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Le Vilain Petit Canard

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Le Vilain Petit Canard
Image illustrative de l’article Le Vilain Petit Canard
Illustration du Vilain Petit Canard par Vilhelm Pedersen.

Auteur Hans Christian Andersen
Pays Drapeau du Danemark Danemark
Genre Conte merveilleux
Version originale
Langue Danois
Titre Den grimme ælling
Collection Contes d'Andersen
Date de parution (XIXe siècle)

Le Vilain Petit Canard (en danois : Den grimme ælling) est un conte de Hans Christian Andersen écrit en . C'est un récit autobiographique composé après l'échec de la pièce de théâtre L'Oiseau dans le poirier, sifflée lors de la première.

Une cane couve ses œufs, mais à l'éclosion, l'un d'eux, le vilain petit canard, ne ressemble pas à ses frères et sœurs. Rejeté à cause de son physique différent, il quitte sa famillle pour ne plus subir les moqueries et les coups. En chemin, ceux qu'il rencontre ne l'acceptent pas non plus, sauf des jars sauvages, mais des chasseurs arrivent, qui l'obligent à fuir de nouveau. Il arrive dans la cabane d'une vieille femme qui le recueille en le confondant avec une cane. Mais elle accueille aussi une poule et un chat, qui méprisent le vilain petit canard. Il part encore et arrive à un lac, où il est piégé par la glace. Un paysan le délivre et le donne à sa femme. Le caneton, effrayé, se sauve et passe l'hiver dehors. Un jour, ébloui par la beauté des cygnes, il décide d'aller vers eux et réalise, en se mirant dans l'eau, qu'il n'est plus un vilain petit canard (et qu'il n'a, en fait, jamais été un canard), mais qu'il est devenu un magnifique cygne. Enfin il est respecté par ses congénères et devient plus beau que jamais.

Commentaire

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Illustration de Theo van Hoytema de 1893.

Il est question de récit de formation, voire de récit initiatique à propos du Vilain Petit Canard, qui montre comment l'enfant, en grandissant, doit apprendre à se connaître lui-même et s'accepter tel qu'il est, même si son entourage lui renvoie une image négative et ne l'aide pas à développer l'estime de soi.

On peut aussi y voir un aspect initiatique moins général : une différence ou un handicap peuvent être motif de moquerie et d'exclusion et devenir, avec le temps ou selon le point de vue, un atout, un objet valorisant, un motif de reconnaissance.

Mais une interprétation autobiographique retiendra la revanche du poète (le cygne)[1] sur les gens ordinaires (les canards), lorsqu'il découvre un milieu qui lui permet de reconnaître son talent.

Né dans un milieu extrêmement pauvre dans les bas quartiers de la ville d'Odense, Andersen s'attacha à la notion de vilain petit canard dès son enfance. Après la mort de son père, il manqua d'affection de la part de sa mère qui le croyait fou quand il lui récitait les pièces de théâtre qu'il avait inventées. Il n'accéda réellement à l'école qu'à 18 ans alors que les autres élèves étaient au moins cinq ans plus jeunes que lui. Il subit les moqueries et le mépris de l'école entière, professeurs et directeur compris, pour son âge inapproprié et son ambition de devenir écrivain. Il fut également toujours malheureux en amour. Son physique ne plaisait pas, il était très grand pour l'époque, avait des membres dégingandés, étant malgré tout narcissique et satisfait de son image. Ceci lui valut de nombreuses critiques. Ses débuts en tant qu'écrivain furent également très critiqués et parsemés d'échecs. Toutes choses qui contribuèrent à son impression d'être différent et rejeté.

Le thème du génie incompris est un thème romantique qui revient souvent dans la poésie du XIXe siècle, chez Alfred de Vigny et Charles Baudelaire notamment, ce dernier montrant l'incompréhension entre le poète des cimes et le vulgaire dans son sonnet sur L'Albatros. Théodore de Banville (Les Torts du cygne) et Sully Prudhomme (Le Cygne) exploitent aussi ce thème, que certains critiques ont cru retrouver dans Le vierge le vivace et le bel aujourd'hui, de Stéphane Mallarmé[2]. On voit aussi ce thème dans les romans, par exemple Le Rouge et le noir de Stendhal, dont le héros, Julien Sorel, jeune homme de condition modeste, mais d'une intelligence exceptionnelle, souffre d'être né dans un milieu grossier et brutal, ou chez Villiers de L'Isle-Adam, dont le héros Tribulat Bonhomet se délecte à la bourgeoise à torturer psychologiquement, puis tuer les oiseaux poètes[3].

Bruno Bettelheim critique assez durement ce conte en remarquant qu'il incite l'enfant à se croire d'une espèce différente de son entourage. Il s'agit selon lui d'un conte qui s'adresse plutôt aux adultes[4].

Adaptations

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Notes et références

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  1. Le cygne, oiseau consacré à Apollon, est traditionnellement associé au poète et au sublime. Homère est surnommé Le Cygne d'Ionie, Virgile Le Cygne de Mantoue, Shakespeare The Swan of Avon, Fénelon Le Cygne de Cambrai.
  2. Sur le lien entre le poème et le conte voir : Roman Doubrovkine, « Mallarmé a-t-il tout imaginé ? Le sonnet du Cygne et le "Vilain petit canard" », dans French Studies Bulletin. A Quarterly Supplement, aotomne 1998, n° 68, p. 6-10.
  3. « Le Tueur de Cygnes », Tribulat Bonhomet,‎ (lire en ligne)
  4. Psychanalyse des contes de fées, Hachette, , p. 165–166

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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