Kasimir Malevitch

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Kasimir Malevitch

Description de l'image  Casimir Malevich photo.jpg.
Nom de naissance Kasimir Severinovitch Malevitch
Naissance
Kiev, Russie impériale
Décès (à 56 ans)
Leningrad, URSS
Nationalité russe, soviétique
Activités Peintre, sculpteur et théoricien
Mouvement artistique Suprématisme

Kasimir Severinovitch Malevitch (en russe : Казимир Северинович Малевич ; ISO 9 : Kazimir Severinovič Malevič ; en polonais : Kazimierz Malewicz), né à Kiev (maternité catholique Kiev-Vasilkovskaja de Saint-Alexandre à Kiev[1]- Empire russe) le de parents d'origine polonaise et mort le à Léningrad à l'âge de 57 ans d'un cancer[2]. Il est un des premiers artistes abstraits du XXe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur et théoricien, Malevitch est le créateur d'un courant artistique qu'il dénomma « suprématisme ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Kasimir Malevitch, Severin Antonovich Malevitch (1845-1902) est le directeur de l'une des usines de raffinage de sucre industriel (betterave) de l'homme d'affaires russe Nicolas Terechtchenko (ru). Sa mère, A. Ludwig (1858-1942), est femme au foyer. Kasimir Malevitch est l'aîné de 14 enfants dont 9 filles ayant survécu à l'âge adulte[réf. nécessaire][3].

De 1896 à 1898, il étudie au collège de Parhomivka (Ukraine)[2].

De 1898 à 1904, le jeune Kasimir vit à Koursk (Russie) puis s'installe à Moscou dès 1904 après le décès de son père et travaille comme dessinateur industriel pour les chemins de fer.

Il se maria (1899) avec Kasimira Ivanovna Zgleits (1983-1942) et eut deux enfants, Anatolii (1902) et Galina (1909)[2].

Après une formation de dessinateur technique à Moscou en 1902-1904 et avoir fréquenté de 1895 à 1896 l'école de peinture de Kiev[4] dans la classe du peintre Mykola Pymonenko à l'âge de seize ans. Malevitch développe en autodidacte son œuvre plastique qu'il décline au cours de sa vie dans une dizaine de styles différents : réalisme, impressionnisme, symbolisme, cézannisme, fauvisme, néo-primitivisme, cubo-futurisme, cubisme alogique, suprématisme, supranaturalisme. Il fait un bref voyage à Paris en 1912.

En 1915, il présente à la Dernière exposition futuriste de tableaux 0,10 (zéro-dix) tenue à Pétrograd du 19 décembre 1915 au 19 janvier 1916, un ensemble de 39 œuvres qu'il appelle « suprématies », dont Quadrangle, connu sous le nom de Carré noir sur fond blanc que Malevitch instituera plus tard en œuvre emblème du suprématisme[5].

Avec la Révolution de 1917, il est élu député au soviet de Moscou[6]. Malevitch accepte des fonctions institutionnelles comme enseignant à l'Académie de Moscou, puis à l'École artistique de Vitebsk, invité par Marc Chagall puis à Petrograd et chercheur, et lutte pour la démocratisation.

En 1918 il peint Carré blanc sur fond blanc, qui est considéré comme le premier monochrome de la peinture contemporaine[7].

En 1927, Malevitch part en voyage en Allemagne, il y laisse 70 tableaux et un manuscrit Le Suprématisme ou le Monde sans objet, publié par le Bauhaus. Durant la guerre, une quinzaine de ses tableaux disparaissent et ne furent jamais retrouvés, une partie se trouve au Stedelijk Museum d'Amsterdam et une autre au MoMA de New York.

Artiste prolifique, il ne cesse de peindre tout au long de sa vie.

