Garde nationale du Mexique

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Garde nationale
(es) Guardia Nacional de México
Garde nationale du Mexique

Création 26 mars 2019
Juridiction Mexique
Siège (Encore à définir)
Employés 70 000
Ministre responsable Alfonso Durazo Montaño (Secrétaire à la Sécurité publique)
Direction Luis Rodríguez Bucio (Commandant de la Garde nationale)
Agence mère Secrétariat à la Sécurité publique et à la Protection citoyenne du Mexique
Agence fille Police fédérale du Mexique
Site web https://www.gob.mx/sedena/

La Garde nationale du Mexique (en espagnol : Guardia Nacional de México) est une institution armée de nature civile, chargée des mêmes missions que la police nationale des États-Unis mexicains, en garantissant la sécurité publique au nom de l’État fédéral.

Le secrétaire à la Sécurité publique est chargé du commandement de l'institution, qu'il exerce à l'aide du commandant de la Garde nationale. Cette organisation est en fait hybride, puisque l'entraînement et la discipline sont assurés par le secrétariat de la Défense nationale (SEDENA) et le secrétariat à la Marine (SEMAR) et son commandement par le secrétariat à la Sécurité publique et à la Protection citoyenne.

Il est prévu que les polices militaires, navales et fédérales soient absorbées par la Garde nationale, et que toutes ces institutions soient fusionnées en une seule.

Cette institution a été proposée initialement par le président Andrés Manuel López Obrador et modifiée par le Congrès de l'Union. Elle est définitivement approuvée le 28 février 2019 par le Parlement fédéral, puis le 13 mars par les parlements fédérés. La Garde nationale est officiellement créée le 26 mars avec la publication de l'arrêté de réforme constitutionnelle dans le Journal officiel de la Fédération.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antécédents[modifier | modifier le code]

La Garde nationale mexicaine existe constitutionnellement depuis le XIXe siècle, et elle est considérée comme la première organisation citoyenne du Mexique à avoir un grand poids national. Cette Garde nationale est aussi appelée Garde nationale méritoire[1].

Création[modifier | modifier le code]

Pendant la phase de transition entre l'élection et la prise de fonction du nouveau président Andrés Manuel López Obrador, celui-ci annonce le 14 novembre 2018 son intention de créer un nouveau corps de sécurité, baptisé « Garde nationale ». Sa mise en œuvre nécessite la modification de neuf articles de la Constitution fédérale de 1917 (10, 16, 21, 31, 35, 36, 73, 76, et 89)[2].

Après son dépôt à la Chambre des députés un mois plus tard, le député Mario Delgado (es), coordonnateur du parti présidentiel Morena au sein de l'assemblée, annonce des modifications à venir[3]. Des auditions publiques sont ensuite menées, conduisant à de nouvelles propositions de changements qui sont envoyées sous forme de rapports au Sénat de la République[4],[5].

Le Sénat a approuvé à l'unanimité le projet[6]. Il l'a renvoyé à nouveau à la Chambre des Députés, qui l'ont approuvé à la majorité absolue[7].

Pour être approuvée en tant que réforme constitutionnelle, il est nécessaire d'obtenir l'approbation d'au moins 17 législatures locales, ce qui a été accompli dès le 6 mars avec l'obtention de l'approbation des États du Sinaloa, du Guerrero, du Chiapas, de Campeche, du Tabasco, du Nuevo León, de Colima, de Zacatecas, d'Hidalgo, du Querétaro, de Mexico, de Durango, de Tlaxcala, de Basse-Californie du Sud, de Quintana Roo, de Puebla et du Tamaulipas, pour finir approuvé à l'unanimité par les 32 États fédérés le 13 mars[8],[9].

Dans un premier temps, elle est composée des membres de la police militaire, navale et fédérale, auxquels s’ajouteront 20 000 recrues civiles d’ici la fin de 2019. Quant à l’armée, elle est autorisée à appuyer la Garde nationale seulement durant les cinq prochaines années de son existence[10].

Absorption d'autres institutions[modifier | modifier le code]

Le 30 juin, lors d'une cérémonie intitulée Déploiement pour la Paix (Despliegue por la Paz), devant dix-milles membres de la Garde nationale[11], au Campo Marte à Mexico, le président Andrés Manuel López Obrador (surnommé Amlo), le Secrétaire à la Marine José Rafael Ojeda Durán, le Secrétaire à la Défense Nationale Luis Cresencio Sandoval González, et le commandant de la Garde national Luis Rodríguez Bucio, signent un accord pour permettre à la Garde nationale d'absorber progressivement les unités de la Police fédérale (et de facto la Gendarmerie nationale mexicaine) et de celle de la police navale, la police militaire de la marine mexicaine[12]. Ceci devrait aboutir à terme à la disparition totale de la Police fédérale, afin de créer une super-institution réunissant les trois forces à moyen-terme, capable de mieux lutter contre l'insécurité causée par la Guerre de la drogue et la corruption[12], l'infanterie de marine ayant jusqu'ici un rôle prépondérant à terre dans la guerre contre les cartels, en appui des forces civiles et son effectif est passé de 15 000 hommes en 2012 à 24 000 en 2017[13]. L'idée est de limiter le nombre d'intermédiaires dans la chaîne de commandement, afin d'améliorer la coordination entre les différents types d'unités, tout en limitant les risques de corruption[14]. Sur les 37 000 membres de la Police fédérale, il est prévu que 20 000 rejoignent la Garde nationale[15], que 12 000 soient gardés en réserve pour la création de nouvelles corporations[15], et que les autres rejoignent l'Institut National de la Migration ou n'importe quelle autre administration fédérale dont ils feraient la demande et où ils pourraient être compétents[15] (8 000 membres de la Police fédérale servant aux tâches administratives ou scientifiques)[15]. Les effectifs de la Garde nationale devraient alors être répartis en 150 puis 266 divisions régionales à travers tout le pays[12]. Après la cérémonie, le président Amlo passe en revue les dix-mille membres présents[11].

