Société militaire privée

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Une société militaire privée (SMP) est une société fournissant des services dans le domaine de la sécurité et de la défense à des gouvernements, organisations internationales, ONG ou entreprises privées; en 2012, la désignation officielle française est entreprise de services de sécurité et de défense.

Elles interviennent dans les zones à fort risque sécuritaire et parfois même en zone de conflit : pour cette dimension, on peut les qualifier de mercenaires[1]. Le terme de contractor désigne dans le monde anglophone les employés de ces firmes, en raison de l'engagement contractuel qui les lie. Véritables condottiere modernes, leur poids est croissant depuis les années 1990 et la montée de nouvelles menaces comme la piraterie moderne ou le terrorisme islamiste ; leur rôle est controversé[2], notamment depuis 2007, en raison de scandales les impliquant.

Activités[modifier | modifier le code]

Contractors protégeant Paul Bremer pendant son départ d'Irak après le transfert de souveraineté le 28 juin 2004.

Pour les gouvernements, le recours aux SMP permet d'abord de réduire les coûts d'une intervention militaire ; en effet, l'emploi de contractors est moins onéreux que l'emploi de militaires, notamment en raison des droits qu'accorde ce statut (couverture santé, salaire…). L'État client peut ainsi ne pas engager ses forces armées, ce qui permet de faire diminuer le chiffre officiel des pertes. Pour certains gouvernements qui ne disposent pas d'une armée de confiance, c'est le moyen d'avoir des hommes efficaces et entraînés.

Formation[modifier | modifier le code]

Les SMP proposent l'entraînement de troupes et la formation de gardes armées, d'agents spécialisés ou encore de chiens policiers, avec un certain succès. Des États en transition institutionnelle, comme l'Afghanistan, les contractent pour la formation de leur services régaliens en raison de leur professionnalisme[3] ; les États-Unis recourent au centre de Blackwater à Moyock[3] pour l'entraînement d'une partie des rangers et la Grande-Bretagne a confié la gestion de cent vingt centres de formation de l'armée à Landmark Support Service[4] pour des raisons économiques.

Logistique[modifier | modifier le code]

Les sociétés militaires privées majoritairement contractées pour des services de logistique ; ils comprennent principalement la construction d'installations, le ravitaillement en vivres et matériel ainsi que l'entretien des matériels. Les forces armées américaines externalisent leur logistique à la National Guard mais aussi à Kellogg, Brown and Root (KBR)[4].

Sécurité[modifier | modifier le code]

Cœur de leurs activités, bien que ne représentant qu'un faible pourcentage des effectifs employés, les SMP sont spécialisées dans la surveillance d'installations et la protection rapprochée, au profit d'États ou de compagnies privées, principalement minières et pétrolières[5]. Le Royaume-Uni délègue systématiquement à des SMP la sécurité de leurs ambassades, consulats et autres bâtiments dans les pays à risque[3] ; jusqu'en 2009, l'ambassade des États-Unis à Bagdad était protégée par la SMP Xe[6].

Conseil et assistance tactique[modifier | modifier le code]

Les SMP offrent des prestations de conception de simulations de conflit (Wargame), ainsi que l'assistance de conseillers tactiques. Elles peuvent également, à la demande de gouvernement, prendre part aux combats, souvent en assistance des forces du contractant ; c'est notamment pour cela qu'elles sont assimilées, par une partie de l'opinion publique, à une forme de mercenariat.

Renseignement[modifier | modifier le code]

Voir Stratfor.

Exemple avec les SMP travaillant pour le département de la défense des États-Unis en Asie de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Au 4e trimestre de 2010, dans la zone de responsabilités du United States Central Command couvrant l'Asie de l'Ouest, le Département de la Défense des États-Unis emploie 194 405 civils dont 176 340 employés travaillant pour des entreprises civiles sous contrat avec lui (contractors) [7].

