Porfiriat

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Porfiriat
Porfiriato
République du Mexique

18761911

Drapeau
Drapeau
Blason
Devise La Patria es Primero
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte du Mexique.
Informations générales
Statut République fédérale, régime autoritaire et dictature militaire à parti unique
Capitale Mexico
Langue espagnol (officielle), nahuatl, maya, zapotèque
Religion Église catholique
Monnaie Real mexicain
Superficie
Superficie 1 964 375 km2
Histoire et événements
Coup d'État et arrivée au pouvoir du général Porfirio Díaz
1891 Rébellion de Tomóchic
Mort du vice-président Juan Nepomuceno Méndez
1909 Exil du général Bernardo Reyes et de José Yves Limantour
1910 Révolution mexicaine
Chute et exil de Díaz
Président
1876 - 1911 Porfirio Díaz

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Porfiriat, ou Porfiriato (es) en espagnol, est la période de l'histoire du Mexique marquée par le régime autoritaire de Porfirio Díaz. Celle-ci s'étend de 1876 à 1911.

Période antérieure[modifier | modifier le code]

Suite au décès durant ses fonctions du président Benito Juárez le , lui succède, le jour suivant, le président de la Cour suprême : Sebastían Lerdo de Tejada (es). En 1876, malgré l'intranquillité politique existante le gouvernement procéda, comme il le devait, aux élections présentielles. Comme l'on s'y attendait Sebastían Lerdo de Tejada fut réélu, a une très courte majorité, et ce, malgré le recours à la fraude la plus maladroite, raison pour laquelle le président de la Cour suprême, José María Iglesias, publia une proclamation dans laquelle il ne reconnaissait pas Lerdo en tant que président. de la République. Iglesias se déclara lui-même président et partit à Guanajuato pour y établir son gouvernement.

Le principal foyer de rébellion se trouvait alors au Tamaulipas sous les ordres directs de Porfirio Díaz. Après une série de combats désastreux pour lui et ses troupes Díaz dut fuir à la Nouvelle Orléans mais, très vite, il regagna par voie maritime le port de Veracruz. Les troupes fédérales placées sous les ordres du général Ignacio R. Alatorre (es) furent finalement vaincues par la cavalerie de Manuel González partisan et ami de Díaz. Lerdo abandonna la présidence du pays le et partit vivre à New-York ville où il finit ses jours en 1889.

Suite au départ de Lerdo de Tejada, José María Iglesias est nommé président de la République, pour une période qui va du au . Mais Díaz apprenant qu'Iglesias ne reconnaissait et donc n'adhérait pas au Plan de Tuxtepec (es), se souleva contre lui, et après quelques simulacres de combat , Iglesias abandonna sa charge et s'en fut en exil à San Francisco. Le Juan N. Méndez entra en fonction en tant que président intérimaire. A la fin de l'exercice de Juan N. Méndez, Porfirio Díaz entre en fonctions le .

Il fait modifier la Constitution de 1857 en y inscrivant le principe de la non réélection présidentielle immédiatement après un mandat. À la fin de son premier exercice (1877-1880), il cède le siège présidentiel à son ami Manuel González pour la période 1880-1884. Il gouverne ensuite sans interruption jusqu'en 1911.

Le régime[modifier | modifier le code]

Le président Porfirio Díaz en 1903, en costume civil.

Díaz impose une dictature. Il entreprend de moderniser le Mexique au nom du positivisme grâce aux científicos, un groupe d’intellectuels qui vont le conseiller au cours des deux dernières décennies de son règne (1892-1911).

La presse, aux mains de groupes privés, est contrôlée et corrompue, mais il y tolère certaines critiques ou même les suscite surtout lorsqu'elles sont dirigées contre des politiciens ou militaires trop puissants ou qui pourraient le gêner, même s'il s'agit de ses proches. Tous les gouverneurs et fonctionnaires importants sont nommés par lui ou avec au moins son aval. Les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires lui sont entièrement subordonnés. Il maintient les lois de la Réforme et contrôle l'Église catholique, tout en lui laissant une certaine liberté.

Pour la première fois de l'histoire du pays le banditisme a quasiment disparu, les ex-bandits sont devenus, pour certains d'entre eux, des membres du Cuerpo de Policía Rural (es) créé en 1861 par Benito Juárez.

Le gouvernement instaure la ley fuga (loi de fuite), qui donne la possibilité d'abattre les prisonniers qui essayeraient de fuir. les victimes furent plus de 10 000 et sont très majoritairement des paysans[1]. La méthode sera aussi couramment utilisée afin de se débarrasser d'opposants ou de concurrents politiques

Le Porfiriat, c'est aussi la reconnaissance de la suprématie blanche. L'ambassadeur américain Henry Lane Wilson en fera l'apologie après sa chute : « Diaz n'était pas seulement un autocrate, c'était aussi un dirigeant sage et juste, un patriote sincère et un honnête homme. Par dessus les fondations de la barbarie, de l'ignorance et de la superstition aztèque, il a répandu un mince vernis de suprématie aryenne. » Pour le président Calvin Coolidge : « pendant les plus de 30 années du président Diaz, nous fumes spécialement encouragés à faire des investissements », ajoutant que le « désordre » s'était par la suite installé[2].

