Parti révolutionnaire institutionnel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Parti révolutionnaire institutionnel
(es) Partido Revolucionario Institucional
Image illustrative de l’article Parti révolutionnaire institutionnel
Logotype officiel.
Présentation
Présidente Claudia Ruiz Massieu
Fondation  : Partido Nacional Revolucionario
 : refondé par Lázaro Cárdenas sous le nom de Partido de la Revolución Mexicana
 : refondé comme PRI par Manuel Ávila Camacho
Siège Av. Insurgentes Norte 59 col.
Buenavista
Mexico, Mexique
Secrétaire général Arturo Zamora Jiménez
Organisation de jeunesse Frente Juvenil Revolucionario
Positionnement Centre[1],[2],[3] à droite[4]

Historiquement (avant 1980): Gauche
Idéologie Social-libéralisme
Néolibéralisme
Technocratie

Historiquement : Nationalisme[5]
Social-démocratie[6]
Affiliation internationale Internationale socialiste
COPPPAL
Couleurs Vert, blanc et rouge
Site web http://pri.org.mx
Représentation
Députés
45 / 500
Sénateurs
13 / 128
Gouverneurs
12 / 32

Le Parti révolutionnaire institutionnel ou PRI (en espagnol Partido Revolucionario Institucional) est une des principales forces politiques du Mexique. Il est né en 1929 sous l'impulsion du général Calles. Il est membre de l'Internationale socialiste et membre fondateur de la COPPPAL.

Originellement nationaliste et de gauche, le PRI se tourne vers le centre droit à partir des années 1980[7],[8],[9],[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Parti national révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Le , à l'initiative du général Plutarco Elías Calles, plusieurs organisations nationales, étatiques et locales issues de la révolution de 1910 (dont les communistes de la CGT) fusionnent pour fonder le Parti national révolutionnaire (PNR)[11]. Un décret obligea alors tous les fonctionnaires gouvernementaux à cotiser à ce parti, ce qui lui assura une aisance financière et un statut semi-officiel[12].

Parti de la révolution mexicaine[modifier | modifier le code]

Le , le président Lázaro Cárdenas déclare formellement la création de l'Assemblée nationale constitutive du Parti de la révolution mexicaine (Partido de la Revolución Mexicana - PRM) qui succède au PNR. L'intégration au sein du PRM d'organisations de masse a permis des relations étroites avec le peuple. Le plus dynamique des secteurs était le secteur ouvrier intégré par la CTM fondée par Lázaro Cárdenas, la CROM (Confederación Regional Obrera Mexicana), les communistes de la CGT[13] ainsi que par les syndicats de mineurs-métallurgistes et d'électriciens. La Confédération nationale paysanne (Confederación Nacional Campesina - CNC) créée en août 1938 représentait le secteur agricole. Les forces armées sont elles aussi intégrées au PRM. Elles en sortiront en 1940.

Le président Lázaro Cárdenas qui milita dans l'aile gauche du PRI reçut en 1955 le prix Lénine pour la paix.

Son président pour la période 1939-1940, le général Heriberto Jara Corona, reçut le prix Staline pour la paix en 1950.

Le manifeste daté du 18 décembre 1937 du président Lázaro Cárdenas lors de la transformation du PNR en PRM[14] indique :

« Es preciso rectificar […] para tranquilidad de nuestras masas y para fortalecimiento de nuestra vida política, haciendo que el PNR se transforma en un partido de trabajadores en que el derecho y la opinión de las mayorías sean la forma fundamental de su propósito, y el bienestar general y el engrandecimiento de la Patria la liga que los una al poder público, haciendo de éste una prolongación de las determinaciones de la colectividad organizada. »

« Il faut rectifier [le parti] pour la tranquillité de nos masses et le renforcement de notre vie politique, en faisant en sorte que le PNR se transforme en un parti de travailleurs où le droit et l'opinion des majorités soient la forme fondamentale de son projet, et le bien-être général et l'exaltation de la Patrie [soient] le lien qui les unisse au pouvoir public, en faisant de celui-ci le prolongement des déterminations de la collectivité organisée. »

Création du PRI[modifier | modifier le code]

Enfin en janvier 1946, la seconde grande convention du Parti de la révolution mexicaine donne naissance au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI).

Dans les années 1960, un rapport de la police secrète (dont les archives ont été partiellement ouvertes en 2000) décrit la doctrine que doit suivre le PRI dans ses relations avec les médias : « La propagande politique doit utiliser tous les moyens de communication - les mots écrits pour les lettrés, les images graphiques, les utilisations audiovisuelles de la radio, de la télévision et du cinéma pour les moins instruits - [ainsi] nous pourrons concevoir un monde dominé par une tyrannie invisible qui adoptera la forme extérieure d'un gouvernement démocratique. »[15].

