André Masson (artiste)

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André Masson
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André Masson, né le 4 janvier 1896 à Balagny-sur-Thérain (Oise), et mort le 28 octobre 1987 à Paris, est un peintre, graveur, illustrateur, sculpteur et décorateur de théâtre français qui participa au mouvement surréaliste du début des années 1920 à la fin des années 1950.

Notamment célèbre pour ses dessins automatiques et ses tableaux de sable, il est l'auteur d'une œuvre multiforme, marquée par l'« esprit de métamorphose » et l'« invention mythique »[1]. Son influence est notable sur l'expressionnisme abstrait, en particulier Jackson Pollock et Arshile Gorky.

Biographie[modifier | modifier le code]

La formation artistique d'André Masson dure six ans : de 1907 à 1912, il est élève de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles où il apprend surtout la décoration murale et reçoit un premier prix de décoration. Il quitte la Belgique, puis de 1912 au printemps 1914, se forme comme élève dans l'atelier de Paul Baudoüin à l'École nationale des Beaux-Arts de Paris. Après un voyage en Italie à la suite d'une bourse d'études, il va en Suisse et s'engage dans l'infanterie un an plus tard. Il est grièvement blessé au cours de l'offensive du Chemin des Dames et passe plusieurs mois dans divers hôpitaux. Il en gardera toute sa vie une répulsion pour la guerre et le bellicisme.

Plaque commémorative au no 45 rue Blomet à Paris.

Après la guerre, il va peindre quelque temps à Céret (Paysage de Céret, Environs de Céret). S'installant no 45 rue Blomet à Paris, il a Miró pour voisin et, ensemble, ils partagent le même atelier. Il rencontre alors de nombreux artistes et écrivains tels que Roland Tual, Max Jacob, Antonin Artaud, Juan Gris, André Derain, Georges Limbour, Michel Leiris, Louis Aragon ou Robert Desnos. Lors de son séjour à Céret, André Masson épouse Odette Cabalé (1899-1984), dont la famille paternelle est cérétane[2]. Leur fille Gladys Masson, dite Lily, naît en 1920 à Paris et deviendra artiste peintre[3]. En octobre 1922, il se lie par un contrat verbal à la galerie Simon de Kahnweiler et y expose en 1924. S'intéressant aux manifestations dadaistes par l'intermédiaire d'écrivains comme Limbour ou Aragon, il reçoit André Breton à son atelier et rejoint le groupe des surréalistes la même année.

André Masson participe dès lors à leurs activités, rencontre Georges Bataille et Paul Éluard. Sa participation au mouvement surréaliste s'interrompt lorsqu'il se brouille avec Breton en 1929. En 1930, il divorce avec Odette Cabalé[4].

Durant ces années, il crée ses dessins automatiques. Il invente le procédé des « tableaux de sable », créés en étalant de la colle puis en projetant du sable sur la toile. Il s'initie à la gravure, à l'illustration (Justine de Sade en 1928, Histoire de l'œil, sous le pseudonyme de Lord Auch (1928) et Dossier de l'œil pinéal. L'anus solaire, illustré à la pointe sèche, de Bataille), à la décoration de théâtre et à la sculpture (Métamorphose, 1928). Il reçoit deux importantes commandes : de Pierre David-Weill, la décoration de son appartement parisien (1928) et des Ballets russes de Monte-Carlo, les décors et costumes du ballet Les Présages, dont la première a lieu le 13 avril 1933. En 1933, Masson expose à New York ses Massacres de 1932-1933. Après des séjours dans le Midi, il s'installe en Espagne (Tossa de Mar) au printemps 1934, et en repart au bout de deux ans, du fait du déclenchement de la guerre d'Espagne ; peu de temps avant son départ, en avril 1936, il y reçoit Georges Bataille, et conçoit à ce moment-là l'effigie d'Acéphale.

En effet, de 1936 à 1939, il participe à l'aventure de la revue Acéphale, dont il est l'unique illustrateur, mais n'adhère pas à la société secrète de Bataille. Son style semble être influencé[évasif] par l'expressionnisme. Il produit des séries de dessins : Destin des animaux ; Massacres ; Portraits imaginaires. En 1941, il rejoint les États-Unis pour échapper à la guerre et y retrouve André Breton. En 1945, il est de retour en France. Il conçoit de nombreux décors de théâtre (La Putain respectueuse de Jean-Paul Sartre). En 1954, il reçoit le prix national des arts. En 1965, il peint le plafond du théâtre de l'Odéon.