  • 70 599 employés civils d'agences privées étaient déployés en Afghanistan soit 0,68 contractor pour 1 militaire américain basé dans ce pays; selon le New York Times, la proportion d'employés d'agences de sécurité privée en Afghanistan a continué à augmenter, dépassant celle des militaires en 2011, avec 113 000 contractors contre 90 000 soldats [8], et un nombre plus élevé de morts (430 contre 418[8]).
  • 74 106 employés civils d'agences privées étaient déployés en Irak soit 1 contractor pour 1,12 militaire américain basé dans ce pays;
  • 31 635 employés civils d'agences privées étaient déployés dans le reste de la zone de responsabilités.

Parmi ces 194 405 civils, on trouvait :

  • 53 524 citoyens des États-Unis
  • 49 306 citoyens du pays d'accueil (Host country)
  • 73 510 ressortissants étrangers (TCN ou Third Country Nationals)

Le ratio soldat/contractor était de 1 pour 1,12 en Irak (du fait du retrait US en cours) et de 1 pour 0,68 en Afghanistan.

Leurs fonctions :

  • Base Support (restauration, nettoyage, maintenance) : 59 %
  • Soutien logistique : 5,8 %
  • Sécurité : 15,7 % (private security companies - PSC)
  • Soutien linguistique : 6,2 %
  • Formation : 0,8 %
  • Transmissions : 0,9 %

Les personnels des PSC (private security companies) qui travaillent pour la Défense sont :

  • en Afghanistan: 18 869 dont 197 citoyens US, 858 TCN, 17 814 Afghans;
  • en Irak: 11 628 dont 1 017 citoyens US, 9 713 TCN et 898 Irakiens[7].

Historique[modifier | modifier le code]

Une des premières sociétés privées d’intervention fut Executive Outcomes en Afrique du Sud, qui s’est scindée en plusieurs organisations à la fin des années 1990. Au Royaume-Uni, la plus connue est Sandline International qui offrait dès les années 1990 une large gamme de services allant de l’entraînement de troupes au maintien ou à la restauration de la sécurité. Leur poids croissant laisse à penser qu'elles vont devenir des acteurs stratégiques à part entière dans les grands conflits contemporains, pouvant orienter les décisions militaires et poursuivre quelquefois des objectifs différents de ceux des États[9].

Afrique de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Sierra Leone a fait appel durant la guerre civile en 1995, en autres, à la société sud-africaine Executive Outcomes. Elle était déjà présente là-bas avant 1995, pour le compte de concessions diamantifères dont elle assurait la sécurité.

Après que les États-Unis ont offert une prime de deux millions de dollars pour l'arrestation de l’ancien président du Libéria, Charles Ghankay Taylor, afin de la traduire devant un tribunal du Sierra Leone, la SMP britannique Northbridge Services a tenté de remplir cette mission et lancé un appel pour trouver des volontaires. Le pays d'accueil de l'ancien dirigeant, le Nigeria, a accueilli avec réticence cette nouvelle.

Guerre en ex-Yougoslavie[modifier | modifier le code]

La société militaire privée américaine MPRI, dotée de 350 employés et d'un potentiel militaire de 7 000 hommes, est intervenue en ex-Yougoslavie durant la guerre d'indépendance croate, dans le cadre de la politique étrangère américaine. Dès 1994, elle a formé et équipé l'armée croate. Le conseil tactique et stratégique fournit par MPRI a participé au succès de l’offensive croate en Krajina, en renversant de manière décisive le rapport de forces[10].

Lutte contre le trafic de stupéfiants[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Trafic de stupéfiants et Plan Colombie.

DynCorp y a été engagé par l'agence américaine de lutte anti-drogue (DEA), afin de procéder à la destruction de champs de coca[10],[4].

Guerre en Afghanistan et en Irak[modifier | modifier le code]

À la suite de la guerre d'Afghanistan de 2001, de nombreuses SMP ont été contractées pour exercer des activités en Afghanistan. On peut citer la société britannique Saladin, sous contrat avec le gouvernement canadien et qui entretient 2 000 hommes sur place ou bien la société américaine DynCorp qui assure la protection du président afghan Hamid Karzai[10]. Selon le service de recherche du Congrès américain, 130 000 contractors[11] étaient présents dans le pays fin 2009.