Missions[modifier | modifier le code]

Sa mission initiale est la lutte contre les cartels et le trafic, mais sa première mission démarre en juin 2019 avec la protection de la frontière sud du pays pour contenir les flux massifs de migrants qui tente de gagner ensuite les États-Unis avec le déploiement des 6 000 militaires achevé le 18 juin[16].

Pertes[modifier | modifier le code]

La Garde nationale connaît sa première perte, le commandant Carlos Anastasio Juan (37 ans dont 20 ans comme militaire, marié, 3 enfants), le 10 août 2019 au cours d'un affrontement contre de probables tueurs à gage à Loma de Zempoala dans l’État de Guanajuato[17]. Plusieurs des gardes nationaux qui l'accompagnaient sont blessés dans la fusillade[17]. Selon eux, il se serait interposé pour essayer de protéger une femme et une adolescente, et aurait alors été touché[17]. Une cérémonie militaire en son honneur a lieur dans l'une des bases militaires aériennes de Ciudad Ixtepec (Oaxaca), où il vivait, en présence de sa femme Tomasa Hernández et du général Martín Jiménez Olivera, Commissaire de la Garde Nationale du Oaxaca, avant que son cercueil soit amené au cimetière municipal[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://libros.colmex.mx/wp-content/plugins/documentos/descargas/las_fuerzas_armadas_mexicanas.pdf
  2. (es) « Guardia Nacional de AMLO, ¿de qué trata la propuesta? », Político MX,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2019).
  3. (es) Gabriel Xantomila, « Iniciativa original de Guardia Nacional tendrá cambios, anuncia Mario Delgado », Diario de Querétaro,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2019).
  4. (es) Rocío Melgoza, « Expertos a favor y en contra de la Guardia Nacional coinciden: el mando mixto es una mala idea », Economía Hoy,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2019).
  5. (es) « Llega a Senado minuta de Guardia Nacional », Milenio,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2019).
  6. «El Senado aprueba por unanimidad la creación de la Guardia Nacional con mando civil». Animal Político. 21 de febrero de 2019. Consultado el 4 de marzo de 2019. 
  7. «Diputados aprueban Guardia Nacional; esto sigue». Uno TV. 28 de febrero de 2019. Consultado el 4 de marzo de 2019. 
  8. San Martín, Neldy (6 de marzo de 2019). «Guardia Nacional logra aval en 17 legislaturas y alcanza rango constitucional». Proceso. Consultado el 7 de marzo de 2019. 
  9. Martínez Huerta, David (13 de marzo de 2019). «La Guardia Nacional queda aprobada en los 32 estados». ADN Político. Consultado el 14 de marzo de 2019. 
  10. « Mexique: une nouvelle Garde nationale pour lutter contre l'insécurité », sur Radio France internationale, (consulté le 1er juillet 2019).
  11. a et b (es) « AMLO toma protesta a primeros integrantes de la GN », sur jornada.com.mx, La Jornada, (consulté le 30 juin 2019)
  12. a b et c (es) « Para recuperar la paz se trabajará en conjunto con GN: Sedena y Semar », sur jornada.com.mx, La Jornada, (consulté le 30 juin 2019)
  13. « Brève Marine n°201 : La marine mexicaine : la lutte contre les narcotrafics et plus ? », sur Centre d'études stratégiques de la Marine, (consulté le 1er juillet 2019).
  14. (es) « A mediano plazo con la GN se podrá superar crisis de seguridad: Durazo », sur jornada.com.mx, La Jornada, (consulté le 30 juin 2019)
  15. a b c et d (es) « Adiós, PF; sus miembros pasan a la Guardia Nacional », sur jornada.com.mx, La Jornada, (consulté le 30 juin 2019)
  16. Romain Houeix, « Au Mexique, le déploiement de la Garde nationale à la frontière sud inquiète », (consulté le 1er juillet 2019).
  17. a b c et d (es) « Despiden a primer elemento de GN abatido en Guanajuato », sur jornada.com.mx, La Jornada, (consulté le 12 août 2019)

Articles connexes[modifier | modifier le code]