Représailles après la mort de Karl Hotz
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En octobre 1941, le responsable des troupes d'occupation en Loire-Inférieure, le lieutenant-colonel Karl Hotz est abattu à Nantes par des résistants. En représailles, les autorités allemandes fusillent 48 prisonniers pris comme otages.
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[modifier] L'attentat
- Karl Hotz
Karl Hotz, qui, de 1929 à 1933, a supervisé les travaux de comblement de l'Erdre, a été affecté à Nantes comme Feldkommandant, c'est-à-dire responsable des troupes d'occupation du département de Loire-Inférieure.
- L'attentat
Le 20 octobre 1941, il est abattu rue du Roi-Albert par trois résistants : Gilbert Brustlein, Marcel Bourdarias et un ancien officier des Brigades internationales d'origine italienne (naturalisé Français en 1932) Spartaco Guisco, tous trois venus de Paris comme membre de l'OS (branche armée de la résistance communiste) ; ils sont envoyés par Jules Dumont et Albert Ouzoulias responsables des Bataillons de la Jeunesse.
La mission du commando n'est pas d'abattre Karl Hotz, mais n'importe quel officier allemand, en fonctions des circonstances[1]. Ils se trouvent peu avant 8 heures place Saint-Pierre, devant la cathédrale et c'est par hasard que Karl Hotz passe là à ce moment, sur le chemin de la Kommandantur (place Louis-XVI), accompagné d'un autre officier, le capitaine Sieger.
Tandis que l'arme de Spartaco Guisco, qui visait le médecin-capitaine[2] Sieger, s'enraye au moment de tirer, Brustlein tire deux balles dans le dos de Karl Hotz. Les deux résistants réussissent à prendre la fuite, tandis que Sieger assiste à la mort rapide de Hotz.
- La réaction des autorités allemandes
La nouvelle de l'attentat est donnée à Hitler par Von Stulpnagel ; Hitler envisage l'exécution immédiate de 100 à 150 otages, chiffre que Von Stulnagel ramène à 100, divisés en deux lots : 50 dans l'immédiat, 50 au bout de 48 heures.
Le lendemain, une proclamation indique qeu 50 otages seront fusillés si les tireurs ne se livrent pas. Le 22 octobre, 48 personnes sont exécutées. L'arrestation à Paris, quelques jours plus tard, des auteurs de l'attentat par la police française[3] diffère celle de cinquante autres otages dont Hitler réclamait l'exécution.
[modifier] La liste des otages
Une première liste de 50 est établie à la demande de Von Stulpnagel par le ministre de l'Intérieur de Vichy, Pierre Pucheu. Celui-ci choisit systématiquement des prisonniers communistes ou militants syndicalistes. Les Allemands amendent la liste de façon à ce qu'elle soit plus "représentative", afin que l'ensemble de la populations française se sente concernée.
D'autre part, les tensions qui existent entre les nazis (la Gestapo) et l'armée (l'Abwehr) vont permettre à 2 otages d'être retirés de la liste, de sorte qu'il n'y a eu que 48 fusillés : l'avocat Fernand Ridel et l'otage Dauguet. En ce qui concerne Fernand Ridel, on sait qu'il a bénéficié de l'intervention de personnalités de la haute société nantaise, amies de Karl Hotz, notamment la comtesse de Sesmaisons.
Le ministre de l'Intérieur Pierre Pucheu a tout fait pour que soient désignés des communistes plutôt que des « bons Français »[4].
[modifier] Les exécutions
- Châteaubriant (27)
Dans le camp de Choisel, les otages sont assistés avant l'exécution par l'abbé Moyon, de Béré (un quartier populaire de Châteaubriant, le curé de Châteaubriant ayant refusé d'assister des communistes). Ils lui remettent lettres et objets personnels à transmettre aux familles. A 14 h, trois camions allemands viennent les chercher. Ils sont emmenés à la carrière de la Sablière, située à la sortie de Châteaubriant. Avant l'exécution, c'est un aumônier allemand qui assiste (les responsables n'ont pas voulu de la présence du prêtre français). Ils sont fusillés en trois groupes de 9 à 15 h 50, 16 h et 16 h 10.