Hélicoptère MD-530F de la SMP Xe survolant Bagdad, en 2004.

L'externalisation de certaines activités a été généralisée par le département de la Défense des États-Unis en Irak depuis la guerre de 2003. En 2006, 100 000 contractors[12] travaillaient sur le théâtre irakien ; 1 500 personnes[12] y sont employés par DynCorp dont 700 pour l'entrainement de la police irakienne et plus de 1 000 par Xe[12] (anciennement BlackWater). Fin 2007, leur nombre a dépassé les 137 000 dans ce pays, dont 7 300 agents de sécurité[13].

The New-York Times a ainsi révélé le 19 aout 2009 que la CIA avait contracté en 2004 des agents de la SMP Blackwater afin de traquer et éliminer des responsables d'Al-Qaïda[14],[15] mais aussi pour mener des raids conjoints avec des agents contre des insurgés irakiens et afghans[6].

La Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina[modifier | modifier le code]

En 2005, plusieurs de ces sociétés ont aidé le génie militaire pour les secours après le passage de l'ouragan Katrina sur La Nouvelle-Orléans. La Louisiane a eu recours à Blackwater pour empêcher les pillages dans les zones évacuées[3].

Lutte contre la piraterie autour de la Corne de l'Afrique[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Somalie a contracté en 2008 la SMP française Secopex pour créer des unités de sécurité maritime, former les troupes somaliennes ainsi que la garde présidentielle du pays. Cette même SMP, basée à Carcassonne, va placer des gardes armés dans les navires croisant en mer Rouge pour le compte d'armateurs privés. Le contrat, d'une valeur de cinquante à cent millions d'euros, doit être financé par des bailleurs de fonds internationaux soucieux de lutter contre la piraterie[16]. D'autres SMP, comme Xe, ont proposé leurs services contre la piraterie[17]. La communauté internationale a déjà déployé sur zone une force opérationnelle navale pour repousser les pirates, la Combined Task Force 150, dont les résultats sont mitigés, en raison de l'ampleur de la zone maritime à sécuriser ; les SMP viennent donc compléter ce dispositif.

Secteur en développement[modifier | modifier le code]

Poids économique[modifier | modifier le code]

En 2006, l'ensemble des sociétés militaires privées ont un chiffre d'affaires annuel de cent milliards de dollars[13] par an dont cinquante-deux milliards de dollars aux États-Unis. Le département de la Défense des États-Unis (DoD) prévoyait de privatiser d'ici 2006, 237 000 postes dans la logistique et le soutien [réf. nécessaire]. On estime à 180 000 les effectifs des SMP, dont 30 000 et 48 000 dans des emplois de sécurité.

Après les attentats du 11 septembre 2001, qui ont été suivis de la guerre d'Afghanistan et, en 2003, de la guerre d'Irak, la proportion d'agents contractuels privés travaillant pour le Pentagone s'est élevée à 39 % (elle était de 26 % avant le 11 septembre[18]). Le secrétaire à la Défense de l'administration Obama, Robert Gates, a annoncé en avril 2009 vouloir réduire ce nombre de contractuels, remplacés par des fonctionnaires. Cela affecterait des sociétés militaires privées telles que CACI et SAIC, ou les entreprises d'armement Lockheed Martin et General Dynamics[18]. Près de 7,5 % des emplois à Washington D.C. (soit 291 000 personnes) sont liés à des contrats avec le département de la Défense[18].


Statuts juridiques[modifier | modifier le code]

Il existe de plus un vide juridique les concernant. Ainsi, il n'y aucune loi expliquant clairement :

  • leur place dans la hiérarchie militaire ;
  • ce qu'il se passe si un employé refuse de travailler s'il considère que sa sécurité est trop mise en jeu (toutefois, certains contrats stipulent qu'ils peuvent tout arrêter s'ils pensent que leur sécurité est trop mise en jeu) ;
  • le régime juridique appliqué si un employé tue volontairement ou par accident un civil.