En 1929, le pouvoir soviétique le stigmatise pour son « subjectivisme » et le qualifie de « rêveur philosophique ». Au cours des années 1930, les besoins du pouvoir soviétique en matière d'art ayant évolué, Kasimir Malevitch est sans cesse attaqué par la presse, perd ses fonctions officielles – il est même emprisonné et torturé. Même si les autorités lui décernent des funérailles officielles en 1935, la condamnation de son œuvre et du courant suprématiste s'accompagne d'un oubli de plusieurs décennies.

La reconnaissance de cet artiste intervient à partir des années 1970. Depuis, les nombreuses rétrospectives à travers le monde ont consacré Kasimir Malevitch comme l'un des maîtres de l'art abstrait.

Théière et tasses constructivistes créées par Kasimir Malevitch en 1932.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

De 1907 à 1935, il participe à 35 expositions d'avant-garde en Russie et à l'étranger. Malevitch est un membre actif de l'avant-garde artistique russe et côtoie Kandinsky, Chagall, Matiouchine, El Lissitzky, Rodtchenko.

Parallèlement à son œuvre plastique, Malevitch produit des textes théoriques sur l'art. Une vingtaine d'écrits paraissent entre 1915 et 1930, mais de nombreux manuscrits restent non publiés. Tous ne sont pas directement liés aux seules pratiques artistiques : ainsi par exemple, La Paresse comme vérité effective de l'homme, écrit en 1921 et publié aux éditions Allia en 1995 en langue française, texte révolutionnaire dans la mesure où le communisme lui-même y apparaît dépassable.

Les paysages et les scènes de la vie quotidienne présentent souvent une dominante du rouge et du vert, couleurs que l'on retrouve également dans certaines icônes orthodoxes. Les gouaches des années 1910-1911 sont influencées par le fauvisme mais aussi par le néo-primitivisme et le protocubisme. Dans les années 1912-1913, il produit des toiles cubistes et futuristes.

Le suprématisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : suprématisme.

En 1915, Malevitch peint trois éléments qu'il inclura plus tard parmi les éléments fondateurs du suprématisme : le Carré noir, la Croix noire et le Cercle noir[8].

Maniant des formes simples à caractère géométrique et unicolores disposées sur la toile ou érigées dans le réel (architectones), le suprématisme montre le caractère infini de l'espace, et la relation d'attraction et de rejet des formes.

Pour Malevitch, l'art est un processus amenant la sensation (c’est-à-dire le rapport de l'artiste au monde) à se concrétiser en œuvre grâce à un module formateur étranger au support, « l'élément additionnel », qui structure la masse picturale ou les matériaux. Il introduit le concept d'élément additionnel dans ses écrits des années 1920, ainsi que dans son enseignement[9].

Suivant son appellation, le suprématisme se pose comme modèle supérieur de la finalité artistique d'art pur, dominant et formant dans son sillage l'art appliqué[réf. nécessaire].

C'est sur la conception du rapport de l'art pur à l'art appliqué que Malevitch entre en conflit avec les constructivistes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Réalité peinte d'une joueur de football – Masses colorées dans la 4e dimension, 1915, Institut d'art de Chicago, Chicago

