Corbeau dans la culture

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Corbeau dans la culture
Description de cette image, également commentée ci-après

The Raven, illustration d'Edouard Manet
pour la traduction du poème d'Edgar Poe
par Stéphane Mallarmé.

Article principal
Nom : Corbeau
Nom scientifique : Corvidae
Sous-articles
Corvidae
Listes et catégories dépendantes
Articles détaillés sur les corvidés
Articles détaillés sur les oiseaux dans la culture

Le corbeau – sans référence à une espèce en particulier – a une influence considérable sur la culture humaine, puisqu'il est présent aussi bien dans les mythes et contes traditionnels amérindiens nord-américains, sibériens ou nordiques que dans les légendes et la littérature de toutes les époques. Il y joue le plus souvent un rôle de fripon, de héros, ou contribue par sa ruse à la création de l'homme. Chez les Inuits, le même mot désigne le corbeau et l'esprit des corbeaux réels.

Au fil du temps, l'oiseau acquiert une mauvaise réputation à cause de son plumage noir, de son cri rauque et de sa nécrophagie, en particulier dans l'Europe chrétienne, ce qui se traduit par une diabolisation progressive et une réputation d'« oiseau de mauvais augure ».

La plupart des références culturelles se rapportent à l'espèce commune, le Grand Corbeau (Corvus corax), mais il peut aussi se confondre avec la corneille. Sa symbolique a notamment intéressé l'anthropologue français Claude Lévi-Strauss, qui suggère une hypothèse structuraliste, selon laquelle le corbeau, tout comme le coyote, a obtenu un statut mythique parce qu'il était considéré comme un médiateur entre la vie et la mort[1].

Europe[modifier | modifier le code]

Mythologie nordique[modifier | modifier le code]

Les deux corbeaux Hugin et Munin perchés sur les épaules d'Odin.

Les Vikings utilisaient beaucoup l'image du corbeau. Ils le mettaient en symbole sur leurs voiles. Ragnar Lodbrok avait une bannière nommée « Reafan » et brodée de l'image d'un corbeau. Selon la légende, si la bannière flottait au vent, Lodbrok serait victorieux, mais si le drapeau pendait sans mouvement, la bataille serait perdue. Le roi Harald Hardrada possédait aussi une bannière illustrée d'un corbeau appelée Landeythan[2]. De telles bannières étaient également utilisées par de nombreux Vikings, comme les comtes des Orcades[3] et le roi Knut II de Danemark[4].

Dans la mythologie nordique, les corbeaux Hugin et Munin sont assis sur les épaules du dieu Odin et lui rapportent tout ce qu'ils voient et entendent[5]. Hugin représente la réflexion – au sens « pensée » et « reflet » –, tandis que Munin représente la mémoire. Odin les envoie chaque jour voler autour du monde afin de savoir ce qui s'y passe.

Un corbeau est représenté sur le côté droit des armoiries de l'Île de Man[6], une ancienne colonie viking, et l'oiseau apparaît également dans le folklore de l'île. Le corbeau était désigné par le mot hraefn en vieil anglais et hrafn en vieux norrois. Ce mot était utilisé fréquemment dans les périphrases des kennings célébrant les batailles et les effusions de sang, et le nom norrois de plusieurs personnes en dérivait, comme Hrafn[7], Hrafnkel[8] et Hrafnhild[9].

Corbeau représenté perché sur une potence. 1526.

Comme les corbeaux sont des charognards qui consomment, entre autres, les chairs de cadavres humains abandonnés près des lieux d'exécution ou sur les champs de bataille, ils ont souvent été associés aux morts et aux âmes perdues. Dans plusieurs cultures occidentales, les corbeaux ont aussi souvent été considérés comme des oiseaux de mauvais augure, en partie à cause du symbolisme négatif de leur plumage noir. Ainsi, en Suède, les corbeaux représentent les fantômes des personnes assassinées et, en Allemagne, ils représentent les âmes des damnés[10].

Mythologie celtique[modifier | modifier le code]

Cúchulainn conduit son char vers la bataille. Illustration de Joseph Christian Leyendecker, 1911.

Dans la mythologie celtique irlandaise, les corbeaux sont associés à la guerre et aux champs de bataille sous les représentations de Badb et Morrigan. C'est après avoir revêtu l'apparence d'un corbeau que la déesse Morrígan se serait posée sur l'épaule du héros Cúchulainn après la mort de celui-ci[11].

