Viticulture en Israël

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Vignoble sur le mont Suba

La viticulture en Israël est attestée dans les différents livres de la Bible. Elle a pris un nouvel essor dans les années 1950 avec l'arrivée de nombreux viticulteurs venus d'Europe en Israël.

Historique[modifier | modifier le code]

Période biblique[modifier | modifier le code]

La grappe du val d'Eshkol, au pays de Canaan

La tradition veut, qu'après que le peuple Hébreu ait quitté l'Égypte, il passa la mer Morte et s'approcha de Canaan. Ce fut alors que Moïse aurait envoyé une avant-garde vers la terre promise. Quand elle revint, deux hommes portaient, suspendue à une perche, une énorme grappe de raisin[1].

Les vignes du pays de Canaan étaient soit menées en hautains, soit sur pergola. Marcel Lachiver commente d'ailleurs « Ce qui n'est pas sans lien avec le milieu naturel dans lequel poussaient les vignes sauvages »[2].

Ce type de raisin de table ne pouvait permettre d'élaborer des vins de qualité. D'ailleurs le vin exporté vers l'Égypte antique, pour être consommable devait être mélangé avec du miel et qu'il lui était ajouté des baies, du poivre et du genièvre afin de camoufler son mauvais goût[1].

Colonisations grecque et romaine[modifier | modifier le code]

Mosaîque romaine de Lod, lièvre croquant du raisin
Mosaïque romaine à Césarée maritime

Au cours de l'Antiquité, les vins exportés à Rome puis vers la Grande Bretagne étaient si lourds et sucrés qu'ils n'étaient pas consommables en l'état[1].

La découverte d'un pressoir à vin d'époque byzantine, correspondant à l'ancien Empire romain d’Orient, dans le sud du pays à environ 40 kilomètres au sud de Jérusalem et de Tel Aviv, a étonné les archéologues tant par sa forme inhabituelle, sa taille et sa complexité technique. Ce pressoir octogonal de 6,5 mètres sur 16,5 mètres a été daté du VIe ou VIIe. Le vin était probablement destiné à l’exportation vers l’Egypte ou l'Europe du Nord, car la quantité produite était trop importante pour être destinée à la seule consommation locale. Uzi Ad, responsable des fouilles, tout en rappelant qu'un pressoir à vin identique avait déjà été découvert près de ce site, au nord d’Ashkelon, a expliqué : « Ce nouveau pressoir comportait une chape centrale ornée de mosaïques sur laquelle les grappes de raisin étaient piétinées. Le jus des raisins devait probablement s’écouler de la chape vers une cuve et y être filtré par de petits trous vers deux autres cuves. Des surfaces rectangulaires également pavées de mosaïques ont été découvertes autour de la chape, sur lesquelles devaient probablement être placées au préalable les grappes afin que commence le processus de fermentation[3]. ».

Période ottomane[modifier | modifier le code]

La conquête musulmane en 636 imposa douze siècles sans vinification. Le retrait des occupants vers la Turquie permit de relancer une viticulture orientée vers l'élaboration et la production de vin de qualité[1].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Depuis 1870, la viticulture israélienne doit tout au soutien technique et financier apporté par Edmond de Rothschild, propriétaire de Château Lafite Rothschild.

Régions viticoles[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, vin de table rouge de Richon-le-Sion
Vignoble de Galilée

Aujourd'hui, le pays est divisé en cinq régions viticoles: la Galilée (Ha-Galil הגליל), une région bien adaptée à la production de vin de qualité, en raison de son altitude, des variations de température entre le jour et la nuit et de sols bien drainés, la Judée (הרי יהודה Harei Yehuda) autour de Jérusalem, le Samson (שמשון Shimson) situé entre les montagnes de Judée et la plaine côtière, la plaine de Sharon (שרון Sharon), entre la côte méditerranéenne et le sud de Haifa, qui est la plus grande région de production de raisins dans l'État hébreu, et le plateau du Golan (רמת הגולן Ramat Hagolan). Plusieurs vins israéliens ont été primés au niveau international ces dernières années, et les caves de qualité se multiplient dans tout le pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d La longue histoire du vin en Israël
  2. Marcel Lachiver, op. cit., p. 23.
  3. Découverte d'un pressoir à vin d'époque byzantine en Israël

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bibiane Bell et Alexandre Dorozynsky, Le livre du vin. Tous les vins du monde, sous la direction de Louis Orizet, Éd. Les Deux Coqs d'Or, 29 rue de la Boétie, 75008, Paris, 1970.
  • Alexis Lichine, Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays, Éd. Robert Laffont-Bouquins, Paris, 1984, (ISBN 2221501950)
  • Marcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons. Histoire du vignoble français, éditions Fayard, Paris, 1988 (ISBN 221302202X)
  • Hugh Johnson, Une histoire mondiale du vin, Éd. Hachette Pratique, Paris, 2002, (ISBN 2012367585)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]