Yves Tanguy (peintre)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Yves Tanguy.
Yves Tanguy
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 55 ans)
WoodburyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Raymond Georges Yves TanguyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Influencé par
Conjoint

Raymond Georges Yves Tanguy, né le à Paris et mort le à Woodbury (Connecticut, États-Unis), est un peintre et dessinateur surréaliste français, naturalisé américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père et la mère d'Yves Tanguy sont d'origine bretonne. Il naît au ministère de la Marine, place de la Concorde à Paris, où son père, adjudant-surveillant, dispose d'un logement de fonction. Yves Tanguy travaille d'ailleurs durant deux ans comme matelot de la marine marchande.

Il est sensibilisé à la peinture par l'un de ses camarades de classe, Pierre Matisse, fils du peintre Henri Matisse et futur marchand d'art à New York. Une toile de Giorgio De Chirico aperçue dans une galerie à Paris le décide à devenir peintre. Aidé par Marcel Duhamel, il s'installe dans un atelier près de la gare Montparnasse. Ses expériences automatistes et ses paysages oniriques le rapprochent des surréalistes, groupe auquel il adhère en 1925. Ses paysages minéraux, horizons linéaires, cartilages souples, êtres-objets fascinants, atmosphères oniriques où l'inconscient se veut souverain sont appréciés par les poètes.

Il tient sa première exposition personnelle à Paris en 1927. La même année, il épouse Jeannette Ducrocq (1896-1977).

André Breton écrira en 1941 : « L'apparition de Tanguy dans la lumière neptunienne de la voyance retend peu à peu le fil de l'horizon qui s'était brisé. Mais c'est avec lui un horizon nouveau, celui sur lequel va s'ordonner en profondeur le paysage non plus physique mais mental. […] Les êtres-objets strictement inventés qui peuplent ses toiles jouissent de leurs affinités propres qui traduisent de la seule heureuse manière — la manière non littérale — tout ce qui peut être objet d'émotion dans l'univers. »[réf. nécessaire]

Il participe d'octobre à novembre 1933 au 6e Salon des surindépendants avec le groupe surréaliste[2].

En 1938, au Salon des surindépendants, Tanguy découvre les tableaux de l'artiste américaine Kay Sage. Déclaré inapte au service militaire, il la rejoint aux États-Unis en 1940. Ils s'installent à Woodbury, au Connecticut, et se marient à Reno, au Nevada le . Il devient citoyen américain en 1948.

Il meurt le d'une hémorragie cérébrale.

En 1963, après avoir établi le catalogue complet des œuvres de Tanguy, Kay Sage se suicide par balle. Les dernières volontés d'Yves Tanguy étaient que ses cendres soient dispersées en baie de Douarnenez non loin de Locronan, le village d'origine de sa famille. Son ami Pierre Matisse fut son exécuteur testamentaire.

Œuvres[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2019)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Huiles sur toile.

  • L'Orage, 1926.
  • Il faisait ce qu'il voulait, 1927, 80 × 65 cm, collection particulière[3].
  • Maman, Papa est blessé, 1927.
  • Rêveuse (dormeuse), 1927.
  • Un grand tableau qui représente un paysage, 1927.
  • Le Jour où je serai fusillé, 1927.
  • Quand on me fusillera, 1927, musée des Beaux-Arts de Brest.
  • À quatre heures d'été, l'espoir, 1929.
  • L'Oreiller de satin, 1929.
  • Le Regard d'ambre, 1929.
  • Parallèles, 1929.
  • Roux en hiver, 1932.
  • Le Ruban des excès, 1932.
  • Le Fond de la Tour, 1933.
  • Entre l'herbe et le vent, 1934.
  • Jour de lenteur, 1937.
  • Le Soleil dans son écrin, 1937.
  • Composition, 1938.
  • Ennui et tranquillité, 1938.
  • Outre mer, 1939.
  • Temps meublé, 1939.
  • Dame à l'absence, 1942.
  • Le Palais aux rochers de fenêtres, 1942.
  • Par le feu, par les oiseaux, et non par la pierre, 1943.
  • Réponse au rouge, 1943.
  • Au hasard du soleil, 1947.
  • D'une nuit à l'autre, 1947.
  • Feu central, 1947.
  • Rhabdomancie, 1947.
  • Illustration pour l'Antitête, 1949.
  • Reflet, 1951.
  • Temps égaux, 1951.
  • Les Transparents, 1951.
  • Hekla, 1952.
  • Nombres imaginaires, 1954.
  • Divisibilité indéfinie, 1942.
  • The Absent Lady, 1942.
  • Mains et gants, 1946.