D'autres mythes celtiques des Îles Britanniques rapportent que les corbeaux étaient associés au dieu gallois Bran le Béni, frère de Branwen, dont le nom se traduit par « corbeau ». Il est représenté comme un géant, et les récits des Mabinogion font de lui le roi des Bretons. Selon ces récits, la tête de Bran fut enterrée sur la colline blanche de Londres comme talisman contre les invasions[12]. Plusieurs autres personnages de la mythologie celtique galloise partagent son nom.

Les corbeaux occupent une place importante dans le texte du XIIe siècle ou XIIIe siècle, Le Songe de Rhonabwy en tant qu'armée de Owain mab Urien, un chevalier du roi Arthur.

Mythologie grecque[modifier | modifier le code]

Apollon citharède versant une libation face à un oiseau noir – peut-être un corbeau. Médaillon d'un kylix attique à figures blanches provenant de Delphes.

Dans la mythologie grecque, Apollon fut un jour si amoureux de la princesse Coronis, fille du roi Phlégias, qu'il confia à un corbeau blanc le soin de veiller sur elle. Un jour que le corbeau relâcha son attention, Coronis se laissa séduire par un mortel nommé Ischys. Lorsque Apollon apprit cela, il devint si jaloux qu'il tua la jeune fille d'une flèche en pleine poitrine. Mais, bien qu'elle fût sur le point de mourir, Coronis lui avoua attendre un enfant de lui. Sauvé de justesse par Apollon cet enfant, Asclépios, fut confié au centaure Chiron, chargé de l'éduquer. Comme punition pour sa négligence, Apollon vêtit le corbeau d'un sombre plumage noir.

Mythologie romaine[modifier | modifier le code]

Corbeau de bronze ornant une fontaine, retrouvé dans les ruines de la villa romaine San Marco à Stabies, détruite lors de l'éruption en 79 du Vésuve.

Selon Tite-Live, un corbeau se posa sur le casque du général romain Marcus Valerius Corvus (vers -370 jusqu’à -270) pendant un combat avec un Gaulois gigantesque, distrayant ce dernier en volant vers son visage[13].

Religions abrahamiques[modifier | modifier le code]

Judaïsme et Christianisme[modifier | modifier le code]

Le prophète Élie nourri par les corbeaux. Représentation sur un carreau de Delft. 1658.
Saint Paul ermite nourri par le corbeau. D'après Le Guerchin.

Dans la Bible, le corbeau joue parfois un rôle bénéfique.

Dans le Tanakh ou l'Ancien Testament, un corbeau apparaît pour la première fois au livre de la Genèse dans le récit du déluge. Noé, au bout de quarante jours, lâche un corbeau pour savoir si l'eau a baissé ou non. Comme l'oiseau ne fait qu'aller et venir sans pouvoir se poser, Noé lâche ensuite la colombe[14]. Dans le premier livre des Rois, Dieu commande aux corbeaux de nourrir le prophète Élie[15]. Job se demande qui nourrit les corbeaux dans le livre de Job[16]. Le roi Salomon est décrit comme ayant des cheveux noirs comme le corbeau dans le Cantique des cantiques[17].

Dans l'Évangile selon Luc du Nouveau Testament, les corbeaux sont utilisés par Jésus pour montrer la prévoyance de Dieu[18].

Avers d'une médaille de saint Benoît, où saint Benoît est représenté avec un corbeau – l'un de ses principaux attributs – à ses pieds.

Selon La Légende dorée (XIIIe siècle), Paul de Thèbes, premier ermite chrétien qui aurait vécu au IVe siècle, et auquel aurait rendu visite saint Antoine le Grand, se nourrissait du pain qu'un corbeau lui apportait chaque jour[19]. La tradition rapporte encore quelques exemples de bons corbeaux, dans les hagiographies de Vincent de Saragosse[20], de Benoît de Nursie – un corbeau aurait protégé saint Benoît en emportant du pain supposé bénit, mais qui en fait avait été empoisonné par un prêtre jaloux[21] –, et de l'ermite et martyr du IXe siècle Meinrad d'Einsiedeln[22].

Cependant, le corbeau a globalement une image négative pour le christianisme, qui en fait un oiseau infidèle à ses maîtres, égoïste, et impur car charognard[22]. Dans les bestiaires, sa couleur noire en fait le symbole de la mort, et il est le signe de cataclysmes – notamment dans les peintures flamande et italienne, au XVIe siècle.