Le soir du 22, les corps sont amenés au château de la ville, où se trouve la sous-préfecture et placés en désordre dans une salle. Le soir du 23, ils sont placés dans des cercueils puis emmenés par groupe de trois dans les cimetières de neuf communes proches de Châteaubriant, notamment : Moisdon-la-Rivière, Saint-Aubin-des-Châteaux (où René Guy Cadou est présent lors du passage du camion), Petit-Auverné, Villepot.
Parmi eux figure Guy Môquet. Il s'agit du plus jeune des fusillés (17 ans). Il refuse que ses camarades intercèdent en sa faveur. « Je suis communiste autant que toi » déclare-t-il au dentiste Ténine. Tous refusent d'avoir les yeux bandés et les mains liées. Ils meurent en chantant la Marseillaise.
Parmi les autres fusillés de Châteaubriant, on peut citer Charles Michels, député communiste du XVe arrondissement de Paris et Jean-Pierre Timbaud, secrétaire de la fédération des métaux CGT de la région parisienne. Il y avait également deux trotskistes : Marc Bourhis et un communiste qui avait rompu avec le PCF à la suite du Pacte germano-soviétique, le maire de Concarneau Pierre Guéguin.
- Nantes (16)
A la différence des otages de Châteaubriant, ceux de Nantes sont emprisonnés dans les deux prisons de la ville et dispersés dans des cellules. Ils n'ont pas été mis au courant des événements et lorsqu'ils sont appelés, ils ignorent pour quelle raison. Ils reçoivent l'assistance de l'abbé Fontaine, auquel ici aussi succédera un Allemand. Ils sont emmenés au champ de tir du Bèle et fusillés en 5 groupes de 3 ou 4 ; le délai de la première à la dernière fusillade est de 40 minutes.
Les corps sont inhumés dans LES cimetières de trois communes au sud-est de Nantes : Basse-Goulaine, Haute-Goulaine et Saint-Julien-de-Concelles.
En dispersant les corps, les Allemands veulent éviter la formation d'un lieu de pèlerinage où pourraient s'exprimer des sentiments d'hostilité à leur encontre. Mais la dispersion n'a pas empêché que les tombes des otages restent fleuries pendant toutes la durée de la guerre.
On doit aussi dire que les familles des fusillés ont été informées par la presse, le matin du 23 octobre.
- Paris (5)
Les cinq otages sont fusillés au fort du Mont-Valérien.
Après la Libération, les otages auront des obsèques nationales et leurs familles pourront les inhumer où elles le souhaitent ; certaines n'ont pas procédé au transfert (c'est par exemple le cas de Jean-Pierre Timbaud à Saint-Aubin-des-Châteaux). Dès 1945, le nouveau boulevard créé par le comblement de l'Erdre prend le nom de cours des Cinquante Otages et un monument aux Cinquante Otages est inauguré en 1952 à l'extrémité du cours.
[modifier] Les réactions en France et dans le monde
- En France
Cette exécution, en même temps que d'autres à Nantes et à Bordeaux, suscite une énorme émotion en France et dans le monde[5]. Le 25 octobre de Gaulle déclare à la radio : « En fusillant nos martyrs, l'ennemi a cru qu'il allait faire peur à la France. La France va lui montrer qu'elle n'a pas peur de lui [...] J'invite tous les Français et toutes les Françaises à cesser toute activité et à demeurer immobiles, chacun où il se trouvera, le vendredi 31 octobre, de 4 heures à 4 heures 5 [...][6] ». Une grève symbolique de cinq minutes est organisée à travers toute la France.
- Dans le monde
Un tract daté du 25 octobre fut largué entre le 30 octobre et le 4 novembre 1941 sur la France. Il comportait d'un côté la déclaration de Winston Churchill au sujet des otages, et de l'autre côté celle de Franklin Roosevelt[7], ce qui est plus important car les États-Unis ne sont pas encore entrés en guerre. Sur le principe d'exécution d'otages qui n'étaient pas eux-mêmes combattants, Roosevelt déclare que « Les peuples civilisés ont depuis longtemps adopté le principe qu'aucun homme ne doit être puni pour les actes d'un autre homme. » Il déclare également qu'il pense lui-même que ces actions ne peuvent que renforcer l'opposition à l'Occupation : « Les nazis auraient pu apprendre de la dernière guerre l'impossibilité de briser le courage des hommes par la terreur. »
[modifier] Les Allemands et la politique des otages
À partir du 19 juin 1941, les autorités d'occupation allemandes de Nantes garantissent la sécurité des troupes d'occupation en prélevant à tour de rôles des notables — élus, présidents d'association, etc. — consignés en un lieu physique pour quelques heures ou simplement d'astreinte à leur domicile. Après novembre 1941, cette pratique tombe en désuétude sans qu'aucun otage n'ait été passé par les armes[8].
