Francis Delaisi

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Francis Delaisi
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Francis Delaisi (de son vrai nom François-Almire Delaisi[1]), né le à Bazougers (Mayenne) et mort le à Paris, est un écrivain, journaliste, syndicaliste, militant pro-européen et économiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et parcours[modifier | modifier le code]

Francis Delaisi naît le 19 novembre 1873 à Bazougers[2],[3]. D'origine modeste, son père Parfait Delaisi, charron de campagne, est républicain.

Francis Delaisi est envoyé à l'école communale, puis entre comme pensionnaire au lycée de Laval en octobre 1885. Il effectue un parcours scolaire brillant[4]. Il quitte le lycée de Laval, en 1895, pour poursuivre des études à Rennes. Il est aussi un militant socialiste[5].

À la sortie du lycée, il adhère au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane. Delaisi compte parmi les étudiants dreyfusards, dans la ville où s'instruit le deuxième procès d'Alfred Dreyfus. Il s'engage dans le camp dreyfusard avec l'instituteur Francis Leray, traducteur de Pierre Kropotkine.

Il fonde avec Victor Basch[6], Georges Dottin et Henri Sée[7], la section de la Ligue des droits de l'homme de Rennes, dont il est secrétaire. Il agit alors en agent de liaison entre les professeurs et le milieu ouvrier. Il sera aussi actif avec Basch dans l'université populaire[8].

Il est licencié ès lettres. En 1898, il est révoqué de sa bourse[9], et quitte Rennes pour venir poursuivre ses études comme étudiant libre[10] à Paris. Pourvu de son diplôme d'études supérieures d'histoire en 1900, il entre dans le journalisme.

Il se marie[11] le 5 décembre 1902, Paris, 17ème, avec Anna-Eugène Le Rest (1874-1939), de Rennes.

Journaliste[modifier | modifier le code]

Avant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Guerre sociale[modifier | modifier le code]

Il fait une brillante carrière de journaliste entre les deux guerres ; par l'étendue de ses connaissances, son besoin d'apprendre, son talent d'orateur, et d'écrivain. Ses préférences politiques vont vers le socialisme. Il participe au premier numéro, le , du journal La Guerre sociale, de Gustave Hervé. Il publia dans La Guerre sociale des études[12].

À partir de 1906, il collabora en parallèle à divers journaux révolutionnaires sous divers pseudonymes : Z[13],[14] à La Guerre sociale et à L'Action directe ; Crisis à La Révolution ; Cratès[15] à La Vie ouvrière et aux Hommes du jour. Il collabora également à La Grande Revue et à Pages Libres, et à La Bataille syndicaliste à partir d’avril 1911.

En 1907[16], il dénonce à la suite de la seconde conférence de La Haye les illusions des partisans d'une paix par le droit[17]. Observateur, il dénonce la guerre à venir dès 1911 dans ce journal, et il préconise dans son ouvrage en 1911 La guerre qui vient[18] l'opposition unie de la classe ouvrière à toute guerre. Elle peut seule sauvegarder les intérêts du peuple face à une oligarchie industrielle qui a confisqué l'intérêt général à son profit.

Critique de L'Humanité[modifier | modifier le code]

Il critique aussi L'Humanité de Jean Jaurès[19] dont il remet en cause l'indépendance financière[20]. Les faits révélés sont exacts, et seront utilisés par la suite des campagnes antisémites ouvertes ou camouflées.

La Bataille syndicaliste[modifier | modifier le code]

Le procédé utilisé est dénoncé en 1912 par Gustave Hervé qui rompt avec Delaisi, qui rejoint alors La Bataille syndicaliste. Ce départ correspond avec le virage nationaliste[21] de Gustave Hervé à partir de 1912 : Francis Delaisi rejoint la frange de gauche du pacifisme juridique. Avec Émile Pouget et Paul Vigné d'Octon, il refuse de s’associer au manifeste[22] annonçant que La Guerre sociale renonçe à l’antiparlementarisme. Au contraire, il participe très activement à la campagne abstentionniste conduite par la Fédération révolutionnaire communiste à l'occasion des élections municipales de 1912.

