Saint-Valentin

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Saint-Valentin
Carte de Saint-Valentin, vers 1910.
Carte de Saint-Valentin, vers 1910.

Type Fête civile
Signification Fête des amoureux
Date 14 février

Le jour de la Saint-Valentin, le 14 février, est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux. Les couples en profitent pour échanger des mots doux et des cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses rouges qui sont l’emblème de la passion.

À l’origine une coutume païenne, cette fête a finalement été assimilée par l'Église catholique romaine par la désignation de saint Valentin comme saint patron des amoureux[1]. Le jour de la Saint-Valentin n’aurait pas été associé avec l’amour romantique avant le haut Moyen Âge mais avec l'amour physique. La fête est maintenant associée plus étroitement à l’échange mutuel de « billets doux » ou de valentins illustrés de symboles tels qu’un cœur ou un Cupidon ailé.

À l’envoi de billets au XIXe siècle a succédé l’échange de cartes de vœux. Cependant, en Amérique du Nord, les échanges de cartes ne se font pas selon la conception européenne où la carte de Saint-Valentin est envoyée à une personne « unique ». Il n'est pas rare qu'une personne y envoie une dizaine de cartes, et même que des élèves d'école primaire en envoient à leur maîtresse d'école.

En France, le dessinateur Raymond Peynet est l'auteur d'illustrations emblématiques des couples d'amoureux dont l'une a été reprise sur un timbre "Saint-Valentin de Peynet" par la Poste.

Historique du jour de la Saint-Valentin[modifier | modifier le code]

Fêtes de la fertilité du mois de février[modifier | modifier le code]

L’association du milieu du mois de février avec l’amour et la fécondité date de l’Antiquité. Dans le calendrier de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et de Héra.

Dans la Rome antique, le 15 février étaient fêtées les Lupercales ou festival de Lupercus, le dieu de la fécondité. Les Luperques, prêtres de Lupercus, sacrifiaient des chèvres au dieu. Avec le couteau sanglant, les prêtres touchaient le front de deux jeunes aristocrates patriciens, un garçon et une fille. Un bouc était ensuite sacrifié, et de sa peau étaient fabriquées des lanières. Les Luperques couraient alors nus autour du Palatin en frappant, avec les lanières, les femmes qui se mettaient sur leur passage pour recevoir don de fertilité conformément à l'oracle de Junon, protectrice du mariage et de la maternité[2].

Au moins trois saints différents sont nommés Valentin, tous trois martyrs[3]. Leur fête a été fixée le 14 février par décret du pape Gelase Ier, en 495. C’est à cette date qu’ils sont mentionnés dans les premiers martyrologes[4] :

  • Valentin de Rome, un prêtre qui a souffert le martyre à Rome dans la seconde moitié du IIIe siècle et qui a été enterré sur la Via Flaminia.
  • Valentin de Terni, un évêque d’Interamma (le Terni moderne), qui a également souffert le martyre dans la deuxième moitié du IIIe siècle et qui a également été enterré sur la Via Flaminia.

Le rapprochement entre la Saint-Valentin et l’amour courtois n’est mentionné dans aucune histoire ancienne et est considéré par des historiens comme une légende. Il existe une autre légende selon laquelle la fête de la Saint-Valentin a été créée pour contrecarrer la pratique des Lupercales par les jeunes amoureux qui dessinaient leurs noms sur une urne, mais cette pratique n’est citée dans aucune source écrite de l’époque. Sauf une miniature du XIIe siècle, qui montre l'appropriation chrétienne de rites païens[5].

Il ne faut cependant pas oublier que la plupart des fêtes chrétiennes se sont substituées à des fêtes païennes.[réf. nécessaire] Le jour de la Saint-Valentin a longtemps été célébré comme étant la fête des célibataires et non des couples. Le jour de la fête, les jeunes filles célibataires se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent (définition des Lupercales)[6]. À l’issue de ce cache-cache géant, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. Ceci permettait de développer la démographie et stimuler l’expansion des villages. Cette pratique laissait libre cours à beaucoup de tricheries de la part de couples officieux ainsi que des hommes qui visaient une jeune fille en particulier et notamment « la plus belle du village », très courtisée.