En France[modifier | modifier le code]

Depuis 2003, la France s'est dotée d'une loi réprimant les activités de mercenariat ; les sociétés militaires privées n'entrent pas dans ce cadre, elles sont dans un « vide juridique »[5], bien qu'une loi de 1983 organise le secteur de la sécurité privée sur le territoire français.

Le député PS Jean-Pierre Plancade déclarait lors des débats sur le projet de loi relatif à la répression de l’activité mercenaire : « les sociétés militaires privées peuvent organiser et assurer, à la demande d’un État ou d’une entreprise, des tâches de sécurité, de logistique, de renseignement, de formation des militaires, pour suppléer les forces gouvernementales à certaines occasions. Ces sociétés se distinguent par l’éventail des services qu’elles sont en mesure de proposer »[19].

Le rapport parlementaire 142 (2002-2003) rédigé par le sénateur UMP Michel Pelchat pour la Commission des affaires étrangères stipule quant à lui que : « l'assistance et le conseil à une armée étrangère, y compris lorsqu'il émane d'intervenants privés, ne peuvent être assimilés au mercenariat. »[20]

Le rapport remis en février 2012 à la Commission de la défense de l'Assemblée nationale, et rédigé par les députés Christian Ménard (UMP) et Jean-Claude Viollet (PS) préconise de soutenir l'activité des sociétés privées [8]. Cette orientation est soutenue par le Secrétariat général pour la défense nationale et la sécurité (SGDN), missionné en 2010 par le président Sarkozy pour étudier les possibilités de « restructuration » du secteur [8].

Ce secteur concerne actuellement 130 sociétés en France qui sont présentes sur le champ international [8]. 95 % du chiffre d'affaires du secteur (73 millions d'euros en 2010) est néanmoins réalisé par quatre SMP : GEOS, Risk and Co, Amarante et Galice [8]. Ce chiffre d'affaires est très inférieur à celui du secteur privé britannique (G4S, firme américano-britannique, pèse 8 milliards d'euros [8]) et américain.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Depuis 2004 et en vertu du Contractor Accountability Bill, les SMP basées aux États-Unis doivent obtenir une licence auprès du Defense Trade Control Office[21]. La directive 3020.41 Contractor Personnel Authorized to Accompany the US Armed Force complète cette réglementation. Depuis 2007 et en vertu d'une révision du code unifié de justice militaire adopté par le Congrès, les contractors sont sous la juridiction de la Cour martiale s'ils contreviennent aux règles d'engagements ou sont impliqués dans des activités délictuelles ou criminels[21]. Les contrats liant des SMP au département à la Défense sont visés par le Defense Trade Control Office ou, si le contrat dépasse les cinquante millions de dollars américains, par le Congrès[21].

Liste des sociétés militaires privées[modifier | modifier le code]

