 1964 et 1971) (1re éd. 1962)
  • La République de Guinée, Paris. Editions sociales, 1970[7].
  • Afrique Noire : de la décolonisation aux indépendances, Paris, Éditions Sociales,
  • Afrique Noire, Géographie, Civilisation, Histoire, Éditions Sociales, Paris, 1973.
  • Essais d'histoire africaine : de la traite des Noirs au néocolonialisme, Éditions sociales, Paris, 1980 (recueil de textes)

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Les Groupes d'études communistes (G.E.C.) en Afrique Noire
  • Etablissement industriel guinéen.
  • La Guinée dans le système colonial, Présence africaine, 29 (Dec. 1959-Janv. 1960).
  • Notes sur l'économie guinéenne
  • La Guinée face à son avenir, Nouvelle revue internationale, 9 février 1966.
  • La fin de la chefferie en Guinée, Journal of African History, 7, No. 3. 1966.
  • Découverte de Samori. Cahiers d'études africaines. 1977 (17)66: 381-388.
  • Tableau économique de la Guinée, Bulletin d'Afrique noire, 10 janvier 1966.
  • Touba, haut-lieu de l'Islam en Guinée
  • Contribution à Pays du Sahel, éditions Autrement, Paris, 1994 (ISBN 2-86260-459-3) (ouvrage collectif dirigé par Joël Vernet)
  • Contribution à l'ouvrage le Livre noir du capitalisme, 1997.
  • Revue guinéenne : Recherches africaines

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Shlomo Avineri, Varieties of Marxism, Springer, (ISBN 9024720249), p. 337, 339, 348, 363-364
  2. Radio Free Europe Research, 11 janvier 1967
  3. Daniel Rivet, Post-scriptum aux souvenirs des années 1960-1980 de Catherine Coquery-Vidrovitch, Afrique & histoire, 2009/1 (vol. 7), p. 321 - 330, (ISBN 9782864325826)
  4. « L’imposture du développement. », (consulté le 17 février 2016)
  5. André Meynier, Jean Suret-Canale. — L'Afrique noire occidentale et centrale. (compte-rendu), Norois, Année 1960, 27, p. 345
  6. Hubert Deschamps, Jean Suret-Canale : Afrique Noire — L'ère coloniale (1900-1945) (compte-rendu), Outre-Mers. Revue d'histoire, Année 1963, 180-181, pp. 542-543
  7. Georges Festinger, Jean Suret-Canale, La république de Guinée, Paris, Éditions sociales, 1970 (compte-rendu), L'Homme et la société, Année 1970, 17, pp. 329-330

Liens externes[modifier | modifier le code]