Crise de Crimée

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Crise de Crimée
Description de cette image, également commentée ci-après

Patrouille armée en uniforme sans insigne, à Simféropol.

Informations générales
Date 26 février
(1 mois et 2 jours)
Lieu Péninsule de Crimée
Casus belli Rejet du gouvernement issu de l'Euromaïdan, référendum du
Issue Rattachement de la Crimée et de Sébastopol à la Russie
Belligérants
Drapeau de la Crimée Parlement de la République autonome de Crimée (jusqu'au 17 mars 2014), puis de la République de Crimée sécessionniste
Drapeau de la Russie Russie
Drapeau de l'Ukraine Ukraine (gouvernement provisoire)
Pertes
Flag of Crimea.svg 3 morts Drapeau de l'Ukraine 3 morts

Crise ukrainienne

Carte de la Crimée (vert sombre), de l'Ukraine (vert pâle) et de la Russie (rose).

La crise de Crimée (en ukrainien : Кримська криза, en russe : Крымский кризис, en tatar de Crimée : Qırım krizisı) est une crise diplomatique internationale consécutive à l'occupation de la péninsule de Crimée par des troupes pro-russes non identifiées, puis à des mouvements des troupes de l'armée fédérale russe près de la frontière ukrainienne, à partir du 28 février 2014.

Le déploiement de ces troupes, sans violence, fait suite à l'Euromaïdan en Ukraine qui aboutit à la destitution du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch, le 22 février 2014. La Russie considère le nouveau gouvernement ukrainien « illégitime »[1]. Le gouvernement ukrainien d’Oleksandr Tourtchynov accuse la Russie « d'invasion » et « d'occupation armée » tandis que la Russie nie la présence de soldats russes en Crimée et affirme que ces soldats sont des « forces locales d'auto-défense », tout en évoquant la possibilité d'envoi de troupes en Ukraine[1]. Le 11 mars, le parlement de Crimée déclare l'indépendance de la République de Crimée (réunissant la République autonome de Crimée et Sébastopol).

Le 18 mars 2014, à la suite d’un référendum tenu le 16 mars, le gouvernement russe annonce que la République de Crimée (correspondant à l’ancienne République autonome de Crimée) et la ville de Sébastopol, anciennement ukrainiennes, deviennent deux nouveaux sujets fédéraux de la Fédération de Russie et le gouvernement ukrainien commence alors à retirer ses troupes de Crimée.

Au niveau international, les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays s'opposent à la Russie, l'accusent de violer le droit international et la souveraineté de l'Ukraine. La Syrie fait part de son soutien à Vladimir Poutine[2] et la Chine, seule nation à s'abstenir lors d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, rejetée en raison du seul veto russe, a appelé au dialogue et au respect de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine tout en refusant de s'opposer directement à la Russie[3].

Contexte historique et géopolitique[modifier | modifier le code]

Composition ethnique de la population de Crimée par districts et villes (2001) :
1. En rouge : russe (moy. : 59 %)
2. En jaune : ukrainien (moy. : 24 %)
3. En vert : tatare (moy. : 12 %)
4. En violet : autres ethnies (moy. : 5 %).

Le Khanat de Crimée a été annexé par l'Empire russe en 1783, mais ce n'est qu'au XXe siècle que les colons russes deviennent le groupe de population le plus important. La Crimée est devenue le « cœur du romantisme russe » durant le temps de la Russie impériale, et la région a continué à attirer les vacanciers sous l'Union soviétique. La Crimée avait une certaine autonomie au sein de l'URSS en tant que République socialiste soviétique autonome de Crimée entre 1921 et 1945, mais Joseph Staline déporte les Tatars de Crimée et abolit l'autonomie de la Crimée. En 1954, Nikita Khrouchtchev transfère la Crimée de la RSFS de Russie à la RSS d'Ukraine de manière symbolique. Le 20 janvier 1991, un référendum rétablit l'autonomie de la Crimée, qui se proclame « République autonome », avant même la déclaration d'indépendance de l'Ukraine du 24 août 1991, qui sera reconnue internationalement en décembre 1991. À ce moment-là, la péninsule criméenne fait toujours partie de la République socialiste soviétique d'Ukraine, l'un des quinze États formant l'ex-URSS. En février 1992, le parlement de Crimée fonde la République de Crimée avec l'aval du parlement ukrainien qui reconnaît certains droits d'autogestion. Le 5 mai 1992 la Crimée proclame son indépendance (qui devait être approuvée par un référendum prévu le 2 août 1992) et introduit la première constitution de la Crimée[4]. Mais dès le lendemain, la Crimée ajoute dans sa constitution que son territoire fait partie de l'Ukraine. Le 13 mai, le parlement d'Ukraine annule la déclaration d'indépendance et ordonne au parlement de Crimée de faire de même (sous une semaine). En juin 1992, les deux parlements parviennent enfin à un accord, et la Crimée bénéficie d'un statut de République autonome. La République autonome de Crimée sera une autonomie administrative et territoriale, au sein de l'Ukraine. Elle décidera en toute indépendance sur les questions soumises par le Conseil constitutionnel de l'Ukraine.