Pour Mario Vargas Llosa, l’hégémonie quasi-absolue du PRI sur les institutions mexicaines constitue une « dictature parfaite (...) parce que c'est une dictature tellement camouflée qu'elle semble ne pas en être une »[15].

Transition politique en l'an 2000[modifier | modifier le code]

Parenthèse entre 2000 et 2012[modifier | modifier le code]

Après 70 ans à la tête du pays, le PRI perd l'élection présidentielle du au profit du candidat du Parti action nationale, Vicente Fox. En 2012, le PRI gagne les élections présidentielles avec son candidat Enrique Peña Nieto.

Scissions internes à l'origine de nouveaux partis[modifier | modifier le code]

Affaires judiciaires récentes[modifier | modifier le code]

En dépit des efforts de « régénération » qu'entendait soutenir le PRI après son passage dans l'opposition, entre 2000 et 2012, une série de scandales éclabousse l’administration du président Peña Nieto[16].

En avril 2017, l’ex-gouverneur de Veracruz Javier Duarte, autrefois désigné comme l'incarnation de cette régénération, est arrêté au Guatemala après six mois de fuite pour avoir détourné des centaines de millions de dollars par l'intermédiaire d’entreprises fantômes qui bénéficiaient de contrats publics. L'accusation éprouve des difficultés a réunir des preuves opposables devant un tribunal[17],[18].

Une semaine auparavant était capturé l'ex-gouverneur de Tamaulipas Tomás Yarrington (en), en fuite depuis 2012 en raison de oses relations présumées (il n'a pas été encore jugé) avec le narcotrafic. L'ex-gouverneur de l'État de Chihuahua, César Duarte Jáquez, est en cavale depuis mai 2017[16] ; quant au gouverneur de Quintana Roo, Roberto Borge Angulo, il est également inculpé pour corruption en juin 2017 après avoir été capturé au Panama.

Idéologie[modifier | modifier le code]

L'article second de la déclaration de principes du PRI en fait un parti nationaliste, démocratique et populaire[19].

Le PRI est membre de plein droit de l'Internationale socialiste.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Présidents du Mexique issus du PRI[modifier | modifier le code]

Présidents du PNR, PRM et PRI[modifier | modifier le code]

Parti national révolutionnaire

Portrait Président Durée
1
Logo Partido Nacional Revolucionario.svg
Manuel Pérez Treviño -
2
Logo Partido Nacional Revolucionario.svg
Basilio Vadillo -
3
Emilio Portes, portrait.jpg
Emilio Portes Gil -
4
Lazaro cardenas2.jpg
Lázaro Cárdenas -
5
Logo Partido Nacional Revolucionario.svg
Manuel Pérez Treviño -
6
Logo Partido Nacional Revolucionario.svg
Melchor Ortega Camarena -
7
Logo Partido Nacional Revolucionario.svg
Carlos Riva Palacio -
8
General de División Matias Ramos Santos.jpg
Matías Ramos -
9
Emilio Portes, portrait.jpg
Emilio Portes Gil -
10
Logo Partido Nacional Revolucionario.svg
Silvano Barba González -

Parti de la Révolution mexicaine

Portrait Président Durée
10
Logo Partido de la Revolucion Mexicana.svg
Silvano Barba González -
11
Luis I. Rodríguez.jpg
Luis I. Rodríguez -
12
Jara corona.jpg
Heriberto Jara Corona -
13
Logo Partido de la Revolucion Mexicana.svg
Florencio Padilla -