La vague d'attentats initiée le 21 août 1941 par Fabien à la station de métro parisienne Barbès-Rochechouart, va amener les Allemands à modifier leur politique d'otages en privilégiant pour tout attentat la piste « judéo-bolchevique » , même en l'absence de toute revendication. Cette politique sera parfaitement formulée par l'ambassadeur allemand à Paris Otto Abetz en décembre 1941 :
« Même lorsqu'il est clairement prouvé que les auteurs d'attentats sont des Français, il est bon de ne pas mettre cette constatation en relief, mais de tenir compte de nos intérêts politiques et de prétendre qu'il s'agit exclusivement de Juifs et des agents à la solde des services de renseignements anglo-saxons et russes[9]. »
Du 22 juin au 22 octobre 1941, seulement quatre Allemands ont été tués par la Résistance mais d'autres attentats, matériels, même s'ils ont un faible impact, montrent qu'il ne s'agit pas d'actes isolés, mais bien d'une vague d'attentats. La première attitude du commandant militaire de la Wehrmacht en France (Militärbefelshaber in Frankreich, MBF), Otto von Stülpnagel consiste à demander au gouvernement de Vichy d'exercer lui-même la répression. C'est ainsi que le nouveau ministre de l'intérieur Pierre Pucheu va créer des tribunaux d'exception : les « Sections spéciales » qui envoient à la guillotine, après jugements sommaires, une poignée d'internés plus ou moins communistes.
Les Allemands prennent ensuite eux-mêmes en charge l'exécution d'otages. Les trois premiers sont fusillés le 6 septembre, les dix suivants le seront le 16 septembre. Cette répression apparait trop douce à Hitler qui trouve Stülpnagel trop mou et lui envoie la directive d'exécuter au moins cent otages par Allemand tué[10]. Stülpnagel, arguant que les troupes allemandes ne sont pas menacées, ne se hâte pas d'engager une politique de représailles. Il ne tient pas à se mettre à dos une population qui travaille pour le plus grand bénéfice de la puissance occupante. Il ne veut pas non plus mettre en porte-à-faux le gouvernement de Vichy qui collabore de façon satisfaisante. « Des exécutions massives ne sont pas encore justifiées par la situation. Elles pourraient entraîner la résistance de toute la population française, ce qui pour des raisons politiques, militaires et économiques, pourraient conduire à d'importantes difficultés [...] » écrit-il le 11 septembre au haut-commandement de l'armée de terre[11].
Hostile aux exécutions massives, Stülpnagel n'en est pas moins contraint d'appliquer la politique dictée par Berlin et le 28 septembre, il publie, à destination des chefs de régions militaires un « code des otages » dans lequel il demande l'établissement de listes d'otages constituées avec les priorités suivantes[12] :
- « a) Les anciens élus des organisations communistes et anarchistes, ainsi que les permanents.
- « b) Les personnes qui se sont adonnées à la diffusion de l'idéologie communiste par la parole ou par les actes, par exemple par la rédaction de tracts (intellectuels).
- « c) Les personnes qui ont montré par leur comportement qu'elles étaient particulièrement dangereuses (par exemple, agresseurs de membres de la Wehrmacht, saboteurs, receleurs d'armes).
- « d) Les personnes arrêtées pour distribution de tracts.
- « e) Les personnes arrêtées récemment à la suite d'actes de terreur ou de sabotage en raison de leurs relations avec l'entourage des auteurs supposés desdits actes. »
En vertu de ces directives de principe, le 20 octobre, après la mort par suite d'attentat du Feldkommandant Hotz, les autorités militaires de la région militaire B installée à Angers sont invitées à constituer une liste de 200 noms parmi lesquels sera faite une sélection de 100 otages à exécuter. Mais tous les noms récupérés par les différents services allemands mis à contribution ne suffisent pas. Des officiers dépêchés à Choisel (c'est le nom de lieu précis où se trouve le Camp de Châteaubriant) se font remettre le registre des internés, ce qui leur permet d'établir une liste de 200 noms.
