Paul Bremer

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Paul Bremer

Paul Bremer, de son nom complet Lewis Paul Bremer III, également appelé Jerry Bremer, né le 30 septembre 1941 à Hartford (Connecticut), est un diplomate américain.

Il est nommé le 6 mai 2003 comme directeur de la reconstruction et de l'assistance humanitaire en Irak, après l'invasion de ce pays par les États-Unis et leurs alliés, en remplacement de Jay Garner. Il arrive à Bagdad le 11 mai.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bremer fréquente la Phillips Academy puis l'université Yale où il obtient une licence en 1963. En 1967, il obtient une maîtrise en business administration à l'université Harvard. Cette année-là, il entre au département d'État comme officier à Kaboul (Afghanistan).

Par la suite, il poursuit son cursus universitaire à l'Institut d'études politiques de Paris où il obtient un certificat d'études politiques. Il est également en fonction à Blantyre (Malawi) comme officier économique et commercial entre 1968 et 1971. Pendant les années 1970, Bremer occupe différents postes au département d'État : il est en particulier l'assistant d'Henry Kissinger entre 1972 et 1976. Chef de mission à Oslo de 1976 à 1979, il rentre en pays où il devient l'adjoint du secrétaire d'État entre 1979 et 1981.

Ronald Reagan le nomme ambassadeur aux Pays-Bas en 1983 puis ambassadeur pour l'antiterrorisme en 1986. Il quitte le département d'État en 1989 et devient l'un des directeurs de Kissinger Associates, société de consultants active dans le monde entier et fondée par Henry Kissinger. Il devient ensuite président-directeur général de Marsh Crisis Consultant qui offre du conseil sur les risques et les assurances et se trouve être une filiale de Marsh & McLennan Companies, Inc.

En 1999, il est nommé président de la commission nationale sur le terrorisme par Dennis Hastert. À la fin 2001, il est nommé codirecteur, avec l'ancien procureur général Edwin Meese, du groupe de travail sur la sécurité intérieure de l'Heritage Foundation qui pose les principes du futur département de la Sécurité intérieure. En effet, pendant deux décennies, Bremer a régulièrement été auditionné par le Congrès et est reconnu comme un expert du terrorisme et de la sécurité intérieure.

Marié à Frances Winfield, avec qui il a une fille et un garçon, il parle, outre l'anglais, le français, le norvégien, le persan et l'allemand.

Administrateur de l'Irak[modifier | modifier le code]

Signature du document de transfert de souveraineté au gouvernement intérimaire irakien le 28 juin 2004 par Paul Bremer.

À la suite du retrait de Jay Garner comme administrateur civil de l'Irak, Bremer est nommé à ce poste. Son administration relève du département de la Défense américain et, en tant qu'administrateur, il relève directement du secrétaire à la Défense. Contrairement à son prédécesseur, il n'est pas militaire et l'on attend de lui qu'il amène des compétences politiques et diplomatiques qui faisaient défaut à l'ancien général. Néanmoins, certains groupes luttant pour les droits de l'homme émettent des doutes car, lorsque Bremer était membre de la commission nationale sur le terrorisme, il avait soutenu un assouplissement des règles de la CIA qui l'empêchait de travailler avec des groupes et des particuliers ayant commis des abus en matière de droits de l'homme.

En tant qu'administrateur de l'Irak, sa mission consiste à diriger l'occupation américaine jusqu'à ce que le pays puisse à nouveau être dirigé par des Irakiens. Il a la possibilité de publier des décrets (orders) modifiant la société et l'infrastructure irakienne. Parmi les décrets célèbres, on peut citer ceux interdisant le parti Baas, supprimant toute restriction à la liberté d'association, celui concernant la démobilisation de l'armée irakienne et celui établissant une cour pénale centralisée en Irak. Le 13 juillet 2003, Bremer approuve la création d'un Conseil de gouvernement intérimaire de manière à « garantir la représentation des intérêts du peuple irakien ». Les membres du conseil sont nommés par lui et choisis parmi les formations politiques, les ethnies et les chefs religieux qui se sont opposés au gouvernement de Saddam Hussein. Bien que d'importants pouvoirs sont transférés à ce conseil, Bremer conserve un droit de veto sur leurs propositions.

En janvier 2005, après son départ d'Irak, un rapport officiel de l'inspecteur général pour la reconstruction de l'Irak, Stuart Bowen, cité dans Time, signale la disparition de 9 milliards de dollars américain destinés à la reconstruction de l'Irak en fraudes, corruption et autres malversations. Sur un registre de salaires en particulier, seuls 602 noms sur 8 206 peuvent être confirmés. L'un des autres exemples cités par le rapport signale que l'autorité de la coalition avait autorisé des officiels irakiens à retarder les déclarations de réception de 2,5 milliards de dollars reçus au printemps par le gouvernement provisoire par l'entremise du programme « pétrole contre nourriture ». L'ambassadeur Bremer réplique par une lettre de 8 pages qui nie toutes les accusations du rapport.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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