Marius Petipa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Petipa.
Marius Petipa vers 1890

Michel-Victor-Marius-Alphonse Petipa (en russe Marius Ivanovitch Petipa, Мариус Иванович Петипа, né à Marseille le 11 mars 1818 et mort à Gourzouf en Crimée le 14 juillet 1910) est un danseur, maître de ballet et chorégraphe français qui vécut en Russie de 29 ans jusqu'à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du maître de ballet Jean-Antoine Petipa (1787-1855) et de la comédienne métisse Victorine Morel-Grasseau (1794-1860), il a pour frère cadet Lucien Petipa.

Débuts[modifier | modifier le code]

Marius fait ses premiers pas sur la scène du Théâtre de la Monnaie à l'âge de cinq ans, dans le ballet de Pierre Gardel Psyché et l'Amour. Quittant Bruxelles en 1835, il danse à Bordeaux, puis chorégraphie ses premières œuvres à Nantes, en 1838 et 1839.

Carrière[modifier | modifier le code]

Après une tournée triomphale en Amérique du Nord, Marius Petipa revient à Bordeaux, puis il travaille à Madrid de 1843 à 1846. Engagé l'année suivante comme premier danseur au Ballet impérial, il y devient maître de ballet en titre en 1869, travaillant aux théâtres du Ballet impérial (Théâtre Bolchoï Kamenny de Saint-Pétersbourg, Théâtre Mariinsky, Théâtre de l'Ermitage, etc.) jusqu'à sa retraite en 1904. Il enseigne également à l'école de danse, qu'il dirige de 1855 à 1887.

Bon danseur, il est cependant meilleur chorégraphe et signe une soixantaine de ballets, dont plusieurs font date dans l'histoire de la danse. À côté de nombreuses reprises d'œuvres du répertoire (La Fille mal gardée, La Sylphide, Paquita, Coppélia ou Giselle), il crée des ballets qui vont entrer dans le répertoire classique des grandes institutions : La Belle au bois dormant (1890), Casse-noisette (1892) ou Le Lac des cygnes (1895) avec Tchaïkovski, Le Corsaire (1858) et Faust (1867) avec Cesare Pugni, et surtout Don Quichotte (1869) et La Bayadère (1877) avec Léon Minkus.

Développant l'art de l'intrigue romantique, il conçoit des ballets en trois ou quatre actes, qui occupent une soirée entière et ne sont plus seulement des divertissements entre deux pièces de théâtre. Il alterne la pantomime et le grand ballet autour d'une distribution nombreuse, où le corps de ballet et les figurants mettent en valeur des solistes brillants. Il fixe le déroulement des « pas de deux » (adage, variations masculine et féminine, coda) et, s'il porte davantage d'attention à la prima ballerina, il oblige les deux partenaires à un travail conjoint très précis et empreint de virtuosité.

Caricature de Petipa par Nicolas et Serge Legat

S'inspirant tantôt des anciens ballets d'action, tantôt de scènes à caractère traditionnel (italien, espagnol, polonais, russe, etc.), il aura su donner au ballet romantique toute son ampleur et sa vigueur, à tel point que son œuvre constitue encore aujourd'hui la base du répertoire des grandes compagnies classiques et que de nombreuses variations extraites de ses ballets sont toujours au programme des grands concours de danse.

On doit à Rudolf Noureev, lors de son passage à l'Ouest, de faire découvrir au public occidental ces grands ballets jusqu'alors dansés en Russie : La Bayadère, Raymonda, Don Quichotte...

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1854, il épouse la danseuse Maria Sourovchtchikova (1836-1882) dont il divorce en 1869 et dont il aura une fille, également danseuse, Marie Petipa (1857-1930).

Remarié en 1876 avec la ballerine Lioubov Leonidovna Savitskaya, il aura six enfants dont quatre filles seront danseuses ; il aura aussi un fils, Jean.

D'une liaison passagère, il avait aussi un autre fils, Marius Mariusovitch Petipa (1850-1919).

L'aîné des fils de Marius Petipa (qu'il a eu avec la couturière Teresa Bourdene), également Marius Mariusovitch Petipa, était un célèbre acteur dramatique, et son fils, Nikolaï Radin, a aussi été un acteur célèbre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Nantes[modifier | modifier le code]

  • 1838 : Le Droit du seigneur
  • 1838 : La Petite Bohémienne
  • 1838 : La Noce à Nantes

Bordeaux[modifier | modifier le code]

  • 1840 : La Jolie Bordelaise
  • 1841 : L'Intrigue amoureuse
  • 1842 : La Vendange
  • 1844 : Le Langage des fleurs

Madrid[modifier | modifier le code]

  • 1845 : Carmen et son toréro
  • 1845 : La Perle de Séville
  • 1845 : L'Aventure d'une fille de Madrid
  • 1845 : Départ pour la course des taureaux
  • 1846 : La Fleur de Grenade
  • 1846 : Forfasella ó la hija del infierno
  • 1847 : Alba-Flor la pesarosa

Saint-Pétersbourg[modifier | modifier le code]

Tombe de Marius Petipa au cimetière Tikhvine de Saint-Pétersbourg.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • La Ballerine de Saint-Pétersbourg d'Henri Troyat (2000) conte le destin d'une ballerine russe fictive qui, dès l'âge de neuf ans, est conduite par son père à l'École impériale de danse devant le légendaire Marius Petipa et va s'épanouir sous la férule de ce « magicien ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]