Jean Rouaud

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Jean Rouaud

Activités Écrivain
Naissance (61 ans)
Campbon, Loire-Inférieure
Langue d'écriture Français
Genres Roman
Distinctions Prix Goncourt 1990

Œuvres principales

Les Champs d'honneur

Jean Rouaud est un auteur français né à Campbon (Loire-Atlantique, à l'époque Loire-Inférieure) le . Il a reçu le Prix Goncourt en 1990 pour son premier roman : Les Champs d'honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1962 à 1969, il fait ses études secondaires au lycée catholique Saint-Louis à Saint-Nazaire ; il passe un baccalauréat scientifique[1], puis étudie les Lettres modernes à l'université de Nantes.

Après avoir obtenu une maîtrise, il occupe différents emplois provisoires, tels que pompiste ou vendeur d'encyclopédies médicales. En 1978, il est engagé à Presse-Océan et, comme il le raconte dans son livre Régional et drôle, après avoir travaillé à la sélection des dépêches de l'AFP, il est chargé de rédiger un « billet d'humeur » publié tous les deux jours sur la « une » du journal, avec la consigne de faire régional et drôle.

Il part ensuite à Paris, où il travaille dans une librairie, puis comme vendeur de journaux dans un kiosque. En 1988, il rencontre Jérôme Lindon, directeur des éditions de Minuit, qui va devenir son principal éditeur.

Son premier roman, Les Champs d'honneur, est publié en 1990, et reçoit le prix Goncourt. Durant les années 1990, ayant pu arrêter l'activité de kiosquier, il écrit les quatre romans qui, avec Les Champs d'honneur, forment un cycle romanesque fondé sur l'histoire de sa famille et certains aspects de sa propre vie.

En 2001, il quitte les éditions de Minuit pour les éditions Gallimard.

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Le cycle romanesque familial et autobiographique[modifier | modifier le code]

Marqué par la mort de son père le lendemain du jour de Noël 1963, alors qu'il n'a qu'onze ans, et par la mort de deux autres proches parents au début de 1964, Jean Rouaud ressuscite au fil de ses œuvres une famille décimée, à l'aide de mots simples et de clins d'œil remplis de malice et de tendresse. La mort de sa mère a lieu en 1996, avant qu'elle ait pu lire les lignes qu'il lui consacre dans ses derniers romans.

Dans ces récits familiaux, les événements ne sont pas exposés dans l'ordre chronologique ; le récit est en général constitué d'une suite de digressions, sans devenir cependant difficile à suivre. Sur un plan pratique, on peut noter que, dans les trois premiers livres du cycle, Jean Rouaud change les noms et prénoms de plusieurs personnages et de certaines localités : en particulier, il parle de « Random » et non de « Campbon » et n'énonce pas le nom de Rouaud. Ce n'est que dans le quatrième livre, publié après la mort de sa mère, qu'il renonce à ces artifices littéraires.

  • Les Champs d'honneur est construit autour des deux décès qui ont suivi la mort de son père : celui du grand-père maternel, Alphonse Burgaud, ancien tailleur à « Riancé » (Riaillé) et celui d'une tante de son père, Marie, ancienne institutrice. Il évoque longuement ces deux personnalités, puis d'autres décédés : les deux oncles de son père, Joseph et Emile, morts pendant la Première Guerre mondiale (ce qui est l'origine du titre) ; les parents de son père, Aline et Pierre, morts en 1940 et 1941.
  • Des hommes illustres est centré sur le père de Jean Rouaud, Joseph. La première partie évoque les dernières années de sa vie, du point de vue professionnel, comme représentant de commerce ; ses relations familiales ; ses relations avec d'autres habitants du village ; les circonstances de son décès. Dans la deuxième partie, sont évoquées les années de guerre : son départ pour le STO, son évasion en gare de Nantes, son séjour clandestin dans une ferme à « Riancé » puis son retour à Nantes où il travaille dans un atelier de menuiserie.
    Le livre se termine le 16 septembre 1943, date du premier grand bombardement de Nantes, subi à la fois par Joseph et par sa future épouse, Anne Burgaud, venue à Nantes par hasard ce jour-là.
  • Dans Le Monde à peu près, Jean Rouaud évoque d'abord ses études secondaires comme pensionnaire au lycée Saint-Louis (rebaptisé « Saint-Cosmes »), essentiellement ses années de Sixième (1962-63) et de Cinquième (1963-64), l'année du décès de son père ; ses expériences comme footballeur amateur et peu doué au club de « L'Amicale logréenne » ; ses problèmes de vue (l'origine du titre : atteint d'une myopie grave, il refuse cependant de porter des lunettes et voit le monde très flou au-delà de quelques mètres) ; ses premiers essais littéraires et ses essais musicaux (guitare mais aussi violon, un héritage de son grand-père).
    Dans une deuxième partie, il raconte quelques épisodes de sa vie d'étudiant à Nantes. Le récit est ici plus linéaire et supposé se dérouler sur quelques jours. Il retrouve successivement deux anciens camarades du lycée Saint-Cosmes, en particulier « Gyf » qui lui propose de faire la bande-son d'un film expérimental. Après plusieurs péripéties gastronomiques (une monumentale beuverie), politique (participation à une AG et à une manifestation contre la réforme des sursis[2]) et sentimentale (rencontre avec une amie de Gyf), la dernière suivie d'une déconvenue, le héros, déçu, se lance dans une course à l'aveugle à travers la ville ; elle se termine place Saint-Pierre par une chute sur un tuyau des pompiers en train de lutter contre l'incendie de la cathédrale de Nantes[3]. Quelques jours plus tard, alors qu'il travaille à la sonorisation du film de Gyf, il bloque la bobine avec son archet et provoque la destruction de la pellicule. Le récit se termine par une fuite peu glorieuse sur un Solex poussif (un des traits de ce livre est la propension à l'autodérision).
  • Pour vos cadeaux est consacré à la mère de Jean Rouaud, Annick Brégeau (Anne Burgaud dans les trois premiers livres). La personnalité de son père est cependant très présente, notamment à travers le titre : on apprend en effet (p. 152) qu'il avait commandé « à un faïencier de Quimper une série de cendriers marqués Pour vos cadeaux / Maison Rouaud ». Ce livre évoque un certain nombre d'événements : outre la mort du père, le bombardement du 16 septembre 1943 à Nantes, le mariage en 1946, la mort en 1947 d'un premier né, peu après sa naissance, victime du choléra dans une maternité nantaise ; la longue période de survie de la mère à partir de 1964 ; la période où elle s'investit totalement dans son activité commerciale, qui ne prend fin qu'avec la maladie, rapidement suivie de sa mort, à l'hôpital de Nantes.
  • Dans Sur la scène comme au ciel, Jean Rouaud adopte un point de vue distancié sur ses précédents livres. La première partie concerne la période de la maladie et de la mort de sa mère mais établit aussi une sorte de dialogue entre la mère et le fils à propos de son œuvre ; cette partie comporte de nombreuses citations de Pour vos cadeaux et est constituée par une suite de monologues intérieurs où Je représente alternativement Jean Rouaud et sa mère, jusqu'à l'instant fatal. La seconde partie expose de façon d'abord objective, puis de plus en plus irréelle, les funérailles de la mère de Jean Rouaud et leurs suites. La troisième partie reprend la biographie paternelle en se plaçant du point de vue des amis de Joseph Rouaud, peu satisfaits de la façon dont il a été présenté par son fils. À cette occasion, il rectifie l'épisode de l'évasion du STO, qui a eu lieu, très logiquement, en gare de Savenay et non en gare de Nantes.

