Charles de Choiseul-Praslin (1805-1847)

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Charles de Choiseul-Praslin
Théobald de Choiseul Praslin .jpg
Fonctions
Député
Pair de France
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieu de travail
Activité
Père
Enfant

Charles Laure Hugues Théobald de Choiseul, duc de Praslin, né le à Paris où il est mort le , est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du duc Charles-Félix de Choiseul-Praslin et de Charlotte Le Tonnelier de Breteuil, il devient chevalier d'honneur de la duchesse d'Orléans.

Député conservateur de Seine-et-Marne de 1839 à 1842, il est admis à la Chambre des pairs en 1845.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il avait épousé, le 19 octobre 1824, Françoise (dite Fanny) Altaria Rosalba Sebastiani della Porta (14 avril 1807 - 17 août 1847), demi sœur de l'écrivain Gustave Aimard, fille du général Sébastiani, gloire militaire de l'Empire qui devait devenir un homme politique de premier plan sous la monarchie de Juillet. Leur union était très vite devenue orageuse, même si dix enfants en naquirent, parmi lesquels le comte Horace de Choiseul-Praslin.

Maxime Du Camp a laissé un portrait de la duchesse de Praslin, qui explique les raisons de cette mésentente : « Sans habileté, poursuivant son mari de ses désirs, lui écrivant vingt lettres par jour, le harassant de reproches et de souvenirs, violente et jalouse, elle représente un type assez rare, celui de la nymphomane vertueuse. »

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Une autre version de l'histoire veut qu'à la suite d'une infidélité du duc avec une gouvernante, Henriette Deluzy, la duchesse menaçait son mari d'un procès en séparation de corps[2].

Le duc, excédé du comportement de sa femme, l'assassina à coups de couteau le 17 août 1847, dans l'appartement qu'elle occupait dans l'Hôtel Sébastiani, rue du Faubourg-Saint-Honoré[3]. Il fut rapidement appréhendé par la police qui ne crut pas longtemps à un crime de rôdeur, et le mit en prison en attendant son jugement devant la Chambre des pairs. Mais, horrifié de son forfait, ou peut-être désireux de ne pas révéler le mobile de son acte pour ne pas jeter l’opprobre sur la mère de ses enfants, il absorba une forte quantité d’arsenic qui devait le conduire lui-même à la mort, dans sa prison, le 24 août 1847 à 16 heures 35.

Cette affaire privée prit, du fait de la notoriété et de la position sociale du couple, une ampleur particulière en cette fin de Monarchie de Juillet.

L'opposition s'empara de l'affaire, dénonçant tout d'abord la corruption des mœurs dans la haute société des entours de Louis-Philippe. D'autre part, le gouvernement et la justice furent accusés d'avoir prétendu que le duc s'était suicidé, afin de pouvoir le faire libérer secrètement et lui permettre de se réfugier à l'étranger, échappant ainsi au châtiment. Suivant de peu le scandale Teste et Cubières, (tous deux, Pairs de France, furent jugés pour corruption), cette affaire fut un scandale de plus qui contribua à jeter le discrédit sur la monarchie de Juillet, préparant ainsi en partie la révolution de février 1848. A ce sujet, Victor Hugo, membre lui aussi de la Chambre des pairs, note : « L’autre mois, l’armée a reçu son coup dans le général Cubières, la magistrature dans le président Teste; maintenant l’ancienne noblesse reçoit le sien dans le duc de Praslin », et il ajoute : « Le peuple est exaspéré contre le duc [4]. »

Quelques mois après l'affaire Praslin, un autre drame domestique, la tentative d'assassinat commise par le comte Hector Mortier sur la personne de sa femme, née Cordier, vint entacher encore le prestige de la noblesse.

Le duc de Choiseul-Praslin avait jadis donné pour précepteur à ses enfants un prêtre défroqué, le père de Baudelaire.

Les conflits d'escalade dans une période troublée, l'affaire a contribué au déclenchement de la Révolution de 1848, qui s'est produite six mois après le suicide. [4] À la suite de la création de la Deuxième République, tous les documents relatifs aux procédures dans l'affaire, ainsi que tous les autres actes de la Chambre des pairs, ont été envoyés aux Archives nationales. [4]

Une rumeur persistante et populaire a indiqué que la mort de Choiseul-Praslin avait été falsifiée, et qu'il avait été autorisé à quitter le pays. Plusieurs ont affirmé qu'il avait vécu le reste de sa vie au Nicaragua. Selon le chercheur nicaraguayen Eddy Kühl, Choiseul-Praslin a survécu et s'est dirigé vers Matagalpa, où il a eu deux fils, connus localement comme Jorge et Benjamín, et trois filles; Margarita, Eva et Gertrudis. Selon cette théorie, le duc est mort en 1882 et a été enterré à Ciudad Darío. L'enquête de Kühl, publiée pour la première fois en 2000, aurait suscité l'intérêt des descendants de Choiseul-Praslin vivant en France.

Charles de Choiseul-Praslin est l'un des personnages principaux du roman All Star et Heaven Too de Rachel Field (1938), qui se concentre sur le meurtre de la fille de Sébastiani, et qui a servi de base à un film de 1940 similaire à celui de Charles Boyer. Duc, Barbara O'Neil comme la duchesse, Montagu Love comme Horace Sébastiani et Bette Davis comme Henriette Deluzy-Desportes. Rachel Field était une nièce d'Henriette, par mariage. Après que Deluzy-Desportes ait été libérée, elle a quitté la France pour l'Amérique et s'est mariée avec Henry Field, l'oncle de Rachel. C'était la base d'un roman historique de l'écrivain anglais Marjorie Bowen appelé Forget-Me-Not, bien que les noms des personnages soient changés. Il a également inspiré une pièce intitulée Ruling Passions de Shaun McKenna qui a été créée au Royal Theatre (Northampton) en 1995.

En 1962, la série La Caméra explore le temps consacra à ce crime l'épisode Un crime sous Louis-Philippe.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le portrait d'homme qui lui est souvent associé est une lithographie représentant le père son mari (Charles Félx) (chevalier de la Légion d'honneur que lui-même ne reçut jamais) bien que l'âge apparent puisse faire croire le contraire - voir François de Boisdeffre "Seize familles autour des Montalembert d'Essé" 2011 lulu.com
  2. "Le Musée sort de sa réserve", catalogue de l'exposition du Centre historique des Archives nationales - Musée de l'histoire de France, juillet-septembre 2004, pp. 65
  3. Le bâtiment a été détruit lors du percement de la rue de l’Élysée et de l’agrandissement du Palais de l’Élysée sous la Troisième République.
  4. Victor Hugo, Choses vues 1847-1848, Paris, Gallimard, , 505 p. (ISBN 2-07-036047-4), p.156

Bibliographie[modifier | modifier le code]