Presse syndicaliste[modifier | modifier le code]

Son influence s'exprime dans les études publiées dans La Vie ouvrière[23], organe de la CGT, avant la Première Guerre mondiale. Spécialisé dans les questions économiques, il travaille en relation avec les syndicats révolutionnaires et tout particulièrement avec Alphonse Merrheim. Édouard Sené, son ami, reproche au « Delaisisme » de refroidir les ardeurs révolutionnaires spontanées en soulignant trop la puissance de l’organisation patronale[24]

Il sert d'intermédiaire en 1913 avec le gouvernement de Joseph Caillaux pour acheminer des subventions gouvernementales[25] à La Bataille syndicaliste, en vue d'affaiblir l'influence croissante de L'Humanité, et le poids de la SFIO. Alphonse Merrheim s'y oppose et refuse le procédé le 21 janvier 1913. Néanmoins, des fonds étranges sont toujours injectés furtivement. Alphonse Merrheim et Pierre Monatte[26]demandent à Delaisi de quitter leurs deux journaux après cet épisode.

Son rôle dans cette affaire lui vaut l’inimitié de plusieurs personnalités[27] dont Charles Péguy[28],[29].

Anarchiste[modifier | modifier le code]

Il se rapproche, à la même époque, de la Fédération révolutionnaire communiste[30]. En août 1913, il participe comme observateur au congrès anarchiste national[31].

Ouvrages, œuvres[modifier | modifier le code]

Dans ses ouvrages, il est le pourfendeur des oligarchies financières et des dirigeants de la Banque de France, dont il dénonce en 1910 dans La Démocratie et les financiers le rôle[32]. En 1911, dans Les Maîtres de la France, il dénonce à travers Saint-Gobain, les nouvelles féodalités, puis en 1913, l'international du capital et les profits obtenus par les vendeurs d'armes dans Le Patriotisme des plaques blindées (Krupp, Schneider et Compagnie)[33]. Il dénonce les dysfonctionnements d'une politique internationale dirigée par des industriels, impliqués dans l'industrie d'armement, contrôlant la presse, les gouvernants, et favorisant les attitudes nationalistes.

Il fonde et dirige pendant la Première Guerre mondiale Les orphelins de la guerre, qui réunit environ 450 enfants en 1915[34]

Après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

République syndicale[modifier | modifier le code]

Après l’armistice, il suit la trajectoire de Léon Jouhaux et de la direction de la CGT. Il s’éloigne définitivement de l’anarchisme et après 1919, il évolue vers les milieux réformateurs et défend une république syndicale censée introduire dans le corps politique les capacités techniques pour lutter contre l'influence larvée des intérêts économiques et pour garantir la représentation des « intérêts généraux de tous les citoyens[35]. Il se rapproche des milieux néo-saint-simoniens autour des Compagnons de l'intelligence dont il signe le manifeste en 1920[36] », et où il signe plusieurs articles[37].

Pan-européen[modifier | modifier le code]

Économiste reconnu, il fut reçu par le roi des Belges Albert 1er, et éprouve une amitié réelle avec Anatole France, qui le reçoit souvent.

Homme de gauche, dans Les Contradictions du monde moderne publié en 1925, il détaille l'émergence d'une conscience internationale[38] car l'idée nationale n'est pas une catégorie kantienne ; des solidarités internationales lient entre eux les membres d'un même gouvernement professionnel, dont chacun qu'il le veuille ou non est appelé à penser internationalement du seul fait de la croissance de l'interdépendance économique dans laquelle il agit. Sa vision géopolitique défendue au congrès pan-européen de Vienne en 1926 s'éloigne parfois considérablement du programme de Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi[39].

Voulant séparer l'économique du politique, il porte son espoir sur la Société des Nations, et plus particulièrement deux organismes associés : le Bureau international du travail et la Chambre de commerce internationale. Il défend alors le cartel de l'acier, crée en 1926, qu'il veut voir étendre à d'autres domaines industriels[40]. Déçu par les résultats de la conférence économique internationale de Bruxelles en 1927, il pense que le problème est lié à la pédagogie, et à des idéologies périmées[41]. Militant français pour la SDN[42], participe en 1927 à Berlin au congrès de l'Union des associations internationales de la Société des Nations en tant que délégué de La paix par le Droit[43]. Il y présente un projet de régionalisation de la SDN visant à faire reposer cette organisation sur les solidarités provenant des relations économiques en Europe. Il est l'auteur en 1929 de Les Deux Europes qui fait de lui un pionnier de l'idée européenne dans l'entre-deux-guerres.

