Liberace

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Liberace

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Liberace à son domicile par Allan Warren en 1974.

Informations générales
Surnom Walter Busterkeys
Walter Liberace
Lee Liberace
Liberace Chefroach
The Glitter Man
Mr Showmanship
The King of Bling
Nom de naissance Wladziu Valentino Liberace
Naissance 16 mai 1919
à West Allis, près de Milwaukee, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 4 février 1987 (à 67 ans)
Palm Springs, Californie Californie, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Pianiste-Show-man
Genre musical Classique, musique légère, musique de films, pop
Années actives 1936 - 1986
Labels Columbia Records
Dot Records
Site officiel liberace.org (en)

Wladziu Valentino Liberace (né le 16 mai 1919, mort le 4 février 1987), mieux connu par son nom de famille, Liberace (prononcé [ˌlɪbəˈrɑːtʃi]), est un pianiste américain de music-hall. Il fut extrêmement médiatisé entre les années 1950 et 1970. Il était reconnu pour sa virtuosité démonstrative. À l'époque, il était l'artiste du show-business le mieux rémunéré au monde. Il cultivait une image très kitsch, autant sur scène que dans sa vie privée. Une de ses marques de fabrique était le candélabre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né d'un père napolitain en 1919 dans le Wisconsin, joueur de cor. Sa mère est une américaine d'ascendance polonaise, fervente catholique, passionnée de Rudolph Valentino qui considérait les leçons de piano de son fils comme du luxe et des dépenses inutiles de là des fréquentes disputes familiales[1].

Dans ses autobiographies, il révèle qu'on lui a fabriqué l'image d'un enfant prodige adoubé par le compositeur Paderewski. À partir de l'âge de 4 ans, il apprend le piano, et fait vivre sa famille en gagnant sa vie grâce à son talent.

À l'âge de 7 ans, on dit qu'il avait déjà surpassé sa professeur de piano. Il se vantait d'avoir triomphé dans le concerto en la majeur de Franz Liszt avec le prestigieux Chicago Symphony Orchestra[2], mais avait oublié de signaler que, l'année précédente, il avait été recalé. C'est en s'exerçant dans les hôtels de luxe qu'il acquiert sa vraie réputation[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Le phénomène Liberace est presque essentiellement nord-américain. La bizarrerie de Liberace tient finalement plus à son public et à son entourage qu'à lui-même. Son public est constitué de mères de famille et de garçons sensibles et plus tard de mamies à teinture bleue[3]. Dans les années 1950, il emmène sa propre maman en tournée et la présente sur scène. Un chroniqueur du Time parle à son sujet de « musique mammiste » : « C'est un grand petit garçon, avec sa surexcitation, son gentil sourire, sa voix nasale et sa façon naïve de s'exprimer. Et aussi un bon garçon qui ne jure pas, ne boit pas et n'abandonnerait jamais sa mère ».

En 1945, il se produit dans la même boîte qu'Ella Fitzgerald au Ruban Bleu, la boîte à la mode. Il affine son style, et Chicago l'adopte en 1947. Un compte rendu de journal nous apprend que les grandes lignes de son style sont fixées : il entrecoupe sa musique de blagues, il virevolte de « Chopin à Chico Marx ». Le reste de sa carrière ne fera que développer cette trame : Chopin, Liszt, Rachmaninov, Schubert, conjuguée à des musiques de film, ritournelles à la mode ou adaptées en boogie-woogie ou jazz sautillant. Il devient un « show man » très prisé. Égocentrique, il parle beaucoup de lui-même et de ses nombreuses admiratrices mais finira par ne se centrer que sur lui-même et ses extravagances, comme ses manteaux clignotants de dix mètres de long ou ses entrées en limousine sur scène. Un de ses trucs préférés est de s'envoler lors de ses spectacles. Dans son dernier spectacle, il faisait voler ses costumes dans les airs[3].

Carrière à la télévision[modifier | modifier le code]

On le voit à la télévision à partir de 1952 dans The Liberace Show. Les deux premières années de télévision lui auraient rapporté sept millions de dollars, une somme très importante à l'époque (Elizabeth Taylor ne touchera qu'un million pour le film Cléopâtre dix ans plus tard). Il apparaît sur le grand écran dans South Sea Sinner en 1950 et Sincerely Yours en 1955.

Il commence une carrière internationale à Cuba en 1956. La même année, il entreprend une tournée en Europe. En 1957, Liberace poursuit le Daily Mirror (Grande-Bretagne) et un magazine américain pour diffamation. Ces journaux faisaient allusion à son homosexualité[4].

Liberace est un homme d'affaires redoutable. Il possède une boutique d'antiquités à Beverly Hills, un restaurant à Las Vegas, une chaîne de motels, un centre d'achats et quelques autres entreprises. Il publie aussi des livres de recettes.

Dans les années 1970 et 1980, il se produit à Las Vegas, au Hilton Hôtel et au lac Tahoe, où il est la principale attraction.

En 2011, dans une entrevue accordée à la chaîne de télévision CNN, l'actrice Betty White, amie intime du pianiste, déclare que Liberace était bien homosexuel, ce qu'il a toujours nié de son vivant, et qu'elle avait souvent servi de « couverture » pour contrer les rumeurs circulant sur son homosexualité[5]. Il meurt du sida en 1987[3]. Il possédait 13 villas et une fortune estimée à 100 millions de dollars.

Hommages et allusions[modifier | modifier le code]

Un costume de Liberace.
  • Dans la chanson Mr. Sandman, rendue célèbre par les Chordettes (1954), « Mr Right » est décrit ainsi :
« Give him a lonely heart like Pagliacci
And lots of wavy hair like Liberace, Mr Sandman »
« I been in the game for ten years makin' rap tunes
ever since honeys was wearin' sassoon.
Now it's '95 and they clock me and watch me diamonds shinin'
lookin' like I robbed Liberace. »
« ... Work your blond Benet Ramsey will haunt like Liberace »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette passion maternelle, selon la légende, lui aurait valu son second prénom Valentino, ce qui est faux, car Valentino ne devient célèbre que deux ans après sa naissance. Wladziu étant imprononçable pour les Américains, il se fait appeler Walter, puis Wally et enfin Lee.
  2. Fait avéré à Wilwaukee, le 16 janvier 1940.
  3. a, b, c et d liberation.fr
  4. Gérard Lefort, « Liberace, monstre-moi l’Amérique », Libération, 13 septembre 2013.
  5. http://www.youtube.com/watch?v=i-wTJ2hQCK8

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liberace, par Amanda Sthers, paru en décembre 2010 chez Plon

Liens externes[modifier | modifier le code]

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