En fait, Hitler qui a eu connaissance de l'attentat communique ses directives à Stülpnagel par Keitel et Warlimont interposés : Il faut exécuter immédiatement de 100 à 150 otages. Stülpnagel applique la directive avec une première vague de 48 exécutions, 27 à Châteaubriant, 17 à Nantes et 4 à Paris. Les services du ministre de l'intérieur Pierre Pucheu avait communiqué une liste de 61 noms du Camp de Châteaubriant, supposés communistes, afin d'épargner « de bons français ». Dans cette liste se trouveront 17 des 27 fusillés du Camp de Choisel, car Stülpnagel avait scrupuleusement appliqué les règles que lui-même avait fixées [13].
Le 27 octobre 1941, Hitler renonce à la seconde vague de 50 otages. Entre temps, le vice-président du Conseil Darlan avait déclaré qu'il ferait tout pour découvrir les coupables. Pétain et ses ministres avaient demandé un acte de grâce au führer. Stülpnagel avait également fait valoir aux yeux d'Hitler la parfaite loyauté de Jacques Benoist-Méchin, secrétaire d'État à la présidence du Conseil et de Pucheu[14].
Il y avait un caractère à double tranchant dans ces exécutions dont toutes les parties étaient conscientes. Elles avaient un effet de terreur sur la population, mais aussi renforçaient la haine contre l'occupant en montrant sa cruauté, malgré les efforts des Allemands et de Vichy pour souligner qu'ils se cantonnaient à tuer des Juifs et des communistes et non des « bons Français » au sens de Vichy. Cette politique conduisait donc à des dilemmes parmi la Résistance. Le Parti communiste menait en effet une campagne d'assassinats systématiques d'officiers allemands. Même au sein du parti, ces actes étaient critiqués à cause des exécutions d'otages qu'ils provoquaient. Mais en contrepartie, ces représailles mobilisaient davantage la population contre l'occupant, amenant toujours plus de personnes à s'engager dans la Résistance[15].
[modifier] Références
[modifier] Liste des fusillés
27 personnes fusillés à la carrière de la Sablière
- Auffret Jules, 39 ans, de Bondy, conseiller général communiste de la Seine
- Barthélémy Henri, 58 ans, de Thouars, retraité de la SNCF
- Bartoli Titus, 58 ans, de Digoin, instituteur honoraire, militant communiste
- Bastard Maximilien, 21 ans, de Nantes, chaudronnier
- Bourhis Marc, 44 ans, de Trégunc, instituteur, militant communiste trotskiste
- David Émile, 19 ans, de Nantes, mécanicien-dentiste
- Delavacquerie Charles, 19 ans, de Montreuil, imprimeur
- Gardette Maurice, 49 ans, de Paris, conseiller général de la Seine,
- Granet Désiré, 37 ans, de Vitry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des Papiers et Cartons
- Grandel Jean, 50 ans, maire communiste de Gennevilliers, conseiller général communiste, secrétaire de la Fédération postale Postale de la CGT.
- Guéguin Pierre, 45 ans, de Concarneau, professeur, maire communiste de Concarneau et conseiller général du Finistère, communiste critique, puis trotskiste
- Huyng-Kuhong An dit Luisne, 29 ans, de Paris, professeur
- Kérivel Eugène, 50 ans, de Basse-Indre, capitaine côtier (marin pêcheur)
- Laforge Raymond, 43 ans, de Montargis, instituteur, militant communiste
- Lalet Claude, 21 ans, étudiant
- Le Panse Julien, 34 ans, de Nantes, peintre en bâtiment
- Lefebvre Edmond, 38 ans, d'Athis-Mons, métallurgiste
- Michels Charles, 38 ans, de Paris, député communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération CGT des Cuirs et Peaux
- Môquet Guy, 17 ans, de Paris, étudiant, militant communiste, fils du député de la Seine Prosper Môquet
- Pesqué Antoine, 55 ans, d’Aubervilliers, docteur en médecine
- Poulmar'ch Jean, 31 ans, d'Ivry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des Produits Chimiques
- Pourchasse Henri, 34 ans, d'Ivry-sur-Seine, employé de Préfecture, responsable de la Fédération CGT des Cheminots
- Renelle Victor, 53 ans, de Paris, ingénieur-chimiste
- Tellier Maurice, 44 ans, d'Amilly, imprimeur
- Ténine Maurice, 34 ans, d’Antony, docteur en médecine, militant communiste
- Thoretton Georges, 25 ans, de Gennevilliers, militant communiste
- Timbaud Jean-Pierre, 31 ans, de Paris, secrétaire général de la Fédération de la Métallurgie
- Vercruysse Jules, 48 ans, de Paris, secrétaire général de la Fédération CGT des Textiles
