Anastasio Bustamante

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Anastasio Bustamante
Illustration.
Portrait d'Anastasio Bustamante
Fonctions
Président à vie du Mexique

(2 ans, 11 mois et 13 jours)
Gouvernement Bustamante I
Prédécesseur José María Bocanegra (intérim)
Vicente Guerrero (président de la république)
Successeur Melchor Múzquiz (président de la république)

(1 an, 11 mois et 1 jour)
Gouvernement Bustamante II
Prédécesseur José Justo Corro (président de la république)
Successeur Antonio López de Santa Anna (président à vie)

(2 ans, 2 mois et 1 jour)
Gouvernement Bustamante III
Prédécesseur Antonio López de Santa Anna (président à vie)
Successeur Francisco Javier Echeverría (président à vie)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Jiquilpan (Mexique)
Date de décès (à 72 ans)
Lieu de décès San Miguel de Allende (Mexique)
Nationalité Mexicain
Liste des chefs d'État du Mexique

Trinidad Anastasio Francisco de Sales Ruiz Bustamante y Oseguera né le à Jiquilpan et décédé le à San Miguel de Allende, est un homme d'État mexicain. Général au service de Agustín de Iturbide, il se rallie par la suite à la république fédérale et au président Vicente Guerrero qu'il renverse en 1829. Il suspend la constitution et prend alors les pleins pouvoirs devenant président à vie[1],[2]. Il est chassé du pouvoir une première fois en décembre 1832 au profit de la restauration républicaine.

En 1837, il profite de l'avènement de la république centraliste pour organiser un coup d'Etat et ainsi reprendre le pouvoir. En mars 1839, il est renversé par Santa Anna, ancien président à vie. Avec ses partisans, les « bustamantistes », il prend les armes contre celui-ci déclenchant la guerre civile. De retour à Mexico en juillet, il est contraint de céder le pouvoir à son successeur désigné, Francisco Javier Echeverría, en septembre 1841. Après le retour de Santa Anna au pouvoir, il est exilé en Europe et s'installe en France avant de revenir mourir au Mexique en 1853.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Lorsqu'en septembre 1810, Miguel Hidalgo pousse son fameux Grito de Dolores, le premier appel à l'indépendance du Mexique, qui mit à feu et à sang la Nouvelle-Espagne, Bustamente, âgé de trente ans, exerce alors la profession de médecin à Guadalajara. Forcé de se joindre aux Espagnols, contre ses concitoyens insurgés, il sert sous les ordres du général Félix María Calleja del Rey, et participe à la bataille du pont Calderon, le . Bustamante se distingue lors de cette bataille qui marque le début de sa réussite militaire. Il est alors nommé colonel.

Il devient général après s'être rallié, en 1821, au général Iturbide, futur empereur du Mexique, et lui restera fidèle jusqu'à son abdication en 1823. C'est alors le général Guadalupe Victoria qui devient le premier président de la République fédérale mexicaine. Jusqu'en 1828, Bustamante prend une part active dans les affaires de l'État.

Au pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1828, il se rallie au général Vicente Guerrero qui devient président de la république après la fin du mandat de Victoria quelques mois plus-tard. En décembre 1829, Bustamante commande une division stationnée à Jalapa, où ses soldats le choisissent pour renverser Guerrero, nouveau président élu. Il se met en marche et s'empare de Mexico. En 1830, il prend les pleins pouvoirs, soumet le Congrès et suspend la constitution, avant de se proclamé président à vie du Mexique. Arrivé au pouvoir, il gouverne en dictateur, emprisonnant, exilant ou exécutant les chefs libéraux, supprimant leurs journaux, se débarrassant de la résistance armée de Guerrero par une ruse qui lui permet de le faire mettre à mort en 1831. Il conserve le pouvoir jusqu'en 1832, date à laquelle le général Melchor Múzquiz, à la tête d'une armée de libération, le renverse rétablissant ainsi la république. Bannit du pays, il séjourne trois ans à Paris.

