Viticulture en Suisse

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En brun les principales régions viticoles de Suisse

La viticulture en Suisse s'étend sur une superficie totale de 150 km2 (15 000 hectares) et est principalement concentrée à l'ouest et au sud du pays, dans les cantons de Genève, Neuchâtel, Tessin, Valais et Vaud.

Selon les chiffres de l'Office fédéral de l'agriculture[1], la production vinicole suisse en 2005 atteignait 1 million d'hectolitres dont 479 000 hl de blanc et 522 500 hl de rouge. La quasi-totalité de la production est consommée localement, seuls 1 à 2 % sont exportés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Yvorne et son vignoble

Premières vignes[modifier | modifier le code]

La tradition viti-vinicole en Suisse est très ancienne, elle remonte au moins à l'époque romaine. Des indices archéologiques tendent à prouver que la culture de la vigne existait en Valais bien avant l’époque romaine.[réf. nécessaire] Entre 1989 et 1999, lors d’une fouille à Gamsen, on a découvert des pépins de raisins datant de l’Âge du fer. Il y avait donc des grappes de raisin en Valais bien avant l’arrivée des Romains. Reste à prouver qu'ils proviennent bien d’une vigne indigène cultivée.

Premières bouteilles[modifier | modifier le code]

Près de Sembrancher, dans une tombe celtique, on a retrouvé le plus vieil indice de la consommation de vin en Valais, une bouteille de céramique. Elle accompagnait la dépouille d'une femme, inhumée au IIe siècle av. J.-C. Ces bouteilles, nommées vases a trottola, ont été produites dans des officines celtiques de l'Italie du Nord. On a appris qu’elles contenaient du vin grâce à une inscription retrouvée sur l’une d’elles. Vers 150 av. J.-C., à l’époque celtique, les Valaisans offraient donc du vin aux morts et en buvaient probablement. Un siècle plus tard, les amphores romaines faisaient leur apparition.

La généalogie des cépages[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Ampélographie.

Depuis quelques années, des analyses d’ADN apportent des réponses précises sur les cépages et leur généalogie. José Vouillamoz[2], biologiste moléculaire de l’université de Neuchâtel, a démontré une filiation directe entre l’humagne rouge et le cornalin[réf. souhaitée]. Les analyses d’ADN ouvrent de nouvelles perspectives, elles pourraient par exemple permettre de déterminer l’origine génétique des pépins de raisin trouvés à Gamsen.

Traces écrites[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, les vignobles étaient déjà organisés, comme le prouvent les premiers documents écrits. Les recherches viennent d'ailleurs détruire la légende : la vigne n’était pas entre les mains exclusives d’abbayes et de moines mais entre celles de nombreux propriétaires. Les historiens dépouillent, actuellement, tous les documents relatifs aux vignes dans les archives publiques et privées. L'analyse des actes notariés de l’époque est très enrichissante, particulièrement ceux touchant aux reconnaissances : dans ces documents, les locataires des terres reconnaissent tenir leurs biens d’un seigneur (propriétaire). Les historiens tentent également de dessiner la mise en place de la vigne et l’évolution du paysage viticole.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas à proprement parler de réglementation suisse, chacun des 20 cantons pratiquant la viticulture ayant sa propre réglementation. Dans le cadre de la politique agricole PA2011, toutes les aires de production suisses sont soumises au règlement « AOC Suisse » à compter du 1er janvier 2008. La réglementation en matière de vin proposée par la Confédération s’inspire des principes de la réglementation européenne.

Les cépages cultivés en Suisse[modifier | modifier le code]

Cépages de cuve[modifier | modifier le code]

Cépages rouges Cépages blancs

Les terroirs suisses[modifier | modifier le code]

20 cantons sur 23 cultivent la vigne sur une superficie totale de 14 882 hectares. Les vignobles s'épanouissent le long des lacs et des cours d'eau grâce aux micro-climats qu'ils induisent. De façon générale les vins blancs dominent. Le Canton de Genève a établi une cartographie précise des sols, du climat et de l'encépagement du vignoble, composantes essentielles du terroir[3].

Vignoble du Valais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Valais (vignoble).
Sion et son vignoble
Saillon et son vignoble le long du Rhône

Avec ses 4975,92 hectares de vignes, un tiers de la superficie viticole suisse, le Valais est le plus grand producteur du pays.

Ses vignes sont plantées tout au long de la vallée du Rhône, en général jusqu'à 800 m d'altitude, jusqu'à 1 100 m à Visperterminen. Ses 2 090 heures d'ensoleillement pour quelque 700 mm de précipitations annuelles donnent à la vallée du Rhône un climat un peu plus ensoleillé et un peu plus sec que le climat du vignoble bordelais en France.

Liste des AOC valaisannes[modifier | modifier le code]

Liste des cépages[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

  • 155 000 hl de blanc et 225 000 de rouge en 2005.

Vignoble vaudois[modifier | modifier le code]

Rivaz et son vignoble en Lavaux

Des terrasses de Lavaux aux pentes abruptes du Chablais, en passant par les doux vallonnements de La Côte, le canton de Vaud compte 38,82 km2 (3 882 ha) de vignes et 8 appellations d’origine contrôlée : La Côte AOC, Lavaux AOC, Chablais, Côtes-de-l'Orbe, Bonvillars, Vully et depuis 2013 Calamin Grand Cru et Dézaley Grand Cru[4].

AOC La Côte[modifier | modifier le code]

La Côte vaudoise s’étend des portes de Genève à Lausanne en allant jusqu’à frôler parfois les pentes du Jura (2 003 hectares de vignobles en 2012).