Le 16 février 1994, Iouri Mechkov est élu président de la Crimée, poste qu'il sera le seul à occuper de 1994 à 1995. Un triple référendum est lancé le 27 mars 1994, en même temps que les élections régionales et nationales. Il porte sur une plus grande autonomie de la Crimée, sur la double-nationalité et sur l'importance des décrets présidentiels ; les trois votes sont positifs. En mai 1994, le parlement de Crimée vote le retour à la constitution de mai 1992. En septembre 1994, le président de la Crimée, Iouri Mechkov, en accord avec son parlement, décide de réécrire une nouvelle constitution. Le 5 décembre 1994, le mémorandum de Budapest garantit l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Le 17 mars 1995 le parlement d'Ukraine abolit la constitution de 1992 et de facto la légalité du Président de la Crimée. De juin à septembre 1995, c'est le président d'Ukraine Leonid Koutchma qui gouverne directement la Crimée par décrets présidentiels. En octobre 1995, le parlement de Crimée vote une nouvelle constitution, encore une fois contestée par les autorités ukrainiennes, jusqu'en avril 1996, après bien des amendements. Une seconde constitution de la Crimée, donnant moins d'autonomie, est finalement ratifiée par le parlement de Crimée, le 21 octobre 1998. Le parlement ukrainien confirme à son tour cette constitution le 23 décembre 1998. Elle est entrée en vigueur le 12 janvier 1999[5].

Le 21 avril 2010, les accords de Kharkov sont signés entre l'Ukraine et la Russie, prolongeant, jusqu'en 2042 au lieu de 2017, l'utilisation de la base navale de Sébastopol contre des rabais importants sur le gaz russe. Les intérêts sont également énergétiques, la Crimée disposant d'importants champs de gaz[6] (notamment celui au large d'Odessa en mer Noire totalisant 21 milliards de mètres cubes de réserves).

Déroulement[modifier | modifier le code]

Février[modifier | modifier le code]

Carte politique de la Crimée avec en jaune, la République autonome de Crimée ; en rouge, la municipalité de Sébastopol au statut spécifique ; l'Ukraine est en vert, tandis que la mer Noire est à l'ouest et au sud, la mer d'Azov est à l'est.

Le 23 février 2014, en votant l'abrogation de la loi sur les langues régionales (uk), le parlement retire le statut de langue officielle aux langues régionales, dont le russe dans 13 des 27 régions (essentiellement au sud et à l'est du pays)[7]. Cette loi ne sera cependant pas ratifiée par la suite par la présidence ukrainienne. Des russophones organisent des manifestations en Ukraine orientale et en Crimée, s'opposant aux événements se déroulant à Kiev et souhaitant le renforcement des liens avec la Russie et une autonomie élargie. D'autres groupes, principalement constituées de Tatars de Crimée et d'Ukrainiens, ont montré leur soutien à la révolution. Ianoukovitch, déchu, a fui en Russie et appelle les forces armées russes à intervenir et à garantir « la loi et l'ordre » en Ukraine, en particulier en Crimée, dans une conférence de presse tenue à Rostov-sur-le-Don le 28 février, à 100 kilomètres de la frontière ukrainienne.

Le 26 février, les militaires russes avaient contacté Léonid Gratch et Segueï Aksionov pour leur faire une proposition formelle de devenir chefs de la République de Crimée et leur avaient annoncé leurs intentions de « rattacher la Crimée à la Russie[8] ».

Le 27 février, la Russie engage des manœuvres militaires[9] avec son armée de terre aux zones frontalières avec l'Ukraine, au prétexte de « mettre à l'épreuve sa capacité d'action[10] ». Ces mouvements de troupe couvrent en fait une mobilisation à l'échelon régional et provenant de la base de Sébastopol, comme les événements du week-end qui suit le révèlent.

Troupes armées (probablement russes) à l'extérieur du Parlement de Crimée à Simferopol, 1er mars 2014.

Le 28 février, des hommes en armes dont l'uniforme ne comprend pas de signe permettant leur identification prennent le contrôle de l'aéroport de Simferopol[11] ; de plus l'entrée de l'aéroport international de Sébastopol est bloquée par 300 combattants cagoulés[12]. Ces deux aéroports desservent la Crimée ; il s'agit d'un pré-positionnement : un communiqué Reuters le lendemain confirme le bouclage des accès aériens sur la péninsule, de district de Kirovskoïe compris[13].

Déploiement à Simferopol le 2 mars. Ces soldats cagoulés qui ont su prendre le contrôle de la Crimée sans violence sont désignés comme les "hommes polis" par une partie des habitants de la Crimée.

Le ministre de l'intérieur par intérim, Arsen Avakov, dénonce comme une « invasion » l'occupation de deux aéroports de Crimée par des hommes armés qu'il identifie comme soldats russes, ce que le Kremlin ne précise pas. À la suite de cet événement, le parlement ukrainien fait voter une résolution appelant la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis à respecter l'engagement de 1994, signé à Budapest visant à garantir l'indépendance de l'Ukraine en échange de son renoncement aux armes nucléaires[14]. Dans l'après-midi Viktor Ianoukovytch tient une conférence de presse à Rostov-sur-le-Don, au cours de laquelle il affirme qu'il est toujours le président légitime, sa volonté de revenir en Ukraine quand sa sécurité sera assurée, et la nécessité de tenir un référendum[15].

Mars[modifier | modifier le code]

Le 1er mars, le Conseil de la Fédération de Russie autorise le président Poutine à faire usage de la force en Ukraine[16]. Le même jour, des sources russes affirment que la frégate ukrainienne Hetman Sahaidachny aurait fait défection et rejoint le camp russe, information démentie plus tard par le commandant du navire lui-même[17]. Le premier ministre de Crimée demande à la Russie d'intervenir militairement[18],[19], au motif que des hommes armés non identifiés auraient attaqué le ministère de l'Intérieur de cette république autonome au sein de l'Ukraine[20]. Faisant suite à la demande du président russe Vladimir Poutine, le Conseil de la Fédération approuve le déploiement de forces armées dans cette région autonome[21]. La base navale stratégique de Sébastopol est en effet un élément primordial du système de défense russe, abritant la flotte de la mer Noire. Elle confère, en théorie, à la marine russe, l'accès à la Méditerranée et aux mers chaudes (elle est néanmoins dépendante - comme les autres pays - du droit de contrôle de la Turquie sur le Bosphore et les Dardanelles réglé par la Convention de Montreux).

