Pegasus Bridge

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Pont de Bénouville,
dit Pegasus Bridge
Pont d'origine au Musée Pegasus (juillet 2005)
Pont d'origine au Musée Pegasus (juillet 2005)
Géographie
Pays France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Localité Bénouville et Ranville
Coordonnées géographiques 49° 14′ 32″ N 0° 16′ 28″ O / 49.2422, -0.2744 ()49° 14′ 32″ N 0° 16′ 28″ O / 49.2422, -0.2744 ()  
Fonction
Franchit canal de Caen à la mer
Caractéristiques techniques
Longueur 45,70 m
Construction
Construction Premier pont (1935)
Second pont (1994)
Historique
Protection Logo des sites naturels français Site inscrit (1972)
Logo des sites naturels français Site classé (2010)

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Pont de Bénouville,dit Pegasus Bridge

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Pont de Bénouville,dit Pegasus Bridge

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Pont de Bénouville,dit Pegasus Bridge

Pegasus Bridge (pont Pégase) est le nom qu'a reçu après les opérations du 6 juin 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, le pont de Bénouville en l'honneur des parachutistes britanniques, dont le cheval ailé Pégase était l'emblème. Il était situé sur le canal de Caen à la mer, en Normandie. Lors de l'opération Deadstick, élément de l'opération Tonga, le nom de code de la prise du pont était Euston 1.

Sa prise de contrôle par des commandos britanniques arrivés de nuit par planeurs est un des hauts-faits du débarquement de Normandie le 6 juin 1944.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : opération Tonga.
Le Pegasus Bridge original de nuit au Musée Pegasus.

Il s'agit d'un pont basculant du type Scherzer. Initialement construit en 1935, l'original a été remplacé par un nouveau pont similaire mais plus long en 1994 (afin d'accroitre la largeur praticable du canal et inauguré lors du cinquantième anniversaire du débarquement de Normandie). La longueur de la travée basculante est de 45,70 m. Le pont porte la route départementale D 514.

L'ancien pont, qui avait déjà été rallongé et dont le plancher avait été retiré, reste visible au Musée de l'Aspeg Pegasus Bridge & Batterie de Merville situé entre le canal et l'Orne.

Il doit ce surnom à un commando de la 6th Airborne Division (6e division aéroportée britannique) qui portait le nom et l'emblème du Pégase et qui était chargé de sa prise sous les ordres du major John Howard dans la nuit du 6 juin 1944.

Les soldats, amenés par trois planeurs Horsa le 6 juin 1944 à minuit vingt, réussirent à se poser à environ deux cents mètres du pont sans se faire remarquer par l'armée allemande. Trois autres planeurs portaient un autre commando qui devait prendre le deuxième pont sur l'Orne. Chaque planeur était composé d'environ trente hommes. Pendant cette opération, Herbert Denham Brotheridge (en), fut le premier soldat allié mort au combat le jour J et quatorze furent blessés.

Le piper Bill Millin a participé à la prise du pont, armé de sa seule cornemuse écossaise, parmi les renforts débarqués à Sword Beach. Des soldats alliés auraient traversé le pont au son de son instrument[1] peu après 12 h, le feu entre les soldats britanniques et allemands cessant, puis reprenant à son passage au son de Blue bonnets over the border[2]. Cet épisode, ainsi immortalisé par le film Le Jour le plus long, n'est pas réellement confirmé par Bill Millin qui aurait à peine eu le temps de commencer à jouer à la fin de la traversée. C'est le pont Euston 2 chevauchant l'Orne, deux cents mètres plus loin, qui aurait été franchi au son de sa cornemuse[3].

Le café Gondrée, situé à 20 m du Pegasus Bridge où se trouvaient Thérèse et Georges Gondrée, est la première maison de France continentale à avoir été libérée. Ce café est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1987 (puis 1993)[4]. La plaque commémorant l'authenticité de cet événement a été inaugurée en juin 1954. Cependant, l'historien Norbert Hugedé, affirme dans son ouvrage dédié à l'opération Deadstick que c'est la maison située en face et appartenant à Louis Picot qui a été contrôlée la première lors des combats. La maison Gondrée n'aurait ouvert ses portes aux soldats alliés qu'au petit matin du Jour J[5],[6].

