Opération Tempête

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L'Opération Tempête en août 1995 dans la RSK

L’opération Tempête (croate et serbe latin  : Operacija Oluja, serbe cyrillique: Oпeрaциja Oлуja) est une offensive militaire qui dura du 4 au 7 août 1995, menée par les forces croates sur ordre du président Franjo Tuđman.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans la continuité de l'opération Éclair, où la Croatie avait repris le contrôle de son territoire de Slavonie d'une superficie de 10 400 km², auto-proclamé Serbe par les Serbes dès le début de la guerre, l'opération Tempête permet à la Croatie de reprendre le contrôle de son territoire de Krajina, aussi auto-proclamée République serbe de Krajina par la majorité Serbe de la région.

En quatre jours, la Croatie reprend ainsi le contrôle de la majeure partie de ses territoires occupés en 1991 (Dalmatie septentrionale, Lika, Kordun et Banovina). Les pertes sont estimés à entre 174 et 211 soldats croates tués et entre 1 100 et 1 430 blessés et de 560 soldats serbes tués et 4 000 prisonniers.

Le 5 août, date de la reconquête par les Croates de la région de Krajina (RSK), Knin, deviendra une fête nationale en Croatie.

L’exil des Serbes et reconquête des territoires Croates[modifier | modifier le code]

En août 1995, l’armée et les forces de police croates reprirent contrôle de la région de Krajina. Malgré l'intervention de la Croatie, par la voie de son président Franjo Tuđman, invitant la population serbe à ne pas s'enfuir et à attendre l'arrivée de l'armée croate, les Serbes préférèrent répondre à l'ordre d'évacuation donné par le président de la RSK Milan Martić le 4 août 1995 au soir. Ce sont ainsi de 100 000 à 200 000 Serbes qui fuirent en direction de la Serbie (Voïvodine) ou de la Bosnie [1]. Le tribunal pénal international pour la Yougoslavie a conclu qu'un total de 324 personnes avaient été tuées (civils et militaires).

En 2005, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), quelque 200 000 réfugiés Serbes de Croatie pour la plupart, se trouvent toujours en tant que personnes déplacées en Serbie surtout dans la région de Voïvodine.

Le rôle des généraux : Le cas Ante Gotovina[modifier | modifier le code]

Beaucoup de généraux qui ont participé à cette offensive, entre autres Ante Gotovina et Tihomir Blaškić, furent accusés d'avoir commandité (ou laissé faire) la repression et les massacres perpétrés par les troupes croates.

Ainsi, entre le 4 août 1995 et le 15 novembre 1995 on lui reproche d'avoir été au commandement de l'armée et responsable des actions de soldats Croates. Le général fut inculpé par le TPIY de crimes contre l’humanité et crimes de guerre, commis contre la population serbe de Croatie pendant et après l’opération Tempête. Le manque de détermination initial des autorités croates à coopérer avec le Tribunal et à arrêter Ante Gotovina a conduit l’Union européenne à prendre la décision d'ajourner le début des négociations en vue de l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne qui devaient débuter le 17 mars 2005. Officiellement inculpé par le TPIY le 21 mai 2001, Ante Gotovina a été arrêté le 7 décembre 2005 aux îles Canaries (Espagne). Il a été transféré et emprisonné le 10 décembre 2005 à La Haye. Son procès s'est ouvert le 11 mars 2008 devant le TPIY, aux côtés d’Ivan Čermak, ancien assistant du ministre de la défense, et de Mladen Markač, ex-chef de la police spéciale croate[2].

Le 15 avril 2011, "la Chambre de première instance I du Tribunal pénal international pour l’ex‑Yougoslavie (TPIY) a déclaré [les] deux généraux croates, Ante Gotovina et Mladen Markač, coupables de crimes contre l’humanité et de violations des lois ou coutumes de la guerre, perpétrés par les forces croates au cours de l’Opération Tempête [...]. Ivan Čermak a été acquitté de tous ces chefs d’accusation.
Ante Gotovina, lieutenant général dans l’armée croate et commandant du district militaire de Split durant la période couverte par l’acte d'accusation, et Mladen Markač, Ministre adjoint de l’intérieur chargé des questions relatives à la police spéciale, ont tous deux été reconnus coupables de persécutions, expulsion, pillage, destruction sans motif, meurtre, assassinat, actes inhumains et traitements cruels. Ils ont été condamnés, respectivement, à 24 ans et 18 ans d’emprisonnement. Ils ont été acquittés du chef d’actes inhumains (transfert forcé). Ivan Čermak, qui commandait la garnison de Knin, a été acquitté de tous les chefs d’accusation."[3]

le 16 novembre 2012 Ante Gotovina et Mladen Markac,furent acquittés en appel par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY)

Le président croate Ivo Josipović a inauguré un monument dédié à des victimes serbes de Krajina en compagnie de Milorad Pupovac, Président du Conseil national serbe, un geste en vue de normaliser les relations entre Zagreb et Belgrade[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]