I-R Safety and Defense (IRSD) Drapeau du Canada Canada Montréal
3-S Group Drapeau de la France France Société de droit privé, exclusivement maritime. Membre du CMF, GICAN, FIN, etc.
Aegis Defence Services Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
ArmorGroup Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Londres Filiale du groupe G4S. Membre de l'IPOA[22].
Beni Tal Drapeau d’Israël Israël
California Analysis Center, Incorporated (CACI) Drapeau des États-Unis États-Unis Arlington, Virginie Virginie
Centre de formation à la sécurité Drapeau de la France France
Combat Support Associates Drapeau des États-Unis États-Unis Filiale: CSA Ltd.
Control Risks Group Drapeau des États-Unis États-Unis
Custer & Battle Drapeau des États-Unis États-Unis
Défense Conseil International Drapeau de la France France Société de droit privé mais dont l'État français est actionnaire à près de 50 %.
DynCorp International Drapeau des États-Unis États-Unis Falls Church, Virginie Virginie Appartient à Cerberus Capital Management depuis avril 2010.
Earthwind Holding Corporation (EHC) Drapeau des États-Unis États-Unis Basée avant 2004 au Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Erinys Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Gallice Drapeau de la France France[23]
Geos Drapeau de la France France[23]
IFS2I Consulting LLC Drapeau des États-Unis États-Unis Société fondée en janvier 2010
Hart Security Limited Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Kellogg, Brown and Root (KBR) Drapeau des États-Unis États-Unis
Kroll Drapeau des États-Unis États-Unis
Landmark Support Service Drapeau des États-Unis États-Unis
Logicon Drapeau des États-Unis États-Unis
Meteoric Tactical Solutions Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Military Professional Ressources Incorporated (MPRI) Drapeau des États-Unis États-Unis
Nearest Security Services Drapeau des États-Unis États-Unis
Northbridge Services Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Ronin Security Group Drapeau de la Suisse Suisse
Saladin Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Ex-KMS
Safety & Security Solutions Drapeau de la France France Société de droit privé, spécialiste de la navigation en zone à risque (piraterie, guerre etc.).
Salamandre Drapeau de la France France[23]
Science Applications International Corporation (SAIC) Drapeau des États-Unis États-Unis La Jolla, Californie Californie
Secopex Drapeau de la France France Carcassonne Filiale: CSA International [5]
SY Coleman Drapeau des États-Unis États-Unis
Titan Corporation Drapeau des États-Unis États-Unis
Triple Canopy, Inc.[24] Drapeau des États-Unis États-Unis Herndon (en), Virginie Virginie
Vinnell Drapeau des États-Unis États-Unis
Wisdom conseil[25] Drapeau de la France France Entreprise spécialisée dans la sûreté des personnes, sûreté des transports (aériens, maritimes, terrestres et fluviaux)
Academi Drapeau des États-Unis États-Unis Moyock, Caroline du Nord Caroline du Nord Anciennement Blackwater Worlwide et Blackwater USA.

Filiales : United States Training Center (centre d'entrainement de Moyock), Blackwater Target Systems (stand de tir), Blackwater Security Consulting (division protection), Blackwater K-9 (entrainement de chiens policiers, K9), Blackwater Airships LLC (soutien aérien), Blackwater Armored Vehicle (fabrication de véhicules blindés), Blackwater Maritime Solutions (sécurité maritime), Raven Development Group (construction), Aviation Worldwide Services (maintenance dans l'aviation), Greystone Limited (sécurité offshore), Total Intelligence Solutions (renseignement privé)


Sociétés disparues[modifier | modifier le code]

Notoriété médiatique[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Logo de Xe Watch, association américaine surveillant les activités des SMP.

Les sociétés militaires privées sont souvent critiquées depuis quelques années ; aux États-Unis, des associations, comme Xe Watch, se sont constituées pour surveiller leurs activités et informer l'opinion publique. Le milieu militaire est aussi réticent à l'usage de sociétés militaires privées, notamment en Europe.

Selon un rapport de la commission dirigée par le parlementaire américain démocrate Henry Waxman rendu en 2007, les employés de la SMP Blackwater (maintenant devenue Academi après avoir été Xe) ont été impliqué dans 195 fusillades en Irak depuis 2005. Dans 84 % des cas, la SMP a ouvert le feu premier[26].

Dans un article paru dans Armées d'aujourd'hui en juillet 2004, le chef d'état-major des armées (CEMA), le général Henri Bentégeat déclarait :« Cette question [des sociétés militaires privées] est assez délicate et évolue très vite. La plupart sont des sociétés qui ont pignon sur rue, qui sont contrôlables, contrôlées et qui peuvent rendre des services que les armées ne peuvent pas rendre pour des raisons diverses ; certaines, malheureusement, n’ont pas un code éthique suffisant. »

Affaires impliquant des SMP[modifier | modifier le code]

  • En Irak le 16 septembre 2007[27], une fusillade impliquant Blackwater a tué dix-sept civils irakiens dans le square Nisour de Bagdad, à quelques mètres de l'ambassade des États-Unis ; c'est cette fusillade qui a fait perdre le contrat de protection de ladite ambassade en 2009[6].

