Porfirio Díaz

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Porfirio Díaz
Image illustrative de l'article Porfirio Díaz
Fonctions
Président des États unis mexicains

(8 jours)
Gouvernement Porfirio Díaz
Prédécesseur José María Iglesias
Successeur Juan Nepomuceno Méndez

(3 ans, 9 mois et 13 jours)
Gouvernement Porfirio Díaz
Prédécesseur Juan Nepomuceno Méndez
Successeur Manuel González

(26 ans, 5 mois et 24 jours)
Réélection




Gouvernement Porfirio Díaz
Prédécesseur Manuel González
Successeur Francisco León de la Barra
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Oaxaca (Mexique)
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Mexicain
Parti politique Parti libéral

José de la Cruz Porfirio Díaz Mori, plus connu sous le nom de Porfirio Díaz, né le à Oaxaca et mort le à Paris, est un homme d’État et militaire mexicain.

Il dirige le Mexique de 1876 à 1911, ne cédant la présidence du pays, durant cette période, que quelques mois à Juan N. Méndez entre 1876 et 1877, puis quatre années à Manuel González de 1880 à 1884. Il est contraint à la démission en 1911, lors de la révolution mexicaine, et s'exile en France, où il meurt.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Porfirio Diaz est né le [1] dans la ville d'Oaxaca, fils de José Faustino Díaz, tanneur, décédé alors que Porfirio n'avait que trois ans, d'ascendance créole (au Mexique un créole est un Espagnol né aux Amériques) et de María Petrona Mori, d'ascendance espagnole et mixtèque[2]. Après avoir étudié les arts et les sciences en 1849, il suit des cours de droit jusqu’en 1854 mais ne sera pas diplômé[3].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Le général Díaz a pour mentor Benito Juárez, aux côtés duquel il lutte lors de l'intervention française. Il participe notamment à la défense de Puebla par le général Ignacio Zaragoza le . Opposé à l’Empire, il prend la tête de troupes afin de reprendre la ville de Mexico aux partisans de Maximilien de Habsbourg le [4].

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Les dernières années du gouvernement de Juárez sont l'objet de vives critiques par les différentes factions au sein des libéraux. Auréolé de son prestige, Díaz rentre en rébellion contre Benito Juárez le . Mais à la mort de Juárez, Sebastián Lerdo de Tejada occupe la présidence et inscrit dans la Constitution les réformes promulguées pendant la période 1855-1856. Quand il tente de se faire réélire, les partisans de Porfirio Díaz lancent une insurrection le et prennent finalement la capitale le suivant.

Premier mandat présidentiel[modifier | modifier le code]

Réputé pour son intégrité, son courage et son patriotisme, il accède à la présidence le mais cède le pouvoir dès le à son compagnon d'armes, Juan N. Méndez qui assure la présidence par intérim jusqu'au , date à laquelle Díaz décide de reprendre la direction du pays. Il est élu au mois d'avril suivant et prend ses fonctions le 5 mai pour achever le mandat présidentiel qui court jusqu'en 1880.

Autres mandats présidentiels[modifier | modifier le code]

Ne pouvant se représenter en vertu d'un amendement à la Constitution de 1857, il laisse son ami le général Manuel González être élu président et lui transmet le pouvoir le . Quatre ans plus tard, Díaz obtient facilement d'être élu de nouveau et en 1887, un deuxième amendement constitutionnel autorise Díaz à briguer un second mandat consécutif, puis en 1890, un troisième supprime la limite du nombre de mandats. Bien qu'il respecte les formes légales, le gouvernement de Díaz se présente comme une dictature. Il est cependant important de souligner les avancées dans l'industrialisation, dans les infrastructures ferroviaires et portuaires, dans les constructions de routes, dans l'ouverture du pays au reste du monde[5]. Il est l'auteur de la phrase « Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis ».

Le Porfiriat[modifier | modifier le code]

Son régime est connu au Mexique sous le nom de Porfiriato (es).

Porfirio Díaz.

Pendant cette période les lois de Réforme (en particulier la Ley Lerdo (es)) ont favorisé la concentration des terres aux mains d'une minorité d'investisseurs et de propriétaires terriens. Les habitants des campagnes sont contraints à un travail pénible et mal rémunéré dans les haciendas et certains groupes indigènes se montrent particulièrement rebelles et imperméables à la modernité, à la spoliation de leurs terres et aux changements, comme les yaquis qui avaient auparavant fait cause commune avec l'empire de Maximilien, ignorant tout de l'existence d'une nation mexicaine[6] ou les mayas dont les meneurs les plus actifs sont contraints aux travaux forcés dans des lieux comme Valle Nacional, la vallée du Río Yaqui ou le Yucatán. Afin de gouverner, Díaz s’entoure d’une véritable bureaucratie, les Científicos. Ce groupe est formé par les hommes d'affaires et les intellectuels de l'époque, inspiré par Auguste Comte. Le chef de ce groupe est le ministre des Finances, José Yves Limantour. Ceux-ci contrôlent la quasi-totalité de l'économie, des finances et de l'enseignement tandis que Díaz s’occupe des affaires politiques et militaires[7].

Dans la même période, le Mexique s'ouvre à l'extérieur. Les investissements américains et européens arrivent, la diplomatie mexicaine établit des relations avec des pays asiatiques comme la Chine, le Japon et la Perse.

