Bartleby

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Bartleby
Publication
Auteur Herman Melville
Titre d'origine Bartleby, the Scrivener - A Story of Wall Street
Langue Anglais américain
Parution Drapeau des États-Unis États-Unis
Novembre et décembre 1853
Putnam's Monthly Magazine
Recueil Les Contes de la véranda
Traduction française
Traduction Michèle Causse
Parution
française
1976
Le Nouveau Commerce
Intrigue
Genre Nouvelle
Nouvelle précédente/suivante
Précédent La Véranda Benito Cereno Suivant

Bartleby est une nouvelle de Herman Melville parue en 1853.

Historique[modifier | modifier le code]

Bartleby (titre original : Bartleby, the Scrivener - A Story of Wall Street) est une nouvelle de Herman Melville (l'auteur de Moby Dick) parue une première fois en 1853 dans le Putnam's Monthly Magazine[1] et reprise en 1856 dans le recueil Les Contes de la véranda. Elle a été publiée en français sous de nombreux titres différents : Bartleby l'écrivain, Bartleby le scribe, Bartleby : une histoire de Wall Street, et plus simplement Bartleby.

Bartleby est une œuvre éminemment atypique, qui a marqué au XXe siècle les écrivains de l'absurde, entre autres.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le narrateur est un homme de loi de Wall Street, qui engage dans son étude un dénommé Bartleby pour un travail de « scribe », c'est-à-dire qu'il recopie des textes.

Au fil du temps cet être qui s'est d'abord montré travailleur, consciencieux, lisse, ne parlant à personne, révèle une autre part de sa personnalité : il refuse certains travaux que lui demande son patron. Il ne les refuse pas ouvertement, il dit simplement qu'il « préférerait ne pas » les faire, et ne les fait pas. Et cette phrase revient alors systématiquement dans sa bouche : « I would prefer not to », traduite en français par « je ne préférerais pas », ou « je préférerais ne pas » ou encore « j'aimerais mieux pas »[2]. Peu à peu, Bartleby cesse complètement de travailler, mais aussi de sortir de l'étude où il dort. Il ne mange rien d'autre que des biscuits au gingembre, et refuse même son renvoi par son employeur.

Résonance philosophique et politique[modifier | modifier le code]

Le personnage de Melville a inspiré de nombreux théoriciens de ce qu'on a appelé les théories de l'« antipouvoir »[3]. Ainsi Bartleby et sa fameuse phrase "Je préférerais ne pas" (qui conduit son employeur à ne plus rien lui demander) constituent-ils l'illustration de la stratégie de la fuite qui, selon certains théoriciens actuels (Toni Negri, notamment), doit remplacer la lutte directe. Ces penseurs s'approprient souvent la célèbre phrase de Gilles Deleuze : "Fuir, mais en fuyant, chercher une arme"[4]. Il s'agit de combattre l'appareil d'État à distance plutôt que de l'affronter directement. La fuite s'impose non plus comme simple défection mais comme une nouvelle stratégie de lutte.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma

La nouvelle a été adaptée cinq fois au cinéma sous le même titre :

Théâtre

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Édition française[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Putnam's monthly magazine 1853
  2. trad Bernard Hoepffner - éd Mille et une nuits 1994
  3. Razmig Keucheyan, Hémisphère Gauche, une cartographie des nouvelles pensées critiques, éd Zones, 2010
  4. Gilles Deleuze, Claire Parnet, Dialogues, Flammarion, 1974
  5. Article en ligne de la revue Le Matricule des anges http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=4276