Islam[modifier | modifier le code]

Dans la tradition musulmane, le corbeau est perçu comme un animal sans scrupule. Il est parfois surnommé « fils du malheur » (Ibn al-berih)[23]. Dans le Coran, il est mentionné dans l'histoire de Caïn et Abel, les deux fils d'Adam, comme étant la créature qui montre à Caïn comment enterrer son frère qu'il a assassiné (al-mā'ida, 5:31).

Asie[modifier | modifier le code]

Le roi Corbeau tenant conseil, illustration d'un manuscrit du Pañchatantra

Le Grand Corbeau est l’oiseau emblème du Bhoutan puisqu’il orne le chapeau royal. Il représente le dieu Gonpo Jarodonchen (Mahakala avec une tête de corbeau), l'un des plus importants gardiens divins de la culture du Bhoutan[24].

Il joue aussi un rôle prééminent dans le recueil indien de contes Pañchatantra, en particulier dans L’Acquisition des amis et la troisième la Guerre du corbeau et du hibou.

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Le corbeau créateur et « fripon »[modifier | modifier le code]

The Raven and The First Men. Sculpture de Bill Reid, présentant le mythe créateur haïda. Université de la Colombie-Britannique.

Le grand corbeau occupe également une place importante dans la culture des peuples de la côte nord-ouest de l'Amérique du Nord, entre autres les cultures tsimshian, haïda, heiltsuk, tlingit, kwakwaka'wakw, salish, koyukon et inuit. Le corbeau de ces mythes est souvent à la fois le créateur du monde et le « fripon ». Par exemple, dans les cultures tlingit et haïda, deux personnages de corbeau peuvent être identifiés, même s'ils ne sont pas toujours bien différenciés : le premier est le corbeau créateur, responsable de la création du monde ; le second est le corbeau infantile, toujours égoïste, rusé, et affamé. D'autres mythes parlent du corbeau lâchant le soleil au cours de son vol et du corbeau délivrant les premiers humains de coquilles de mollusques.

Dans certains récits, le corbeau est le protecteur des humains, leur apportant le soleil, la lune, les étoiles, l'eau et le feu[25]. Quelques légendes racontent comment le corbeau a acquis son plumage noir.

Des mythes et croyances semblables sont communs chez les peuples de la Sibérie et du nord-est de l'Asie[26]. La péninsule du Kamtchatka, par exemple, a supposément été créée par le dieu corbeau Kutkh[27].

Dans les légendes[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, l'empereur Frédéric Barberousse fait l'objet d'une légende survivantiste, selon laquelle il ne serait pas mort, mais endormi avec ses chevaliers dans une caverne des montagnes de Kyffhäuser en Thuringe, en Allemagne. Selon la légende, lorsque les corbeaux cesseront de voler autour de la montagne, il se réveillera et rétablira l'Allemagne dans son ancienne grandeur. Sa barbe rousse aurait poussé à travers la table à laquelle il était assis ; paraissant mort mais en réalité endormi, il a les yeux mi-clos et, de temps en temps, il lève la main pour signaler à un jeune serviteur d'aller voir si les corbeaux ont cessé de voler.

France[modifier | modifier le code]

Selon la légende de la fondation de la ville de Lyon, lorsque les deux princes eurent fini de tracer l'enceinte de leur future cité, une nuée de corbeaux vint se poser à l'intérieur du cercle donnant ainsi la bénédiction du dieu Lug (Lugus en latin) que Plutarque rapproche du gaulois lugos ou lougos, qui aurait signifié « corbeau ». Le nom de Lugdunum a pu être compris d'une manière emblématique comme la « Colline du Corbeau »[note 1].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Corbeaux de la Tour de Londres.
Grands corbeaux à la Tour de Londres.