Dans l'est du pays, notamment à Kharkov et Donetsk, ainsi qu'à Odessa, ont lieu des manifestations pro-russes massives, avec des heurts à Kharkov[22]. L'État russe annonce engager un processus de normalisation, d'abord en Crimée, ce que certains observateurs occidentaux interprètent comme une réitération de l'intervention en Géorgie de 2008 qui a mené à la séparation de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, à la différence que le conflit en Géorgie a commencé par une action géorgienne après plus d'une décennie de blocus économique, ce qui n'est pas le cas du gouvernement ukrainien. Plusieurs témoins attestent de la distribution de passeports russes à des habitants d'Ukraine[23],[24]. La politique de distribution de passeports russes en Crimée rappelle d'ailleurs celle orchestrée en Géorgie, dans les régions d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, peu avant la guerre russo-géorgienne. À cette époque, l'un des principaux arguments invoqués par Poutine lors de son intervention était la protection de ses citoyens[25].

Manifestations place de l'Indépendance à Kiev protestant contre l'intervention russe en Crimée, le 2 mars 2014.
Le 2 mars à Simféropol, capitale de la Crimée, certains se structurent en milice d'auto-défense; sur la photo les boucliers anti-émeutes sont parés des couleurs du drapeau de la Crimée.

Le 2 mars, le vice-premier ministre de la république autonome de Crimée, Roustam Temirgaliev, annonce que toutes les forces armées de la péninsule ont soit déposé les armes, soit changé de camp[26]. Du côté du nouveau gouvernement ukrainien, le président par intérim Tourtchinov appelle à la mobilisation des réservistes[27] ; de plus, donnant suite à des rapports de survol de son territoire par des hélicoptères de combat, l'Ukraine ferme son espace aérien à tout aéronef non civil[28]. L'escalade verbale est perceptible par la convocation en urgence des vingt-huit ambassadeurs des pays membres de l'OTAN un dimanche[29]. Au soir du coup de force, l'amiral Berezovsky, commandant en chef de l'amirauté ukrainienne fait allégeance au camp pro-russe[30] Nommé le 28 février à la tête de la marine ukrainienne, l'amiral Denis Berezovski (en) fait défection et prête serment au gouvernement de Crimée. Il est aussitôt poursuivi pour haute trahison le 2 mars par les autorités de Kiev[31]. Mille soldats encerclent les services des douanes et des garde-côtes à Perevalnoye (eo), tentant sans succès de désarmer les unités ukrainiennes qui s'y trouvent. Selon les autorités de Kiev qui organisent la mobilisation générale[32], 150 000 soldats russes seraient massés de l'autre côté des frontières de l'Ukraine[33]. La chancelière allemande Angela Merkel obtient que Vladimir Poutine participe à des négociations avec un groupe de contact composé de diplomates européens. Par ailleurs, le gouvernement ukrainien affirme que les Russes auraient adressé un ultimatum aux Ukrainiens leur demandant d'abandonner leurs bases, affirmation qui s'est révélée finalement fausse[34].

Soldats sans insigne bloquant la base ukrainienne de Perevalné, le 9 mars 2014.
Le sous-marin ukrainien Zaporiyjzia est pris d'assaut par les Russes le 21 mars 2014 (photographie de 2012).

Le 3 mars, trois cents manifestants ukrainiens pro-russes investissent le bâtiment administratif régional de Donetsk[35] ; la contagion à des villes de l'Est de l'Ukraine des événements du week-end en Crimée laisse craindre des conséquences de partition. 6 000 troupes renforcent donc le contingent russe de Sébastopol[36], l'effectif de l'engagement russe en Crimée étant estimé à 20 000 ; Washington estime que « la Russie a atteint le contrôle opérationnel de la Crimée »[37]. À Moscou, la bourse a chuté de 10 % lundi[38], le taux de change du rouble s'effondre. En Ukraine, les citoyens volontaires en âge d'être incorporés se rassemblent dans les commissariats de district, répondant à l'appel du gouvernement[39]. Côté diplomatique, le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, souligne dans une allocution à Genève[40] que son pays n'avait aucunement porté atteinte à l'intégrité territoriale, mais assuré la sécurité des habitants russophones de Crimée face aux événements récents de Kiev. Son homologue américain, John Kerry, décline alors toute une série de sanctions possibles dont la plus retentissante mènerait à l'isolation économique de la Russie[41]. Ioulia Tymochenko considère dans un interview que la raison de l'agression russe provient des velléités ukrainiennes à s'intégrer à l'Europe[42]. Selon elle, la Russie vise à la capitulation de l'Ukraine[43]. Le 5 mars, le croiseur russe Ochakov de la classe Kara, désarmé en 2008, est coulé volontairement pour bloquer l’accès du lac Donuzlav, où se trouve la base de la marine ukrainienne de Novoozerne[44]. Les Russes s'emparent par ailleurs de deux bases de lancement de missiles : une située à Eupatoria[45] (dans l'ouest) et l'autre à Fiolent[46] (dans le sud). Le même jour, le représentant spécial de l'ONU doit quitter la Crimée sous la menace et le 6 mars, des observateurs de l'OSCE, membres de différents services de renseignement, sont bloqués par des hommes armés et ne peuvent pénétrer dans la région[47]. Le 7 mars, un autre navire russe de classe BM-416 est sabordé[48]. Par ailleurs le 5 mars, des sources russes affirment que jusqu'à 6 000 soldats ukrainiens auraient fait défection et rejoint le camp pro-russe depuis le début de la crise[49]. Le 6 mars, des volontaires serbes Tchetniks arrivent en Crimée aux côtés des Russes, pour les soutenir[50]. Le 8 mars, des gardes-frontières ukrainiens sont déployés le long de la Transnistrie (république séparatiste de Moldavie) dans le but d'empêcher des provocations d'activistes pro-russes dans l'oblast d'Odessa[51]. Le 9 mars, jusqu'à 80 soldats déployés par camions s'emparent des bases aériennes ukrainiennes de Novofedorivka (Novodeforovka) et de Djankoï où stationnaient des hélicoptères Mil Mi-24 de l'armée de l'air ukrainienne.