Festivités du centenaire du début de la guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

En , pour célébrer le centenaire du Grito de Dolores et l'anniversaire de Porfirio Díaz, les autorités organisent de grandes festivités, durant lesquelles sont inaugurés, notamment, l'Hemiciclo a Juárez (es) et le monument à l'Indépendance (Ángel de la Independencia). Cent six dirigeants politiques, militaires ou intellectuels venus des États-Unis y assistent : le vice-président, le secrétaire d’État et le secrétaire au Trésor, 14 députés, 20 sénateurs, 14 hauts fonctionnaires du Département d’État, des gouverneurs, des présidents d'université, des généraux et amiraux. Les festivités représentent 20 millions de pesos ; on y boit 20 wagons de champagne de France Y assistent également les représentants de toutes les nations avec lesquelles le gouvernement porfiriste a établi des relations diplomatiques. Pour l'occasion le centre historique et la Cathédrale métropolitaine de Mexico sont éclairés à l'électricité, ce qui constituait alors une prouesse technique.

La politique économique[modifier | modifier le code]

Díaz hérite d'un pays exsangue, qui a connu depuis 1810, une guerre d'indépendance, une tentative de reconquête par les Espagnols, deux empires, plusieurs interventions étrangères, des guerres civiles et la perte de la moitié de son territoire. La plus grande partie de la population vit dans les campagnes, la grande majorité d'entre elle est illettrée. Sous sa présidence, le Mexique connaît un important développement économique et commercial. Les investisseurs étrangers ont la prépondérance totale dans les infrastructures (chemins de fer, ports, télégraphes et téléphones), les mines, le pétrole, le textile, les plantations, l'industrie.

Le système porfirien est à l'origine d'inégalités de développement qui provoquent des tensions : inégalités de secteur (les exportations de produits miniers et de matières premières se développement considérablement, alors que les produits alimentaires et de consommation courante se font plus rares) et inégalités entre les régions. La production de maïs passe de 2,5 millions en 1877 à 2 millions en 1910 alors que la population a augmenté (traduit en terme de production par habitant, cela représente une diminution de 50 %)[2]. La grande propriété fait des progrès considérables tandis que les sociétés foncières accumulent des millions d’hectares. À la fin de la présidence de Díaz, 97 % des terres cultivables appartiendront à 1 % de la population et 95 % des paysans n’auront plus de terres. Ils deviendront ouvriers agricoles dans d’immenses haciendas ou formeront un prolétariat urbain misérable dont les révoltes seront une à une écrasées[3].

Le salaire de l'ouvrier rural peut descendre à 20 ou 25 centavos par jour dans les cas extrêmes, et 10 ou 15 centavos pour les femmes et les enfants. À la fin du 19ème siècle la proportion d'enfants parmi les ouvriers d'usine est de un huitième. Une étude médicale explique la faible consommation de savon par les travailleurs mexicains par le fait que « le savon absorberait 25 % de leurs revenus ». En outre, un grand nombre d'ouvriers ne possède pas de logement. Le taux d'analphabétisme est de 80 % en 1910. À ces difficultés s'ajoutent la crise de Wall Street de 1907 dont les répercussions sur l'économie mexicaine provoque une vague de licenciements dans le secteur minier et des hausses des prix. Les grèves se font nombreuses à partir de 1906 mais sont réprimées avec violence[2].

Les finances se rétablissent, malgré la baisse de près de 50 % du cours mondial de l'argent métal entre 1870 et 1905, une de ses principales exportations, et, à la fin du XIXe siècle, dès 1894, le ministre des finances José Yves Limantour obtient un budget public équilibré avec 43 milions de recettes et 41 millions de dépenses, en 1910 les recettes du gouvernement fédéral avaient atteint 110 millions, celles des États et des municipalités 64 millions. l'excédent total durant les seize dernières années de la présidence de Díaz fut de 136 millions [4]. Il peut aussi renégocier avantageusement la dette extérieure.

La dépendance de l'agriculture aux pluies, les problèmes de répartition des terres, le vieillissement des cadres politiques et militaires, les aspirations de nouvelles générations à accéder au pouvoir, l'augmentation de prix des aliments de base, la dévaluation de l'argent métal et la récession internationale des années 1907-1908 sont parmi les causes de la Révolution de 1910.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. B. Parkes - Histoire du Mexique (déjà cité),page 303.
  2. a b et c John Womack, Emiliano Zapata et la révolution mexicaine, La Découverte, 2008
  3. « PROFMEX-Consorcio Munidal para la Investigación sobre México », sur www.profmex.org
  4. Henri B. Parkes - Histoire du Mexique, page 307 - (ISBN 2-228-12790-6)

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (es) Pablo Serrano Álvarez (INEHRM) : Porfirio Díaz y el Porfiriato, chonologie de 1830 à 1915 :[1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Cosio Villegas, Historia moderna de México : El Porfiriato, vida económica, (2 volumes), Editorial Hermes, Mexico, 1965