Robert Le Vigan
Robert Le Vigan
| Nom de naissance | Robert-Charles-Alexandre Coquillaud |
|---|---|
| Naissance | 7 janvier 1900 Paris, France |
| Nationalité | |
| Décès | 12 octobre 1972 Tandil, Argentine |
| Profession | Acteur |
Robert Le Vigan, nom de scène de Robert-Charles-Alexandre Coquillaud, né à Paris 18e le 7 janvier 1900[1] et mort à Tandil (Argentine) le 12 octobre 1972, est un acteur français remarqué pour ses seconds rôles dans les films français des années trente et quarante, dont Golgotha, La Bandera ou Le Quai des brumes. Après la Libération, son implication dans la collaboration lui vaudra d'être condamné à l'indignité nationale. Il terminera sa vie en exil en Espagne et ensuite en Argentine.
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] Jeunesse
Né rue de la Charbonnière, à Paris dans le 18e. Son père était médecin-vétérinaire et la légende raconte qu'il aurait choisi son surnom - Le Vigan - suite à l'apprentissage rabâché des départements [réf. nécessaire], notamment du Gard, préfecture Nîmes, sous-préfectures : Alès et Le Vigan. Surnommé « La vigue » par son ami Louis-Ferdinand Céline, il n'aurait, en fait, jamais mis les pieds dans cette ville.
Refusant de prendre la relève de son père, Robert Le Vigan s'intéresse très tôt à l'art dramatique. Il est reçu au concours d'entrée au Conservatoire de Paris. Second prix de comédie en première année, il quitte le Conservatoire, en apprenant qu'il ne pourrait jamais obtenir le premier prix du fait de son engagement militaire. Le music-hall est le seul refuge pour obtenir quelques emplois honorables et subsister, il se retrouve employé dans des petits rôles qui lui permettent de faire ses classes. Il rencontre Marcel Dalio avec qui il poursuit les cachets. Il interprète Molière et Regnard en Belgique.
Il effectue son service en tant que fantassin au 167e régiment d'infanterie situé à Wiesbaden en zone française. Libéré, il reprend du service du côté des provinces en effectuant quelques tournées en interprétant Molière et George Bernard Shaw. Dans les troupes de : Gaston Baty et Louis Jouvet. En 1927, il tourne avec Arletty dans des sketches.
[modifier] Avant la guerre
Julien Duvivier le remarque dans une pièce de Jules Romains Donogoo. Il l'engage et lui donne un rôle dans Les Cinq Gentlemen maudits, rôle qui le cantonnera dans des emplois équivoques et de méchants. Il tourne ensuite la Bandera, Les Bas-fonds. Et Le Quai des brumes films qui le rendent célèbre. Il interprète le rôle du Christ dans Golgotha. Colette dira, après l'avoir vu jouer, que Le Vigan était un acteur « saisissant, immatériel, sans artifice, quasi céleste » . Entre deux contrats il fréquentait des cercles où se retrouvaient le peintre Gen Paul, l'écrivain Marcel Aymé, le dessinateur Poulbot, et Louis-Ferdinand Céline avec qui il se lie d'amitié. En 1938 sort le film de Christian-Jaque, Les Disparus de Saint-Agil, dans lequel Le Vigan fait une composition.
[modifier] Pendant la guerre
En 1939 il est mobilisé comme conducteur dans une unité de transmissions. C'est la drôle de guerre et il profite de quelques permissions pour retrouver ses amis comédiens à Nice.
Le Vigan fit un détour par Oran pour y rejoindre sa compagne avec laquelle il partage dix ans de relation commune. Sans emploi, il regagne Marseille, ville d'où le comédien Albert Préjean l'avait fait partir pour l'Algérie.
L'Armistice déclaré il remonte à Paris. Sous l'Occupation Robert le Vigan bascule dans l'antisémitisme.
Collaborateur, délateur des milieux artistiques auprès de la Gestapo, on lui propose des petits rôles de propagande dans des comédies de seconde zone ; il participe à des émissions à Radio Paris, la radio d'Occupation collaboratrice, où il se montre d’un antisémitisme forcené. Ces émissions avaient pour directeur Maurice Rémy, ancien comédien, qui payait chaque cachet tenu par « ses employés ». Il n'était pas dit sur les ondes, ouvertement, « mort aux juifs » mais les sketches et les répliques furent suffisamment tendancieux pour que Le Vigan soit condamné cinq années plus tard, pendant l'épuration.
Il tourne L'Assassinat du Père Noël (1941), film de Christian-Jaque, et rédige une lettre dans laquelle il mentionne sa grande joie d'avoir collaboré à cette réalisation, produite par Alfred Greven pour la Continental (compagnie allemande), ce qui lui sera reproché lors de son procès.
Il tourne aussi dans Romance de Paris et interprète Goupi Tonkin dans Goupi Mains Rouges.
En 1943, il adhère au Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot, et rejoint Louis-Ferdinand Céline à Sigmaringen en 1944. Cette fuite en Allemagne en compagnie de l'écrivain, pour échapper à l'Épuration, a été décrite en détails par Céline dans D'un Château L'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969), romans autobiographiques dont Le Vigan est un des protagonistes aux côtés de Lili et du chat Bébert. À son retour en France, l'acteur est emprisonné à Fresnes et condamné, pour faits de collaboration, à l'indignité nationale et à dix ans de travaux forcés.