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (uk) Историк: "В некоторых анкетах 1920-х годов в графе "национальность" Казимир Малевич писал: украинец" - Pravda ukrainienne, 9 avril 2009
  2. a, b et c (en) Kazimir Malevich Biography - InCoRM [PDF]
  3. (en) Kazimir Malevich Biography - Galleria d'Arte Moderna Palazzo Forti
  4. Dora Vallier, L'art abstrait, Pluriel/Hachette, 1980 p. 122
  5. Jean-Claude Marcadé, Malevitch, Paris, Casterman/Nouvelles éditions françaises, 1990 ; Linda Boersma, 0,10 (zéro - dix). Dernière exposition futuriste, Hazan, Paris, 1997
  6. Amsterdam Stedelijk Museum : Kasimir Malévitch et l'avant-garde russe - Le mONDE dEs ARTS
  7. Alphonse Allais s'est essayé à la peinture monochrome de façon humoristique dès 1882 avec sa Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer Rouge. Il produit aussi en 1887 Stupeur de jeunes recrues en apercevant pour la première fois ton azur, ô Méditerranée, Partage d'un apéritif anisé entre asiates ictériques dans un champ de blé, etc..
  8. Cf. la notice sur la Croix noire de Malevitch dans Laurent Le Bon (dir.), Chefs-d’œuvre ? (catalogue d’exposition), Metz, Éditions du Centre Pompidou-Metz, 2010, p. 197
  9. En français, cf. les écrits de Malevitch sur l'élément additionnel dans K. Malévitch, La lumière et la couleur. Textes inédits de 1918 à 1926 traduits du russe par Jean-Claude Marcadé et Sylviane Siger, Lausanne, L'âge d'Homme, coll. Slavica - Écrits sur l'art, 1981, pp. 119-160.
  10. (en) On the Boulevard - Wikipaintings.org
  11. Eric Darragon, Marianne Jakobi, Centre interuniversitaire de recherche en histoire de l'art contemporain (France), La provocation : une dimension de l'art contemporain (XIXe-XXe siècles), Publications de la Sorbonne, 2004 (ISBN 978-2-8594-4470-9), p. 133 [lire en ligne]
  12. a et b Le futurisme à Paris : le cubo-futurisme russe - Exposition au Centre Pompidou, 2008-2009
  13. Pays-Bas : Un Anglais à Moscou de Kasimir Malevitch - On ira loin
  14. Ce carré entouré de blanc symbolise le monde sans objet, forme fondamentale du suprématisme, une remise à zéro de la représentation du monde avant l'exploration colorée du « Rien libéré ».[réf. nécessaire]
  15. Croix [noire] - Centre Pompidou
  16. (en) Stroyuschiysya dom [House under construction] - Google Cultural Institute
  17. Femme avec un rateau - Casimir Malévitch - L'Atelier des copistes
  18. Supermetism - Artproject
  19. Kazimir Malevitch - Larousse
  20. Peter Leek, La Peinture Russe, Parkstone International, 2012 (ISBN 978-1-7804-2845-1), p. 248 [lire en ligne]
  21. L'homme qui court - Centre Pompidou
  22. Homme et cheval - Centre Pompidou

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie française[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 9, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030192), p. 99-101

Écrits de l'artiste[modifier | modifier le code]

  • Écrits, présentés par Andréi Nakov, traduits du russe par Andrée Robel, illustrations, Paris, éditions Champ Libre, 1975
  • La Paresse comme vérité effective de l'homme, trad. Régis Gayraud, Allia, 1995, nombreuses rééditions.
  • Écrits sur l'art, tome 1 : De Cézanne au suprématisme, L'Âge d'Homme, 1993
  • Écrits sur l'art, tome 2 : Le Miroir suprématiste, L'Âge d'Homme, 1993
  • Écrits sur l'art, tome 3 : Arts de la représentation, L'Âge d'Homme, 1993
  • Écrits sur l'art, tome 4 : La Lumière et la Couleur, textes inédits de 1918 à 1928, L'Âge d'Homme, 1993

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Kazimir Malévitch et le suprématisme : 1878-1935, Gilles Néret, Taschen
  • Kasimir Sévérinovitch Malévitch : J'ai découvert un monde nouveau, Frédéric Valabrègue, Images en manœuvre, 1999
  • Malévitch, Jeannot Simmen et Jolja Kohlhoff (trad. Catherine Makarius), Könemann, Cologne, 2000 (ISBN 3-8290-2925-X)
  • Malévitch : Aux avant-gardes de l'art moderne, Andréi Nakov, collection Découvertes Gallimard, 2003
  • Shishanov V.A. [:ru:Витебский музей современного искусства Vitebsk museum of the modern art] history of creation and collection. 1918-1941. – Minsk: Medisont, 2007, 144 pages
  • Andréi Nakov, Kazimir Malewicz le peintre absolu, Thalia Édition, Paris, 2007 (4 vol., 1 596 pages, 1 642 illustrations)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]