Selon une légende, l'Angleterre ne succombera pas à une invasion étrangère tant qu'il y aura des corbeaux à la tour de Londres ; le gouvernement en maintient plusieurs en résidence, tant comme assurance que pour faire plaisir aux touristes[28]. C'est pourquoi les pennes des individus de la tour de Londres sont taillées périodiquement pour s’assurer que les oiseaux ne quittent pas les lieux.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Illustration des Trois Corbeaux par Arthur Rackham.
  • Aristophane fait intervenir des corvidés dans sa pièce Les Oiseaux (Ve siècle av. J.-C.).
  • Les pièces Le Juif de Malte (v.1590) de Christopher Marlowe et The Faerie Queene (1590) d'Edmund Spencer utilisent l'image de mauvais augure du corbeau.
  • Dans la ballade Les Trois Corbeaux (début du XVIIe siècle), un chevalier occis est décrit par les corbeaux qui veulent se repaître de son cadavre, mais en sont empêchés par la loyauté de ses faucons, de ses chiens et de sa dulcinée.
  • William Shakespeare mentionne le corbeau plus souvent que n'importe quel oiseau, entre autres dans ses pièces Othello (1604) et Macbeth (1606).
  • Un corbeau est l'un des deux protagonistes de la fable de La Fontaine Le Corbeau et le Renard (1668), inspirée d'Ésope (VIIe-VIe siècle av. J.-C.). D'autres fables de La Fontaine mettent en scène le volatile : Le Corbeau voulant imiter l'aigle, Le Corbeau, la Gazelle, la Tortue et le Rat.
  • Les Sept Corbeaux, conte populaire allemand recueilli notamment par les frères Grimm au début du XIXe siècle, parle de frères changés en corbeaux et que leur sœur, partie à leur recherche et arrivée plus loin que le bout du monde, parvient finalement à délivrer.
  • Le corbeau Grip est un personnage important du roman Barnabé Rudge (1841) de Charles Dickens.
  • Edgar Allan Poe a utilisé le corbeau comme messager surnaturel dans son poème Le Corbeau (1845). La capacité du corbeau à communiquer est importante dans le poème, tout comme dans les ouvrages de Dickens.
  • Les Corbeaux (1872) est un poème d'Arthur Rimbaud, dans lequel il présente ce noir volatile comme un sinistre charognard.
  • Le poète québécois Émile Nelligan est l'auteur d'un poème intitulé Les Corbeaux (entre 1896 et 1899).
  • Dans Le Hobbit (1937) de J. R. R. Tolkien, Roac fils de Carc est le chef des Corbeaux de la Montagne Solitaire[29].
  • Le corbeau est présent dans la série Cycle de Fondation (1942-1950, pour les nouvelles originelles) d'Isaac Asimov.[réf. nécessaire].
  • Dans un roman animalier La Saga du Grand Corbeau (1944) écrit par Sharon Stewart, les corbeaux font office de personnages principaux, offrant une nouvelle image sur le monde des corvidés.
  • Dans La Ferme des animaux (1945) de Georges Orwell, Moses (Moïse dans la version française) est un corbeau allié à Mr Jones, puis aux cochons. Il représente l'église qui aide le pouvoir à maintenir l'ordre en endormant les consciences.
  • Dans la version française du roman Le Seigneur des anneaux (1954-1955) de J. R. R. Tolkien, Gandalf est appelé « Corbeau de tempête » par Gríma, en référence au fait qu'il soit porteur de mauvaises nouvelles.
  • Le corbeau est présent dans plusieurs livres de Joan Aiken[30],[31],[32],[33].
  • Stephen King décrit un corbeau du nom de « Zoltan » qui appartient à un fermier dans Le Pistolero (1982).
  • Dans les livres de Disque-Monde (1983-2013), par Terry Pratchett, un corbeau qui s'appelle « Quoth » (en référence au poème d'Edgar Allan Poe) est la monture de La Mort aux rats dans Accros du roc, Le Père Porcher, et Procrastination. Il apprécie le goût des globes oculaires.
  • Dans Le Journal d'un vampire (1991-…) de L. J. Smith, Damon Salvatore peut se transformer en corbeau : « un grand corbeau noir au plumage brillant ».
  • Neil Gaiman dépeint plusieurs corbeaux dans ses romans graphiques de la série Sandman (1989-1996), notamment les corbeaux « Matthew » et « Tethys ».
  • Dans la série fantastique Le Trône de fer (1996-…) de George R. R. Martin, les corbeaux sont utilisés par les mæsters comme moyen de communication à longue distance. Les corbeaux noirs sont surtout employés pour envoyer des mauvaises nouvelles, tandis que les corbeaux blancs portent des messages urgents. Le commandant Jeor Mormont porte un corbeau sur l'épaule.
  • Dans la série littéraire Harry Potter (1997-2007), la maison Ravenclaw (Serdaigle dans la version française) de Poudlard est représentée par un corbeau. En anglais, « raven's claw » signifie serre de corbeau, cet animal ayant été choisi car cette maison est celle des plus malins et que l'animal est très intelligent.[réf. nécessaire].
  • Dans Les Fables de l'humpur (1999) de Pierre Bordage, les « Kroaze », hommes-corbeaux, exercent une dictature religieuse sur les autres espèces.
  • Le corbeau occupe une place privilégiée dans le récit Jonathan Strange et Mr Norrell (2004) de Susanna Clarke ; dans cette uchronie de l’Angleterre, la magie est pratiquée et les légendes parlent du « Roi Corbeau », l'ancien roi du nord de l'Angleterre.
  • The Lost Kings (2008) d'Andrew Reimann décrit d’innombrables corbeaux dans une ville infernale. Dans ce récit, les corbeaux sont les seules créatures de l'Au-delà avec la capacité de mourir ou de retourner sur la terre.
  • Serge Pey a publié en 2009 aux éditions du Dernier Télégramme un ouvrage intitulé Qàu. Ne sois pas un poète, sois un corbeau, nous sommes une poignée de corbeaux sur la terre. Dans ce livre, organisé comme opéra-partition, le cri des corbeaux court du début à la fin du poème. Ce manifeste de la poésie contemporaine est aussi un parti-pris animiste. Il est dédié aux indiens Nabesnas dont le nom du corbeau fonde le verbe de la lumière. Le livre possède une dédicace rythmée qui évoque les noms d'auteurs qui ont cité les corbeaux dans leurs œuvres, comme Rimbaud, Mallarmé, Ésope, Rasmussen, Paul Vincensini, François Villon ou Edgard Poe. Ce chant polémique des corbeaux est une riposte au Dictionnaire de la poésie publié par les Presses universitaires de France.
  • Dans Lèpres à un jeune poète (Délit édition, 2010), Serge Pey procède à une analyse de l'œuvre de Kafka sous l'angle du corbeau, kafka signifiant « corbeau ».

