Jean Cassou (écrivain)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean Cassou et Cassou.

Jean Cassou

Nom de naissance Jean Cassou
Autres noms Jean Noir
Activités Romancier, poète, critique d'art, traducteur, résistant français, conservateur en chef du Musée national d'art moderne
Naissance 9 juillet 1897
Deusto (Espagne)
Décès 16 janvier 1986 (à 88 ans)
Paris (France)
Langue d'écriture français
Distinctions Grand prix national des Lettres
Grand prix de la Société des gens de lettres
Compagnon de la Libération

Jean Cassou, né le 9 juillet 1897 à Deusto et mort le 16 janvier 1986 à Paris, est un écrivain, résistant, critique d'art, traducteur, et poète français. Il est également le directeur-fondateur du Musée national d'art moderne de Paris et le premier président de l'Institut d'études occitanes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, ingénieur des Arts et manufactures, meurt alors qu'il n'a que seize ans. Jean Cassou effectue ses études secondaires au lycée Charlemagne en subvenant aux besoins de sa famille, puis commence une licence d'espagnol à la Faculté des Lettres de la Sorbonne à Paris. Il la poursuit en 1917 et 1918 en étant maître d'études au lycée de Bayonne et, ajourné plusieurs fois, n'est pas mobilisé pour la Grande Guerre. Secrétaire de Pierre Louÿs, il tient à partir de 1921 la chronique Lettres espagnoles dans la revue Le Mercure de France, époque où il devient l'ami du poète espagnol Jorge Guillén avec lequel il entretient une correspondance fournie[1]. Il réussit en 1923 le concours de rédacteur au ministère de l'Instruction publique et publie en 1926 son premier roman. De 1929 à 1931, il est conseiller littéraire des Éditions J.-O. Fourcade[2], aux côtés de Henri Michaux.

Devenu inspecteur des Monuments historiques en 1932, Jean Cassou est en 1934 membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et directeur de la revue Europe de 1936 à 1939. En 1936 il participe au cabinet de Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts du Front populaire. Il est alors favorable à l'aide à la République espagnole, se rapproche du Parti communiste avec lequel il rompt en 1939 lors du pacte germano-soviétique. En avril 1940 il est affecté au Musée national d'art moderne dont il devient conservateur adjoint, puis conservateur en chef durant quelques semaines avant d'être destitué en septembre 1940. Tandis qu'approchent les armées allemandes, il est envoyé au château de Compiègne et se consacre à la sauvegarde du patrimoine national.

L'occupation[modifier | modifier le code]

Révoqué de son poste de conservateur du Musée d'art moderne par le régime de Vichy, il entre dans la Résistance dès septembre 1940, rédigeant ses premiers tracts. Il protège Wilhelm Uhde. Retrouvant certains de ses amis qui partagent ses options, Claude Aveline, Agnès Humbert, il rencontre le groupe clandestin du Musée de l'homme, Boris Vildé, Anatole Lewitsky et Paul Rivet. Avec Aveline, Agnès Humbert, Simone Martin-Chauffier, Marcel Abraham et Pierre Brossolette, il assure la rédaction du journal du groupe Résistance (six numéros de décembre 1940 à mars 1941). Tandis que de nombreux membres du groupe du musée de l'Homme sont arrêtés, il échappe à la Gestapo et se réfugie à Toulouse. Agent du « réseau Bertaux » à partir d'août 1941. Il est arrêté en décembre 1941[3] pour ses activités au musée de l'Homme et emprisonné à la prison militaire de Furgol à Toulouse où il compose de tête, sans la possibilité de les écrire, ses Trente-trois sonnets composés au secret, publiés clandestinement au printemps 1944 sous le pseudonyme de Jean Noir[4]. Grâce au Front national des musiciens, Henri Dutilleux en prend connaissance, et met l'un des poèmes, La Geôle, en musique. Darius Milhaud compose aussi pour voix mixtes, sur 6 de ses sonnets, dont La Barque funéraire.

Libéré après un an de prison, il est envoyé par la ST au camp d'internement de Saint-Sulpice (Tarn). Sur injonction de la Résistance au directeur de la ST, il est libéré en juin 1943 et reprend ses activités de résistant comme inspecteur de la zone Sud. Il est également rédacteur des Cahiers de la Libération et Président du Comité régional de Libération de Toulouse. Le Gouvernement provisoire de la République française le nomme en juin 1944 commissaire de la République de la région de Toulouse ; il y côtoie Serge Ravanel, chef régional des FFI. En août, au moment de la libération de la ville, sa voiture rencontre une colonne allemande : deux de ses compagnons sont tués et il est laissé pour mort. Transporté à l'hôpital dans le coma il est remplacé mais maintenu dans son titre, dont il démissionne après un an de convalescence.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

En 1945 Jean Cassou retrouve sa fonction de conservateur en chef des Musées nationaux et est nommé conservateur en chef du Musée national d'art moderne, poste qu'il occupe jusqu'en 1965. Il enseigne également à l’École du Louvre de 1961 à 1963. En 1971 il reçoit le grand prix national des Lettres et en 1983 le grand prix de littérature de la SGDL pour l'ensemble de son œuvre. Il meurt le 16 janvier 1986 et est enterré au cimetière parisien de Thiais. Il est un militant actif du Mouvement de la Paix et est le beau-frère du philosophe Vladimir Jankélévitch (1903-1985), dont il a épousé la sœur, Ida Jankélévitch, née le 25 décembre 1898 à Bourges et décédée le 16 mars 1982 à Paris.