16 personnes fusillées au champ de tir du Bèle, à Nantes
- Allano Maurice, 21 ans, de Nantes / Violences contre les soldats allemands - soupçonné de résistance
- Birien Paul, 50 ans, de Nantes, voyageur de commerce, ancien combattant / Action en faveur de l'ennemi - soupçonné de favoriser les évasions de prisonniers de guerre
- Blot Jean, 50 ans, de Nantes, ancien combattant / Action en faveur de l’ennemi - soupçonné de favoriser les évasions de prisonniers de guerre
- Blouin Auguste, 57 ans, de Nantes, voyageur de commerce, ancien combattant / Action en faveur de l'ennemi - soupçonné de favoriser les évasions de prisonniers de guerre
- Carrel René, 20 ans, de Nantes / Soupçonné de résistance
- Creusé Frédéric, 20 ans, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi - prisonnier à la prison des Rochettes
- Dabat Michel, 20 ans, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi - prisonnier à la prison des Rochettes
- Fourny Alexandre, 43 ans, de Nantes, avocat, conseiller général, ancien adjoint au Maire de Nantes, ancien combattant / Action en faveur de l'ennemi - soupçonné de favoriser les évasions de prisonniers de guerre
- Gil Joseph, 19 ans, de Nantes / Soupçonné de résistance
- Glou Jean-Pierre, 19 ans, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi - soupçonné de résistance
- Grassineau Robert, 34 ans, de Nantes / Soupçonné de résistance
- Grolleau Jean, 21 ans, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi - soupconné de résistance
- Ignasiack Léon, 22 ans, de Saint-Herblain / Soupçonné de résistance
- Joste Léon, 57 ans, des Associations d'Anciens Combattants et Victimes de la Guerre de la Loire-Inférieure / Action en faveur de l'ennemi - soupçonné de favoriser les évasions de prisonniers de guerre
- Le Moal André, 17 ans, de Saint-Nazaire / Violences contre les soldats allemands - soupçonné de résistance
- Platiau Jean, 20 ans, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi - prisonnier à la prison des Rochettes
5 personnes fusillées au fort du Mont-Valérien
- Caldecott Hubert, 35 ans, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi
- Hévin Marcel, 35 ans, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi
- Labrousse Philippe, 32 ans, de Saint-Nazaire / Action en faveur de l'ennemi
- Ribourdouille André-Charles, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi
- Saunier Victor, de Nantes / Action en faveur de l'ennemi
[modifier] Évocations littéraires
Un poème de René-Guy Cadou, intitulé Les fusillés de Châteaubriant, évoque les derniers moments des exécutés :
-
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- Ils sont appuyés contre le ciel
- Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
- Avec toute la vie derrière eux
- Ils sont pleins d'étonnement pour leur épaule
- Qui est un monument d'amour
- Ils n'ont pas de recommandations à se faire
- Parce qu'ils ne se quitteront jamais plus
-
-
- [...]
-
-
- Ils sont exacts au rendez-vous
- Ils sont même en avance sur les autres
- Pourtant ils disent qu'ils ne sont pas des apôtres
- Et que tout est simple
- Et que la mort surtout est une chose simple
- Puisque toute liberté se survit.
-
Il est plus difficile, sans la dédicace, de saisir que le poème La Rose et le Réséda[16] de Louis Aragon parle aussi de ces fusillés. Mais ce poème dit bien que leur sacrifice sera utile[17].
à Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves
comme à Guy Môquet et Gilbert Dru
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- Celui qui croyait au ciel
- Celui qui n'y croyait pas
- Tous deux adoraient la belle[18]
- Prisonnière des soldats
-
-
- [...]
-
-
- Répétant le nom de celle
- Qu’aucun des deux ne trompa
- Et leur sang rouge ruisselle
- Même couleur même éclat
-
-
- [...]
-
-
- Dites flûte ou violoncelle
- Le double amour qui brûla
- L'alouette et l'hirondelle
- La rose et le réséda
-
Le poème souligne par de nombreuses répétitions des deux premiers vers que dans la Résistance, l'union sacrée transcendait les clivages religieux.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
- Louis Oury, Le Cours des Cinquante Otages, Geschichtswerkstatt Saarbrücken, Sarrebruck, 1989.