Époque médiévale[modifier | modifier le code]

La première mention du jour de la Saint-Valentin avec une connotation amoureuse remonte au XIVe siècle en Angleterre, où l’on croyait que le 14 février était le jour où les oiseaux s'appariaient (lire entre autres « La Dame à la licorne »). Cette croyance est mentionnée dans les écrits de Geoffrey Chaucer au XIVe siècle. Il était courant durant cette période que les amoureux échangent des billets et s’appellent chacun leur Valentin. Un de ces billets du XIVe siècle se trouverait à la British Library. Il est probable que nombre de légendes sur la Saint-Valentin ont été inventées pendant cette période. Parmi ces légendes, on trouve celles-ci :

  • La veille du martyre de Saint Valentin, il a glissé un « valentin » à la fille du geôlier qui aurait lu « de la part de votre Valentin ».
  • Pendant une période d’interdiction de mariage des soldats romains par l’empereur Claude II, Saint Valentin arrangeait secrètement les mariages[7]. Dans la plupart des versions de cette légende, le 14 février est la date liée à son martyre.

Ce fut Othon de Grandson, lors de la deuxième moitié du XIVe siècle, poète et capitaine à la cour d'Angleterre, qui fit connaître cette coutume dans le monde latin, notamment à la cour de Savoie : trente pour cent de sa poésie est dédiée à cette tradition. Citons par exemple La Complainte de Saint Valentin (I et II), La Complaincte amoureuse de Sainct Valentin Gransson, Le Souhait de Saint Valentin et Le Songe Saint Valentin.
Au début du XVe siècle, Charles d’Orléans fit connaître l'œuvre d'Othon à la cour de France. Il écrivit lui-même plusieurs poèmes dédiés à la Saint-Valentin. Par la suite, cette tradition se perdit dans le monde latin et ne fut réactualisée qu'au XIXe siècle.

Reliques des saints Valentin[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs saints, donc plusieurs sites :

  • à Dublin : au XIXe siècle, des reliques d'un saint Valentin furent léguées par le pape Grégoire XVI à l’église des Carmélites de la rue Whitefriar à Dublin, qui est alors devenue un lieu de pèlerinage pour le 14 février. En 1969, dans le souci d’épurer le calendrier catholique de tous les saints légendaires, l’Église a ôté le jour de la Saint-Valentin de son calendrier officiel.
  • à Roquemaure : depuis le 25 octobre 1868, l’église de Roquemaure dans le Gard abrite les reliques de saint Valentin de Terni. En 1868, elles furent achetées à Rome par Maximilien Richard, riche propriétaire viticole du Château de Clary de Roquemaure, qui les utilisa dans le but de protéger les vignobles du phylloxera[8], apparu là deux ans auparavant. Elles sont depuis sorties tous les deux ans, lors une grande fête commémorant la procession, le dimanche le plus proche du 14 février.
  • à Saint-Pierre-du-Chemin, église Saint-Pierre depuis 1847, et authentifiées par le Vatican.

La Saint-Valentin dans le monde[modifier | modifier le code]

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  • Au Brésil, on ne parle pas de Saint-Valentin mais de dia dos namorados (jour des amoureux) fêté non pas le 14 février mais le 12 juin.
  • En Chine, depuis les années 1980, la Saint-Valentin connaît une popularité importante, notamment chez les jeunes, qui génère diverses activités commerciales. À part la Saint-Valentin, il existe une fête traditionnelle, le Qi Qiao Jie, pour les amoureux, provenant d’une légende ancienne, dont la date est le septième jour du septième mois du calendrier lunaire.
  • En Colombie, la Saint-Valentin est fêtée le troisième samedi du mois de septembre. Elle s'appelle día del amor y amistad (jour de l'amour et de l'amitié).
  • La Saint-Valentin s’est popularisée également en Inde et au Pakistan, provoquant l’hostilité de certains groupes opposés à cette influence occidentale[9].
  • En Catalogne, il s'agit de la Sant Jordi, les hommes offrent une rose aux femmes et les femmes un livre aux hommes, cette fête est le 23 Avril
  • En Iran, Sepandarmazgan ou Esfandegan, est un festival où les gens expriment l'amour envers leurs mères et épouses, et c'est aussi une célébration de la terre dans la culture perse antique.
  • En Israël, Tou Beav est un jour dont la signification peut se rapprocher de la Saint-Valentin. Il est fêté au mois de juillet ou d'août (date grégorienne changeant suivant le calendrier hébraïque).

En Asie[modifier | modifier le code]

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Au Japon, la Saint-Valentin a été introduite par des fabricants de chocolat à la fin des années 1950[10]. Elle devient une fête commerciale où les femmes (uniquement elles) offrent des chocolats aux hommes, le 14 février de chaque année. Malgré le peu d'intérêt que suscite au départ cet évènement, la Saint-Valentin va finalement s'ancrer dans les mœurs, et inspirer de nombreux mangas à l'instar de B Gata H Kei.

