Acéphale (revue)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références.

Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2015).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Acéphale.
Acéphale
Pays Drapeau de la France France
Genre Religion.
Sociologie.
Philosophie
Fondateur Georges Bataille
Date de fondation 24 juin 1936
Date du dernier numéro 1939

Sous le nom d'Acéphale, Georges Bataille a constitué et dirigé entre 1936 et 1939 une revue publique qui portait ce titre et qui ne connut que cinq numéros.

La revue Acéphale[modifier | modifier le code]

Le premier numéro est daté du 24 juin 1936 et ne comporte que huit pages. La couverture est illustrée d’un dessin d’André Masson qui couvre 80 % de la page. Ce dessin s’inspire ouvertement du célèbre dessin de Léonard de Vinci intitulé Homme de Vitruve, mais celui-ci est décapité et son sexe est occulté par une tête de mort. Sous le titre on trouve les mentions Religion. Sociologie. Philosophie suivies à la ligne suivante de l’expression La conjuration sacrée.

L’ambition de Bataille[modifier | modifier le code]

Le premier article est signé de Bataille et s’intitule « La conjuration sacrée ». Il commence par ces phrases :

« Il est temps d’abandonner le monde des civilisés et sa lumière. Il est trop tard pour tenir à être raisonnable et instruit — ce qui a mené à une vie sans attrait. Secrètement ou non, il est nécessaire de devenir tout autres ou de cesser d’être. »

[réf. nécessaire]

Bataille explicite le titre Acéphale un peu plus loin dans son article : « La vie humaine est excédée de servir de tête et de raison à l’univers. Dans la mesure où elle devient cette tête et cette raison, dans la mesure où elle devient nécessaire à l’univers, elle accepte un servage. ». C’est ce refus du servage que Bataille va tenter de développer dans les numéros suivants à travers sa vision de la philosophie nietzschéenne, sa lutte contre le fascisme, et les thématiques – constantes chez lui – de la mort et du religieux.

Bataille et Nietzsche[modifier | modifier le code]

Le même numéro contient une traduction inédite de Nietzsche sur Héraclite ainsi qu'un article de Jean Wahl intitulé « Nietzsche et la mort de Dieu » qui est un commentaire sur un texte de Karl Jaspers à propos de Nietzsche.

Les autres numéros sont également centrés sur le philosophe allemand. Le dernier numéro, préparé mais non publié, s’intitulait « La folie de Nietzsche » et comportait sur la première page en gros caractères la déclaration suivante :

« Le 3 janvier 1889, il y a cinquante ans, Nietzsche succombait à la folie : sur la piazza Carlo-Alberto, à Turin, il se jeta en sanglotant au cou d’un cheval battu, puis il s’écroula ; il croyait, lorsqu’il se réveilla, être DIONYSOS ou LE CRUCIFIÉ. »

La mort et le religieux[modifier | modifier le code]

La mort est un autre fil conducteur de la revue. Dès le premier numéro Bataille l’évoque en parlant de André Masson qui, dit-il, évoquait avec lui sa propre mort. Bataille rappelle que « la vérité de l’homme est la mort » mais la mort c’est aussi la « mort de Dieu » ce qui, écrit Jean Wahl commentant Nietzsche, condamne l’homme à « l’immense don qu’est la parfaite solitude. ».

Aussi le religieux, selon Bataille, n’a rien d’une dévotion rendue à une quelconque divinité. Cette « conjuration sacrée » à laquelle nous invite Bataille c’est « la condamnation de tout ce qui est reconnu aujourd’hui. ». (no 1 d'Acéphale)

Les collaborateurs de la revue[modifier | modifier le code]

En dehors de Bataille qui signe la plupart des textes, sans compter les notules non signées qui sont probablement de sa main, on relève les noms de :

La société secrète[modifier | modifier le code]

L’histoire de la société secrète Acéphale est beaucoup moins facile à décrire que celle de la revue car ses membres, qui avaient juré le silence ont, dans l’ensemble, tenu leur parole. Cependant en février 1937, après un exposé de Roger Caillois au café du Grand Véfour sur « Les principes qui doivent diriger la formation d’un groupe », Georges Bataille lut un texte intitulé « Ce que j’ai à dire » où il déclare :

« C’est seulement s’ils se battent jusqu’à la mort ou s’ils sont pris par une émotion physique violente et contagieuse que des êtres humains sortent de cette difformité confuse de leurs intérêts qui en fait ensemble une accumulation de déchets inertes. »

.[réf. nécessaire]

Goya, Le Sabbat des sorcières.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes de Georges Bataille[modifier | modifier le code]

  • L’Apprenti Sorcier : Ce que j’ai à dire, éd. de la Différence, Paris, 1937
  • Acéphale, réédition des numéros publiés et du numéro final non publié, éd. Jean-Michel Place, Paris, 1995
  • L’Apprenti sorcier (textes, lettres et documents (1932-1939) rassemblés, présentés et annotés par Marina Galletti), Éditions de la Différence, Paris, 1999

Autres références[modifier | modifier le code]

  • Maurice Blanchot, La Communauté inavouable, Éditions de Minuit, Paris, 1984
  • Marcel Mauss, Manuel d’ethnographie, Petite bibliothèque Payot, Paris, 1967
  • Michel Surya, Georges Bataille, la mort à l’œuvre, Gallimard, Paris, 1992
  • Odile Felgine, Roger Caillois, Stock, Paris, 1994
  • Denis Hollier, Le Collège de Sociologie, Gallimard, Paris, rééd. augmentée 1995
  • L’unebévue, n° 16 : « Les Communautés électives », EPEL, 2000
  • Jean-Luc Nancy, La Communauté désœuvrée, Christian Bourgois Éditeur, coll. « Détroits », 1986 ; nouvelle édition, revue et augmentée, 2004
  • Marina Galletti, L'apprenti sorcier, éditions de la Différence, coll. "Les Essais", Paris, 1999
  • (de) Stephan Moebius, Die Zauberlehrlinge. Soziologiegeschichte des Collège de Sociologie, Konstanz, 2006

Article connexe[modifier | modifier le code]