AOC Lavaux[modifier | modifier le code]

Étiquette de vin du canton de Vaud XIXe siècle

Lavaux est célèbre pour ses vignobles en terrasses surplombant le lac Léman entre Lutry et Montreux (809 hectares de vignobles en 2012). Ce vignoble est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis le 28 juin 2007.

AOC Calamin grand cru et AOC Dézaley grand cru[modifier | modifier le code]

Ces 2 appellations Calamin grand cru et Dézaley grand cru (vignoble de la commune de Puidoux) font partie de la région de Lavaux mais possèdent depuis 2013 leur propre AOC. Ce sont des vignobles de fortes pentes aménagés en terrasses qui dominent le léman.

AOC Chablais[modifier | modifier le code]

Au sud-est du canton, dans le Chablais vaudois, avec ses vignes accrochées à la pente (586 hectares de vignobles en 2012).

AOC Côtes-de-l'Orbe[modifier | modifier le code]

L'AOC Côtes-de-l'Orbe se situe au sud-ouest du lac de Neuchâtel dans le nord vaudois principalement autour d'Orbe (Vaud) et Yverdon-les-Bains. La surface des vignobles en 2012 est de 0,17 km2(171 ha).

AOC Bonvillars[modifier | modifier le code]

Cette appellation se trouve principalement le long des rives vaudoises du lac de Neuchâtel avec 0,19 km2(191 ha) de vignobles en 2012.

AOC Vully[modifier | modifier le code]

L'AOC Vully est une petite appellation intercantonale au bord du Lac de Morat. Le canton de Vaud compte environ 0,05 km2(50 ha)sur les 150 ha de l'appellation.

Production[modifier | modifier le code]

  • 218 100 hl de blanc et 81 800 hl de rouge en 2012[5].

Principaux cépages[modifier | modifier le code]

Le Chasselas est le cépage roi du vignoble vaudois avec environ 60 % des surfaces plantées (2312 ha). Le Pinot noir (13%, 497 ha) et le Gamay (10%, 403 ha) sont les principaux cépages rouges. Une multitude d'autres spécialités viennent compléter ces cépages et notamment le Gamaret et le Garanoir qui peut entrer dans l'assemblage des vins rouges.

Vignoble du canton de Genève[modifier | modifier le code]

Négociant en vins à Genève au début du XXe siècle
Une partie du vignoble de Dardagny

Avec ses 1 434 hectares de vignes, Genève est le troisième canton viticole de Suisse. On compte une centaine de caves dans le canton qui proposent, à côté du Chasselas, toute une série de spécialités. Le spectre englobe des cépages tel que le Gewurztraminer et le Viognier en passant par le Cabernet Sauvignon et le croisement qu’est le Gamaret.

Liste des communes ayant un statut d'appellation[modifier | modifier le code]

Liste des cépages[modifier | modifier le code]

D'après le contrôle site officiel de la Confédération suisse[6]

Production[modifier | modifier le code]

  • 46 000 hl de blanc et 56 000 de rouge en 2010.

Vignoble du Tessin[modifier | modifier le code]

Le canton le plus méridional de Suisse compte 1 076 hectares de vignobles, dont 862 ha sont plantés de Merlot.

Les communes vinicoles du canton[modifier | modifier le code]

Liste des cépages[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

  • 7 500 hl de blanc et 46 500 de rouge en 2005.

Vignoble de la Région des trois lacs[modifier | modifier le code]

Le vignoble du Vully en hiver, vue sur le lac de Morat

Ainsi nommée car elle comprend les lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat, ses 985 hectares de vignobles appartiennent aux quatre cantons de Neuchâtel, Berne, Fribourg et Vaud.

Liste des communes ayant un statut d'Appellation d'origine contrôlée (AOC)[modifier | modifier le code]

Liste des cépages pour le canton de Neuchâtel uniquement[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

  • Canton de Neuchâtel : 17 500 hl en blanc et 15 500 en rouge en 2005.
  • Canton de Berne : 8 500 hl en blanc et 5 000 en rouge en 2005.
  • Canton de Fribourg : 5 500 hl en blanc et 2 000 en rouge en 2005.

Vignoble du сanton de Berne, région du lac de Thoune[modifier | modifier le code]

Cépages : riesling X xylvaner, chardonnay, garanoir, pinot noir

Vignoble zurichois[modifier | modifier le code]

Avec ses 610 hectares, le canton de Zurich abrite le plus grand vignoble de Suisse alémanique. La majeure partie se situe sur les rives du lac de Zurich, la vallée de la Limmat et le bien nommé Weinland zurichois plus au nord.

Les communes vinicoles du canton[modifier | modifier le code]

Liste des cépages[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

  • 11 500 hl de blanc et 21 000 de rouge en 2005.

Vignoble des Grisons[modifier | modifier le code]

pinot noir de bundner herrschaft caves bundner herrschaft

Vignoble de Schaffhouse[modifier | modifier le code]

Les traditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Office fédéral de l’agriculture OFAG
  2. « Portrait José Vouillamoz », sur agroscope.admin.ch, Agroscope (consulté le 20 novembre 2013).
  3. Cartographie du vignoble genevois
  4. Office des vins vaudois, www.ovv.ch/aoc
  5. Contrôle officiel de la vendange 2012, Office Cantonal de la Viticulture et de la Promotion
  6. Direction générale de l'agriculture
  7. Fête des vendanges de Russin

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]