Dans les faits, la seule véritable confrontation entre Ukrainiens et Russes a lieu le 3 mars lorsqu'un ultimatum est adressé à la 204e Brigade d'avions tactiques commandée par le colonel Youli Mamtchour, lui demandant de se rendre. La brigade, respectée par les pro-russes de par le rôle qu'elle a joué pendant la Seconde Guerre mondiale, marche sans armes en portant un étendard ukrainien en direction d'un point de contrôle russe avant d'être stoppée par des tirs de sommation[52],[53].

Le 6 mars, le Parlement de Crimée adopte à l'unanimité une motion réclamant son annexion à la Russie[54].

Le 10 mars, les Russes désarment un bataillon d'infanterie motorisé ukrainien à Bakhtchyssaraï et prennent le contrôle d'une base de lancement de missiles à Tchornomorskoïe et du principal hôpital militaire ukrainien en Crimée (situé à Simféropol[55]). Des allégations font également surface quant à l'implication selon les Russes de mercenaires de la société privée militaire américaine Academi (anciennement Blackwater) pour réprimer les manifestations pro-russes à Donetsk. The Washington Post les interprète comme un « prétexte pour une intervention militaire russe en Ukraine au-delà de la Crimée »[56]. Le 11 mars, le parlement de Crimée déclare son « indépendance » de l'Ukraine par la création de la République de Crimée qui regroupe la République autonome de Crimée et la ville de Sébastopol[57]. Le même jour, des exercices militaires ukrainiens débutent[58], alors que les forces russes seraient par ailleurs entrées dans l'oblast de Kherson (reliant l'Ukraine à la Crimée) et auraient placé des mines et des bornes-frontières quelques jours plus tôt[59]. Le 13 mars, la Russie accepte pour la première fois l'envoi d'une mission de l’OSCE en Ukraine alors que 8 500 soldats russes, selon une annonce officielle du gouvernement russe, seraient déployés de l'autre côté de la frontière ukrainienne et participeraient à des exercices militaires. La Russie a de plus envoyé six avions de combat Soukhoï 27 et trois avions de transports en Biélorussie à la suite d'une demande du gouvernement de ce pays[60]. Le Parlement ukrainien approuve la formation d'une Garde nationale de volontaires qui pourrait comprendre jusqu'à 60 000 hommes, chargée de la sécurité intérieure, de la protection des frontières et de la lutte contre le terrorisme[61]. Un manifestant pro-Kiev est tué lors de heurts avec des manifestants pro-russes à Donetsk[62].

Le 11 mars 2014, le Parlement de Crimée adopte une déclaration d'indépendance par 78 voix sur 81. Dans son communiqué, il déclare s'inspirer de la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008[63].

Le 14 mars, le colonel Youli Mamtchour (commandant la 204e brigade d'avion tactique, basé à l'aéroport international de Sébastopol, réquisitionné par les troupes pro-russes) lance un appel sur YouTube au gouvernement ukrainien, lui demandant de donner des ordres écrits à toutes les troupes ukrainiennes en Crimée. Au cas où il ne recevrait pas d'ordres, lui et sa brigade se battront, même s'ils ne peuvent pas résister longtemps[64],[65].

Le 15 mars, selon le Ministère de la Défense de l'Ukraine, l'armée ukrainienne aurait fait décoller des avions de chasse et envoyé des parachutistes pour repousser une tentative d'intrusion par hélicoptère de jusqu'à 120 soldats russes dans l'oblast de Kherson. Le communiqué officiel ne donne pas plus de détails et aucune source indépendante n'a pu confirmer cette déclaration[66]. Les Russes affirment s'être déployés pour protéger la station de pompage de gaz de Chornomornaftogaz (qui doit être transférée à Gazprom à la suite de la nationalisation des entreprises engagée par les autorités de Crimée) d'éventuelles attaques terroristes[67],[68].

Article détaillé : Référendum de 2014 en Crimée.

Le 16 mars, la Crimée vote le rattachement à la Russie, 96,77 % des votants ayant voté en faveur de cette résolution lors du référendum contre 2,51 % pour le rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et le maintien du statut de la Crimée au sein de l'Ukraine[69]. Le 17 mars, le rouble devient la monnaie officielle de la République de Crimée mais la hryvnia, la monnaie ukrainienne qui avait cours légal, sera acceptée jusqu'au 1er janvier 2016. L'intégration des institutions de Crimée dans la Fédération de Russie devrait prendre un an. En contrepartie la Russie annonce envoyer une aide de 15 milliards de roubles (295 millions d'euros) à la Crimée[70].

Le 17 mars, l'Ukraine annonce mobiliser jusqu'à 40 000 réservistes contre « l'ingérence russe » en Crimée[71].

Le 18 mars, le gouvernement russe annonce que la République de Crimée et la ville de Sébastopol (dont le maire est Alexeï Tchali) sont devenues deux nouveaux sujets fédéraux de Russie.

