Angoisse de perte d'objet

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L’angoisse de perte d'objet ou angoisse d'abandon a été repérée par Sigmund Freud. Selon lui, le nourrisson n'est pas en mesure de faire la différence entre absence temporaire ou perte durable de l'objet. René Spitz a été l'un des premiers à théoriser ce type d'angoisse, à partir de l'observation d'enfants ayant été séparés précocement de leur mère et qui développaient ce qu'il appelait une dépression anaclitique.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Germaine Guex a repris cette question dans ses travaux sur ce qu'elle appelait d'abord la « névrose d'abandon » ou abandonnisme, qui est ensuite devenu le « syndrome d'abandon ». Le terme permettrait de faire une distinction entre angoisse de castration et des « organisations » plus fragiles qu'on a parfois appelé les « caractériels », connus des éducateurs spécialisés qui s'en occupaient dans des institutions. Ces enfants étaient réputés pour mettre sans cesse à l'épreuve la sollicitude et la bienveillance des adultes, par des attitudes provocatrices et agressives. Aujourd'hui, certains des enfants classifiés à tort d'hyperactifs, sont en fait des enfants qui vivent dans cette insécurité constante. La personne dite « abandonnique » serait dans une demande continue d'affection pour combler un manque originel (une séparation traumatisante du passé), mais en même temps elle serait également dans l'impossibilité de l'accepter, recréant alors les situations de rejet, tout en ne supportant pas la frustration qui en découle.

Dans la psychopathologie psychanalytique, notamment celle conceptualisée par Bergeret, l'angoisse d'abandon est à distinguer de celle de morcellement et de celle de castration. Elle serait l'angoisse centrale des personnalités dites « limites ». L'attachement (au sens de John Bowlby) n'est pas sûr : le sentiment d'insécurité qui en découle est permanent.

Conséquences sur la vie quotidienne[modifier | modifier le code]

La peur de la solitude[modifier | modifier le code]

Les personnes souffrantes du syndrome d’abandon ne supportent pas de rester seules. Chez elles, la solitude crée une forte anxiété pouvant aller jusqu’aux crises d’angoisses. Il arrive que pour pallier cette angoisse certains sombrent dans l’alcool ou deviennent boulimiques pour combler leurs manques d’amour et d’attention.

Des relations de couple déséquilibrés, voire toxiques[modifier | modifier le code]

Si une personne a peur d’être abandonnée par son conjoint, un déséquilibre se créer dans la relation. Elle ne pourra plus envisager la vie sans sa moitié et ne pourra plus prendre aucune décision sans son approbation.

S’installe ensuite un cercle vicieux. Comme l’abandon la ferait trop souffrir, la personne blessée doit prouver quotidiennement qu’elle est digne d’être aimée. Et ses efforts devront aller toujours plus loin, jusqu’à amener la relation à la perfection. Ce qui est impossible. Et cela augmente les sentiments de désamour de soi et d'insuffisance déjà présents.

Un couple autant déséquilibré favorise les relations toxiques. Des manipulateurs peuvent profiter de la faiblesse des personnes abandonniques.

Des réactions hypocondriaques[modifier | modifier le code]

Les personnes abandonniques peuvent aussi développer de l’hypocondrie. C’est un moyen inconscient pour obliger leur conjoint ou leur entourage à leur donner l’attention dont ils ont tant besoin.

Comment soigner le Syndrome d’abandon ?[modifier | modifier le code]

Premièrement, pour s’en sortir il ne faut plus fuir sa blessure d’abandon et l’accepter. Ensuite il faut prendre conscience qu’être seul n’est pas la fin du monde, cela a même des avantages. Et reprendre confiance en soi pour ne plus redouter l’avenir, que ce soit seul ou accompagné.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]