Dépression anaclitique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La dépression anaclitique est une détresse chez l'enfant qui a déjà connu un lien d'attachement (entre 6 et 12 mois) et qui, lorsqu'il est séparé de sa mère, connaît une dépression.

Cette dépression ne doit pas être confondue avec l'hospitalisme qui est une dégradation de l'état du nourrisson lorsqu'il ne reçoit pas du tout de contact humain.

Cette pathologie se manifeste par différents signes cliniques progressifs à mesure que le temps de séparation entre la mère et l'enfant augmente :

  • Besoin accru de « s'accrocher » aux personnes qui établissent un contact physique avec l'enfant, augmentation des pleurs, l'enfant devient plus « exigeant » (dans le mois suivant la séparation)
  • Les pleurs deviennent des gémissements, l'enfant cesse de prendre du poids et le développement cérébral s’interrompt (deuxième mois)
  • L'enfant fuit le contact, devient apathique, il commence à développer des troubles du sommeil et de l'alimentation, son visage reste figé (troisième mois)
  • au-delà du troisième mois, les pleurs disparaissent au profit de geignements, le regard devient vide, l'enfant tombe dans un état de grand léthargie

En deçà de trois mois de séparation entre la mère et l'enfant, les symptômes sont facilement réversibles si l'enfant retrouve sa mère ou une figure d'attachement aimante.

Au-delà de trois mois, les symptômes peuvent réellement entraver le bon développement de l'enfant sur le long terme, et une hospitalisation peut s'avérer nécessaire.

La dépression anaclitique chez l'adulte[modifier | modifier le code]

C'est, par extrapolation du symptôme de dépendance de l'enfant envers sa mère, qu'a été définie la dépression anaclitique de l'adulte : c'est un état psychique de dépendance, principalement une dépendance envers une autre personne. Plus largement, on retrouve des symptômes et des ramifications communes entre dépression anaclitique et états limites, notamment chez les personnes dites « borderline » qui développent des pulsions mortifères, un comportement oscillant entre dépression et agression lorsqu'ils ne se sentent pas en contrôle avec leur objet de dépendance.

Cette dépendance se traduit dans les faits par une soumission passive et permanente à l'objet de dépendance, générant divers traits caractéristiques pathologiques :

  • Une grande appétence relationnelle, souvent doublée d'une angoisse d'abandon, de la solitude, de la perte ;
  • Des irrégularités dans l'apprentissage ;
  • Des troubles de la conduite ;
  • Un retard du développement affectif.

Chez les personnes borderline, on a pu observer plusieurs sensations intrinsèquement liées à l'état limite anaclitique :

  • sensation de solitude, d'isolement ;
  • sentiment de futilité ;
  • exigences agressives, pressantes ;
  • manque d'espoir, relative apathie ;
  • style de vie « automatique, mécanique », ou à l'inverse hyperactivité pour remplir le vide.

Articles connexes[modifier | modifier le code]