Complexe de castration

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Le complexe de castration résultant de l’angoisse de castration est chez Freud un élément déterminant de la théorie du complexe d'Œdipe, organisateur de la différence des sexes.

À la suite de Freud, la théorie psychanalytique va évoluer sur le complexe de castration. Jacques Lacan, notamment, théorise la castration symbolique comme un type de manque pour le sujet.

Découverte du complexe de castration[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Herbert Graf et Cinq psychanalyses.

Selon Laplanche et Pontalis, « l'analyse du Petit Hans » a été déterminante dans la découverte du complexe de castration par Freud[1].

Différence des sexes[modifier | modifier le code]

Très lié au complexe d'Œdipe en tant qu'organisateur de la différence des sexes. Il est « centré sur le fantasme de castration, celui–ci venant apporter une réponse à l'énigme que pose à l'enfant la différence anatomique des sexes (présence ou absence du pénis): cette différence est attribuée à un retranchement du pénis chez la fille »[1]. Pour le garçon, « il en résulte une intense angoisse de castration »[1], tandis que pour la fille, « l'absence de pénis est ressentie comme un préjudice subi qu'elle cherche à nier, compenser ou réparer »[1].

Élaboration de la théorie[modifier | modifier le code]

Les Trois essais sur la théorie sexuelle paru en 1905, texte auquel Freud apporta plusieurs ajouts ultérieurs, contient l'essentiel de la théorie moniste de la libido ordonnée autour du complexe de castration. Un chapitre y est consacré aux reconfigurations de la puberté.

L'articulation du complexe de castration avec l'hystérie, la névrose obsessionnelle et la phobie se complète d'une compréhension du fétichisme et de l'homosexualité.

Évolution de la théorie à la suite de Freud[modifier | modifier le code]

Au temps de Freud[modifier | modifier le code]

Laplanche et Pontalis relèvent en particulier les élaborations théoriques d'August Stärcke et d'Otto Rank: « castration primaire » durant « l'expérience de l'allaitement et du retrait du sein » chez Stärcke, et « expérience originaire effectivement vécue » selon la thèse de Rank, au moment de « la séparation d'avec la mère dans le traumatisme de la naissance »[1].

La « castration » chez Jacques Lacan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manque.

Chez Jacques Lacan, « un manque est un état du sujet attribué à un agent et concerne un objet réel »[2].

Dans le séminaire sur La relation d’objet, Lacan distingue trois types de manques, selon le registe où il est produit et la nature de l’objet :

  1. La castration symbolique se rapportant à l'angoisse de castration et son objet relié au phallus imaginaire.
  2. La frustration imaginaire et son objet le sein maternel. "L'agent est symbolique et l'objet réel" [3].
  3. La privation réelle et son objet, le phallus, est symbolique.

Répercussions culturelles et questions[modifier | modifier le code]

Pour Freud, une des raisons de l'antisémitisme européen proviendrait de l'appréhension des enfants chrétiens face à la circoncision perçue comme une castration[4].

Aujourd'hui, l'organisation de la différence des sexes en psychanalyse sur la base du complexe de castration fait question par rapport aux théories du genre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, 1967, entrée: « Complexe de castration », Éd.: Quadrige/PUF, 2007, p. 74–78.
  2. R. Chemama & B. Vandermersch, Dictionnaire de la psychanalyse, Larousse, 2009, p. 337.
  3. Dictionnaire de la psychanalyse, Chemama R., Vandermersch B., Larousse, 2009, 337.
  4. Joseph A. Massad, La persistance de la question palestinienne, La Fabrique éditions, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]