[modifier] Après la Guerre
Libéré sous condition en 1948, il choisit l'exil. Il se rend en Espagne, puis en Argentine où il tourne un dernier film en 1951 et vit ensuite dans la misère. Pour subsister, il vend des petits gâteaux dans les rues de Buenos Aires (ce détail figurant dans un des volumes de la "trilogie allemande" de L. F. Céline)[réf. nécessaire]. Il meurt en Argentine le 12 octobre 1972, à l'âge de 72 ans, et ayant renoncé à tout retour, à tel point que François Truffaut, le contactant dans la fin des années soixante pour le réhabiliter comme comédien, n'avait pu le soustraire à sa retraite.
[modifier] Filmographie
[modifier] Théâtre
- 1919 : Camarades de lit d'André Mycho, Théâtre Impérial
- 1919 : La Revue de la paix revue de Charles Cluny, Théâtre Impérial
- 1919 : Oublions le passé revue de Gabriel Timmory, Théâtre Impérial
- 1920 : Fintje a de la voix de Jean-François Fonson, Théâtre du Gymnase
- 1920 : La Maison du Bon Dieu d'Edmond Fleg, Théâtre des Arts
- 1921 : Le Bonheur de Charles Oulmont, Théâtre des Arts
- 1921 : La Comédie du génie de François de Curel, Théâtre des Arts
- 1921 : Galatée d'Alfred Mortier, Théâtre des Arts
- 1923 : L'Idiot de Fiodor Dostoïevski, Théâtre Albert 1er
- 1924 : Le Misanthrope, George Dandin de Molière, tournée
- 1924 : La Grande Catherine de George Bernard Shaw, Théâtre des Arts
- 1924 : Maya de Simon Gantillon, mise en scène Gaston Baty, Studio des Champs-Elysées
- 1925 : L'Étrange Épouse du professeur Stierbecke d'Albert Jean, mise en scène Gaston Baty, Studio des Champs-Elysées
- 1925 : La Cavalière Elsa de Paul Demasy d'après Pierre Mac Orlan, mise en scène Gaston Baty, Studio des Champs-Elysées
- 1925 : L'Homme du destin de George Bernard Shaw, mise en scène Gaston Baty, Studio des Champs-Elysées
- 1926 : Le Divin Mensonge opérette d'Alex Madis et Pierre Veber, Théâtre des Capucines
- 1926 : Au grand large de Hunt Sutton Vane, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées
- Août 1927 : Humourican Legion d'André Dahl, La Boîte à Fursy
- 1927 : Va donc… épurer ! revue de CA Carpentier et Robert Dieudonné, Moulin de la Chanson
- 1928 : Paramount là-dessus revue de Lucien Boyer et André Dahl, Moulin de la Chanson
- 1929 : La Revue du Moulin revue de Paul Briquet et Henri Dumont, Moulin de la Chanson
- 1929 : Vous permettez ? revue de Dranem, Moulin de la Chanson
- 1929 : Au clair de la lune de Jehan Bouvelet et Edgar Bradby, Studio des Champs-Elysées
- 1929 : Le gendarme est sans pitié de Georges Courteline, Studio des Champs-Elysées
- 1929 : La Peur des coups de Georges Courteline, Studio des Champs-Elysées
- 1930 : Le Simoun d'Henri-René Lenormand, mise en scène Gaston Baty, Théâtre Pigalle
- 1930 : Feu du ciel de Pierre Dominique, mise en scène Gaston Baty, Théâtre Pigalle
- 1930 : Avenue 1930 revue de Paul Colline, Théâtre de l'Avenue
- 1930 : Donogoo de Jules Romains, mise en scène Louis Jouvet, Théâtre Pigalle
- 1931 : Tout tourne revue de Paul Colline, Théâtre de l'Humour
- 1931 : Barbe-Blonde de Jehan Bouvelet et Edgar Bradby, Studio des Champs-Elysées
- 1932 : Edition spéciale d'Henry Torrès, Théâtre des Ambassadeurs
- 1933 : Intermezzo de Jean Giraudoux, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées
- 1933 : Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romains
- 1933 : Monsieur Le Trouhadec saisi par la débauche de Jules Romains, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées
- 1933 : Pétrus de Marcel Achard, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées
- 1934 : Au grand large de Hunt Sutton Vane, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées
- 1934 : La Machine infernale de Jean Cocteau, mise en scène Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées
- 1934 : Une femme libre d'Armand Salacrou, mise en scène Paulette Pax, Théâtre de l'Œuvre
- 1936 : Amphitryon 38 de Jean Giraudoux, mise en scène Louis Jouvet, Théâtre de l'Athénée
- 1940 : Ruy Blas de Victor Hugo, Casino de Nice
- 1941 : Le Misanthrope de Molière, Théâtre des Ambassadeurs
- 1942 : La Peur des coups de Georges Courteline, Théâtre de l'Alhambra
- 1942 : Le soleil se couche, A.B.C.
[modifier] Notes et références
- Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance N° 18e/152/1900
[modifier] Bibliographie
- Hervé le Boterf : Robert Le Vigan, le mal aimé du cinéma, Éditions France-Empire, 1986.
- Claude Beylie : Robert Le Vigan désordre et génie, Pygmalion, 1996