Porfiriat

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Le Porfiriat, ou Porfiriato en espagnol, est la période de l'histoire du Mexique marquée par le régime autoritaire de Porfirio Diaz. Cette période débute en 1876 lorsque Díaz renverse le gouvernement libéral de Sebastián Lerdo de Tejada qui venait de succéder en 1872 à Benito Juárez. Lerdo avait presque fini son mandat et avait recours à des fraudes pour se faire réélire.

Historique[modifier | modifier le code]

Le le Colonel Hermenegildo Sarmiento lance le « Plan de Tuxtepec » contre le président Sebastián Lerdo de Tejada ; Porfirio Díaz prend la direction de l’insurrection le 21 mai[1].

Le 20 novembre, Díaz renverse le gouvernement du président Sebastián Lerdo de Tejada et est nommé président provisoire de la République le 26 novembre[2] puis, candidat unique, élu président constitutionnel le [3].

Il fait modifier la Constitution de 1857 en y inscrivant le principe de la non réélection présidentielle immédiatement après un mandat. À la fin de son premier exercice (1877-1880), il cède le siège présidentiel à son ami Manuel González pour la période 1880-1884. Il gouverne ensuite sans interruption jusqu'en 1911, étant à chaque fin de période réélu pour la suivante.

Le régime[modifier | modifier le code]

Díaz impose une dictature. Il entreprend de moderniser le Mexique au nom du positivisme grâce aux científicos, un groupe d’intellectuels qui vont le conseiller au cours des deux dernières décennies de son règne (1892-1911).

La presse est contrôlée et corrompue, mais il y tolère certaines critiques ou même les suscite surtout lorsqu'elles sont dirigées contre des politiciens ou militaires trop puissants ou qui pourraient le gêner, même s'il s'agit de ses proches. Tous les gouverneurs et fonctionnaires importants sont nommés par lui ou avec au moins son aval. Les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires lui sont entièrement subordonnés. Il maintient les lois de la Réforme et contrôle l'Église catholique, tout en lui laissant une certaine liberté.

Surtout, il instaure la Ley Fuga (loi sur la fuite), qui permet d'abattre un prisonnier qui essaie de fuir. La méthode sera couramment utilisée afin de se débarrasser d'opposants politiques[4].

Pour célébrer le centenaire du Grito de Dolores et l'anniversaire de Porfirio Díaz, les autorités organisent de grandes festivités. Cent six dirigeants politiques, militaires ou intellectuels venus des États-Unis y assistent : le vice-président, le secrétaire d’État et le secrétaire au Trésor, 14 députés, 20 sénateurs, 14 hauts fonctionnaires du Département d’État, des gouverneurs, des présidents d'université, des généraux et amiraux. Les festivités représentent 20 millions de pesos ; on y boit 20 wagons de champagne de France[4].

La politique économique[modifier | modifier le code]

(article détaillé : Economía del porfiriato (es))

Le Mexique connaît un important développement économique et commercial. Les investisseurs étrangers ont la prépondérance totale dans les infrastructures (chemins de fer, ports, télégraphes et téléphones), les mines, le pétrole, le textile, les plantations, l'industrie. Les grèves se font nombreuses à partir de 1906 mais sont réprimées avec violence[4].

La grande propriété fait des progrès considérables tandis que les sociétés foncières étrangères accumulent des millions d’hectares. À la fin de la dictature, 97 % des terres cultivables appartiendront à 1 % de la population et 95 % des paysans n’auront plus de terres. Ils deviendront ouvriers agricoles dans d’immenses haciendas ou formeront un prolétariat urbain misérable dont les révoltes seront une à une écrasées[5].

Le nombre d'enfants scolarisés passe de 200 000 à plus de 900 000. Des écoles nationales de maîtresses (1890) et maîtres d'écoles (1885) sont fondées.

Les finances se rétablissent et, à la fin du XIXe siècle, le ministre des finances Ives Limantour obtient un budget public équilibré[réf. nécessaire]. Il peut aussi renégocier avantageusement la dette extérieure.

La dépendance de l'agriculture aux pluies, les problèmes de répartition des terres, le vieillissement des cadres politiques et militaires, les aspirations de nouvelles générations à accéder au pouvoir, l'augmentation de prix des aliments de base, la dévaluation de l'argent métal et la récession internationale des années 1907-1908 sont parmi les causes de la Révolution de 1910.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elisa Cárdenas Ayala, Le laboratoire démocratique : le Mexique en révolution (1908-1913), Publications de la Sorbonne, (ISBN 9782859444228, présentation en ligne)
  2. Mario Quiroz Zamora, Historia de Mexico, Pearson Educación, (ISBN 9789688809655, présentation en ligne)
  3. Alain Rouquié, Le Mexique : Un État nord-américain, Fayard, (ISBN 9782213679655, présentation en ligne)
  4. a, b et c Leslie Manigat, L’Amérique latine au XXe siècle,1889-1929, , p. 106
  5. « PROFMEX-Consorcio Munidal para la Investigación sobre México », sur www.profmex.org

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Cosio Villegas, Historia moderna de México : El Porfiriato, vida económica, (2 volumes), Editorial Hermes, Mexico, 1965