Céto

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Dans la mythologie grecque, Céto (du grec ancien Κητώ / Kêtố, « monstre marin », de Κῆτος / Kễtos, « gros poisson, animal énorme vivant dans l'eau » et en particulier « baleine »), ou encore Cétus, fille de Pontos (le Flot) et de Gaïa (la Terre), est une divinité marine primordiale.

Unie à son frère Phorcys, elle engendre de nombreux monstres marins. La Théogonie d'Hésiode donne comme étant les enfants de Phorcys et de Céto, Échidna, les Gorgones (Sthéno, Euryale et Méduse), les Grées (Ényo et Pemphrédo. Dino n'est pas citée par Hésiode), ainsi que Ladon, le « Dragon des Hespérides » (certains auteurs le donnent fils d'Échidna et de Typhon).

La scholie d'Apollonios de Rhodes donne Phorcys et Céto comme les parents des Hespérides, mais ceci ne se retrouve dans aucun autre texte ancien.

Homère donne Thoosa, la mère de Polyphème, comme étant la fille de Phorcys, mais sans préciser si Céto en est la mère.

Céto est à l'origine du terme « cétacé ». Cetus est également la nom de la constellation de la baleine.

La déesse et le monstre marin[modifier | modifier le code]

La culture populaire différencie, ou, a contrario, confond Céto la déesse avec Cétos le monstre marin.

Envoyé par Poséidon, ce « monstre marin » (θαλασσίῳ κήτει) est censé combattre Persée pour sauver Andromède sacrifiée à la place des Éthiopiens après que sa mère, Cassiopée, ait dit qu'elle était plus belle que les Néréides, chéries de Poséidon[1]. Dans certains films, comme Le Choc des Titans de Desmond Davis ou son remake de 2010, le monstre est appelé le Kraken, ce qui est un non-sens étant donné qu'il s'agit d'un monstre de la mythologie nordique.

Pline l'Ancien mentionne un culte de la « légendaire Céto » à Joppé (actuelle Jaffa), dans une seule référence, indiquant qu'on y trouve les restes des chaînes d'Andromède[2]. S. Safrai et M. Stern proposent deux hypothèses pour expliquer la mention d'un culte de Céto à Joppa chez Pline :

  • Premièrement, ce culte était en réalité voué au monstre de l'histoire d'Andromède qu'un habitant de Joppé aurait établi sous le nom de Céto.
  • Secondement, ce culte concernait une autre divinité, cetos ou Dercéto, dont le nom a été déformé[3].

Plus loin dans la Bibliothèque, Apollodore raconte également l'histoire (figurant également dans la Bibliothèque historique de Diodore) de Laomédon qui, après avoir froissé Apollon et Poséidon, fut forcé de sacrifier sa fille à un monstre marin (kễtos)[4], qui venait enlever les hommes jusque dans les champs[5]. Il fut finalement tué par Hercules[6],[7].

Évocation(s) hors de la mythologie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « εὗρε τὴν τούτου θυγατέρα Ἀνδρομέδαν παρακειμένην βορὰν θαλασσίῳ κήτει » ; « il trouva sa fille Andromède exposée pour être dévorée par un monstre marin » - Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne]
  2. « colitur illic fabulosa Ceto » - Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne]
  3. Pour Céto en tant que nom transféré, voir la traduction par H. Rackham de Loeb ; pour les modifications volontaires du nom, voir The Jewish people in the first century. Historical geography, political history, social, cultural and religious life and institutions. Ed. par S. Safrai et M. Stern en coopération avec D. Flusser et W. C. van Unnik, Vol II, p. 1081, ainsi que la traduction par C.H. Oldfather de Pline (Derceto)
  4. « ἐὰν προθῇ Λαομέδων Ἡσιόνην τὴν θυγατέρα αὐτοῦ τῷ κήτει βοράν » ; « lorsque Laomédon aurait exposé Hésione sa fille, pour être dévorée par le monstre » - Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne]
  5. « Ποσειδῶν δὲ κῆτος ἀναφερόμενον ὑπὸ πλημμυρίδος, ὃ τοὺς ἐν τῷ πεδίῳ συνήρπαζεν ἀνθρώπους » ; « Neptune, par un déborder ment de la mer, y jeta un monstre marin qui enlevait les hommes dans les champs » - Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne]
  6. « κτείνας τὸ κῆτος Ἡσιόνην ἔσωσε » ; « Hercule tua le monstre et délivra Hésione » - Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne]
  7. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne]

Sources[modifier | modifier le code]