Autres œuvres autobiographiques[modifier | modifier le code]

  • Régional et drôle regroupe plusieurs textes, dont le premier, le plus long donne son titre au recueil. Le texte Régional et drôle débute par l'expérience de Jean Rouaud à Presse-Océan, mais il passe ensuite à une étude de ce qu'est pour lui la littérature, évoquant notamment le personnage d'Arthur Rimbaud, sur lequel il écrivait au début des années 1970. Ce texte se termine par un aspect de son projet initial (p. 36) : faire de ce milieu de nulle part [c'est-à-dire : Campbon, Loire-Inférieure] un lieu mythique. Les autres textes évoquent : l'école primaire ("Honoré Honorat"), la période du kiosque ("Station les sœurs Calvaire"), les vacances d'été dans les années 1960 ("L'été en play back"), l'avenir proche ("Bibi en l'an 2000")

Œuvre[modifier | modifier le code]

Autobiographie familiale[modifier | modifier le code]

  • 1990 : Les Champs d'honneur, Éd. de Minuit, prix Goncourt 1990.
  • 1993 : Des hommes illustres, Éd. de Minuit.
  • 1996 : Le Monde à peu près, Éd. de Minuit.
  • 1998 : Pour vos cadeaux, Éd. de Minuit.
  • 1999 : Sur la scène comme au ciel, Éd. de Minuit.
  • 2005 : Les Champs d'honneur, Éd. Casterman - (Bande dessinée).
  • 2011 : Comment Gagner Sa Vie Honnêtement (la Vie Poétique, 1), Éd. Gallimard.
  • 2012 : Une Façon de chanter (la Vie Poétique, 2), Éd. Gallimard.
  • 2014 : Un peu la Guerre (la Vie Poétique, 3), Éd. Grasset.

Essais[modifier | modifier le code]

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

  • 1999 : Carnac ou le Prince des lignes, Éd. du Seuil (livre illustré)
  • 2002 : La Belle au lézard dans un cadre doré, Éd. Albin Michel, 32 pp., illustrations de Yan Nascimbene.
  • 2007 : Moby Dick, scénario de Jean Rouaud, dessin de Denis Deprez, Éd. Casterman.

Autres[modifier | modifier le code]

  • 1997 : Les Très Riches Heures, Éd. de Minuit - (théâtre)
  • 1998 : Le Paléo-circus, Éd. Flohic
  • 2001 : La Désincarnation, Éd. Gallimard
  • 2001 : Régional et drôle, Éd. Joca seria, Nantes
  • 2004 : L'Invention de l'auteur, Éd. Gallimard
  • 2006 : L'Imitation du bonheur, Éd. Gallimard
  • 2006 : La Fuite en Chine, Éd. Les Impressions nouvelles, Bruxelles - (théâtre)
  • 2008 : La Fiancée juive, Éd. Gallimard
  • 2009 : La Femme promise, Éd. Gallimard
  • 2010 : Évangile (selon moi), éditions des Busclats

Œuvre adaptée[modifier | modifier le code]

Son roman Les Champs d'honneur a été adapté en bande dessinée par Denis Deprez en 2005, chez Casterman[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde à peu près évoque « les épreuves de mathématiques, physique, chimie »
  2. La loi Debré envisageait la suppression du sursis pour les étudiants ; la lutte étudiante contre cette loi date du début de 1973
  3. L'incendie de la charpente de la cathédrale a lieu le 28 janvier 1972. Le rapprochement entre cette date et celle de la loi Debré montre que Jean Rouaud a reconstruit la chronologie de cette période.
  4. Fiche de l'album, sur le site de l'éditeur.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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