L’ensemble du site Pegasus Bridge (pont et ses abords), à cheval sur les communes de Bénouville et Ranville a été inscrit en 1972 puis classé en 2010[7] en tant que site naturel classé. En 2006, 11 parcelles pour un total de 10,5 ha ont été affectées au conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres[8].

Peu avant la mise en place du nouveau pont à bascule en 1994, des travaux ont été nécessaires pour l'entretien des berges du Canal de l'Orne. Un canon antichar, situé à proximité du pont et appartenant à l'ancien point d'appui allemand codé Widerstandsnest 13 (abrégé en Wn 13), a été déplacé d'une dizaine de mètres pour l'éloigner de la berge. Il n'est plus aujourd'hui à son emplacement initial.

Musée[modifier | modifier le code]

En 1974, un bâtiment annexé au café fut le premier musée du Pegasus Bridge. Celui-ci est désormais remplacé par le Mémorial Pegasus. Inauguré le 4 juin 2000 par S.A.R. le Prince Charles d’Angleterre, ce musée a été réalisé en quelques mois sous l’égide du Comité du Débarquement présidé par l’Amiral Brac de La Perrière, et conformément à la volonté de Raymond Triboulet Président fondateur.

Ponts voisins[modifier | modifier le code]

Élément de pont Bailey au Mémorial Pegasus à Ranville.
  • Le pont de Ranville, Euston 2 le Jour J, appelé plus tard Horsa, permettant de traverser l'Orne, était situé à quelques centaines de mètres à l’est du Pegasus Bridge (lequel enjambe quant à lui le canal de Caen à la mer). Il fut le deuxième objectif de l'opération 'Coup de Main' et fut pris quelques minutes après par les airbornes débarqués de deux autres planeurs.
  • Le premier pont Bailey été construit les 8 et 9 juin 1944, sur le canal de Caen à la mer à la hauteur du château de Bénouville.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans les films[modifier | modifier le code]

Les évènements relatifs à Pegasus Bridge sont relatés dans le film Le Jour le plus long, mais ne reflète pas l'exactitude des faits. Le rôle du Major Howard y est tenu par Richard Todd, qui a effectivement participé à la défense du pont en tant qu'officier du 7e bataillon de parachutistes.

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Le jeu vidéo Call of Duty offre un niveau relatif au Pegasus Bridge, mais celui-ci ne respecte pas la réalité historique.
  • Le jeu vidéo Battlefield 1942 propose un niveau en multijoueur appelé "Libération de Caen", qui propose de voir le Pegasus Bridge, bien que le reste du niveau ne respecte pas la réalité en terme topologie du terrain.
  • Le jeu vidéo Codename Panzer Phase One relate la prise du pont de Pegasus Bridge. Après une petite séquence vidéo montrant l'atterrissage des 3 "Horsa", lancez vos troupes à l'assaut des ponts Euston I & Euston II. Peu historique, mais une référence de plus au premier combat du D-Day.
  • Le jeu de société Mémoire 44 offre un scénario qui permet de rejouer la bataille pour Pegasus Bridge. Ce scénario colle assez bien à la réalité historique.
  • Le wargame Advanced Squad Leader propose de nombreux scénarios sur la bataille pour Pegasus Bridge, y compris une campagne permettant de reproduire l'ensemble des actions autour de Bénouville (prise du pont puis défense face aux contre-attaques allemandes). Tout cela respectant beaucoup la réalité historique (si l'on excepte le jeu de campagne qui, par définition, tend à altérer celle-ci).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « DDay-Overlord.com - Bill Millin » (consulté le 26 septembre 2011)
  2. « Normandie Héritage » (consulté le 2 octobre 2011)
  3. (en) « DDay-Overlord.com- Bill Millin Témoignage de son expérience du Jour J » (consulté le 6 avril 2013)
  4. « Café Gondrée », base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. « DDay-Overlord.com - Pegasus Bridge - 6 juin 1944 » (consulté en 26 février 2013)
  6. Hugedé, Norbert (1991), Le commando du pont Pégase, Éditions France-Empire. ISBN 2-704-80429X.
  7. Décret du 3 août 2010 portant classement d'un site
  8. Arrêté du 22 août 2006 portant affectation d'ensembles immobiliers domaniaux ; numéros de parcelles à Bénouville : A173, A174, A175, A180, A181, A412, A415, A416 ; à Ranville : AL43, AL44, et AL45.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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