Telchines

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Dans la mythologie grecque, les Telchines (en grec ancien Τελχινες / Telkhines) sont des divinités inférieures rattachées à l'île de Rhodes. Doués d'aptitudes créatrices et techniques, ils apparaissent assez semblables aux Dactyles[1].

Mythe[modifier | modifier le code]

Leur ascendance est disputée : d'après Bacchylide, préservé par Tzétzès, ce sont les enfants de Tartare et Némésis, mais Tzétzès place leur enfantement lors de l'émasculation d'Ouranos (dont la semence tombée sur Gaïa pourrait donc être à l'origine de leur naissance) et ajoute que d'autres en font les enfants de Pontos et Gaïa[2]. Diodore et Nonnos citent respectivement Thalassa comme mère[3] et Poséidon comme père[4]. Leur nombre est fixé à quatre dans le récit de Tzétès[5], mais aucune autre source ne semble le limiter.

Le premier témoignage, dû à Stésichore, les associent aux Kères, sans qu'on n'en sache plus[6]. Ils sont peut-être présents chez Pindare, qui mentionne des « Rhodiens » qu'Athéna récompense pour avoir façonné des statues[7]. Diodore en fait de façon explicite les premiers habitants de Rhodes, qui élèvent Poséidon que Rhéa leur a confié ; ils se livrent à la métallurgie et à la magie, sculptent des statues des dieux et sont des inventeurs bénéfiques[8]. Ils auraient ainsi forgé le trident de Poséidon[9] et la faux de Cronos[10].

On prétendait que ces magiciens, en arrosant la terre avec de l'eau du Styx, la frappaient de stérilité et provoquaient la peste. Pour cette raison, les Grecs les nommaient « Destructeurs ». Ovide raconte qu'à la fin, Jupiter les ensevelit sous les flots et les changea en rochers. Ils n'en étaient pas moins honorés dans l'île de Rhodes où leur culte, d'un caractère mystérieux, devint célèbre.

Certaines légendes les voyaient comme des géants violents et agressifs ayant les pieds palmés.[réf. nécessaire]

D'après Pierre Dubois, ils ont le don de métamorphose et peuvent prendre l'apparence d'un oiseau, d'un monstre, d'un homme ou d'un insecte. Ils commandent aussi aux démons du feu, et présentent de nombreuses ressemblances avec les nains mineurs du folklore populaire[11].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir Gantz, op. cit.
  2. Bacchylide, fr. 52 SM = Tzétzès, commentaire au vers 80 de la Théogonie.
  3. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], V, 55, 1.
  4. Nonnos de Panopolis, Dionysiaques [détail des éditions] [lire en ligne], XIV, 36.
  5. Tzétès, loc. cit. Les noms donnés sont : Actée, Mégalésios, Orménos et Lyctos.
  6. Stésichore, fr. 265 PMG.
  7. Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Olympiques, VII, 50-53.
  8. Diodore, V, 55, 1-3.
  9. Callimaque, Hymnes [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 30-31.
  10. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], X, 3, 7 ; XIV, 2, 7.
  11. Pierre Dubois (ill. Claudine et Roland Sabatier), La Grande Encyclopédie des lutins [détail des éditions], p. 17.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Timothy Gantz, Mythes de la Grèce archaïque, Belin,‎ 2004 [détail de l’édition], p. 264-265.
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires »,‎ 1999 (1re éd. 1951) (ISBN 2-13-050359-4), p. 440.
  • Mircea Eliade, Forgerons et Alchimistes, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 1977, 2e éd., p. 186 et suiv.