Ami de Georges Bataille, André Masson s'est marié en seconde noce avec Rose Maklès (1902-1986)[5]. Ses deux fils, Diego et Luis, épousèrent deux des filles de l'architecte Fernand Pouillon, lequel avait dessiné les plans de son atelier au Tholonet, près de la montagne Sainte-Victoire.

Le cinéaste Jean Grémillon lui a consacré un court métrage présenté au Festival de Cannes en 1959 : André Masson et les quatre éléments.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Plus de 90 œuvres de l'artiste sont au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou : 94 toiles dessins, illustrations[6]. On trouve aussi ses œuvres au Museum of Modern Art de New York[7], ainsi qu'à la Tate Gallery[8], et au Musée d'art moderne de la ville de Paris [9]. 

Peinture[modifier | modifier le code]

Huile sur toile, sauf mention contraire.

  • Le Cimetière, 1924
  • L'Homme à l'orange, 1924
  • Les Musiciens, 1924, 36 × 27 cm[10]
  • Les Quatre éléments, 1924
  • Le Tombeau au bord de la mer, 1924
  • Les Constellations, 1925
  • La Raie, 1925, 40 × 55 cm[11]
  • Le Repas, 1925, 60 × 80 cm[12]
  • La Métamorphose des amants, 1926, 101 × 89 cm, Paris, musée national d'art moderne[13]
  • L'Équarisseur , 1928
  • Pasiphaé, 1932, crayon de couleur, 49 × 63,8 cm[14]
  • Le Jet de sang, 1936, 127 × 100 cm, Paris, musée national d'art moderne
  • Corrida, 1937, 90 × 84,2 cm, Paris, galerie Louise Leiris{
  • Dans la tour du sommeil, 1938
  • Le Labyrinthe, 1938, Paris, musée national d'art moderne[15]
  • Le Chantier de Dédales, 1939
  • La Femme paralytique, 1939
  • Hôtel des oiseaux, 1939
  • Gradiva, 1939, Centre pompidou[16]
  • Portrait d'André Breton, 1941, Centre Pompidou[17]
  • Enchevêtrement, 1941, Paris, musée national d'art moderne[18]
  • Massacre de chevaux, 1942, pastel sur carton[19]
  • La Pythie, 1943, Paris, musée national d'art moderne[20]
  • Terre érotique, 1943, encre de Chine, Paris, musée national d'art moderne[21]
  • La Sybille, 1944
  • Le Sanglier, 1946
  • La Carrière Bibemus, 1948, musée d'art moderne de Belfort, donation Maurice Jardot
  • Évocation d'Antonin Artaud, 1958{
  • Duo, 1963, 92 × 60 cm[22]
  • Magie noire, 1964, 130 × 89 cm, Paris, galerie Hadrien-Thomas[23]
  • L'Âme de Napoléon, 1968
  • Poursuite, 82 × 116 cm[24]
  • Le Voyageur, 50 × 65 cm, Centre culturel de l'Yonne, Auxerre[25]
  • Fringance, 1960, collection municipale de Saint-Priest
  • Le Parloir, Alger, musée national des beaux-arts d'Alger

Sculpture[modifier | modifier le code]

Bronze, sauf mention contraire.

  • La jeune Fille au ballon vert à la bouche de pensée, assemblage d'objets, Exposition internationale surréaliste, Paris, 1938, connu par des photographies.
  • Dans la forêt, 1941, 13 × 16 cm.
  • Femme tourmentée, 1941, 25,5 × 16 cm
  • Mantes accouplées, 1942, 28,5 × 113 × 11,5 cm.
  • Répulsion, 1943, 8 × 13 cm.
  • Femme-feuille, 1943, 6,5 × 14,5 cm.
  • Bacchantes, 1964, 11,7 × 11,5 cm.
  • Saturne, 1964, 15,5 × 8 cm.
  • Femme-arbre, 1973, 1,20 m.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Costumes
Costumes & Décors 
Décors 

