Viaduc du Viaur

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Viaduc du Viaur
Image illustrative de l'article Viaduc du Viaur
Géographie
Pays France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Localité Tauriac-de-Naucelle / Tanus
Coordonnées géographiques 44° 07′ 25″ N 2° 19′ 52″ E / 44.123644, 2.33107244° 07′ 25″ N 2° 19′ 52″ E / 44.123644, 2.331072  
Fonction
Franchit Viaur
Fonction Ferroviaire
Caractéristiques techniques
Type pont à poutres en porte-à-faux
Longueur 460 m
Portée principale 220 m
Hauteur 116 m
Matériau(x) Acier
Construction
Construction 1897 - 1902
Inauguration 5 octobre 1903
Mise en service 1902
Ingénieur(s) Paul Bodin
Entreprise(s) Société de construction des Batignolles
Historique
Protection  Inscrit MH (1984)[1]

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Le viaduc du Viaur est un ouvrage d'art ferroviaire de la ligne de Castelnaudary à Rodez. Achevé en 1902, il franchit la profonde vallée du Viaur entre Rodez et Albi. Il est situé sur les communes de Tauriac-de-Naucelle (Aveyron) et Tanus (Tarn). Ce pont fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 1984[1].

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Ce viaduc à voie unique est situé entre les points kilométriques 450,909 et 451,369 de la ligne de Castelnaudary à Rodez.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l’issue d’un concours ouvert en 1887 (à des ingénieurs parmi lesquels figurait Gustave Eiffel), il fut attribué à l’ingénieur Paul Bodin de la Société de construction des Batignolles (aujourd’hui Spie Batignolles), et construit par celui-ci entre 1895 et 1902[2].

Ce viaduc est le dernier chantier de Jean Compagnon, chef des chantier des viaducs de Garabit, Maria Piaetc. et de la Tour Eiffel, débauché de chez Eiffel par Paul Bodin. Il décéda en 1900 avant la fin du chantier. Son successeur, Gaboris, achèvera l'ouvrage[3].

Le viaduc à voie unique est situé sur la ligne de chemin de fer Carmaux - Rodez. Construit par la Société de construction des Batignolles, il était le plus long arc métallique construit justqu'à ce moment-là de l'histoire. Le viaduc contient selon les estimations 3800 tonnes de métal, avec un coût total (y compris les culées en maçonnerie) de l'ordre de 2 700 000 francs français. [4]

Durant sa construction aucun mort ne fut à déplorer.

Le pont est inauguré le 5 octobre 1903[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Principe de construction du pont.

Ce pont en acier, assemblé par rivets, est composé de deux poutres en porte-à-faux équilibrées (cantilever) et articulées, chacune prolongée par une courte poutre à section constante et une culée en maçonnerie à deux arches. C’est le seul pont de ce type en France[5]. À l'origine le point central du pont n'était pas soudé, l'arche principale est donc scindée en deux parties indépendantes capables de soutenir chacune un poids considérable. Les deux parties furent soudées pour des raisons de maintenance peu après la construction du viaduc.

Grâce à la technique cantilever, les viaducs ferroviaires ont pu atteindre des portées considérables, jusque-là réservées aux ponts suspendus, alors inadaptés à la voie ferrée. L’apogée en sera le deuxième pont de Québec (1917).

Le viaduc du Viaur est reconnaissable entre tous par sa silhouette où la voie ferrée passe au sommet et non au milieu de la structure, comme c’est le cas pour les autres ponts à poutres en porte-à-faux.

  • Longueur totale de l'ouvrage : 460 m[6].
  • Hauteur : 116 m[2] au-dessus de la rivière, 54 m au-dessus des appuis.
  • Portée entre appuis : 220 m[2].
  • Masse métallique : 3 800 t.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

L’assemblage du viaduc du Viaur a inspiré le peintre H.-M. Magne, pour son tableau Construction d'un viaduc, où l'on voit une équipe de riveurs au travail, perchés sur un échafaudage volant.