Le même jour, une attaque contre un centre photogrammétrique de la Direction centrale des opérations de soutien fait un tué, un blessé et dix-huit prisonniers parmi la garnison ukrainienne et un autre tué parmi les forces pro-russes criméennes, les forces ukrainiennes en Crimée recevant l’autorisation après cet incident de faire usage de leurs armes. La base ukrainienne de Simféropol est prise par les pro-russes[72].

Le 19 mars, vers 20h30, les troupes ukrainiennes ouvrent le feu contre des forces hostiles non identifiées qui tentent de s'emparer de la base aérienne de Belbek en lançant des grenades assourdissantes. Les attaquants ont été repoussés[73]. Par ailleurs, le gouvernement ukrainien se prépare à retirer ses troupes de Crimée vers l'Ukraine continentale « rapidement et efficacement »[74].

Le 20 mars, les forces russes capturent deux corvettes ukrainiennes dans le port de Sébastopol : le Loutsk et le Khmelnytskyi. Les 200 membres d'équipage ukrainien sont ramenés vers la côte[75],[76]. Par ailleurs, la frégate ukrainienne Hetman Sahaydachniy (U130) se serait confrontée à quatre navires de guerre russes soutenus par deux hélicoptères d'assaut Mi-35, ces derniers étant rentrés dans les eaux territoriales ukrainiennes au large d'Odessa. Il n'y a pas eu cependant d'échange de tirs et le Hetman Sahaydachniy se serait retiré. Dans la soirée, quinze à vingt soldats russes prennent d'assaut une autre corvette ukrainienne, le Ternopil[77]. Le tout est effectué sans violence.

Le 21 mars, des navires de guerre russes encerclent à Sébastopol le sous-marin ukrainien Zaporiyjia. Il est capturé par des Russes après l'avoir attaqué à l'aide de grenades[78]. Le dragueur de mines ukrainien Tcherkassy tente infructueusement de négocier avec les Russes pour obtenir un accès à la haute mer (le port ayant été bloqué par le sabordage de navires russes). À la suite de l'échec des négociations, le Tcherkassy et le navire de débarquement Konstantin Olchansky jettent l'ancre et adoptent une formation défensive dans le port[79].

Le 22 mars, la base aérienne ukrainienne de Belbek est prise par des forces spéciales russes soutenues par six blindés BTR-80 qui lancent des grenades fumigènes contre les installations de la base. Un journaliste et un soldat ukrainiens sont blessés dans l'assaut, le colonel Youli Mamtchour (commandant la garnison), est capturé par les Russes. À Sébastopol, la corvette ukrainienne Vinnytsia et le navire de commandement Slavoutytch sont capturés[80].

Le 23 mars, selon le Comité de la sécurité de l'État de Transnistrie, un drone ukrainien aurait été abattu au-dessus du territoire transnistrien par les forces de sécurité de ce pays[81].

Le 24 mars dans la matinée, des hélicoptères russes Mi-24 et Mi-8 attaquent la base ukrainienne de Féodossia, avant d'être par la suite pris par les forces spéciales russes soutenues par 3 BTR-80[82]. 80 soldats et 2 officiers sont faits prisonniers. Le Konstantin Olchansky est pris d'assaut par 200 soldats russes ainsi que le navire auxiliaire Henichesk. De son côté, le Tcherkassy aurait repoussé l'attaque de deux vedettes armées hostiles. L'Ukraine annonce officiellement dans la même journée retirer ses troupes de Crimée[83].

Le 25 mars, le Tcherkassy, dernier navire à arborer le drapeau ukrainien en Crimée, est finalement capturé après une confrontation ayant duré environ deux heures avec des navires et hélicoptères russes, sans faire de victimes.

Le 26 mars, le Service national des frontières ukrainien fait état de deux navires de la Marine russe déployés à 3,9 miles nautiques (7 km) au large de Strilkove dans l'oblast de Kherson. L'un des navires a été identifié comment étant le navire de renseignement Priazov'ye de classe Vishnya. De plus l'Ukraine enregistre le survol de sa frontière par 40 drones russes, 11 d'entre eux en violation des procédures d'utilisation de l'espace aérien ukrainien[84]. Tout le personnel militaire ukrainien retenu prisonnier par les autorités locales de Crimée est cependant libéré sain et sauf selon le ministère ukrainien de la Défense[85].

Le 28 mars, deux hélicoptères russes basés en Crimée survolent « par accident » l'oblast de Kherson[86] (en territoire ukrainien). Dans le même temps, le ministère russe de la Défense annonce que le matériel militaire ukrainien capturé en Crimée serait retourné à l'Ukraine[87].

Avril[modifier | modifier le code]

Le 2 avril, le capitaine ukrainien Viatcheslav Demianenko retenu en captivité depuis le 20 mars est libéré par les Russes[88],[89].

Le 7 avril, un soldat russe aurait fait irruption dans la caserne de la marine ukrainienne de Novofyodorovka où le personnel de la base est en attente d'être évacué vers l'Ukraine continentale et aurait tué un officier ukrainien, selon le ministère ukrainien de la Défense[90].

Impacts[modifier | modifier le code]

La crise a provoqué des turbulences sur les marchés financiers. De nombreux marchés à travers le monde ont diminué légèrement en raison de la menace d'instabilité. Les cours de l'euro et du dollar américain ont augmenté, tout comme celui du dollar australien et du franc suisse[91]. Le marché boursier russe a chuté de plus de 10 %, tandis que le rouble russe a atteint un bas historique contre le dollar américain et l'euro[92]. La banque centrale russe a relevé les taux d'intérêt et intervient sur les marchés de change à hauteur de 12 milliards de dollars pour tenter de stabiliser sa monnaie. Par ailleurs, les prix du blé et des céréales ont augmenté, l'Ukraine étant un important exportateur de ces deux matières premières agricoles[93].