De 1927 à 1932, il tient le secrétariat général de la section française de l'Union pan-européenne, puis de l'Union douanière européenne, dont il devient membre du conseil en 1933. Il est proche d'Aristide Briand[44] qui lui confie des missions à l'étranger (Belgique, Allemagne, Pologne, Autriche…). Delaisi présente en 1931 un plan quinquennal européen au Groupement français pour la paix par la SDN. Il est repris sous le nom de plan Delaisi par Albert Thomas au BIT.

Delaisi participe à de nombreux mouvements européens pendant cette période : Paneuropa[45], Union pan-européenne, Coopération européenne, Association française pour la Société des Nations, Union Jeune Europe, Institut d'économie européenne.

Pamphlétaire[modifier | modifier le code]

Pamphlétaire[46], il collabore à la revue Le Crapouillot de Jean Galtier-Boissière dans les années 1930. Il publie en mars 1936 les Mystères de la guerre. Il s'attaque de manière virulente à l'oligarchie financière, aux maître de forges, à la famille de Wendel[47].

Il a repris le slogan du « Trust des deux cents familles » lancé par Édouard Daladier en 1934, qui fut le mot d'ordre de la campagne électorale du Front populaire en 1936.

Antifasciste[modifier | modifier le code]

Il est membre du comité central de la Ligue des droits de l'homme en 1935, et avec Victor Basch membre directeur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) jusqu'en 1939[48]. Le rapprochement avec Basch n'est qu'apparent surtout après 1936. Delaisi représente le courant du pacifisme intégral, qui critique Basch et sa volonté de fermeté face à l'Allemagne nazie. La motion de Delaisi au congrès du CVIA de juin 1936 l'emporte contre celle de Jean-Richard Bloch. Une minorité menée par Paul Langevin quitte alors la direction du CVIA. Après la crise liée aux accords de Munich (novembre 1938), la tendance pacifiste réaliste quitte à son tour le CVIA[49]. Delaisi reste avec les pacifistes extrêmes. Il fera partie des anciens membres du CVIA qui se retrouveront dans la collaboration républicaine avec l'Allemagne (collaborer pour obtenir en échange la paix et le rétablissement de la République) au sein de la Ligue de pensée française.

Économiste de gauche[modifier | modifier le code]

Chargé officiellement en 1931, aux États-Unis, d'une enquête qui lui avait permis de comparer les méthodes financières américaines aux européennes, il publie en 1933 La Bataille de l'Or, un livre qui eut un grand retentissement, et auquel se réfèrent les auteurs français et belges qui cherchent à s'opposer, même pendant l'occupation allemande, aux inspirations hitlériennes du docteur Hjalmar Schacht. Professeur d'économie à l'Institut supérieur ouvrier, il est un fervent défenseur du Plan de rénovation de l'économie de la CGT (1934-1935). Une brochure Crise et Plan[50] sur le plan fut présentée par Delaisi, Ludovic Zoretti, Georges Lefranc, Claude Levi-Strauss et Robert Lacoste. Plusieurs dont Delaisi lancent un mensuel : L'Atelier pour le plan. Ce plan sera attaqué par le PCF, et sera marginalisé lors du Front populaire.

Cet ouvrage, et les nombreux articles parus sous son nom dans la revue hebdomadaire L'Opinion, lui assurent une réputation d'économiste, et à la veille de la guerre, il a une vie active et bénéficie d'une enviable considération dans les milieux politiques de gauche[51].

Il habite à Paris au 106, boulevard Saint-Germain près de Saint-Germain-des-Prés, qui était aussi le siège social des éditions Payot, son principal éditeur. On rencontre dans sa maison dont la bibliothèque est la pièce essentielle, bon nombre d'hommes politiques, d'hommes de lettres, des peintres, des sculpteurs, des architectes, des artistes de théâtre… En 1939, sa femme décède à Arcachon.

Collaboration sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

Après la défaite de juin 1940 et durant l'Occupation, Francis Delaisi invoque l'idéal d'Aristide Briand en affirmant à l'été 1940 que l'Europe ne pourra jamais connaître une paix durable sans englober une France et une Allemagne « rapprochées » dans une union qui reposera sur le principe « de la liberté à chacun d'être ou non fasciste ou démocrate, antisémite ou philosémite ». Avec cette profession de foi, il est incorporé aux Conférences du Groupe Collaboration.