Publication bilingue d'un entretien entre l'écrivain Louis Oury et des historiens de l'université de Sarrebruck (ville jumelée avec Nantes). - Etienne Gasche, 50 Otages, mémoire sensible, Editions du Petit Véhicule, Nantes, 1991, 197 pp + XXII pages d'annexes.
Cet ouvrage fournit de nombreux documents et étudie les problèmes posés par le déroulement de l'attentat de Nantes.
L'auteur est professeur d'histoire-géographie à Nantes.
[modifier] Liens internes
- Régime de Vichy
- Camp de Châteaubriant
- Cours des 50-Otages
- Biographies : Marc Bourhis - Jean Grandel - Pierre Guéguin - Charles Michels - Guy Môquet - Jean Poulmarc'h - Jean-Pierre Timbaud - Jules Vercruysse
[modifier] Liens externes
- Liste des fusillés
- Résistance en France
- La lettre de Guy Môquet, les fusillés de la Sablière, chateaubriant.org
- Photographies : commémoration à la Carrière des Fusillés, à Châteaubriant, Le dimanche 21 0ctobre 2007
[modifier] Notes
- ↑ De la même façon que, quelques mois plus tôt, Pierre Georges (colonel Fabien) a abattu l'aspirant Moser au métro Barbès parce qu'il se trouvait là.
- ↑ Sieger, bien que désigné comme Doktor Sieger ou Dr Sieger, n'est pas nécessairement médecin : en Allemagne, toute personne pourvue d'un doctorat se fait apperler docteur.
- ↑ Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Le sang des communistes - les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée Automne 1941, Fayard, coll. « Documents », Paris, 2004, 415 p. (ISBN 2213614873 et ISBN 978-2213614878), p. 167-192
- ↑ Pierre-Louis Basse, Guy Môquet, Une enfance Fusillée, éd. Stock, Paris, 2000, édition 2007.VI (ISBN 978-2-234-05271-0), p. 162-164, dont cet extrait : « [...] une lettre découverte après la Libération, dans les archives de la Kommandatur de Châteaubriant, adressée aux autorités allemandes, le 20 octobre, par le sous-préfet [Bernard Le Cornu] : « comme suite à notre entretien de ce jour, j'ai l'honneur de vous confirmer que M. le ministre de l'Intérieur a pris contact avec le général von Stülpnagel afin de lui désigner les internés communistes les plus dangereux parmi ceux qui sont actuellement concentrés à Châteaubriant. Vous voudrez bien trouver ci-dessous la liste de soixante individus fournie à ce jour [...]. » »
- ↑ Eberhard Jäckel, Frankreich in Hitlers Europa – Die deutsche Frankreichpolitik im Zweiten Weltkrieg, Deutsche Verlag-Anstalg GmbH, Stuttgart, 1966 ; traduction : La France dans l'Europe de Hitler (préface de Alfred Grosser, traduction de Denise Meunier), éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1968, 554 p., p. 276
- ↑ Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L'appel : 1940-1942 (Tome I), éd. Plon, Paris, 1954 ; rééd. Pocket, 1999 (nouvelle édition 2007) 440 p. (texte intégral), (ISBN 2266095269 et ISBN 978-2-266-09526-6), p. 282-283
- ↑ Collections du mémorial de Caen
- ↑ Berlière et Liaigre, op. cit., p. 53
- ↑ Ahlrich Meyer, L'occupation Allemande en France, 1940-44, Toulouse, Privat, 2002, p. 62
- ↑ Berlière et Liaigre, op. cit., p. 62
- ↑ Berlière et Liaigre, op. cit., p. 64
- ↑ Berlière et Liaigre, op. cit., p. 65.
- ↑ Berlière et Liaigre, op. cit., p. 67-85
- ↑ Berlière et Liaigre, op. cit., p. 87-88
- ↑ Vivre libre ou mourir, documentaire diffusé sur France 2 le lundi 18 février 2008 à 20 h 50
- ↑ La rose et le réséda, texte intégral, itinerairesdecitoyennete.org, [lire en ligne]
- ↑ bacdefrancais.net, La rose et le réséda, Aragon
- ↑ L'expression : « la belle » désigne la France.