Expositions principales[modifier | modifier le code]

  • 1924 : exposition particulière à la galerie Simon de Kahnweiler.
  • 1937 : Fantastic Art. Dada. Surrealism au Museum of Modern Art, New York.
  • 1938 : Exposition internationale du Surréalisme, Paris.
  • 1941 : rétrospective de son œuvre au musée de Baltimore.
  • 1950 : rétrospective Masson-Giacometti à la Kunsthalle de Bâle.
  • 1958 :
    • rétrospective de son œuvre gravée à l'Albertine de Vienne ;
    • Biennale de Venise où une salle lui est réservée.
  • 1964 : rétrospective à l'Akademie der Kunst de Berlin puis au Stedelijk Museum d'Amsterdam.
  • 1965 : rétrospective au musée national d'art moderne, Paris.
  • 1967 : rétrospective au musée des beaux-arts de Lyon
  • 1968 : rétrospective au musée Cantini de Marseille en Juillet - Août - Septembre .
  • 1969 : rétrospective au Palazzo dei Diamenti, Ferrare.
  • 1976 :
  • 1981-1982 : présentation de l'ensemble des œuvres de Masson appartenant aux collections publiques française au musée national d'art moderne, Paris.
  • 1983 : rétrospective des travaux de Masson pour la scène au théâtre du Rond-Point.
  • 1985 :
    • rétrospective de gravures originales pour des ouvrages illustrés à la Fondation Royaumont ;
    • exposition rétrospective à Nîmes, puis Barcelone.
  • du 6 avril au 5 septembre 2009 : Le bestiaire d'André Masson, musée de La Poste, Paris.
  • 2016 : André Masson de Marseille à l'exil américain, musée Cantini, Marseille.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Pia, André Masson, Paris, Gallimard, collection « Sculpteurs nouveaux », 1930.
  • André Masson, publié à l'initiative de Robert Desnos et d'Armand Salacrou en 1940 (tirage limité sans nom d'éditeur). Chaque exemplaire est paraphé par André Masson. Texte de Jean-Louis Barrault, Georges Bataille, André Breton, Robert Desnos, Paul Éluard, Armel Guerne, Pierre Jean Jouve, Madeleine Landsberg, Michel Leiris, Georges Limbour, Benjamin Péret. Réédition en 1993 aux éditions André Dimanche, à Marseille.
  • Georges Limbour et Michel Leiris André Masson et son univers, Lausanne, Les Trois collines, 1947.
  • Georges Limbour, André Masson, dessins, collection « Plastique », Paris, Éd. Braun, 1951.
  • André Masson, Entretiens avec Georges Charbonnier, préface de Georges Limbour, Paris, Julliard, 1958 ; réédition Marseille, Éditions André Dimanche, 1995.
  • Daniel Guérin, Eux et Lui, suivi de commentaires, ornés de cinq dessins originaux d’André Masson, Monaco, Éditions du Rocher, 1962 ; réédition QuestionDeGenre/GKC, 2000.
  • Hubert Juin, André Masson, Le musée de poche, Paris, 1963.
  • André Breton, Le Surréalisme et la Peinture, Paris, Éd. Gallimard, 1965.
  • Jean-Claude Clébert, Mythologie d'André Masson, Genève, Éd. Pierre Cailler, 1971.
  • Françoise Will-Levaillant, André Masson, période asiatique 1950-1959, Paris, Galerie de Seine, 1972.
  • André Masson, La Mémoire du monde, Genève, Skira, 1974 (entretiens avec Gaétan Picon).
  • André Masson, Le Vagabond du surréalisme, entretiens avec Gilbert Brownstone, Paris, Éd. Saint-Germain-des-Près, 1975.
  • Roger Passeron, André Masson et les puissances de signe, Denoël 1975.
  • André Masson, Le Rebelle du Surréalisme, Paris, Éd. Hermann, 1976 (anthologie établie par Françoise Levaillant). Réédition en 1994.
  • Jean-Clarence Lambert, André Masson, Paris, Éd. Filipacchi, 1979.
  • José Pierre, L’Aventure Surréaliste autour d’André Breton, Paris, Éd. Filipacchi, 1986.