Il y a de plus des inquiétudes sur les exportations de gaz russe vers l'Europe et l'Ukraine qui pourraient être perturbées par le conflit actuel. 30 % du gaz européen est importé de Russie, dont la moitié transite par les pipelines ukrainiens. Le 1er mars, le ministère russe de l'Énergie décide d'arrêter les subventions de gaz russe pour l'Ukraine sans pour autant arrêter les exportations[94].

Le 28 mars 2014, la Russie annonce qu'elle va augmenter de 80 % le prix du gaz naturel que paie l'Ukraine, ressource dont elle est très dépendante[95]. Le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk qualifie cette décision d'« inacceptable » et accuse la Russie de vouloir s'« emparer de l'Ukraine par une agression économique », après que « la Russie ait été incapable de s'emparer de l'Ukraine militairement »[96].

En représailles, les autorités de Kiev annoncent le 26 avril qu'elles vont fermer les vannes du canal de Crimée du nord, qui assure 85 % des besoins en eau de la péninsule[97]. La Crimée envisage de forer de nouveaux puits pour assurer ses besoins de façon autosuffisante[98].

Aspects légaux[modifier | modifier le code]

La Russie et l'Ukraine sont toutes deux signataires de la Charte des Nations unies. La ratification de cette charte a plusieurs conséquences en termes de droit international, notamment en ce qui concerne les thèmes de la souveraineté, de l'autodétermination, des actes d'agression et des urgences humanitaires. Vladimir Poutine, d'une part, affirme que l'intervention russe en Ukraine a été effectuée pour protéger les populations locales russophones, tandis que l'Ukraine et d'autres pays, d'autre part, soutiennent que cette intervention constitue une violation de la souveraineté de l'Ukraine.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que l'indépendance de la Crimée est légale. Selon lui, « le cas de la république autonome de Crimée est encore plus spécial que celui du Kosovo »[99]. Il se réfère à la décision d'Indépendance du Kosovo en 2008 et à la réponse américaine indiquant qu'il s'agissait d'un cas spécial[100]. La question est de savoir si la décision de la Cour internationale de justice fait jurisprudence. Le 22 juillet 2010, la Cour internationale de justice affirme dans un avis consultatif que « la déclaration d’indépendance du Kosovo adoptée le 17 février 2008 n’a pas violé le droit international »[101]. En effet, le Parlement de Crimée a adopté une déclaration d'indépendance de la république autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol le 11 mars 2014 par 78 voix sur 81[102]. Moscou met en avant le « deux poids, deux mesures » des occidentaux en comparant la déclaration de la République de Crimée avec l'indépendance du Kosovo, qu'ils ont reconnue.

Selon Théodore Christakis, professeur de droit international à l'université Grenoble II Pierre Mendès-France et directeur du Centre d'études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes (CESICE), le droit donne ici raison à la Russie, puisqu'« un référendum concernant le statut futur d'un territoire n'est pas, en principe, "illégal" du point de vue du droit international, pas plus qu'une éventuelle déclaration d'indépendance à la suite d'un tel référendum »[103]. Selon le professeur Pierre Bodeau-Livinec, une sécession, comme celle de la Crimée avec l'Ukraine, n'est ni autorisée ni interdite : c'est un fait[104].

Par ailleurs, plusieurs textes reconnaissent le droit à l'autodétermination des peuples, ce qui implique selon Moscou que les habitants de Crimée aient le droit de décider de se séparer de l'Ukraine et de demander leur rattachement à la Russie. Il est en premier lieu objecté que ce droit ne peut s'exercer sereinement, à cause de la pression de la Russie et de sa présence militaire, qui donneraient au processus des airs d'annexion. Par ailleurs, la résolution no 1514 précise que seuls les peuples qui ont subi une « subjugation, domination et exploitation étrangères » peuvent prétendre au droit à l’autodétermination[105], ce texte ayant à l'esprit le cas de la colonisation en Afrique. Le spécialiste des relations internationales Jean Charpentier fait remarquer que cette résolution établit une injustice entre les peuples de la décolonisation et les autres[106].

À la suite du référendum du 16 mars 2014 sur le rattachement à la Russie, l'eurodéputé Fabrizio Bertot observateur du groupe Chrétien Démocrate (Parti populaire européen) a déclaré que « Le vote a eu lieu régulièrement »[107]. Le député polonais Mateusz Piskorski, chef de la délégation des observateurs européens en Crimée, a également déclaré qu'aucune infraction n'avait été constatée pendant le déroulement du vote[108] et qu'il avait été organisé de façon ouverte, transparente et sans acte de discrimination[109]. Néanmoins, les observateurs de l'OSCE ont été refoulés et n'ont pu surveiller le bon déroulement. Les seuls observateurs conviés sont des « politologues et députés européens surtout connus pour leurs allégeances à l’extrême droite »[110]. Par ailleurs, la campagne, clairement en faveur d'un rattachement à la Russie, a été menée en deux semaines à peine.

Réactions[modifier | modifier le code]

Réactions nationales[modifier | modifier le code]

Le président russe Vladimir Poutine s'exprime lors d'une conférence de presse à propos de la situation en Ukraine le 4 mars, dénonçant les événements à Kiev comme un « coup anticonstitutionnel » et en insistant sur le fait que la Russie a le droit de « protéger ses citoyens en Ukraine[111] ».