Au cours du Porfiriat, pour pallier le manque de capitaux mexicains (nombre de capitalistes mexicains qui ne sont pas propriétaires terriens et qui vivent à l'étranger sans participer à la vie politique préférent investir leur argent en Europe ou aux États-Unis) l'investissement étranger est favorisé. José Yves Limantour, mexicain d'origine française, est placé à la tête de ce plan de développement économique. La plus grande partie des investissements sont d'origine américaine, suivi par les Anglais, les Français, les Allemands et les Espagnols (mines, pétrole, chemins de fer, textile, plantations, industrie etc.).

Porfirio Diaz est aussi franc-maçon. Entre 1890 et 1901, il réussit à unifier différentes obédiences, dans certains cas par la force. Il est le grand maître de la loge La Gran Dieta Simbólica jusqu'en 1901, date de sa dissolution[8].

Renversement[modifier | modifier le code]

Peu avant la révolution, des compagnies américaines contrôlent les trois quarts des mines et plus de la moitié des gisements pétroliers[9]. Les politiques de Diaz ont accentué les inégalités et la concentration de la propriété[10] : Près de 11 000 Haciendas contrôlent 57 % du territoire national, alors que 95 % des paysans ne possèdent aucune terre[11].

Lors d'un entretien avec le journaliste James Creelman (en), le président estime que le Mexique est prêt pour la démocratie. Ses opposants feignent de le croire. En 1910, Porfirio Díaz, au pouvoir depuis une trentaine d'années, veut à nouveau se représenter à l’élection présidentielle, mais Francisco Madero annonce aussi sa candidature. Díaz le fait emprisonner puis relâcher. Les autorités déclarent que Díaz a gagné les élections haut la main et que Madero n'a recueilli que quelques centaines de voix à travers tout le pays. De nombreuses personnes estiment qu'il y a eu une fraude flagrante lors les élections et se rebellent. Ainsi commence la révolution de 1910 suivie d'une guerre civile entre révolutionnaires.

Après la prise de Ciudad Juárez le par les troupes de Francisco Villa, Díaz, qui veut éviter à son pays une guerre civile et qui craint une intervention militaire des États-Unis pour soutenir Madero, abandonne le pouvoir le 25 mai et part en exil en direction de l'Espagne.

Exil et mort[modifier | modifier le code]

Il séjourne à Interlaken en Suisse, où il suit une cure et y étudie le système de mobilisation des troupes helvétiques, ainsi qu'à Paris. Il se rend ensuite en Allemagne, où il est reçu avec de grands honneurs militaires par Guillaume II, et visite aussi l'Égypte et séjourne à Rome et à Naples. Il meurt le à Paris qui était une de ses résidences en France avec Biarritz. Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

En 2015, la question de rapatrier les restes de Porfirio Diaz au Mexique et plus particulièrement dans son État natal est étudiée par certains députés du Parti révolutionnaire institutionnel, alors au pouvoir[12].

Hommages[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

Léon Tolstoi le qualifia de « miracle de la nature[13] ».

Lieux[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs municipalités portant son nom :

Des voies portent également son nom :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le livre numéro 77 de la paroisse de la ville d'Oaxaca. Selon certains historiens, Diaz serait né en 1828 et il aurait falsifié sa date de naissance pour la faire coïncider avec le début du mouvement indépendantiste. Porfirio Diaz y su tiempo - page 9 - Fernando Orozco Linares - Panorama Editorial - México juin 1986
  2. Memorias de Porfirio Diaz - page 14 - Madrid - mars 1980
  3. Encyclopedia of Mexico, éd. WERNER S. Michael, Dearborn, Chicago, 1997, p. 406-407.
  4. PLANA M., Pancho Villa et la révolution mexicaine, trad. de GAUDENZI B., Casterman, s.l., 1993, p. 22.
  5. HUMBERT M., Le Mexique, Que sais-je, PUF, Paris, 1976, p. 99.
  6. Fernando Orozco Linares - Porfirio Díaz y su tiempo - page 136 - panorama editorial - juin 1986 - Mexico
  7. NUNES A., Les révolutions du Mexique, Flammarion, Paris, 1975; réédition augmentée, Ab irato, 2009.
  8. José Luis Trueta Lara - Masones en México - edit. Grijalbo - Mexico - 2007
  9. « Un siècle de socialismes en Amérique latine », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  10. « PROFMEX-Consorcio Munidal para la Investigación sobre México », sur www.profmex.org,
  11. « La concentración de la propiedad de la tierra en América Latina »,
  12. [1]
  13. Ignacio Solares - Nexos en línea - Porfirio Díaz y Madero en caliente - =1.09.2009 - México

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Lucas Alamán, Historia de México desde los primeros movimientos que prepararon su independencia en 1808 hasta la época presente, México D.F., Fondo de Cultura Económica,
  • (es) Carmen Blázquez Domínguez, Veracruz, una historia compartida, Gobierno del Estado de Veracruz, Instituto Veracruzano de Cultura, , 369 p. (ISBN 968-6173-60-9)
  • (es) Carlos María de Bustamante, Cuadro histórico de la Revolución mexicana, México D.F., INEHRM, (réimpr. 1985)
  • (es) Luis Garfias Magana, Guerrilleros de México: Personajes famosos y sus hazanas, desde la Independencia hasta le Revolución mexicana, México D.F., Panorama, , 138 p.
  • (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas, México D.F., Diana, , 165 p. (ISBN 968-13-2560-5)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Julio Zárate, México a través de los siglos, vol. III : La guerra de independencia (1808 - 1821), México D.F., Cumbre, (réimpr. 1970)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Juan de Dios Arias, Enrique de Olavarría y Ferrari, México a través de los siglos, vol. IV : México independiente (1821 - 1855), México D.F., Cumbre, (réimpr. 1970)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]