En peinture[modifier | modifier le code]

En bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • C'est une partie d'échecs disputée par deux corbeaux qui, lors de la Première Guerre mondiale, décide de qui sera vainqueur du combat du jour dans L'Ombre du corbeau (prépublié 1976-1977, 1981) de Didier Comès. Le même auteur associe également des corbeaux à la guerre – la Seconde Guerre mondiale – dans Dix de der (2006).
  • The Crow (1981), de James O'Barr, a pour héros un personnage qui, victime avec sa petite amie d'une bande de voyous, est ramené à la vie par un corbeau, et est à la suite de cela mu par une idée fixe de vengeance.
  • Dans Haikyū!!, « les corbeaux sans ailes »  est l'un des surnoms au club de volley-ball du lycée Karasuno.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Le film de Roger Corman Le Corbeau (1963) s'inspire librement du poème de Poe. Poe inspirera également, entre autres, avant cela : Le Corbeau (1935), de Lew Landers ; et après : L'Ombre du mal (The Raven, 2012), de James McTeigue.
  • Dans le film d'Alfred Hitchcock Les Oiseaux (1963), les corbeaux sont, parmi les oiseaux belliqueux, les plus redoutables, attaquant d'abord des écoliers, et assiégeant finalement, avec des mouettes, la maison où s'est réfugiée l'héroïne.
  • Dans Damien : La Malédiction 2 (1978), le corbeau est un animal associé au Mal, en l'occurrence à l'avènement de l'Antéchrist. Dans le film, l'apparition du corbeau, et la musique, signée Jerry Goldsmith, incluant un motif imitant le croassement, sont toujours annonciateurs d'un drame, que l'oiseau participe à ce drame ou non. D'autres films de genre, antérieurs ou postérieurs, associent également le corbeau au Mal, tel L'Autre (1972)…
  • Le film The Crow (1994) est l'adaptation de la bande dessinée du même nom ; il donnera lieu à plusieurs suites.

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Dans la série de jeux vidéo Pokémon, Cornèbre et son évolution Corboss sont deux espèces apparentées au corbeau. Ils ont, comme l'oiseau dont ils sont inspirés, une mauvaise réputation.

Emblème[modifier | modifier le code]

Le corbeau est l'emblème officiel de la ville de Yellowknife, ainsi que l'emblème aviaire du territoire du Yukon au Canada[34].

Le lutteur professionnel Scott Levy utilise le nom de ring « Raven » depuis 1995.

Les Ravens de Baltimore est le nom d'une franchise de la National Football League localisée à Baltimore au Maryland.

