Roger Vitrac

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Roger Vitrac, né le 17 novembre 1899 à Pinsac (Lot) et mort 22 janvier 1952 à Paris, était un dramaturge et poète français, surréaliste de la première heure jusqu'à son exclusion du mouvement en 1928.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roger Vitrac arrive en 1910 à Paris. Il fait ses études secondaires au lycée Buffon et commence à se passionner pour la poésie et le théâtre à travers la lecture de Lautréamont et d’Alfred Jarry tout en subissant l’influence du symbolisme.

Durant son service militaire, il prend part à la manifestation dadaïste de St-Julien-le-Pauvre, en avril 1921. Il rencontre Marcel Arland, René Crevel, André Dhôtel et Georges Limbour, avec qui il anime la revue "Aventure" (1921-1922) qui publie sa première pièce « Le Peintre ». Il participe aux dernières manifestations dadaïstes et se lie d’amitié avec André Breton en 1922. Rallié au mouvement surréaliste, il collabore aux premiers numéros de "La Révolution surréaliste". C’est par la poésie qu’il aborde la littérature : dans certains de ses recueils (« Cruautés de la nuit », « Connaissance de la mort » et « Humoristiques », 1927 ; « La Lanterne noire », (publication posthume en 1964), la dimension onirique, déjà, donne lieu à une écriture ciselée, baroque, mue par un désir d’inattendu et de rareté dont son style portera toujours le sceau.

Aux côtés d'Antonin Artaud, il fonde pour « satisfaire aux exigences les plus extrêmes de l'imagination et de l'esprit » le théâtre Alfred-Jarry (1926-1930) qui fait son ouverture sur une représentation de Ventre brûlé ou la Mère folle (Antonin Artaud) au théâtre de Grenelle. Ses rapports avec les surréalistes se distendent et il est exclu du groupe, en même temps qu’Antonin Artaud, à la fin des années 1920.

Sur le ton de la parodie, voire de la provocation, Roger Vitrac poursuit en solo son exploration de l’inconscient, élaborant une œuvre aérienne, tantôt classique dans son expression, tantôt résolument moderne mais toujours nourrie d’énigmes.

Ainsi, plusieurs de ses pièces, créées au théâtre Alfred-Jarry — comme Les Mystères de l'amour (1927), drame à trente-huit personnages, mélange d’ironie et d’érotisme, ou Victor ou les Enfants au pouvoir, satire corrosive du conformisme bourgeois montée à la Comédie des Champs-Élysées en 1928 par Artaud et Vitrac lui-même — passent communément pour des chefs-d'œuvre du théâtre surréaliste. À partir de 1931, il devient journaliste pour pouvoir continuer à mener sa carrière de dramaturge et mieux explorer le burlesque de ses mondes en dislocation.

En effet, entre comédies de boulevard et tragédies intimes, ses pièces sont beaucoup plus que de simples curiosités ; elles mettent à mal les principes d’ordre et d’unité incompatibles avec la « logique » des abîmes irrationnels. En outre, prenant le parti de la coexistence radicale du cocasse et de l’horrible, il « décroche » vite, sur la scène de l’Histoire littéraire, le rôle de précurseur du théâtre de l’absurde.

Dans le Coup de Trafalgar (1934), il stigmatise tous azimuts la science, le mariage, l'armée, la religion, le travail, la famille, la patrie tels que les véhicule la société ; les Demoiselles du large (1938) est un drame centré sur l’analyse psychologique. Il revient à la bouffonnerie avec le Loup-Garou (1939) ou Le Sabre de mon père (1951) ; mais les représentations se succèdent sans rencontrer de véritable succès. Ce n'est que grâce à la reprise posthume de Victor ou les Enfants au pouvoir dans une mise en scène de Jean Anouilh au Théâtre de l'Ambigu (1962), qu’il obtient la notoriété auprès du grand public, cette pièce devenant même un classique du répertoire.

Au risque de produire une œuvre trop souvent incomprise, Roger Vitrac, véritable homme des métamorphoses, fasciné par l’univers de l’enfance, a su transgresser les diktats d’école, donnant libre cours à sa personnalité originale, d’une intemporelle fraîcheur.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publiées chez Gallimard (NRF) :

  • Les mystères de l'amour
  • Connaissances de la mort
  • Humoristiques
  • Georges de Chirico
  • Jacques Lipchitz
  • Théâtre I (Victor ou les enfants au pouvoir ; Le coup de Trafalgar ; Le camelot)
  • Théâtre II (Les mystères de l'amour ; Les demoiselles du large ; Le loup-garou)
  • Théâtre III (Le peintre ; Mademoiselle Piège ; Entrée libre ; Poison ; L'éphémère ; La bagarre ; Médor)
  • Théâtre IV (La croisière oubliée ; Le sabre de mon père ; Le condamné)
  • Dés-lyre (1964), recueil de poésies comprenant : Le faune noir ; Quatrains (1921) ; Peau-asie (1923) ; Migraine (1923) ; Prière à Saint-Pol-Roux (1925) ; Humoristiques (1927) ; Cruautés de la nuit (1927) ; La lanterne noire (inédit) ; Consuella (1928) ; Parisiana (1930) ; Humorage à Picasso (1930) ; Démarches d'un poème (1931) ; Poèmes délirants (1948)

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Liens externes[modifier | modifier le code]