Références vidéoludiques[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, les éditeurs de jeux vidéo ont introduit le phénomène des SMP dans certains jeux récents, plaçant le joueur parmi les contractors ou contraire face à eux.

  • La série Jagged Alliance, tourne entièrement sur le recrutement de forces de SMP et leur usage tactique, avec un réalisme très détaillé.
  • Army of Two, édité et développé par Electronic Arts, est un jeu vidéo recréant l'univers des SMP.
  • Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots, édité et développé par Konami, place les SMP au centre du jeu, tous les ennemis du personnage principal, Solid Snake, appartenant a cinq SMP fictives dirigées par une maison-mère.
  • Metal Gear Rising: Revengeance, édité par Konami et développé conjointement par Platinum Games et Konami, place lui aussi les SMP au centre du jeu. Raiden, le personnage principal, appartient à une SMP fictive et affronte des ennemis appartenant à une SMP rivale.
  • Tom Clancy's H.A.W.X., édité et développé par Ubisoft, est un jeu vidéo de combat aérien, qui place un ancien pilote de l'US Air Force dans une SMP : Artemis Global Security.
  • Haze, édité et développé par Ubisoft. Le joueur incarne le sergent Shane Carpenter, soldat de l'armée privée Mantel dont l'activité repose essentiellement sur le nectar, une substance qui augmente la capacité de ses membres.
  • MAG: Massive Action Game, est un jeu de tir subjectif de bataille à grande échelle, mettant en conflit trois SMP.
  • Dans le nouveau DLC d'ArmA II : Private Military company, le joueur suit l'histoire d'agents d'une SMP
  • Dans Infamous 2, une des factions ennemies, les guerriers de glace, appartennaient à la SMP fictive Vermaak 88.
  • Dans certaines cartes multijoueurs de Call of Duty: Modern Warfare 3, Une des deux équipes se nomme PMC (Private Military Contractor, Entreprise Militaire Privée en Anglais) , L'autre équipe étant La Milice Africaine.
  • Dans Deus Ex: Human Revolution, l'une des principales factions adverses est la SMP Belltower Associates.
  • Dans GTA V, le joueur est parfois amené à se battre contre MerryWeather (SMP fictive servant en Afghanistan et venant d'avoir obtenu l'autorisation de servir sur le territoire américain), afin de leur voler du matériel ou atteindre des objectifs. Dans le mode en ligne, le joueur peut utiliser son téléphone pour faire appel à leurs services (extraction, soutien aérien, mercenaires...).

Références télévisuelles et cinématographiques[modifier | modifier le code]

