Gaston Baty

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Jean-Baptiste-Marie-Gaston Baty, est un homme de théâtre, né à Pélussin (Loire) le 26 mai 1885 et mort dans la même commune le 13 octobre 1952. Il est l'un des fondateurs en 1927 du « Cartel » théâtral, avec Louis Jouvet, Charles Dullin et Georges Pitoëff.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d’un père marchand de bois (avec qui il travailla de 23 à 29 ans), il suivit ses études au collège des dominicains d’Oullins. Avec quelques camarades, il créa l’Académie de l’Athénée, où il s’essaya à la mise en scène et à l’écriture. En 1906, il obtint sa licence ès Lettres à la faculté de Lyon puis voyagea en Allemagne (à Munich, 1907-1908) et en Russie, pris d’intérêt par le travail de Max Reinhardt et Constantin Stanislavski pour une réforme du théâtre contemporain.

Il fut mobilisé comme interprète en 1914 à Bron. En 1919, il assista Firmin Gémier au Cirque d'hiver de Paris, et commença à monter des pièces de théâtre (décor et mise en scène) en 1921, avec L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel et la pièce pacifiste La Grande Boucherie de René Iché. Il créa ensuite la troupe des Compagnons de la Chimère (1921), qui s’installa dans une baraque en bois qu'il avait fait construire au 143 boulevard Saint-Germain (Paris 6°), tout près de Saint-Germain-des-Prés, la « Baraque de la Chimère »[1].

Retrouvant un temps Gémier à l’Odéon, il dirigea à la demande de Jacques Hébertot le Studio des Champs-Élysées du 28 mars 1924 au 14 avril 1928, puis le Théâtre de l'Avenue la saison suivante. En 1930, il prit la tête du Théâtre Montparnasse, issu du Théâtre libre d’André Antoine, et en laissa en 1942 la direction à Marguerite Jamois, tout en y travaillant jusqu’en 1947. En 1936, il participa à la modernisation de la Comédie-Française.

Influencé par le théâtre allemand découvert dans sa jeunesse et le mouvement expressionniste, il fut également un théoricien du théâtre. En 1920, il écrivit Vérités premières et paradoxales sur l’art du théâtre et fonda en 1927 le Cartel avec Louis Jouvet, Georges Pitoëff et Charles Dullin. Cette association sans conséquence pratique, à cause de fortes différences de personnalité entre ses 4 fondateurs, permettait au théâtre d’avant garde de l’époque d’avoir une étiquette, face au théâtre de boulevard commercial.

Il publia Vie de l’art théâtral des origines à nos jours (1932) et Le Metteur en scène (1944), où il défendait une acception moderne du metteur en scène, créateur égal de l’auteur, et l’importance du décor et de l’aspect visuel des pièces.

Germaniste, il joua au début de l'occupation allemande un rôle important avec Charles Dullin et Pierre Renoir à la tête de l'Association des directeurs de théâtre de Paris, un organisme créé en octobre 1940 sous la houlette allemande. Ils en présentèrent leur démission (refusée) en novembre 1941[2].

À Aix-en-Provence, il lança un projet de Maison de la marionnette, et créa en 1950, la Comédie de Provence, labellisé centre dramatique national en 1952, année de son décès. Sa passion pour les marionnettes, qu’il utilisait pour « rethéâtraliser le théâtre, le purifier du réalisme », l’amena à écrire nombre de scénarios, notamment pour Guignol.

Durant sa carrière, il monta notamment L’Opéra de quat’sous (1930), Comme tu me veux, Crime et Châtiment (1933), Les caprices de Marianne (1935), Madame Bovary (1936), Faust (1937), Manon Lescaut, Phèdre (1940), La mégère apprivoisée, Macbeth, La Célestine, Becket ou l’honneur de Dieu

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

1920-1929[modifier | modifier le code]

1930-1939[modifier | modifier le code]

1940-1949[modifier | modifier le code]

1950-1959[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« On va chez lui voir l’œuvre d’art qu’il a animée, (...) Gaston Baty, dès ses débuts, avait protesté contre l’hégémonie de la littérature, et affirmé qu’un spectacle se composait de bien autre chose qu’un texte, mais aussi du talent des acteurs, de celui du metteur en scène, et avant tout de cette puissance d’illusion qui monte du plateau, de cette communion qui s’établit entre le public, les comédiens et l’auteur. » (in Les Animateurs de Théâtres de Robert Brasillach)

« G.Baty voulait incorporer le texte et les interprètes dans le vaste ensemble de forces, de lignes, de sons, de couleurs qui constituent à ses yeux le théâtre intégral. Pour lui le personnage principal du Cyclone, c’est la mer et ses fantasmes ; celui du Simoun, c’est le vent de sable. Ce n’est pas le moi de tel ou tel personnage, selon les données habituelles de la vie scénique, qu’il cherche à extérioriser. (...) Il a mis son génie d’animateur au service de pièces qu’il savait imparfaites, mais dont il savait aussi qu’elles comportaient de riches amplifications visuelles. » (Témoignage de Henri-René Lenormand)

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Fonds Gaston Baty, Institut d’études théâtrales - Universite Paris III (composé notamment par la bibliothèque de Baty)
  • Gaston Baty et le renouvellement du théâtre Contemporain, Cahiers Gaston Baty IV - Association des amis de Gaston Baty, 1966
  • Gaston Baty : Qu’est ce que la mise en scène Éditions Actes sud
  • Gaston Baty : Trois p’tis tours et puis s’en vont in Le théâtre forain de marionnettes à fil et leur répertoire 1800-1890, Odette Lieutier, 1942
  • G. Baty et R. Chavance : Vie de l'art théâtral des origines à nos jours, Plon, 1932
  • Clément Borgal, Metteurs en scène, Éditions Fernand Lanore, 1963
  • « Gaston Baty, visionnaire du théâtre français », in Loire magazine, avril 2003 Disponible en ligne
  • Gaston Baty, Célébrations nationales 2002 -Autres anniversaires signalés, Ministère de la culture et de la communication

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Cogniat, Gaston Baty, Les Presses Littéraires de France, Paris, 1953 (p 14)
  2. Serge Added, Gaston Baty ou les ambiguïtés d'un combat artistique sous l'occupation, in : Théâtre et spectacles hier et aujourd'hui, Époque moderne et contemporaine, Actes du 115e congrès national des sociétés savantes (Avignon 1990), CTHS Paris 1991, p. 390-393, ISBN 2-7355-0220-1