Parti révolutionnaire institutionnel

Portrait Président Durée
14
Rafael Pascasio.jpg
Rafael Pascasio Gamboa -
15
PRI logo (Mexico).svg
Rodolfo Sánchez Taboada -
16
GabrielLeyva.jpg
Gabriel Leyva Velázquez -
17
Gral. Olachea.jpg
Agustín Olachea -
18
PRI logo (Mexico).svg
Alfonso Corona del Rosal -
19
Carlos Madrazo.jpg
Carlos Alberto Madrazo Becerra -
20
Lauro Ortega Martínez Gobernador.jpg
Lauro Ortega Martínez -
21
PRI logo (Mexico).svg
Alfonso Martínez Domínguez -
22
PRI logo (Mexico).svg
Manuel Sánchez Vite -
23
Jesús Reyes Heroles.JPG
Jesús Reyes Heroles -
24
Porfirio Munoz Ledo.jpg
Porfirio Muñoz Ledo -
25
PRI logo (Mexico).svg
Carlos Sansores Pérez -
26
PRI logo (Mexico).svg
Gustavo Carvajal Moreno -
27
PRI logo (Mexico).svg
Javier García Paniagua -
28
PRI logo (Mexico).svg
Pedro Ojeda Paullada -
29
PRI logo (Mexico).svg
Adolfo Lugo Verduzco -
30
PRI logo (Mexico).svg
Jorge de la Vega Domínguez -
31
Luis Donaldo Colosio Puerto Peñasco .JPG
Luis Donaldo Colosio -
32
PRI logo (Mexico).svg
Rafael Rodríguez Barrera -
33
PRI logo (Mexico).svg
Genaro Borrego Estrada -
34
PRI logo (Mexico).svg
Fernando Ortiz Arana -
35
PRI logo (Mexico).svg
Ignacio Pichardo Pagaza -
36
PRI logo (Mexico).svg
María de los Ángeles Moreno -
37 Santiago Oñate Laborde -
38
PRI logo (Mexico).svg
Humberto Roque Villanueva -
39
PRI logo (Mexico).svg
Mariano Palacios Alcocer -
40
PRI logo (Mexico).svg
José Antonio González Fernández -
41
PRI logo (Mexico).svg
Dulce María Sauri Riancho -
42
Roberto Madrazo.jpg
Roberto Madrazo -
43
PRI logo (Mexico).svg
Mariano Palacios Alcocer -
44
Beatrix Paredes Rangel 2012.jpg
Beatriz Paredes Rangel -
45
Humberto Moreira Valdes.jpg
Humberto Moreira -
46
CristinaDiaz.jpg
Cristina Díaz Salazar -
47
Pedro-Joaquin.jpg
Pedro Joaquín Coldwell -
48
CristinaDiaz.jpg
Cristina Díaz Salazar -
49
César Camacho .jpg
César Camacho Quiroz -
50
Diputado Manlio Fabio Beltrones.png
Manlio Fabio Beltrones -
51
CAROLINA MONROY 005.jpg
Carolina Monroy del Mazo -
52
Enrique-Ochoa.jpg
Enrique Ochoa Reza -
53
PRI logo (Mexico).svg
René Juárez Cisneros -
54
Claudia Ruiz Massieu.jpg
Claudia Ruiz Massieu - en cours

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kathleen Bruhn, Urban Protest in Mexico and Brazil, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 18.
  2. (en) K. Larry Storrs, Mexico-U.S. Relations, Stanford University Press, (lire en ligne), p. 56.
  3. (en) David J. Samuels et Matthew S. Shugart, Presidents, Parties, and Prime Ministers: How the Separation of Powers Affects Party Organization and Behavior, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 141.
  4. Renaud Lambert, « Au Mexique, la tentation de l’espoir », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  5. (es) « Nota sobre el nacionalismo claudicante », sur nexos.com.mx.
  6. (es) « Se transforma el PRI en “socialdemócrata” por acuerdo de su comisión de deliberación - La Jornada », sur www.jornada.unam.mx, .
  7. (es) Comparative Politics (lire en ligne).
  8. (en) Kathleen Bruhn, Urban Protest in Mexico and Brazil, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 18.
  9. (en) K. Larry Storrs, Mexico-U.S. Relations, Stanford University Press, (lire en ligne), p. 56.
  10. (en) David J. Samuels et Matthew S. Shugart, Presidents, Parties, and Prime Ministers: How the Separation of Powers Affects Party Organization and Behavior, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 141.
  11. (es) Lic. Armando Vázquez, Breve Historia y Hechos del Partido Revolucionario Institucional-Archivo confidencial, Hermosillo, Sonora, Editorial J. Costilla SA de CV, .
  12. Henry B. Parkes (préf. Jacques Soustelle), Histoire du Mexique, Paris, Payot, , 429 p. (ISBN 2-228-12790-6).
  13. (es) Lorenzo Meyer, Historia de la Revolución Mexicana, vol. 13 : Los conflictos sociales y los gobiernos del Maximato (1928-1934), México D.F., El Colegio de México, , 335 p. (ISBN 968-12-0084-5).
  14. (es) (es) « Breve Historia del PRI : PRM (1938-1946) » - Site officiel (voir archive)
  15. a et b « Au Mexique, la presse au service d’une tyrannie invisible », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  16. a et b Frédéric Saliba, « Au Mexique, le Parti révolutionnaire institutionnel rattrapé par les scandales », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  17. (es) « Javier Duarte es inocente », sur excelsior.com.mx, .
  18. (es)Congelan los procesos penales contra Javier Duarte en Veracruz : [1].
  19. [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]