Jean Arp

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Jean ou Hans Arp

Description de l'image  Hans_Arp.JPG.
Nom de naissance Jean ou Hans Arp
Naissance 16 septembre 1886
Strasbourg, Empire allemand
Décès 7 juin 1966 (à 79 ans)
Bâle (Suisse)
Nationalité allemand, puis français

Jean Arp ou Hans Arp, né à Strasbourg le 16 septembre 1886 et mort à Bâle en Suisse le 7 juin 1966, était un peintre, sculpteur et poète allemand puis français. Cofondateur du mouvement Dada à Zurich en 1916, il fut proche ensuite du surréalisme. Il réalisa de nombreuses œuvres plastiques en étroite collaboration avec sa femme Sophie Taeuber.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison natale à Strasbourg
La Clé des jaquemart, sculpture, place de la mairie de Mayence
Berger de nuages (1953), jardin de sculpture du musée Kröller-Müller, Pays-Bas
Scrutant l'horizon (1966, La Haye, Pays Bas)

Jean Arp est né le 16 septembre 1886 sous le nom de Hans Peter Wilhelm Arp. Son père Jürgen Peter Wilhelm Arp est un commerçant "vieil allemand" né à Kiel. Sa mère, Marie Joséphine Koeberlé, est alsacienne lorraine. Arp étudie les arts décoratifs à Strasbourg, Paris et Weimar, avant de se consacrer à la poésie. Il fait la connaissance de Paul Klee en 1909. Il participe ainsi à des expositions, dont celle du Blaue Reiter, en 1912. Il s'associe en 1916, à Zurich et à Cologne, à la fondation du mouvement Dada. Il illustre plusieurs ouvrages de la collection « dadas », comme Le Passager du Transatlantique de Benjamin Péret, Vingt Cinq Poèmes de Tristan Tzara et un ouvrage de Richard Huelsenbeck. Il commence à sculpter en 1917. Proche des surréalistes, de 1926 à 1930, il deviendra membre fondateur du groupe Abstraction-Création.

Le 20 octobre 1922, il épouse Sophie Taeuber-Arp qu'il a connue à Zurich. En 1926, il est naturalisé français. Son père n'étant pas d'origine alsacienne lorraine, il ne pouvait pas recouvrer la nationalité française conformément au Traité de Versailles.

Ses premières œuvres de plâtre et de marbre datent de 1930. Il réalise des reliefs en bois peints, broderies et papiers collés. En 1925, il s'installe à Clamart (en bordure de la forêt de Meudon), dans une maison-atelier dont Sophie Taeuber a dressé elle-même les plans[1]. Il participe aux activités des surréalistes et fréquente les peintres abstraits de Cercle et Carré. Un poème lui est dédié dans Capitale de la douleur du surréaliste Paul Éluard.

Arp est à l'origine d'un vocabulaire de signes aux allusions figuratives et ironiques. À partir de 1930, la sculpture en ronde-bosse prend une place importante dans son œuvre.

À Strasbourg, entre 1926 et 1928, il participe à la transformation de l'Aubette, en collaboration avec sa femme et avec l'artiste néerlandais Theo van Doesburg.

Sophie meurt tragiquement asphyxiée en 1943 lors d'un voyage clandestin à Zurich, où il s'est réfugié à la suite de l'invasion de la France libre par les Allemands.

De très nombreuses expositions personnelles lui sont consacrées après-guerre, dès 1944 à la galerie Peggy Guggenheim à New York, puis à la Galerie Maeght, la Galerie Denise René Paris, et Sydney Janis en 1950. Il réalise également de nombreuses commandes avec entre autres Constellation pour le Harvard Graduate Center de Cambridge en 1949, Le Berger des Nuages et Configuration pour la Cité Universitaire de Caracas dans les années 1950. Arp est devenu un artiste internationalement reconnu.

En 1954, il reçoit le Grand Prix International de Sculpture à la Biennale de Venise, fut Chevalier de la Légion d'honneur en 1960, reçut le Grand Prix National des Arts en 1963

Un grand nombre de ses œuvres sont aujourd'hui exposées au musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, qui lui consacre un espace central.

Son nom a également été donné à la place servant de parvis à ce musée, ainsi qu'au bâtiment de l'École nationale d'administration.

Sa deuxième épouse, Marguerite Arp-Hagenbach, décédée en 1994, a fait de la maison-atelier de Clamart la fondation Arp ouverte en 1979[2].