Fin de l'exil, retour au pouvoir et guerre civile[modifier | modifier le code]

En 1836, le Texas se déclare indépendant suite à l'établissement de la nouvelle république. Bustamante, fatigué de son exil, traverse l'Atlantique pour offrir ses talents militaires contre cette province révoltée. A son arrivée, il est accueillie par plusieurs de ses partisans, dont des soldats, avec lesquels il marche sur Mexico et reprend le pouvoir le , rétablissant sa dictature. Il conclut bientôt un traité définitif avec l'Espagne qui reconnaît l'indépendance de son ancienne colonie. Bustamante fait montre d'un grand sang froid lorsqu'il traite avec l'amiral français Charles Baudin, lors de la guerre de la pâtisserie en 1838, puis lors du siège de Mexico par son rival, le général Santa Anna. L'année suivante, en mars 1839, celui-ci le renverse et prend les pleins pouvoirs à son tour. Chassé, Bustamante, avec l'aide de ses fidèles et partisans, prend les armes contre Santa Anna. C'est le début d'une guerre entre deux factions : les « bustamantistes » et les « santanistes ». En juillet 1839, il reprend Mexico qu'il conserve difficilement face aux attaques de Santa Anna. En septembre 1841, victime de plusieurs contestations après plusieurs défaites contre Santa Anna, il est contraint de céder le pouvoir à son « héritier », Francisco Javier Echeverría, qui est lui-même renversé par Santa Anna un mois plus-tard.

Dernier exil et mort[modifier | modifier le code]

Contraint de revenir en France à cause du retour de Santa Anna, il débarque à Paris en octobre 1842. Le mois suivant, il part pour l'Italie où il vit à Gênes jusqu'en 1844. Puis, il obtient l'autorisation de revenir au pays et se retire à San Miguel de Allende, où il meurt en 1853.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Burton Kirkwood, History of Mexico., Westport, CT, Greenwood Publishing Group, Incorporated, , 1re éd., poche (ISBN 978-1-4039-6258-4), p. 107
  2. (en) Burton Kirkwood, History of Mexico., Westport, CT, Greenwood Publishing Group, Incorporated, , 1re éd., poche (ISBN 978-1-4039-6258-4), p. 100

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Lucas Alamán, Historia de México desde los primeros movimientos que prepararon su independencia en 1808 hasta la época presente, México D.F., Fondo de Cultura Económica,
  • (es) Carmen Blázquez Domínguez, Veracruz, una historia compartida, Gobierno del Estado de Veracruz, Instituto Veracruzano de Cultura, , 369 p. (ISBN 968-6173-60-9)
  • (es) Francisco Bulnes, La guerra de Independencia, México, Distrito Federal, 1910.,
  • (es) Carlos María de Bustamante, Cuadro histórico de la Revolución mexicana, México D.F., INEHRM, (réimpr. 1985)
  • (es) Luis Garfias Magana, Guerrilleros de México: Personajes famosos y sus hazanas, desde la Independencia hasta le Revolución mexicana, México D.F., Panorama, , 138 p.
  • Alexander Von Humboldt, Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, Paris,
  • (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México de los Olmecas a Salinas, México D.F., Diana, , 165 p. (ISBN 968-13-2560-5)
  • (es) Guillermo Prieto, Memorias de mis tiempos, Editorial Pátria, (réimpr. 1906)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Julio Zárate, México a través de los siglos, vol. III : La guerra de independencia (1808 - 1821), México D.F., Cumbre, (réimpr. 1970)
  • Vicente Rivas Palacio (coord.), Juan de Dios Arias, Enrique de Olavarría y Ferrari, México a través de los siglos, vol. IV : México independiente (1821 - 1855), México D.F., Cumbre, (réimpr. 1970)

Liens externes[modifier | modifier le code]