Les Enfants du paradis
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Les Enfants du paradis est un film français réalisé par Marcel Carné, sorti en 1945.
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[modifier] Synopsis
Paris, 1828. Dans la foule présente sur le boulevard du Crime, le mime Baptiste Deburau, par son témoignage muet, sauve Garance d'une erreur judiciaire. Celle-ci, femme libre et audacieuse, en avance sur son temps, intimide Deburau qui n'ose pas lui déclarer franchement son amour. Il épouse Nathalie, la fille du directeur, qu'il estime sans l'aimer. Garance entame une liaison avec un jeune acteur prometteur, Frédérick Lemaître, mais aime en secret Baptiste. Après que Baptiste les a invités à venir travailler au Théâtre des Funambules, Garance se trouve injustement accusée d'un vol commis par son trouble ami Lacenaire et est obligée d'accepter la protection du comte de Montray.
Quelques années plus tard, Baptiste, marié à Nathalie, obtient un grand succès sur les boulevards où il a fait de la pantomime un art reconnu et populaire. Frédérick a accédé lui aussi à la célébrité, et rêve de pouvoir monter Shakespeare. Garance, devenue depuis compagne du comte, est revenue à Paris et assiste incognito à toutes les représentations de Baptiste. Un jour alors qu'il se présente à la demeure du comte de Montray, Lacenaire en est chassé avec mépris. Il jure de se venger de cette humiliation, ce qu'il fait en découvrant aux yeux de tous Baptiste et Garance en train de s'embrasser - il tire le rideau qui cachait les amoureux isolés sur un balcon, opérant une fois de plus un effet de théâtre. Mais cette vengeance ne lui suffit pas : il assassine quelques jours après le comte de Montray. Après leur première et unique nuit d'amour, Garance, qui ne veut pas détruire le bonheur du petit garçon que Baptiste a eu avec Nathalie, s'en va, au désespoir de Baptiste.
[modifier] Fiche technique
- Titre : Les Enfants du paradis
- Titre anglais : Children of Paradise
- Réalisation : Marcel Carné
- Scénario et dialogues : Jacques Prévert
- Production : Raymond Borderie, Fred Orain
- Société de production : Pathé cinéma
- Musique : Maurice Thiriet, Joseph Kosma (sous le pseudonyme de Georges Mouqué)
- Photographie : Roger Hubert et Marc Fossard
- Montage : Madeleine Bonin et Henri Rust
- Décors : Alexandre Trauner, Léon Barsacq et Raymond Gabutti
- Costumes : Mayo
- Son : Robert Teisseire
- Direction de production : Louis Théron
- Tournage : d'août 1943 à juin 1944, aux studios de la Victorine à Nice
- Pays d'origine : France
- Format : Noir et blanc — 1,37:1 — Monophonique — 35mm
- Genre : drame
- Durée : 205 minutes (durée totale annoncée dans une source, mais la durée totale des deux époques disponibles en vidéo se montent à 182 minutes)
- 1re époque : Le Boulevard du crime, durée 95 minutes
- 2e époque : L'Homme blanc, durée 87 minutes
- Dates de sortie : 9 mars 1945 (Paris, aux cinémas « Madeleine » et « Colisée ») ; 15 novembre 1946 (États-Unis)
[modifier] Distribution
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[modifier] Autour du film
- Tourné pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs participants ont apporté leur contribution au film dans la clandestinité comme Alexandre Trauner et Joseph Kosma (qui est mentionné au générique sous couvert d'un pseudonyme).
- Le tournage fut brièvement interrompu par les évènements de la Libération. Robert Le Vigan, qui devait tenir le rôle de Jéricho, dut prendre la fuite du fait de ses compromissions avec l'occupant allemand. L'acteur, qui selon Marcel Carné n'avait tourné qu'une seule scène, fut remplacé par Pierre Renoir.
- On peut entendre, à plusieurs reprises, la célèbre réplique « C'est tellement simple, l'amour » dite par Arletty qu'a insérée dans le montage musical Home Movies (2e partie) du compositeur Carlos d’Alessio dédié au cinéma (album Home Movies précédé des thèmes du film India Song, 1 CD Le Chant du Monde LDX 274864, 1987).
- L'histoire s'appuie sur une galerie de personnages soit ayant existé (Deburau, Frédérick Lemaître, Lacenaire), soit inspirés par des personnages réels (une riche aristocrate assistant selon des chroniques de l'époque à toutes les représentations de Deburau ; un ministre des affaires étrangères de Louis-Philippe et le duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, ministre de l'intérieur quelques décennies plus tard, modèles possibles du personnage du comte de Montray), soit totalement imaginaires. Certains personnages sont aussi inspirés des canevas de pantomime créés par Baptiste Debureau (Jean-Gaspard Debureau de son vrai nom ), Jéricho, serait tiré de la pantomime le marchant d'habits.
- Le film, ouvert et clos par des rideaux, est également une mise en abyme de la représentation, déclinant le monde du spectacle d'alors, traitant de la kermesse, de la pantomime, du mime, de la comédie, du mélodrame, de la tragédie, du carnaval... Le sommet est atteint avec la représentation dans le film de « L'auberge des Adrets », mélodrame authentique, relatant les aventures d'un bandit Robert Macaire.
- On y trouve l'amorce d'un poème de Jacques Prévert qui figurera dans Paroles: « je suis comme je suis », chanté par Garance.
- Le film donne à voir les coulisses du théâtre, lui rendant ainsi hommage, et est également dédié au peuple modeste qui va se percher tout en haut, aux places les moins chères, dans le poulailler… le paradis ! C’est le public préféré de Prévert, le vrai public, celui qui réagit, celui qui participe" écrit Carole Aurouet dans Jacques Prévert, portrait d'une vie.
[modifier] Distinctions
- 1947 : Nomination pour l'Oscar du cinéma du meilleur scénario original.
- 1995 : Les Enfants du paradis a été élu meilleur film de tous les temps par les critiques à l'occasion du centenaire du cinéma.
[modifier] Voir aussi
- Une longue analyse du film sur DVD Classik
- (fr+en) Les Enfants du paradis sur l’Internet Movie Database
- (fr) Les Enfants du paradis sur AlloCiné
- http://www.marcel-carne.com/
- Danièle Gasiglia-Laster, Double jeu et 'je' double : la question de l'identité dans les scénarios de Jacques Prévert pour Marcel Carné", dans CinémAction, n° 98, 1er trimestre 2001.
- Danièle Gasiglia-Laster, Les Enfants du Paradis et le XIXe siècle de Jacques Prévert, dans L'Invention du XIXe siècle / Le XIXe siècle au miroir du XXe, Klincksieck et Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2002, p. 275-285.
- Présentation du film par Carole Aurouet, Les Enfants du paradis, Pathé DVD, 2006.