Réception critique[modifier | modifier le code]

« La qualité de la couleur chez Tanguy est une sorte de conscience laiteuse. Son univers est celui de l'homme primitif ou de l'enfant, un univers comestible […] Les tableaux de Tanguy nous placent à l'intérieur d'un globe gonflé de lait, au centre d'un immense sein maternel […] la peinture de Tanguy est tout entière nourriture… »Marcel Jean, Histoire de la peinture surréaliste[4]

Expositions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Breton « Yves Tanguy », New York, Éditions Pierre Matisse, 1946.
  • Max Henri de Larminat, Jour de Lenteur. Yves Tanguy, Paris, Atelier des enfants et Musée national d'art moderne, Centre Georges Pompidou, 1991 (ISBN 2-85850-570-5).
  • René Le Bihan, Renée Mabin et Martica Sawin, Yves Tanguy, Quimper, Éditions Palantines, 2001 (ISBN 2-911434-17-X).
  • Daniel Marchesseau, Yves Tanguy, Paris, Éditions Filipacchi, coll. « La Septième Face du dé », 1974 (ISBN 2850180270).
  • Christian Nicaise, Yves Tanguy : les livres illustrés, Rouen, Éd. L'Instant perpétuel, 2006 (ISBN 2-905598-91-3).
  • Gordon Onslow-Ford, Yves Tanguy et l'automatisme, Éditions la Digitale, 1983 (traduction Jean-Pierre Guillon, 2002) (ISBN 2-903383-69-3).
  • Liliane Riou, Ma vie blanche et noire, notes sur Yves Tanguy, Éditions la Digitale, 1996 (ISBN 2-903383-50-2).
  • Geneviève-Morgane Tanguy, Yves Tanguy, druide surréaliste : d'Armorique en Amérique : Locronan, Woodbury, Paris, Éditions Fernand Lanore, 1995 (ISBN 2-851571-17-6).
  • Yves Tanguy : lettres de loin à Marcel Jean, Paris, Éditions le Dilettante, 1993 (ISBN 2-905 344-64-4).
  • Patrick Waldberg, Tanguy, peinture, Paris, Éditions l'Autre Musée, 1984 (ISBN 2-72910-129-2).
  • Patrick Waldberg, Yves Tanguy, Bruxelles, Éditions A. de Rache, 1977 (ISBN 2801500372).
  • Kay Sage « Yves Tanguy : a summary of his works », Éditions Pierre Matisse Gallery, New York, 1963.
  • Agnès Angliviel de la Beaumelle, Yves Tanguy, Paris, Éd. du Centre Georges-Pompidou, 1982.
    Catalogue de l'exposition à Paris au centre Georges-Pompidou, du 17 juin au 27 septembre 1982.
  • Yves Tanguy, Paris, galerie Malingue, 2002, 108 p.
    Catalogue de l'exposition à Paris à la galerie Malingue, du 15 mai au 12 juillet 2002.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Violons d'Ingres, 1939, court métrage de Jacques Brunius, où il joue le rôle d'un contrôleur du gaz[6].
  • Yves Tanguy, derrière la grille de ses yeux bleus, réalisation de Fabrice Maze, production Seven Doc, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dont il aperçoit, en 1923, d'une plateforme d'autobus, dans une vitrine le tableau « Le Cerveau de l'enfant ». Il saute du bus en marche pour le voir de plus près, reproduisant sans le savoir la même réaction qu'a eu André Breton quelques années plus tôt (Angliviel, page 173).
  2. Collectif, Alberto Giacometti, catalogue d'exposition, Centre Pompidou, 2001.
  3. Reproduction dans "Beaux Arts Magazine" no 90, mai 1991, p. 66.
  4. Cité in Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du surréalisme, Le Seuil, 1996, p. 21
  5. Exposition Yves Tanguy.
  6. Angliviel, op. cit., page 211.

Liens externes[modifier | modifier le code]