Ses derniers mots ont été : « Je vous aime tous et je m'en vais maintenant rejoindre ma Sophie. »[réf. souhaitée]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1955/1961 : Colonne à éléments interchangeables, béton coulé

et

  • 1962/1992 : Roue Oriflamme, acier poli

appartiennent toutes deux à la Fondation Pierre Gianadda, parc de sculptures, Martigny, Suisse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les présentes indications sont extraites de Sable de lune, trad. Aimée Bleikasten, Paris, Arfuyen, 2005.

Textes publiés en allemand[modifier | modifier le code]

  • Der Vogel Selbdritt, Berlin Otto von Holten 1920.
  • Die Wolkenpumpe, Hanovre, Paul Steegemann, 1920.
  • Der Pyramidenrock, Erlenbach, Zurich Eugen Rentsch (1924).,
  • Weisst du Schwarzt du, Zurich, Pra, 1930.
  • Konfiguration, Paris, Poésie & Co., 1930.
  • Muscheln und Schirme, Meudon-Val-Fleury, chez l’auteur, 1939.
  • 1924 1925 1926/1943, Bern-Bümplitz, Benteli 1944.
  • Auch Das ist Nur Eine Wolke, Basel, Vineta, 1951, réédition Bâle, Neske, 1960.
  • Wegweiser-Jalons, Meudon-Val-Fleuri, chez l’auteur, 1951, édition bilingue allemand, français.
  • Die Engelsschrift, Tübingen, chez l’auteur, 1952.
  • Wortträume und Schwarze Sterne, Wiesbaden, Limes, 1953.
  • Behaarte Herzen,1923-1926, Könige vor der Sintflut 1952-1953, Francfort sur le Main, Meta, 1953.
  • Auf Einem Bein, Wiesbaden, Limes 1955.
  • Unsern Täglichen Traum, Zurich, Arche, 1955.
  • Worte mit und Ohne Anker, Wiesbaden, Limes, 1953.
  • Mondsand, Pfullingen, Neske, 1960.
  • Zweiklang, Zurich, Arche, 1960.
  • Sinnende Flammen, Zurich, Arche, 1961.
  • Logbuch des Traumkapitäns, Zurich, Arche, 1965.
  • Gesammelte Gedichte I, P. Schifferli éd., Zürich, Arche/Wiesbaden, Limes, 1963.
  • Gesammelte Gedichte II, P. Schifferli éd., Zürich, Arche/Wiesbaden, Limes, 1974.
  • Gesammelte Gedichte III, A. Bleikasten éd., Zürich, Arche/Munich, Limes, 1984.

Textes publiés en français[modifier | modifier le code]

  • Des taches dans le vide, Paris, Librairie Tschann (1937).
  • Sciure de gammes, Paris, Parisot, 1938. 1981.
  • Poèmes sans prénoms, Grasse, chez l’auteur, 1941.
  • Rire de Coquille, Amsterdam, Vordemberge-Guildewart, 1944.
  • Le Blanc aux pieds de nègre, Paris, Fontaine, 1945.
  • Le Siège de l’air, Paris, Vrille, 1946.
  • Le Voilier dans la forêt, Paris, Louis Broder, 1957.
  • Vers le blanc infini, Lausanne/Paris, La Rose des vents, 1960.
  • Le Soleil recerclé, Paris Louis Broder, 1966.
  • Jours effeuillés, Paris, Gallimard, 1966.

Traductions françaises des poèmes allemands[modifier | modifier le code]

Les poèmes allemands de Jean Arp n’ont fait l’objet jusqu’à ce jour que de rares traductions :

La Bourse de traduction du Prix du patrimoine Nathan Katz a été attribuée en 2004 à Aimée Bleikasten pour ses traductions des poèmes en langue allemande de Jean Arp[4].

Marché de l'art[modifier | modifier le code]

La sculpture Colonne de rêve de 110 cm a été vendue 2.393.000 $ (1.635.000 €) en 2007 à New York, chez Christie's[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La maison deviendra la fondation Arp en 1979. "Beaux-Arts magazine" n° 75, janvier 1990, p. 12
  2. "Beaux-Arts magazine" n° 75, janvier 1990, p. 12
  3. Jean Arp, Museo Cantonale d'Arte de Lugano
  4. http://www.prixeuropeendelitterature.eu/html/ficheauteur.asp?id=19
  5. http://www.artvalue.fr/auctionresult--arp-jean-hans-1887-1966-france-colonne-de-reve-1657149.htm

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]