Kylix (vase)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kylix.

Dans la Grèce antique, un kylix (en grec ancien κύλιξ / kúlix) est un vase peu profond et évasé utilisé pour déguster du vin lors des symposia.

Manufacture typique des ustensiles de banquet, coupe de libations et objet de jeux de cottabe, il connaît une diffusion maximale à partir du VIe et jusqu’à la fin du IVe siècle avant notre ère, quand le canthare, l'élégant calice à volutes des rituels de Dionysos, reprit sa place comme coupe à vin la plus répandue.

Kylix à figures rouges du Peintre d'Euergidès, v. -500, British Museum
Kylix à figure noire de production laconique, Londres, British Museum

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom attribué était sûrement pertinent pour l’objet, déjà à l’époque de son utilisation, ce que confirment les inscriptions portées par certains exemplaires comme celui conservé au British Museum (inv. B 450) qui dit approximativement : « Je suis le kylix peint par l’aimable Philto ».

Forme[modifier | modifier le code]

La kylix a un corps large et peu profond, soutenu par un pied généralement formé d'une haute tige. La prise est facilitée par deux petites anses disposées presque horizontalement un peu au-dessous du col.

Typologie[modifier | modifier le code]

La description générale permet de définir la typicité de la kylix, mais dans certaines coupes retrouvées, des variances de morphologie et de décoration donnent une chronologie bien définie et témoignent de l’évolution de l’objet. Les études tendent à classifier selon quatre typologies :

La première typologie, de type attique, attestée de -600 jusqu’à environ -525, dérive de prototypes corinthiens. Le corps est séparé de la lèvre et du piétement. Ce dernier subit une évolution graduelle, passant de la forme très courte des prototypes corinthiens pour arriver à une forme plus élancée.

Les trois typologies les plus récentes sont déterminées avec les lettres A, B et C. Le schéma des divers types est à peu près le suivant :

Coupe de Komos (-600 / -575)[modifier | modifier le code]

Ce type de coupe attique à figure noire, dérivant des prototypes corinthiens, doit son nom au sujet figurant sur les parties externes du vase, caractérisées par des scènes de danse orgiaques (kòmos), pour lesquelles la céramographie attique se montre clairement débitrice aux motifs décoratifs corinthiens. Elle présente une lèvre évasée, étroite et peu prononcée, mais nettement inclinée par rapport au corps qui, lui, descend sur un piétement élancé et évasé.

La décoration se trouve uniquement sur les parois extérieures alors qu’à l’intérieur les parois sont unies. La frise inférieure, plus en évidence, contient les scènes figuratives alors que la partie supérieure coïncide avec le col évasé, décoré de motifs calligraphiques.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Coupe de Siana (-575 / -550)[modifier | modifier le code]

Le nom dérive de la localité homonyme de l’île de Rhodes.

La lèvre est aussi évasée et nettement prononcée par rapport au corps mais, en regard du précédent, a une forme visiblement plus large. Le piétement paraît également plus long et élancé.

La décoration est toujours à figures noires, mais, à la différence du précédent type, intéresse également l’intérieur de la coupe, où l'on trouve un cercle décoré.

Le style décoratif reflète le perfectionnement de la technique à figure noire de l’incision : les céramistes attiques tendent à abandonner, non seulement sur les kyliks mais sur toutes les formes de vases, la décoration monumentale pour des motifs beaucoup plus fins. Le type dit de Siana évoluera vers les deux typologies successives dites de Gordion et des Petits maîtres.

Décoration Overlap[modifier | modifier le code]

Dans ce type dit overlap, la décoration externe est unique et étendue jusque sur les bords.

Décoration Double decker[modifier | modifier le code]

Dans cette variante, la décoration se présente comme dans le type des Komos, en deux bandes superposées (double decker) : la bande inférieure présente des scènes figuratives alors que celle supérieure est toujours à motifs calligraphiques ou floréals.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Coupe de Gordion (-560)[modifier | modifier le code]

La désinvolte maturité technique et artistique atteinte par les maîtres de l'attique, accompagne une nouvelle conception des résultats artistiques, avec l'habitude de « signer » ses créations, selon un usage qui deviendra encore plus fréquent par la suite surtout lorsque, dans l’Athène démocratique d’après Pisistrate, mûrira la perception d’une croissance du rôle social.

Il est possible d’attribuer à Ergotimos et Kleitias, les auteurs du célèbre vase François, dont les noms sont incrustés, un exemplaire provenant de Gordion, en Phrygie[1]. L'élégance rigoureuse de Kleitias est mise en évidence dans la composition circulaire, simple et raffinée, des trois dauphins et du poisson, présents sur le cercle interne[2].

Ce type de coupe est un « intermédiaire » entre le type précédent Siana et les suivants de la série des Petits Maîtres. La lèvre du calice marque encore une discontinuité avec le profil du vase, mais n'est maintenant plus évasée mais plutôt convexe. La convexité de la lèvre disparaîtra dans la série suivante des Petits Maîtres, pour réapparaître avec les types Aet B.

Comme dans les suivantes Band-cups, le vernis noir qui recouvre la coupe, épargne seulement une bande sur laquelle est placée la décoration ; les frises sont des miniatures encore plus réduites que celles des coupes de Siana .

