Une femme est une femme

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Une femme est une femme
Description de cette image, également commentée ci-après
Panneau publicitaire d'une affiche du film dans une ville allemande en 1964.

Réalisation Jean-Luc Godard
Scénario Jean-Luc Godard
Acteurs principaux
Sociétés de production Rome Paris Films
Euro International Film (EIA)
Distribution UNIDEX
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie
Durée 84 minutes
Sortie 1961

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Une femme est une femme est un film français réalisé par Jean-Luc Godard, sorti en 1961. Troisième long-métrage réalisé par Godard[1], il est toutefois le deuxième à être sorti en salles après la censure du Petit Soldat, qui lui valu une interdiction en salles pendant plus de deux ans. Considéré comme l'un des films les plus légers dans la carrière du cinéaste, il rencontre toutefois un échec commercial lors de sa sortie[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Angela veut un enfant dans les 24 heures. Émile, son compagnon, n'est pas si pressé. Pour arriver à ses fins, elle menace Émile de faire un enfant avec Alfred, un ami d'Émile qui est amoureux d'elle.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

L'action se déroule intégralement dans le quartier du Faubourg Saint-Denis à Paris. On peut y apercevoir deux cinémas aujourd'hui disparus, le « Neptuna » (avec Vera Cruz à l'affiche) et le « Strasbourg ».

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Une femme et une femme sort dans les salles françaises en septembre 1961 et divise la critique entre haine et dithyrambe[3]. Raymond Borde de Positif écrit que pour lui le film « ce n'est plus le cinéma-brouillon, mais le cinéma-foutoir, la vidange intellectuelle, le tape-à-l’œil de verre, où l'épate pied-noir »[3], ajoutant qu'Anna Karina, « qui est si belle, devrait bien se taire, où s'en remettre à Michel Deville »[3]. Toutefois, la presse est plutôt sensible a l'originalité du ton du réalisateur, notamment pour Jean de Baroncelli, qui le nomme « cinéma dell'arte »[3]. Pour André S. Labarthe des Cahiers du Cinéma, « Une femme est une femme est une étape importante du cinéma moderne »[3].

Toutefois, le film ne parvient pas à trouver son public dans les salles[3], puisqu'il totalise 22 933 entrées en première semaine sur Paris[3]. Le bouche-à-oreille n'est pas favorable et ne parvient à voir ses entrées plafonner à 58 153 en exclusivité parisienne, peu par rapport à l'investissement consenti par Rome Paris Films[3]. Au final, le film ne parvient qu'à cumuler 558 218 entrées sur l'ensemble du territoire français, dont 175 005 entrées sur la capitale, en fin d'exploitation[6].

Dans les pays anglophones, Une femme est une femme est globalement bien reçu par la presse, obtenant un taux d'approbation de 84% sur le site Rotten Tomatoes, sur la base de trente-deux critiques collectées et une moyenne de 7,4/10[7]. Le site Metacritic lui attribue un score de 71/100, sur la base de onze critiques[8].

Aux États-Unis, le film connaît une distribution limitée et ne rapporte que 100 665 $ de recettes lors de sa ressortie en 2003[9].

Héritage[modifier | modifier le code]

En 2014 dans une interview pour France Inter, Godard renia le film qui est pourtant l'un des plus aimés[10].

Dans La Maman et la Putain de Jean Eustache, Alexandre fait son lit en se jetant sur le matelas avec le drap, exactement comme Angela. Il déclare : « J'ai vu faire ça dans un film. Les films ça sert à ça, à apprendre à vivre, à apprendre à faire un lit ».

Angela et Émile occupent une chambre sous les toits, à l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Denis et du côté pair de la rue des Petites-Écuries. Le film Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès débute dans le même quartier. Marlène et Bernard y occupent une chambre au dernier étage à l'angle du faubourg Saint-Denis et du côté impair de la rue des Petites-Écuries.

  • Au début des deux films, la caméra balaye le même côté du faubourg Saint-Denis depuis la rue des Petites-Écuries et se dirige vers la Porte Saint-Denis.

Les Chansons d'amour de Christophe Honoré rend hommage à Une femme est une femme :

  • Le film se déroule dans le même quartier de Paris (Strasbourg Saint-Denis).
  • Le personnage de Julie reprend une phrase d'Angela : « Ismael (Émile), je pense à quelque chose tout à coup ... Tu m'emmerdes. »
  • Comme Godard, Honoré joue avec les panneaux lumineux dans la rue pour donner du sens dans le film.
  • On trouve un vélo dans l'appartement, exactement comme dans Une femme est une femme.

Lors du festival Premiers Plans d'Angers en 2012, Christophe Honoré confirme qu'il s'est beaucoup inspiré de Une femme est une femme, notamment en tournant dans le même quartier de Paris[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.criterion.com/current/posts/330-a-woman-is-a-woman
  2. x 50 ans de cinéma : Jean-Luc Godard, par Jean-Philippe Gravel (2012), page 4
  3. a b c d e f g h et i « Extraits du livre Godard de Antoine de Baecque », sur Google Books (consulté le 19 octobre 2019) : « La production Beauregard/Ponti, qui a investi plus de 2 millions de francs dans Une femme est une femme, quatre fois la somme nécessaire, croit beaucoup au film ».
  4. « UNE FEMME EST UNE FEMME : Visas et Classification », sur CNC, (consulté le 19 octobre 2019).
  5. (en) Awards for Une femme est une femme sur Imdb.com
  6. Box-office France 1961, CNC (voir page 33).
  7. (en) « A Woman Is a Woman (Une femme est une femme) (1964) », sur Rotten Tomatoes (consulté le 20 octobre 2019).
  8. (en) « A Woman Is a Woman Reviews », sur Metacritic (consulté le 20 octobre 2019).
  9. (en) « A Woman is a Woman (2003) », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le 20 octobre 2019).
  10. « Jean-Luc Godard : "J'ai des milliers de vidéos de mon chien Roxy" (France Inter) », sur Télérama,  : « Rivette avait dit de Une femme est une femme : "C'est un Picasso". J'étais fier. Aujourd'hui c'est un film que je trouve nul. »
  11. « Premiers plans d'Angers 2012 : forever Godard », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]