Le président intérimaire ukrainien Oleksandr Tourtchynov a accusé la Russie de « provoquer un conflit » en envahissant la Crimée. Il a comparé les actions militaires de la Russie à la deuxième guerre d'Ossétie du Sud de 2008, lorsque les troupes russes ont envahi la Géorgie et occupé les républiques séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, à la suite d'attaques répétées de l’armée géorgienne. Il a appelé Poutine à retirer les troupes russes de Crimée et a déclaré que l'Ukraine « préservera son territoire et défendra son indépendance »[112]. Le 1er mars, il avertit qu'une intervention militaire « serait le début de la guerre et la fin des relations entre l'Ukraine et la Russie »[113], fait placer les forces armées ukrainiennes en état d'alerte maximale et fait mobiliser les réservistes[114].

Le 7 mars, Ioulia Tymochenko prévient qu'un « rattachement de la Crimée à la Russie créerait les conditions d'une guerre de guérilla »[115].

Le 5 mars 2014, le ministre des Affaires étrangères ukrainien déclare : « nous voulons régler cette crise pacifiquement. Nous ne voulons pas combattre les Russes », juste après avoir été reçu par son homologue français Laurent Fabius au Quai d'Orsay. « Nous voulons maintenir un bon dialogue, de bonnes relations avec le peuple russe. Nous apprécions tous les contacts possibles »[116].

Le 11 mars, alors que le président déchu Viktor Ianoukovytch ne s'était pas exprimé depuis le 28 février, il a appelé les forces armées ukrainiennes à ne pas suivre les « ordres criminels » du gouvernement agissant à Kiev. Il a de plus décrit l'actuel gouvernement ukrainien comme une « bande d'ultranationalistes et de néo-fascistes » et critiqué ses soutiens occidentaux supposés, tout en annonçant sa volonté de revenir en Ukraine[117].

Le 13 mars 2014, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk estime qu'il y a « encore une chance de résoudre la crise avec Moscou pacifiquement ». L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, lui a répondu que « la Russie ne veut pas la guerre et les Russes non plus, et je suis convaincu que les Ukrainiens non plus »[118]. À trois jours du référendum, le leader des Tatars de Crimée, Moustafa Djemilev, a quant à lui appelé les habitants à boycotter celui-ci[119].

Le 19 mars 2014, le gouvernement ukrainien se préparerait à retirer ses troupes de Crimée vers l'Ukraine continentale « rapidement et efficacement »[74], effectif fin mars.

En avril, les autorités ukrainiennes ont fermé les vannes du canal de Crimée du nord, dont la Crimée dépend à 85 % pour son approvisionnement en eau[97], provoquant notamment des problèmes dans l'agriculture locale[120]. Le gouverneur de Crimée Serguei Aksionov a déclaré que des négociations avaient lieu avec l'Ukraine pour tenter de trouver une solution[97].

En décembre 2014, les autorités ukrainiennes prennent des mesures contre la Crimée pour faire pression sur la Russie, notamment en décidant la suspension des liaisons ferroviaires et en car à destination de la péninsule[121], officiellement pour des raisons de sécurité[122].

Attitude des militaires ukrainiens[modifier | modifier le code]

L'essentiel de la crise se déroule sans violence. Cependant, des altercations armées se produisent ponctuellement entre soldats fidèles à Kiev et miliciens pro-russes. Ainsi, deux combattants sont tués ( un pro-russe et un pro-ukrainien ) lors d'une fusillade entre les deux parties, le 18 mars 2014[123], tandis que les locaux de la marine ukrainienne à Sébastopol sont investis par les " Forces d'autodéfense " le lendemain[124].

Le processus d’adhésion de la République autonome de Crimée à la Fédération de Russie et donc de sa séparation de l'Ukraine amène les marins originaires de la péninsule à se positionner quant à leur loyauté. Ils seront ainsi 6 000 à faire le choix de rejoindre la Russie, et 2 000 à rester Ukrainiens[125].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Réactions par pays.
  •       — État appelant à une résolution pacifique du conflit.
  •       — État appelant au respect de l’intégrité territoriale de l'Ukraine.
  •       — État condamnant les actes russes.
  •       — État condamnant les actes russes et les interprétant comme une intervention militaire.
  •       — État soutenant l'intervention russe.
  •       — État reconnaissant la légitimité des intérêts russes.
  •       — Ukraine.
  •       — Russie.

Au niveau international, les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays se sont opposés à la Russie, l'accusant de violer le droit international et la souveraineté de l'Ukraine. Dès le 28 février, dans une déclaration, le président Barack Obama met en garde la Russie, tout en excluant une éventuelle intervention militaire américaine aux côtés des Ukrainiens[126]. Le Canada a rappelé son ambassadeur de Russie[127]. Les chefs d'État du G7 ont annulé les préparatifs du G8 qui devait se tenir à Sotchi en juin et ont menacé d'exclure la Russie du G8 si cette dernière ne retirait pas ses troupes de Crimée[128],[129]. De plus, l'Union européenne a ordonné la suspension immédiate des négociations de libéralisation des visas avec la Russie, tout en évoquant la possibilité de sanctions économiques (gels d'avoirs)[130].

Le secrétaire d'État des États-Unis John Kerry (2e en partant de la gauche sur la photo) lors d'une réunion avec des membres du gouvernement ukrainien à Kiev le 4 mars 2014.