Dans un deuxième temps, les hommes qui ont reçu des chocolats le 14 février vont avoir l'opportunité d'offrir aux femmes un cadeau en retour, avec la création du white day (ホワイトデー, howaito dē?), célébré le 14 mars[10]. En guise de présent, les femmes reçoivent du chocolat blanc, des bijoux ou de la lingerie (de couleur blanche). La valeur de ces cadeaux peut être trois fois supérieure à celle des chocolats de ces dames[11]. L'absence de cadeau en retour doit être considéré comme le signe d'un amour unilatéral.

Ce concept, lancé au Japon, s'est étendu à la Corée du Sud, à Taïwan et à Hong Kong[réf. souhaitée].

Classification des chocolats[modifier | modifier le code]

Les chocolats d'amour[modifier | modifier le code]

Les chocolats que les Japonaises offrent à l'être aimé sont appelés honmei choco (本命チョコ?), c'est-à-dire « chocolats du favori » ou encore « chocolats de la destinée ». L'usage veut que la jeune femme se présente à son futur avec un air suffisamment gêné pour que celui-ci comprenne son intention. Ils peuvent toutefois être accompagnés d'un petit mot pour moins de confusion. Ces chocolats peuvent être faits main. Ils ont alors une plus grande valeur sentimentale. Implicitement, c'est aussi un moyen de prouver son potentiel de maîtresse de maison. L'emballage doit être soigné également.

Les chocolats de courtoisie[modifier | modifier le code]

Les chocolats offerts à leurs collègues de travail masculins, leur patron, ou encore leur famille, sont communément appelés giri choco (義理チョコ?), les « chocolats de courtoisie » ou plus péjorativement « chocolats d'obligation ». On peut déterminer la popularité d'un individu au nombre de chocolats qu'il reçoit. Les moins populaires, eux, recevront des chocolats bon marché : des chō-giri choco (超義理チョコ?). D'autres s'offriront leurs propres chocolats, appelés jibun choco (自分チョコ?), les « chocolats pour soi ».

Les chocolats d'affection et de gratitude[modifier | modifier le code]

Parmi les sewa choco (世話チョコ ?), les chocolats qui expriment un sentiment affectif, il existe les papa choco (パパチョコ?) que les jeunes filles offrent à leur père et les tomo choco (友チョコ?), les « chocolats de l’amitié » que les collégiennes et lycéennes offrent à leurs amies.

Depuis 2008, certains hommes appelés chocomen (チョコメン?, litt. homme choco) offrent des chocolats aux femmes, les gyaku choco (逆チョコ?, litt. Chocolat de retour) le 14 février et ce, même si le jour blanc existe.

Occidentalisation et marketing[modifier | modifier le code]

Outre les gyaku choco, qui pourraient remettre en question la nécessité du jour blanc s'ils deviennent populaires – au grand dam de leurs créateurs – les fleuristes entrent dans la danse. En 2011, l'Association des industries des fleurs (parrainée par le ministère de l'agriculture, des forêts et des pêches) a lancé une campagne[12] intitulée Flower Valentine (フラワーバレンタイン, Furowā Barentain?) qu'elle a réitérée en 2012.

En France, les fleuristes font en ce jour de la Saint-Valentin le chiffre d'affaires qu'ils feraient habituellement en une semaine. La rose représente 80 % des ventes[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.formatage.org/branches/fetes/stvalentin/histoire1.html
  2. Ovide, Fastes, 2-265
  3. Selon l’encyclopédie catholique de 1908
  4. Liste des personnes ayant été tuées à cause de leur foi chrétienne, avec une brève description des circonstances de leur mort.
  5. Homme au coin du feu et femme apportant du bois, culture.gouv.fr
  6. Valentine's Day - Saint Valentin, Agence Germain Pire
  7. (fr) Pour les amoureux... Une petite histoire de la Saint Valentin, archive arte.tv
  8. Maladie de la vigne qui ravagea le vignoble français au XIXe siècle.
  9. (en) Hindu and Muslim anger at Valentine's, BBC, 11 février 2003
  10. a et b Les Japonaises préparent la Saint-Valentin... en achetant du chocolat, Le Quotidien, le 13 février 2014
  11. (ja)Video de présentation, sous-titrée anglais
  12. (ja)Flower-Valentine, le site promotionnel visant à doper les ventes des marchands de fleurs en expliquant aux Japonais qu'un homme doit offrir des fleurs à une femme pour la Saint-Valentin
  13. Claire Fages, « La Saint-Valentin dope le marché des fleurs », sur RFI,‎ 14 février 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The world book Encyclopeadia, 1973, tome XX, p. 204.

Articles connexes[modifier | modifier le code]