Philatélie[modifier | modifier le code]

La sous-espèce Corvus corax varius apparait sur un timbre des Îles Féroé de 1995.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Cheveux « aile de corbeau »
  • Le mot « corbeau » peut désigner en français un dénonciateur anonyme. Cette acception viendrait du film Le Corbeau (1943) d'Henri-Georges Clouzot, dans lequel un mystérieux individu envoie à différentes personnes des lettres calomnieuses signées « Le corbeau », semant méfiance et confusion dans une petite ville de province.
  • « Aile-de-corbeau » est une couleur de cheveux, noir à reflets bleutés.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, Paris, Plon, (réimpr. 2012) (ISBN 9782266139311)
  2. Snorri Sturluson, King Harald's Saga: Harald Hardradi of Norway: From Snorri Sturluson's Heimskringla, Penguin, (ISBN 0-14-044183-2)
  3. Hermann Trans. Pálsson & Paul Edwards, Orkneyinga Saga: The History of the Earls of Orkney, London, Hogarth Press, (ISBN 0-7012-0431-1)
  4. Alistair Campbell & Simon Keynes, Encomium Emmae Reginae, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-62655-2)
  5. R.B. Anderson, « Prose Edda », Northvegr foundation, (consulté le 5 mai 2007)
  6. Isle of Man Government, « Island Facts - Isle of Man Government », Isle of Man Government (consulté le 19 mai 2007)
  7. E.g., Gunnlaugs saga passim ; Reykdaela saga, § 13.
  8. E.g., Hrafnkels saga passim.
  9. E.g., Ketils saga hœngs, § 3.
  10. Mark Schwan, « Raven: The Northern Bird of Paradox », Alaska Fish and Game, (consulté le 12 février 2007)
  11. M. Jones, « The Death of Cu Chulainn », Academy for Ancient Texts (consulté le 19 mai 2007)
  12. Les Quatre Branches du Mabinogi, traduit du moyen gallois, présenté et annoté par Pierre-Yves Lambert, Paris, éditions Gallimard, coll. « L'aube des peuples », 1993 (ISBN 2-07-073201-0).
  13. Titus Livius. Periochae. Book 7:10.
  14. Gn 8. 6-8.
  15. 1R 17. 2-6.
  16. Jb 38. 41.
  17. Ct 5. 11.
  18. Lc 12. 24.
  19. Jacques de Voragine, « Saint Paul ermite », dans La Légende dorée, trad. Théodore Wyzewa, Paris, Perrin, 1910, p. 83-84 disponible sur Gallica.
  20. Jacques de Voragine, « Saint Vincent, martyr », dans La Légende dorée, trad. Théodore Wyzewa, Paris, Perrin, 1910, p. 101-104 disponible sur Gallica. L'épisode du corbeau est relaté p. 103.
  21. Jacques de Voragine, « Saint Benoît abbé », dans La Légende dorée, trad. Théodore Wyzewa, Paris, Perrin, 1910, p. 184-194 disponible sur Gallica. L'épisode du corbeau est relaté p. 187-188.
  22. a et b Sandrine Restelli-Imbert, Marie-Christine Braillard, Hélène Cavalié, Des oiseaux… de la fin du Moyen Âge au XXIe siècle, Digne-les-Bains, Musée départemental d’art religieux, 2011, catalogue de l’exposition Des oiseaux, cathédrale Saint-Jérôme de Digne-les-Bains et prieuré de Salagon, Mane, juillet 2011-avril 2012 (ISBN 978-2-86004-005-1), p. 17.
  23. Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans, Paris, éditions Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », 2001, p. 116.
  24. Bhutan Tourism Corporation, « The Himalaya Kingdom », Bhutan Tourism Corporation (consulté le 17 mai 2007)
  25. Ella E. Clark, Indian Legends of the Pacific Northwest, University of California Press, 1953.
  26. (en) Waldemar Bogoras, « The Folklore of Northeastern Asia, as Compared with That of Northwestern America », dans American Anthropologist, 1902, 4 × {{{2}}} × {{{3}}}, no 4, p. 577-683.
  27. (en) Dean Stoddard Worth, Kamchadal Texts Collected by W. Jochelson, 's-Gravenhage, Mouton, 1961.
  28. « The Tower of London », AboutBritain.com (consulté le 3 mars 2007) : « ...legend has it that, if they leave, the kingdom will fall. »
  29. J. R. R. Tolkien, The Hobbit, Ballantine Books,
  30. Joan Aiken, Tales of Arabel's Raven, Cape, , 160 p.
  31. Joan Aiken, Arabel and Mortimer, Cape, , 144 p.
  32. Joan Aiken, Mortimer's Cross, Cape, , 141 p.
  33. Joan Aiken, Mortimer Says Nothing and other stories, Cape, , 181 p.
  34. « Yukon Territorial Bird », Government of Yukon (consulté le 16 mai 2007)


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