Chargé d'établir des cartes et des graphiques économiques à l'Exposition de la France européenne au Grand Palais, il est envoyé à la foire de Leipzig (de) en 1941. Il voyage par train spécial avec quelque 600 industriels et intellectuels. À son retour, il écrit un article par semaine dans le journal Aujourd'hui[52]. Il est classé comme « collaborateur douteux », par l'ambassadeur Otto Abetz et interdit d'antenne pour la radiodiffusion d'une conférence que l'institut franco-allemand dirigé par Carl Epting lui demande sur le blocus de l'Europe.

Désabusé par la politique du régime de Vichy à l'égard des entreprises, Delaisi vend sa bibliothèque pour se procurer quelques ressources, quitte son appartement de Paris sans esprit de retour et se retire en octobre 1941 à Laval[53].

En 1942, il est membre du comité directeur de la Ligue de pensée française, située dans la mouvance du Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat[54]. Il est cité comme l'un des dirigeants du Rassemblement National Populaire. Il vante alors le système social pratiqué par l'Allemagne nazie et préconise l'intégration de l'économie française dans la nouvelle Europe[55].

Pour contribuer à ses propres dépenses, il passe un contrat avec l'éditeur nazi Édouard Didier des Éditions de la Toison d'Or[56] de Bruxelles qui publie fin de 1942 La Révolution européenne. Il s'agit d'une description, écrite entre novembre 1941 et juin 1942 à Laval, du nouveau système monétaire qui avait été mis en place par les Allemands en 1933 et qui n'était plus fondé sur l’étalon-or ou le dollar, mais sur le capital-travail, afin de rendre l'économie allemande indépendante de tout le système spéculatif boursier des Anglo-Américains de Londres et de Wall-Street. Ces mesures avaient déclenché à l'époque dans la presse internationale une campagne très vive de protestations, avec un boycott des productions allemandes[réf. nécessaire].

Article détaillé : Hjalmar Schacht.

Il retrouve son appartement parisien pillé et se retrouve, en janvier 1943, à 69 ans, dans l'obligation de recommencer à gagner sa vie. Il a écrit pour la revue Germinal. Dans L'Atelier, le 18 septembre 1943, il s'en prend « aux juifs[57] à vrai ou faux nez » de la Ligue des Droits de l'Homme qui ont « voulu nous entraîner sur le sentier de la guerre[58]. »

Ses anciens collègues de la Ligue des droits de l'homme et de la Confédération générale du travail lui ouvrent aussi les colonnes de la France socialiste où il signe un article hebdomadaire économique. Aussitôt, le Bulletin d'information anti-maçonnique avec Henry Coston, aux ordres de la Propaganda Staffel, organise une vive campagne de presse contre lui et l'accuse de franc-maçonnerie[59]. Il est aussi défendu dans L'Atelier par Georges Albertini[60]. Les autorités allemandes exercent sur lui ensuite des sanctions jusqu'à la Libération.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

À la fin d'août 1944, il est immédiatement dénoncé comme « collaborateur »[61]. Le Droit de vivre indique que Delaisi est devenu économiste nazi[62]. Le , il est cité devant deux commissions d'épuration, celle du Comité de l'Union douanière européenne et celle du Fonds de la Recherche Scientifique qui l'une et l'autre, après enquêtes minutieuses, forment la conclusion d'un non-lieu en sa faveur. Il est cependant inculpé le de « complot contre la sûreté de l'État »[63]. Il décède à Paris le [2],[3], éteignant ainsi l'action de toute juridiction exceptionnelle. Il sera longtemps considéré comme persona non-grata d'une partie de la gauche après la guerre.