  • Jericho dont l'intrigue se base en partie sur une multinationale possédant une société militaire privée.
  • Blood Diamond dans lequel des soldats d'Executive Outcomes prennent d'assaut une mine de diamants tenue par le RUF.
  • Démineurs où les démineurs sont pris dans un accrochage avec des Irakiens alors qu'ils viennent en aide à des contractors.
  • Flashforward, où une société militaire privée fictive est soupçonnée d'avoir commis des meurtres en Afghanistan et d'avoir tué des militaires américains.
  • Jeux de pouvoir, dont l'intrigue tourne notamment autour d'une société d'armée privée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Haski, « Des mercenaires français pour protéger le président centrafricain », Rue89, 19 juillet 2013
  2. (en) A Controversial Player in Iraq: Blackwater's aggressive tactics have faced growing criticism from both the U.S. and Iraqi governments, Vidéo de The New-York Times / Durée: 3 min 20, 26 septembre 2007.
  3. a, b, c et d (fr) La guerre en CDD, Documentaire de Patrick Forestier (2007) / Durée: 50 min.
  4. a, b et c (fr) Le rôle paradoxal des sociétés militaires privées dans le règlement des crises, Alliance GéoStratégique, 16 janvier 2010.
  5. a, b et c (fr) L’État français pourrait faire sous-traiter des opérations militaires, Alexandre Sulzer, 20 minutes, 21 septembre 2007.
  6. a, b et c (en) Fiche société: Blackwater Worldwide, site internet de The New-York Times .
  7. a et b (en) Moshe Schwartz, Joyprada Swain, « Department of Defense Contractors in Afghanistan and Iraq: Background and Analysis », Congressional Research Service,‎ 29 mars 2011 (consulté le 24 avril 2011)
  8. a, b, c, d, e, f et g Vers un rôle accru du privé dans la défense française, Le Monde, 15 février 2012
  9. (fr) Les sociétés militaires privées en Afghanistan : une coalition dans la coalition, Marie-Dominique Charlier, Revue Défense nationale, octobre 2009.
  10. a, b et c (fr) Mercenariat : le marché florissant de la privatisation des guerres, François Misser, mars 2004
  11. (en) Up to 56,000 more contractors likely for Afghanistan, congressional agency says, Walter Pincus, The Washington Post, 16 décembre 2009
  12. a, b et c (en) Census Counts 100,000 Contractors in Iraq, Renae Merle, The Washington Post, 5 décembre 2006.
  13. a et b (fr) Blackwater, c'est quoi, AS, 20 minutes, 29 septembre 2007.
  14. (fr) La CIA a recruté des tueurs privés, www.lefigaro.fr, le 20 août 2009.
  15. (en) C.I.A. Sought Blackwater’s Help to Kill Jihadists, Mark Mazzetti, The New-York Times, le 19 aout 2009.
  16. (fr) Carcassonne envoie ses mercenaires, J.M., Marianne2.fr, samedi 14 juin 2008.
  17. (en) « Blackwater: We'll Fight Somalia's Pirates », Wired blog network,‎ 16 octobre 2008 (consulté en 11 avril 2010)
  18. a, b et c (en) Contracting Boom Could Fizzle Out, Dana Hedgpeth, The Washington Post, 7 avril 2009.
  19. (fr) Compte rendu analytique officiel de la séance du 6 février 2003, site internet du Sénat
  20. (fr) Répression du mercenariat, étude du Sénat.
  21. a, b et c (fr) Sociétés militaires privées et mutation des normes de sécurité internationale : la France à la croisée des chemins., Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE.
  22. (en) Page d'ArmorGroup sur le site internet de l'IPOA.
  23. a, b et c (fr) Vif intérêt pour l'Irak des sociétés de sécurité françaises, www.lefigaro.fr, 14 mars 2010.
  24. (en) Site internet de Triple Canopy, Inc.
  25. http://www.wisdom-conseil.com/wisdom-french/index.html Wisdom conseil
  26. (fr) Blackwater, c'est quoi, AS, 20 minutes, 2 octobre 2007.
  27. (en) Site internet du livre Blackwater. L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde de Jeremy Scahill.

Sources[modifier | modifier le code]

Documents[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Les nouveaux entrepreneurs de la guerre. Des mercenaires aux sociétés militaires privées, Philippe Chapleau, Vuibert, mars 2011, 224 p. (ISBN 9782711768769)
  • Irak, terre mercenaire, Georges-Henri Bricet des Vallons, Editions Favre, janvier 2010, 272 p. (ISBN 9782828910952). L'ouvrage de référence en français sur la privatisation de la guerre d'Irak et l'histoire des sociétés militaires privées anglo-saxonnes.
  • Contractor, Giampiero Spinelli Mursia Editore 2009 ISBN 978-88-425-4390-9
  • La privatisation de la guerre, dir. Georges-Henri Bricet des Vallons, Sécurité globale n°8, Editions Choiseul, été 2009, (ISBN 9782916722627)
  • Mercenaires et polices privées. La privatisation de la violence armée, Olivier Hubac, Encyclopædia Universalis, Paris, 2006, (ISBN 2852297906)
  • (en) A Bloody Business: America's War Zone Contractors And the Occupation of Iraq, Gerald Schumacher, Zenith Press, 2006, (ISBN 0760323550)
  • La Privatisation de la violence. Mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché. Xavier Renou, Agone, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]