Le 3 mars 2014, après les déclarations de la veille du secrétaire d'État John Kerry prévoyant d'isoler la Russie, de la sanctionner économiquement et de rendre l'obtention des visas plus difficile pour ses citoyens, provoque en retour du ministère des Affaires étrangères russe une déclaration selon laquelle « cette attitude est irresponsable et contreproductive ». Il pose la question de savoir pourquoi John Kerry, en qualité d'homme politique américain, s'est rendu en personne auparavant sur Maïdan, afin de soutenir les manifestants. Le président de la Douma (parlement) Sergueï Narychkine, proche de Poutine, déclare le 3 mars : « la déclaration du secrétaire d'État John Kerry sur l'isolement de la Russie à cause de la politique en Crimée est à courte vue. Ces mesures mèneraient à une escalade de la crise autour de l'Ukraine »[131].

Le 7 mars 2014, le président français François Hollande se déclare contre le référendum sur l'éventuel rattachement de la Crimée à la Russie qui doit se tenir le 16 mars, affirmant qu'il ne peut y avoir de référendum sur l'avenir de la péninsule « sans que l'Ukraine elle-même n'ait décidé de l'organiser »[132] et ajoute même après le vote qu'« il n'existe pas ». La chancelière allemande Angela Merkel parle d'« annexion de la Crimée[133] » et affirme que le référendum en Crimée est « illégal » et « contraire à la Constitution ukrainienne et au droit international »[134]. Le 13 mars, elle affirme lors d'une déclaration au Bundestag que « si la Russie continue sur la même voie que celle des dernières semaines, ce n'est pas seulement une catastrophe pour l'Ukraine (...), cela nuit aussi et surtout massivement à la Russie, j'en suis convaincue, économiquement, comme politiquement »[135]. Le 12 mars, Barack Obama affirme que les États-Unis « rejettent complètement » les projets de référendum[136].

La Syrie, par le biais de son président Bachar el-Assad, a été le seul pays à avoir fait part explicitement de son soutien aux efforts de Poutine visant à « rétablir la sécurité et la stabilité dans le pays ami d'Ukraine »[137]. De son côté, le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno Rodríguez Parrilla a dénoncé ce qu'il a appelé « l'hypocrisie, les doubles standards et l'agression » de Washington et de l'OTAN en faisant référence à l'éviction de Ianoukovitch et a mis en garde contre toute tentative d'étendre la présence de l'OTAN aux frontières de la Russie qu'il considérerait comme une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies et qui constituerait une menace pour la paix, la sécurité et la stabilité mondiales[138]. La Chine a quant à elle appelé au dialogue et au respect de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine tout en refusant de s'opposer directement à la décision de la Russie[139].

Le 6 mars, Shivshankar Menon, conseiller à la Sécurité nationale de la république indienne, appelle toutes les parties impliquées à chercher une solution pacifique à cette crise diplomatique ; questionné sur la position officielle de l'Inde sur les événements qui se déroulent en Ukraine, il déclare « nous espérons que, quels que soient les problèmes internes en Ukraine, ils puissent être résolus pacifiquement, ainsi que les problématiques plus large de réconcilier les différents intérêts impliqués, et il y a des intérêts russes ainsi que d'autres qui sont impliqués... Nous espérons qu'ils seront discutés, négociés et qu'une résolution satisfaisante de ces conflits d'intérêts sera trouvée »[140]. Le 8 mars 2014, l'Inde déclare que les « intérêts russes en Crimée sont légitimes »[141].

Le président de la République serbe de Bosnie, Milorad Dodik, déclare que le référendum organisé en Crimée est légitime[142].

Le 20 mars, quatre jours après le référendum, la chancelière allemande Merkel évoque la possibilité de davantage de sanctions de l'Union européenne contre la Russie[143], tandis que le président américain Obama annonce imposer des sanctions (en) contre vingt citoyens russes, dont des proches du président Poutine et contre la banque russe Rossiya (17e plus importante banque de Russie) en réponse à l'annexion de la Crimée. Il refait par ailleurs part du soutien de l'OTAN aux États baltes[144].

Le 27 mars, l'Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution dénonçant le référendum en Crimée (estimant qu'il n'avait aucune validité) et l'annexion russe de la péninsule. La résolution recueille 100 voix pour, 11 voix contre et 58 abstentions, sur les 193 États membres[145].

Le 28 mars, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, affirme que la Russie n'a pas l'intention d'envahir l'Ukraine orientale[146] alors que 100 000 soldats russes seraient massés près de la frontière ukrainienne, prêts à rejouer le scénario de la Crimée dans l'est du pays selon le gouvernement ukrainien[147].

Réaction militaire de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Le 5 mars, le Pentagone annonce envoyer six avions de combat et un avion de ravitaillement supplémentaires afin d'augmenter les quatre participant déjà à la mission Baltic Air Policing[148],[149]. Les États-Unis annoncent de plus le 6 mars envoyer 12 avions et 300 personnels en Pologne en réponse vraisemblablement aux activités russes en Crimée[150],[151]. Le même jour, le destroyer américain USS Truxtun de classe Arleigh Burke quitte la Grèce et rejoint la mer Noire où il doit participer à des exercices (planifiés avant le début de la crise) avec les marines bulgare et roumaine[152]. Le 7 mars, la Turquie fait décoller six de ses F-16 après qu'un avion espion russe a volé près de ses côtes au large de la mer Noire (celui-ci serait néanmoins resté dans l'espace aérien international)[153].

Le 10 mars, des avions Awacs de l'OTAN sont envoyés au-dessus de la Pologne et de la Lituanie pour surveiller la frontière russe (exclave de Kaliningrad[154]).

Le 17 mars, le Royaume-Uni fait part de sa proposition de déployer un certain nombre d'Eurofighter Typhoon pour appuyer la mission Baltic Air Policing de l'OTAN[155]. Le Danemark annonce à son tour envoyer six F-16 pour soutenir cette mission le 27 mars 2014[156].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]