Francis Delaisi avait un fils, Pierre Delaisi[64], avec lequel il s'est brouillé au moment des accords de Munich[65] ; ils ne se sont plus revus jusqu'à sa mort. Francis Delaisi et son épouse avait aussi adopté de façon plénière un orphelin de guerre : Yves[66], du même âge que leur fils. Sa petite-fille Geneviève Delaisi de Parseval évoque son grand-père paternel dans son ouvrage Le Roman familial d'Isadora D.[67].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est le fils de Parfait-François Delaisi, charron et de Marie-Julie Maignan, originaire de Bazougers en Mayenne. Il s'est appelé légalement François Délaisi pour l'état civil, au lycée de Laval, Francis Delaisis, et Francis Delaisi pour les livres et nombreux articles de revue qu'il a écrits.
  2. a et b Maitron et Pennetier 1985, p. 237, [lire en ligne].
  3. a et b Bussière, Dard et Duchenne 2015, p. 9, [lire en ligne].
  4. Il a comme condisciple Carle Bahon, et Emmanuel de Martonne.
  5. Sans doute depuis sa rencontre au lycée de Laval avec Gustave Hervé.
  6. Françoise Basch, Victor Basch ou la passion de la justice, Paris, Plon 1994.
  7. Un de ses professeurs.
  8. Il prend ensuite ses distances au nom des ouvriers avec l'Université populaire en 1904.
  9. Pour ses prises de position. Il écrira en 1904 un article Ouvriers et boursiers d'étude dans Pages libres, no 181. Il y raconte qu'une fois obtenu sa bourse de lycée, son père lui « indique qu'il a de la chance. Tu seras un homme instruit, peut-être un fonctionnaire. Tu ne connaîtras pas les fatigues que j'ai subies. Mais tu as vu de près la vie des ouvriers, et si jamais par ton instruction tu peux faire quelque chose pour améliorer leur sort, eh bien, n'oublie pas que ton père fut ouvrier. »
  10. A ses frais.
  11. Un des témoins du mariage est Gustave Hervé.
  12. Sous forme de feuilletons. En 1910, dans La démocratie et les financiers, il conclut que le parlementarisme était une mascarade, le vrai pouvoir revenant aux hommes d’argent. En 1912, dans Les maîtres de la France, il enquête sur les trusts capitalistes qui se partageaient les différents secteurs économiques.
  13. Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation.
  14. En Ζ » (zêta) est l'initiale du mot grec « ζει / zi », qui signifie « il vit » ou « il est vivant ».
  15. En référence à l'auteur comique grec.
  16. « La deuxième conférence de la Haye », Pages libres, No 371, 8 février 1908, p. 164.
  17. Selon lui, aucun droit international ne peut s'émanciper des relations de force qui régissent les rapports internationaux. A tous les pacifistes au lendemain de la deuxième conférence de la Haye un choix : militarisme ou hervétisme.
  18. Il prévoit la violation de la neutralité de la Belgique, et indique, selon lui, les moyens permettant de sauver la paix. Il rejette la responsabilité de cette guerre future sur l'Angleterre et sa volonté de détruire l'économie de l'Allemagne.
  19. Delaisi sera aussi violemment hostile au projet d'armée nouvelle présentée par Jaurès en 1912. Hors le désaccord politique, il accusera ce dernier en 1912 de tromper le prolétariat.
  20. Critique du positionnement de l'organe de la SFIO pendant l'échec de la grève des cheminots en 1910, il l'explique sous son pseudonyme Z par les contributeurs à l'origine du financement du journal : par exemple la famille Rothschild, commanditaire de la Compagnie ferroviaire du Nord. Fin novembre 1910, son identité est dévoilé par L'Humanité de Jean Jaurès. Il est alors soutenu par quatre dirigeants de la CGT : Victor Griffuelhes, Alphonse Merrheim, Léon Jouhaux et Pierre Monatte. Chaque camp accusant l'autre d'être infiltré par le ministère de l'Intérieur.
  21. La «rectification de tir».
  22. 8 mai 1912.
  23. Dans le Maitron, on indique qu'il était un conseiller apprécié « insistant sur la nécessité de considérer les luttes ouvrières contre le patronat comme des entreprises sérieuses et dont le succès était conditionné par la connaissance approfondie des milieux capitalistes et ouvrier au moment où est lancée une grève. Il estimait que les ouvriers ont à acquérir les capacités économiques indispensables s'ils veulent transformer un jour la société. »