  • Florence de Mèredieu, André Masson, les dessins automatiques, Blusson, 1988.
  • André Masson, Les Années surréalistes. Correspondance 1916-1942, Lyon, La Manufacture, 1990 (édition établie et présentée par Françoise Levaillant, d’après le Doctorat de F. Levaillant, André Masson : Lettres choisies 1922-1942, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, 1986).
  • Michel Surya, Georges Bataille, la mort à l'œuvre, Paris, Gallimard, 1992 ; rééd. coll. « Tel », 2012.
  • Bernard Noël, André Masson, la chair du regard, Paris, Gallimard, coll. « L'art et l'écrivain », 1993.
  • Masson et Bataille, Musée des Beaux-Arts d'Orléans, musée municipal de Tossa de Mar, 1994, textes de Éric Moinet, André Masson, Bernard Noël, Gloria Bosch, Teresa Grandas.
  • Dawn Ades, André Masson, Paris, Éd. Albin Michel, coll. « Les grands maîtres de l’art contemporain », 1994 (traduit de l’anglais par Jacques Tranier).
  • Françoise Levaillant, Massacre de signes, Tokyo, Misuzu Shobo, 1995.
  • (de) Stephan Moebius, Die Zauberlehrlinge. Soziologiegeschichte des Collège de Sociologie, Konstanz, 2006.
  • Armel Guerne, André Masson ou les autres valeurs, Les Amis d'Armel Guerne asbl, 2007 (édition hors commerce).
  • (en) Clark V. Poling, André Masson and the surrealist self, New Haven & London, Yale university press, 2008.
  • André Masson. Catalogue raisonné de l'œuvre peint, 1919-1941, Vaumarcus, Éditions ArtAcatos, 2010 ; catalogue établi par Guite Masson, Martin Masson et Catherine Loewer, préface de Bernard Noël, « André Masson » de Dawn Ades, « Biographie d'André Masson (1896-1941) » de Camille Morando.
  • Vincent Teixeira, « L'œil à l'œuvre - “Histoire de l'œil” et ses peintres », Cahiers Bataille, n°1, Meurcourt, Éditions les Cahiers, 2011.
  • Hélène Parant, Fabrice Flahutez, Camille Morando, La bibliothèque d'André Masson. Une archéologie, Paris, 2011 (ISBN 9782953940602).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Clarence Lambert, André Masson, Éditions Filipacchi, 1979, p. 49-51.
  2. Camille Morando, André Masson Biographie, 1896 - 1941. Première partie, Édition Artcatos, 2010, p.30 (ISBN 9782940452002).
  3. Camille Morando, op. cit., p. 32.
  4. Camille Morando, op. cit., p. 110.
  5. Sœur de Lucienne Morand, comédienne au théâtre de l'Atelier et épouse du dadaïste Théodore Fraenkel ; de Simone Piel, épouse de Jean Piel, et de Sylvia Bataille, comédienne, épouse de Georges Bataille puis de Jacques Lacan.
  6. Liste des œuvre de Masson au Centre Pompidou
  7. collection André Masson au MoMa
  8. Masson à la Tate
  9. Collection du Musée d'art moderne de la ville de Paris
  10. Reproduction dans Beaux-Arts magazine, n° 82, septembre 1990, p. 163
  11. Reproduction dans Azart, hors-série n° 15, mars 2009, p. 20
  12. Reproduction dans Beaux-Arts magazine, n° 71, septembre 1989, p. 20
  13. Reproduction dans Beaux-Arts magazine, n° 90, mai 1991, p. 64.
  14. Reproduction dans Beaux-Arts magazine, n° 80, juin 1990, p. 21.
  15. indisponible
  16. Gradiva
  17. Portrait
  18. indisponible
  19. Reproduction dans Beaux Arts magazine, n° 72, octobre 1989, p. 141
  20. indisponible
  21. indisponible
  22. Reproduction dans Beaux Arts magazine, n° 83, octobre 1990, p. 62
  23. Reproduction dans Beaux Arts magazine, n° 72, octobre 1989, p. 28
  24. Reproduction dans "Beaux-Arts magazine », n° 77, mars 1990, p. 43
  25. Reproduction dans Beaux-Arts magazine, n°82, septembre 1990, p. 123.

Liens externes[modifier | modifier le code]