La création du viaduc du Viaur, avec les conséquences positives qu'il eut sur l'économie agricole du Ségala, est le thème de la nouvelle de Joan Bodon, Lo Pan de Froment (« Le pain de froment »)[7].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Centre de création industrielle (Paris), Architectures d'ingénieurs : XIXe-XXe siècles, Paris, Centre Georges Pompidou, coll. « Expositions itinérantes. CCI » (no 8),‎ 1978, ill., couv. ill. ; 24 cm, 60 p. (ISBN 2-85850-081-9, ISSN 0152-6618, notice BnF no FRBNF34611916) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Garcia (préf. Marc Censi, Thierry Carcenac, Eugen Weber), Le viaduc du Viaur : révolutions ferroviaire et socio-économique, Toulouse, CRDP Midi-Pyrénées, coll. « Images de nos régions »,‎ 1996, ill., couv. ill. ; 24 cm, 192 p. (ISBN 2-86565-169-X, ISSN 1264-014X, notice BnF no FRBNF35852658)
  • de Volontat, Théry, Notes sur la construction du viaduc du Viaur - 1re partie : dispositions d'ensemble, p. 215-223, planche 9, Annales des ponts et chaussées, 1898, 1er trimestre ( lire en ligne )
  • de Volontat, Théry, Notes sur la construction du viaduc du Viaur - 1re partie : dispositions d'ensemble, p. 329-337, planche 9, Annales des ponts et chaussées, 1898, 2e trimestre ( lire en ligne )
  • Théry, Notes sur la construction du viaduc du Viaur - 1re partie : historique, p. 57-98, planches 1 à 3, Annales des ponts et chaussées, 1899, 1er trimestre ( lire en ligne )
  • Théry, Notes sur la construction du viaduc du Viaur - 2e partie : description de l'ouvrage, p. 79-150, planches 30 à 33, Annales des ponts et chaussées, 1899, 4e trimestre ( lire en ligne )
  • Théry, Notes sur la construction du viaduc du Viaur - 3e partie : calculs, p. 244-335, planche 12, Annales des ponts et chaussées, 1901, 3e trimestre ( lire en ligne )
  • Ligne de Carmaux à Rodez : phases de la construction, (1898 - 1902) ( voir en ligne )
  • Henry Martin, Le viaduc du Viaur sur la ligne de Carmaux (suite), p. 1-7, Le génie civil, no 1090, samedi 2 mai 1903 ( lire enligne )
  • Henry Martin, Le viaduc du Viaur sur la ligne de Carmaux (suite et fin), p. 17-23, Le génie civil, no 1091, samedi 9 mai 1903 ( lire en ligne )
  • Le viaduc du Viaur, planches XXXIII, Le génie civil, 1889 ( lire en ligne )
  • Le viaduc du Viaur, planches 1 et 2, Le génie civil, 1903 ( lire en ligne )

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Grands ponts construits sur le principe du porte-à-faux

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00094189 » et « Notice no PA00095650 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c et d Viaduc du Viaur sur fr.structurae.de
  3. Bernard Marrey, Les ponts modernes : 18e-19e siècles, Paris, Picard,‎ 1990, ill. en noir et en coul. ; 28 cm, 319 p. (ISBN 2-7084-0401-6, notice BnF no FRBNF35224823), p. 218
  4. Godfernaux, R., Le viaduc du Viaur (ligne de Carmaux à Rodez), Bruxelles, J. Goemaere,‎ 1903 (lire en ligne)
  5. « Viaduc du Viaur : un chantier géant », article de La Dépêche du 29 juin 2014, consulté le jour même.
  6. Ville de Tanus : plan du viaduc du viaur.
  7. (oc) Joan Bodon, Contes del meu ostal : (seguida de) Lo Pan de froment : Obras romanescas complètas ; 1, Toulouse, Institut d'estudis occitans, coll. « A tots » (no 34),‎ 1978, Couv. ill. ; 18 cm, 100 p. (ISSN 0338-6171, notice BnF no FRBNF34622210)