  24. Le Delaisisme dans Le Réveil anarchiste ouvrier du 15 mai 1913.
  25. Ces fonds sont proposés par un de ses amis radicaux : Pascal Ceccaldi.
  26. La Vie ouvrière
  27. Christian Gras, Alfred Rosmer et le mouvement révolutionnaire international, thèse pour le doctorat d'état, Paris, Maspero, 1971, p. 62-63.
  28. Péguy le raye de ses abonnés aux Cahiers de la quinzaine.
  29. Charles Péguy, Œuvres en prose complètes, tome 3, 1992, p. 1714, 1908.
  30. En mai 1911, il est annoncé à une réunion de cette fédération en faveur de la Révolution mexicaine, aux côtés d'Hubert Beaulieu et de Victor Griffuelhes. Suite au Coup d'Agadir, il figure à la tribune de plusieurs meetings contre la guerre. Jusqu'en 1914, il est ensuite régulièrement aux tribunes des meetings de cette organisation anarchiste.
  31. Dans Les Temps nouveaux du 23 août 1913, il donne son sentiment sur le débat sur le syndicalisme tenu au congrès et défendit la ligne confédérale de la CGT, dans laquelle il ne voyait nul « assagissement ».
  32. Il explique aussi pourquoi, selon lui, la démocratie est le régime idéal du capitalisme du début du XXe siècle.
  33. Le Patriotisme des plaques blindées, La Paix par le droit, volume 23, janvier-décembre 1913, p. 269-283, 369-382.
  34. Dans une lettre qu’il adresse le 21 avril 1915 à Jean Grave. Il lui disait consacrer alors ses loisirs à amasser des documents et à consigner ses observations : « À quoi bon tenter de parler à des sourds avec un bâillon sur la bouche », ajoutait-il. Et il précisait : « La crise actuelle ne m’a pas surpris, c’est sans doute pour cela qu’elle ne m’a [pas] changé ; comme tant d’autres. »
  35. Le Progrès civique, Les institutions politiques vont-elles déchoir et faire place aux institutions économiques ? La CGT fait l'ébauche d'un gouvernement syndicaliste.
  36. Faits et documents : manifestes et ordres du jour, Le Producteur, volume 1, juin-août 1920, p. 121-124.
  37. Esquisses d'une méthode, Le Producteur, volume 2, octobre-décembre 1920, p. 16-26.
  38. Les Contradictions du monde moderne, Paris, Payot, 1925, p. 530 et 546.
  39. Il laisse la porte ouverte à la Grande-Bretagne et à l'URSS et défend une Paneurope complémentaire de la SDN.
  40. Le cartel européen de l'acier, Le progrès civique, No 376, 1926, p. 20-22.
  41. Le monde européen vit sur des idéologies périmées, Le progrès civique, No 469, 1928, p. 12-13.
  42. J.-M. Guieu, Les Apôtres français de l'esprit de Genève. Les militants français pour la SDN dans la première moitié du XXe siècle, thèse de doctorat en histoire, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, 2004, p. 181, 348 et 390.
  43. Association militant pour la défense du pacifisme de la SDN.
  44. Ce dernier le décora de la Légion d'honneur.
  45. Comment je suis devenu européen, L'Écho de la France, 13 juillet 1944, p. 2.
  46. Jean-Noël Jeanneney, L'Argent caché. Milieux d'affaires et pouvoir politique en France au XXe siècle, Paris, Seuil, 1984.
  47. Il découvre ainsi que deux membres de cette famille étaient des deux côtés français et allemand durant la guerre. Devant cette situation et pour épargner une usine du groupe des combats, le haut commandement français avait fait reculer le front de 25 kilomètres. Ce fait historique est repris dans un film de Bertrand Tavernier : La Vie et rien d'autre, sorti en 1989.
  48. Delaisi écrit pour la LICA en 1939 : « Il y a une exploitation capitaliste qui n'a rien de spécifiquement juif, il y a chez les Juifs, de vrais intellectuels et des ouvriers authentiques. Certains trusts ont intérêt à parler de la haute finance juive, car c'est pour eux un alibi. Le danger est de faire croire que l'exploitation est juive, alors qu'elles sont l'une et l'autre capitalistes. Par le racisme, on détourne l'attention des ouvriers de leur véritable objet de lutte. »
  49. L'Union des intellectuels français pour la justice, la liberté et la paix est créée.
  50. 15 conférences et études sur le plan de la GT. Publications de l'Institut supérieur ouvrier.