Coupe des Petits Maîtres (-550 / -525)[modifier | modifier le code]

Le nom Petits Maîtres (kleinmeister) a été attribué par les étudiants d’écoles allemandes se référant au goût pour la miniaturisation élaborée par les maîtres céramistes attiques, qu’ils peignirent en utilisant avec adresse la technique à figure noire. Ils présentent un style plus élancé et se caractérisent par l'absence du rond intérieur décoré. On distingue deux types principaux : Lip-Cups (avec le sous-type Kassel-Cups) et Band-Cups. Il existe un troisième type, plus rare, dit Droop-Cups.

Coupe à lèvres[modifier | modifier le code]

La coupe à lèvres, ainsi appelée pour la présence d’une lèvre au profil distinct du vase, offrant généralement une meilleure qualité picturale.

La peinture en verni noir intéresse aussi bien le pied que la partie basse du vase. La bande horizontale non vernie entre les deux anses est dessinée horizontalement par une risega soulignée par un liseré tracé un peu au-dessus des anses. Au-dessus de celle-ci se déroule une décoration représentant des animaux ou des figures humaines. Au-dessous est peinte une inscription, souvent l’unique peinture de la coupe, qui se distingue entre deux palmettes à la jonction des anses. L'écriture, réduite à une calligraphie mesurée, avec des caractères minuscules et soignés, révèle sa nature décorative.

Coupe de Cassel[modifier | modifier le code]

Les exemplaires plus petits de ce type, sont classés sous le nom de coupes de Cassel.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Coupe à bandes[modifier | modifier le code]

Les coupes à bandes, presque complètement vernies en noir, se caractérisent par la présence d’une bande horizontale épargnée entre deux anses, comme dans les exemplaires de Gordion, mais aussi, à la différence de toutes les précédentes typologies, par l’absence de lèvre rehaussée. Le profil est dans la continuité du corps, comme dans les deux premières typologies (coupe A et B). La frise comporte souvent une inscription ou une décoration et, occasionnellement, des représentations de figures ou d'animaux. Le cercle central est à cercles concentriques ou décoré avec des personnages.

Droop Cup (-550 / -510)[modifier | modifier le code]

Les Droop-Cups, rarement découvertes, sont datées autour de la seconde moitié du VIe siècle avant notre ère. Le goût de la calligraphie et de la miniaturisation des Petits Maîtres s’exprime avec des décorations encore plus développées, du type laconique, et un rond intérieur décoré avec des motifs concentriques.

La décoration de ces coupes semble provenir d’un cercle d’artistes spécialisés et dédiés uniquement à ce type, avec aussi la contribution d’autres artistes non spécialistes de ces coupes, même si rarement, figurent des artistes comme Exékias, Nicosthénès et le peintre d'Amasis.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Coupe A (-525 / -500)[modifier | modifier le code]

Dans ce type de coupes, daté du dernier quart du -VIe siècle, le corps est large et peu profond. La lèvre n’est plus évasée ; en outre son profil prolonge sans aucune discontinuité le dessin du corps. La tige est plus courte et nettement séparée du vase, avec la ligne de jonction mise en évidence par un anneau proéminent.

Coupe à yeux[modifier | modifier le code]

Dans la décoration de cette coupe à figures noires, la représentation à yeux est fréquente, une symbolique qui, dans sa typicité, devait avoir une fonction apotropaïque.

Les plus anciens exemplaires semblent attribuer à Exékias, potier et céramiste, l'invention tant de la forme A que de la décoration à yeux qui servira de modèle dans la prochaine phase à figures rouges. Mais Exékias produira des résultats encore plus originaux en réussissant à adapter, jusqu’à l’étroit espace entre les anses, ses combats héroïques[3].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Coupe B (-510 / -500)[modifier | modifier le code]

Dans l’évolution de son dessin, le type B, plus délicat que le précédent, se présente avec une forme encore peu profonde mais avec un piétement plus élancé et fin. Une caractéristique importante dans l’unité de la tige et le corps selon un profil continu.

Le pied est séparé de la tige, la lèvre, comme dans le type A, est convexe et sans discontinuité avec le reste du vase.

La paternité du type, dans la dernière décennie du siècle, semblerait attribuée aux peintres de la boutique d'Amasis, avec la technique à figure noire : la signature du potier Amasis est présente sur beaucoup d’exemplaires.

Sa diffusion est avant tout liée à la technique à figure rouge.

Coupe C[modifier | modifier le code]

Les coupes de ce type sont attestées à Athènes autour de 525, avec décorations exclusivement à figures rouges.

On assiste, dans les rares formes canoniques, au retour du bord relevé et évasé par rapport au corps ; même si le passage du corps concave du vase à la lèvre convexe est privée de discontinuité comme dans les précédentes coupes du type A.

La jonction entre la partie inférieure de la tige et le pied est marquée par un anneau proéminent.

Kylix du peintre Euergides (v. 500 av. J.-C.) British Museum

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le rapport est conservé au Staatliche Museen (Berlin V.I. 4604) et porte l'inscription « ΕΡΓΟΤ[ΙΜΟΣ ΜΕΠΟΙ]ΕΣΕΝ » sur un côté et « [ΚΛΙΤ]ΙΑΣ ΜΕΓΡΑΦΣΕΝ » sur l’autre ( Ergotimos me fit - Kleitias me peignit ).
  2. Images du Perseus Project Berlin, V.I. 4604
  3. La reddition des parties de la coupe, n’est pas bien visible sur l’image de la galerie présente sur Commons. De meilleures images sont visibles sur Perseus Project.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :