Élections législatives françaises de 1824

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Élections législatives françaises de 1824
430 députés
et
Type d’élection Élections législatives
Corps électoral et résultats
Votants 94 000
Villèle.jpg Ultra-royalistes – Jean-Baptiste de Villèle
Voix 90 240
96,05 %
 +59,2
Députés élus 413  +253
Pierre-Paul Royer-Collard.jpg Doctrinaires – Pierre Paul Royer-Collard
Voix 3 760
3,95 %
 −40,8
Députés élus 17  −177
Représentation de l'assemblée
Diagramme
  •      Doctrinaires: 17 sièges
  •      Ultra-royalistes: 413 sièges
Gouvernement
Sortant Élu
Jean-Baptiste de Villèle
Ultra-royalistes
Jean-Baptiste de Villèle
Ultra-royalistes

Les élections législatives ont eu lieu les 25 février et 6 mars 1824.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le mode de scrutin est celui défini par la loi de juin 1820 dit « du double vote » qui associe le scrutin uninominal selon le découpage de 1820 pour les trois cinquièmes des députés, élus le 25 février, et le scrutin plurinominal départemental, élus le 6 mars[1]. Les deux collèges d'électeurs sont définis par leurs revenus (suffrage censitaire), l'accès au collège départemental nécessitant des revenus plus élevés et permettant de voter deux fois.

Résultats[modifier | modifier le code]

Parti Votes % Sièges
  Ultra-royalistes 90 240 96,05 413
  Doctrinaires 3 760 3,95 17

Ces élections sont un triomphe pour Villèle et les ultras, qui obtiennent une majorité écrasante à la chambre qu'on surnomme « retrouvée », en référence à la chambre introuvable. Il n'y a plus que 17 députés de gauche (dont Royer-Collard, Girardin, Benjamin Constant et Foy). Ce succès est dû aux manœuvres électorales du gouvernement, qui a pu faire pression sur les électeurs par le biais des préfets, et à d'habiles dégrèvements fiscaux, faisant ainsi baisser le cens pour de nombreux électeurs en dessous de la limite de 300 F requise pour pouvoir voter ; ces électeurs faisaient le plus souvent partie de la moyenne bourgeoisie et étaient plus susceptibles de voter pour les libéraux.

Villèle a également redressé les finances publiques et rassuré une grande partie du pays légal en ne faisant voter aucune loi réactionnaire, notamment sur les biens nationaux. Enfin le succès de la guerre d'Espagne a permis au gouvernement ultra de récolter une certaine popularité parmi les électeurs censitaires.

L'opposition ne disparaît cependant pas ; la chambre des pairs prendra le relais en repoussant plusieurs lois (conversion des rentes, loi d'Aînesse...) proposées par le gouvernement. À la chambre des députés, La Bourdonnaye, qui déteste Villèle, et les partisans de Chateaubriand, renvoyé du ministère le 6 juin 1824, mèneront une opposition de droite au ministère. Villèle sera ainsi contraint de dissoudre la chambre le 6 novembre 1827.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Gaudillère, Atlas historique des circonscriptions électorales françaises, Genève, Librairie Droz, coll. « Hautes Études médiévales et modernes » (no 74), (ISBN 2600000658).
  • Emmanuel de Waresquiel, Benoît Yvert, Histoire de la Restauration (1814-1830) : naissance de la France moderne, Perrin, Paris, 1996. Réédité en format de poche avec mise à jour de la bibliographie, Perrin, Paris, 2002. (ISBN 2-26201-901-0).

Références[modifier | modifier le code]