  51. « Pourquoi les financiers sont démocrates ?… Les financiers comprirent qu’une oligarchie ne peut se maintenir qu’à la condition de ne pas se montrer. Ils décidèrent d'abandonner au peuple la direction apparente des affaires » (Le Crapouillot, 1931).
  52. Il eut la candeur de coiffer son premier article d'une déclaration, jugée inopportune et amputée par la censure : « Je ne suis pas antisémite, et je ne suis pas davantage partisan du nazisme en France ! ».
  53. Chez sa sœur Marie Halouze, née le 25 mars 1875 à Bazougers, et décédée le 28 juillet 1943 à Laval, épouse de François Halouze, instituteur en retraite.
  54. C'est une organisation néopacifiste présidée par René Château, qui fonctionne avec l'autorisation des services allemands. Cette « ligue » ne défend pas une idéologie fasciste, mais avec la participation de dirigeants du « Rassemblement national populaire » de Marcel Déat, elle soutient sans trop d'ambiguïté la politique de Pierre Laval, qui a toujours pris soin de se ménager quelques appuis parmi les anciens socialistes pacifistes dans ses combats contre l'amiral Darlan et contre l'entourage maurrassien du Maréchal Pétain.
  55. Que doit-être en France la révolution socialiste ? L'opinion de Delaisi recueillie par René Château, France socialiste, 16-17 mai 1942.
  56. On retrouve à ces éditions les signatures de plusieurs membres du mouvement Jeune Europe des années 1930-40 : Henri de Man, Raymond de Becker, Bertrand de Jouvenel, Alfred Fabre-Luce, Henri de Montherlant, Pierre Daye, Jean Luchaire.
  57. Pour le Maitron, il ne semble pas que Francis Delaisi ait eu de penchants judéophobes, contrairement à ce que l’on a parfois écrit: Déçus du dreyfusisme, il pensait certes que le capital était essentiellement détenu par deux fractions en état d’alliance conflictuelle, l'une juive, lautre catholique, et que l’Affaire Dreyfus avait donné durablement l’avantage à la fraction juive. Mais après le meeting antimaçonnique et antisémite du 3 avril 1911 organisé par Émile Janvion, il réfute cette croyance. Dans Les Hommes du jour, il écrit dans un article : « Comment l’on ne devient pas antisémite » où il conclut : « Il n’y a ni capitalisme juif, ni capitalisme catholique. Il y a le capitalisme tout court. Le jour où nous leur ferons rendre gorge, nous ne leur demanderons pas quel genre de baptême ils ont reçu. »
  58. La série des Lettres à un démocrate commence le 26 juin 1943.
  59. Accusé, il met au défi ce Bulletin de prouver son appartenance maçonnique ; le Bulletin publie la rectification et l'exactitude de ces propos, mais crie à l'équivoque et le met en demeure d'écrire « Je ne suis plus philo-sémite, et je ne ferai plus de conférences dans les loges maçonniques », auquel il préfère ne pas répondre[réf. nécessaire].
  60. Georges Albertini : socialiste, collaborateur, gaulliste, de Pierre Rigoulot
  61. Il a écrit dans Aujourd'hui, Les Nouveaux Temps, La France socialiste, L'Atelier.
  62. Rubrique des traîtres, Le droit de vivre, édition de Toulouse, 20 septembre 1944.
  63. Le juge d'instruction, après un interrogatoire qui dure plus de trois heures, ne s'est trouvé en mesure de retenir contre lui aucun indice de tractation, ni avec l'occupant, ni avec le gouvernement de Vichy, aucune rétribution ou versement suspect, aucune trace de dénonciation. Le dossier contient d'autre part les témoignages favorables d'un professeur juif libéré de Drancy, grâce à une intervention de Delaisi, et de deux autres membres incontestés de la Résistance.
  64. Pierre Delaisi (1903-1983), avocat à la Cour d'appel de Paris, croix de guerre 1939-1945, chevalier de la légion d'honneur, a été prisonnier de guerre à l'Oflag XC de 1940 à 1945. Ce dernier a eu deux enfants : Jacques Delaisi et Geneviève Delaisi de Parseval, qui ont eu chacun trois enfants.
  65. Ce dernier avait aussi participé à la guerre du Rif en 1923, à la fureur de son père, antimilitariste.
  66. Ce fils adoptif disparaîtra avec les économies de ses parents...
  67. Le Roman familial d'Isadora D., Paris, Odile Jacob, 2002 (ISBN 978-2-7381-1202-6)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]