Les Sept Corbeaux

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Les Sept Corbeaux
image illustrative de l’article Les Sept Corbeaux
Les Sept Corbeaux.
Carte postale illustrée par Oskar Herfurth.
Conte populaire
Titre Les Sept Corbeaux
Titre original Die sieben Raben
Autre(s) titre(s) Die drei Raben
Aarne-Thompson AT 451
KHM KHM 25
Folklore
Genre Conte merveilleux
Personnage(s)-type(s) Lutin
Pays Allemagne
Époque XIXe siècle
Version(s) littéraire(s)
Publié dans Frères Grimm, Kinder- und Hausmärchen (1812…)
Ludwig Bechstein, Deutsches Märchenbuch (1845)

Les Sept Corbeaux (en allemand : Die sieben Raben) est un conte populaire faisant partie des Contes de l'enfance et du Foyer (allemand : Kinder- und Hausmärchen, abrégé KHM) recueillis par les frères Grimm ; vingt-cinquième conte du recueil, il est désigné par le numéro KHM 25. Dans la première édition de 1812 des six éditions que compteront les KHM, cette histoire porte le titre Les Trois Corbeaux.

Ludwig Bechstein, collecteur de conte populaires contemporain des frères Grimm, qui rapporte lui aussi le conte des Sept Corbeaux, le fait figurer en vingt-quatrième position de son Deutsches Märchenbuch (« Recueil allemand de contes »), dont la première édition date de 1845.

Résumé[modifier | modifier le code]

Un jour, un père de sept garçons voit finalement naître la fille qu'il attendait tant. Le père envoie aussitôt ses fils à la source remplir d'eau une cruche pour baptiser leur sœur. Les sept frères se disputent, et laissent tomber la cruche dans le puits. Le père ne les voyant pas revenir, celui-ci se convainc que ses fils, distraits par leurs jeux, en ont oublié l'eau. Dans sa colère, il formule le souhait que ses fils soient changés en corbeaux. Ce vœu inconsidéré se réalise sur-le-champ, et le père voit sept corbeaux s'envoler dans le ciel.

La jeune fille grandit sans même savoir qu'elle a eu des frères. On finit par lui apprendre l'histoire et elle en éprouve une grande culpabilité. Malgré les explications de ses parents, elle refuse la fatalité. Elle se sent si coupable qu'elle part à la recherche de ses frères, seule et en n'emportant avec elle qu'une bague de ses parents, un petit tabouret et quelques provisions. La jeune fille parcourt le monde entier, mais en vain. Elle parvient au bout du monde. Alors, elle gagne le soleil, lequel est bien trop chaud pour des petits garçons, puis la lune, laquelle est bien trop froide et méchante. En revanche, les étoiles sont pour elle amicales, et l'Étoile du Berger lui offre un os de poule permettant d'ouvrir la montagne de verre, où la jeune fille pourra retrouver ses frères.

Arrivée à la montagne de verre, la jeune fille se rend compte qu'elle a perdu l'os. Elle se coupe alors un doigt et l'utilise comme clef : la porte s'ouvre. À l'intérieur de la montagne, elle rencontre un nain, qui lui dit que « messieurs les corbeaux » ne sont pas là. Cependant, le petit personnage dresse la table, sur laquelle il dispose sept assiettes et sept verres. La fille prend quelque chose dans chaque plat et, dans le dernier, elle laisse tomber sa bague. Les corbeaux, à leur retour, veulent manger, et ils remarquent que quelqu'un est passé. Ils se demandent qui a pu manger dans leur assiette et boire dans leur verre. Le septième corbeau découvre la bague au fond de son verre. Il la reconnaît : cette bague ne peut être que celle de leur sœur, et ils sont donc sauvés. La jeune fille, qui se tenait jusque-là cachée derrière la porte, se découvre. Elle délivre ses frères et, tous ensemble, ils rentrent chez eux.

Classification et analogies[modifier | modifier le code]

La classification Aarne-Thompson, qui regroupe les contes populaires par contes-types, range Les Sept Corbeaux sous la rubrique AT 451 (« La Petite Fille qui cherche ses frères »).

Ce conte présente de grandes analogies avec Les Six Frères Cygnes (KHM 49, Die sechs Schwäne) et surtout avec Les Douze Frères (KHM 9, Die zwölf Brüder), dont il est une version abrégée[1]. Stith Thompson, qui résume l'argument général de ces trois contes dans The Folktale (voir Bibliographie), signale que cette histoire a un long passé littéraire : elle est utilisée dès 1190 dans le Dolopathos de Johannes de Alta Silva (Jean de Haute-Seille), puis s'est trouvée liée à la légende du Chevalier au cygne. Elle apparaît dans le Pentamerone de Giambattista Basile[2], mais semble répandue dans toute l'Europe.

Luzel a publié une version de Basse-Bretagne (Les neuf frères métamorphosés en moutons et leur sœur), et Sébillot une autre version pour la Haute-Bretagne (La fille et ses sept frères)[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Note de Natacha Rimasson-Fertin, Contes pour les enfants et la maison, José Corti 2009.
  2. Quatrième journée, huitième divertissement : Les sept colombes (Li sette palommielle).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Brüder Grimm. Kinder- und Hausmärchen. Vollständige Ausgabe. Mit 184 Illustrationen zeitgenössischer Künstler und einem Nachwort von Heinz Rölleke. S. 172-174. Artemis & Winkler Verlag, Patmos Verlag, Düsseldorf und Zurich, 1999, 19. Auflage. (ISBN 3-538-06943-3)
  • (de) Brüder Grimm: Kinder- und Hausmärchen. Ausgabe letzter Hand mit den Originalanmerkungen der Brüder Grimm. Mit einem Anhang sämtlicher, nicht in allen Auflagen veröffentlichter Märchen und Herkunftsnachweisen herausgegeben von Heinz Rölleke. Band 3: Originalanmerkungen, Herkunftsnachweise, Nachwort. S. 56-59, S. 453-454. Durchgesehene und bibliographisch ergänzte Ausgabe. Reclam-Verlag, Stuttgart, 1994. (ISBN 3-15-003193-1).
  • (de) Heinz Rölleke (Hrsg.): Die älteste Märchensammlung der Brüder Grimm. Synopse der handschriftlichen Urfassung von 1810 und der Erstdrucke von 1812. Herausgegeben und erläutert von Heinz Rölleke. S. 226-233, 377-378. Fondation Martin Bodmer, Cologne-Genève, 1975.
  • (de) Werner Bies: Rabe. In: Enzyklopädie des Märchens. Band 11. S. 119-131. Berlin/New York, 2004.
  • (en) Stith Thompson, The Folktale, University of California Press, 1977, pp.110-111 : The Faithful Sister.
  • (fr) Giambattista Basile (trad. Françoise Decroisette), Le Conte des contes ou Le Divertissement des petits enfants [« Lo cunto de li cunti overo Lo trattenimiento de peccerille »], Strasbourg, Circé, , 478 p. (ISBN 2-908024-88-8). – Traduction intégrale.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]