Il est le premier président de l'Institut d'études occitanes de 1945 à 1952.

En 1983, il reçoit la Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Éloge de la Folie, 1925
  • Les Harmonies viennoises, roman, Paris, Émile Paul, 1926
  • Le Pays qui n'est à personne, roman, Paris, Émile Paul, 1927
  • La Clef des songes, roman, 1928
  • Vie de Philippe II, Paris, Gallimard, 1929. 12. Ed. (Orig. 1927. Vies des hommes illustres. Nr. 29 )
  • Panorama de la littérature espagnole contemporaine, Paris, Kra, 1929 (éd.augm. 1931)
  • Comme une grande image, roman. Éditions Emile-Paul frères, 1931
  • Les Nuits de Musset, essai, Paris, Émile Paul, 1931
  • Bayonne, Paris, Émile Paul.
  • Frédégonde, Trémois.
  • Grandeur et infamie de Tolstoï, essai, Paris, Bernard Grasset, 1932
  • Les Inconnus dans la cave, roman, Paris, Gallimard, 1933
  • Les Massacres de Paris, roman, Paris, Gallimard, 1935
  • Pour la poésie, essai, Paris, Corréa, 1935
  • Tempête sur l'Espagne, Paris, L'Homme réel, 1936
  • La Querelle du réalisme, Paris, ESI, 1936
  • Cervantes, Paris, ESI, 1936
  • Légion, Paris, Gallimard, 1939
  • Quarante-huit, essai, Paris, Gallimard, 1939
  • Trente-trois sonnets composés au secret (initialement publié clandestinement durant l'Occupation, sous le pseudonyme de Jean Noir[4]), Paris, Éditions de Minuit, 1944  ; rééd. Poésie/Gallimard, 1995
  • Le Centre du monde, roman, Paris, Le Sagittaire, 1945
  • L'heure du choix (coll.), Paris, Éditions de Minuit, 1947
  • Le quarante-huitard, Paris, PUF, 1948
  • Situation de l'Art Moderne, Paris, Éditions de Minuit, 1950
  • La folie d'Amadis et autres poèmes, Paris, 1950
  • La Voie Libre, Paris, Flammarion, 1951
  • La Rose et le vin : Poèmes suivis d'un commentaire. Hors-texte de Lancelot Ney, Paris, 1952
  • Le nu dans la peinture européenne, Paris, Braun, 1952
  • La Mémoire courte, essai, Paris, Éditions de Minuit, 1954; rééd. Mille et une Nuits, 2001
  • Parti pris, essai, Paris, Albin Michel, 1961
  • Dernières pensées d'un amoureux, roman, Paris, Albin Michel, 1962
  • Le Voisinage des cavernes, roman, Paris, Albin Michel, 1971
  • La Création des mondes, essai, Paris, Éditions Ouvrières, 1971
  • Une Vie pour la liberté, essai, Paris, Robert Laffont, 1981
Critique d'art
  • Gromaire, NRF.
  • Marcoussis, NRF.
  • Le Gréco, Rieder.
  • Panorama des arts plastiques contemporains, Paris, Gallimard, 1960
Traductions et adaptations
Préface
  • Víctor Alba, Insomnie espagnole, 1946. Préface de Jean Cassou.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) J. Cremades Gomez-Pablos, La Espana contemporanea en la vida, la obra y la amistad de Jean Cassou, UvA-DARE, the institutional repository of the University of Amsterdam,‎ 2003, 101 p. (lire en ligne)
  2. Cité in Florence de Lussy (dir.), Jean Cassou, 1897-1986. Un musée imaginé (catalogue d'exposition du Musée national d'art moderne), Bibliothèque nationale de France, 1995, ISBN 978-2-7177-1935-2, p. 25 (« [Chronologie, 1929.] Olivier Fourcade fait appel à lui pour recruter des auteurs. ») et p. 76 (« Devenu en 1929 conseiller littéraire chez Fourcade, Jean Cassou contactait des auteurs et recevait des manuscrits. »).
  3. « Il est arrêté le 13 décembre 1941 » sur le site de l'Ordre de la Libération
  4. a et b A propos du livre, sur le site du CRDP de Créteil.
  5. (es) BOE du 24 juin 1983.