Doom metal

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Doom metal

Origines stylistiques Heavy metal (celui de Black Sabbath en particulier)
Origines culturelles Milieu des années 1970, Europe Europe
Drapeau des États-Unis États-Unis
Instruments typiques Basse, batterie, guitare, synthétiseur
Popularité Insubstantielle
Scènes régionales Europe, États-Unis
Voir aussi Heavy metal, metal gothique, sludge metal

Genres dérivés

Death-doom, drone, funeral doom, sludge-doom, stoner-doom

Genres associés

Metal extrême, post-metal

Le doom metal est un genre musical fortement influencé par les premières chansons de Black Sabbath[1], ce dernier ayant lancé les prémices du doom metal avec des chansons telles que Black Sabbath, Electric Funeral et Into the Void au cours de la première moitié des années 1980[1], et un certain nombres de groupes sont apparus en Angleterre (Pagan Altar, Witchfinder General), aux États-Unis (Pentagram, Saint Vitus, Trouble) et en Suède (Candlemass, Count Raven) ont aidés à définir le doom metal.

À une époque où le thrash metal dominait la scène metal underground, le doom metal se distingue par des tempos plus lents, des accordages de guitares plus grave et des sons plus lourds et plus épais, la musique et les paroles évoquent un sentiment de désespoir, de peur et l'annonce d'un malheur imminent[1]. Malgré le manque de popularité, le style va donner naissance à des sous-genres proche du style notamment le gothic metal, le sludge metal et le death/doom.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le doom metal est dominé par une instrumentation typique du heavy metal, à savoir la guitare électrique, la guitare basse, la batterie ainsi que dans certaines formations le synthétiseur (surtout l'orgue numérique). Le doom metal est notamment influencé en grande majorité par les premières années de Black Sabbath, groupe à la réputation malsaine à ses débuts notamment à travers ses textes désespérés avec beaucoup de références à Satan mais en particulier pour ses riffs lourds de guitares avec l'emploi du triton et des fortes distorsions (les albums Black Sabbath, Paranoid et Master of Reality restent des influences majeures pour le doom metal).

Les caractéristiques générales du doom metal se définissent avant tout par une musique lente et lourde tintée d’éléments mélancolique, psychédélique et par un son sale ainsi bien dans son instrumentation et dans sa qualité sonore parfois médiocre. Le registre instrumental est généralement assez grave afin de donner une impression de lourdeur et créer une ambiance pesante en rapport aux textes souvent désespérés, et l'utilisation du mode mineur est de rigueur pour y parfaire (voir l'utilisation de l'atonalité dans certains groupes). Le son des guitares est généralement très saturé, l'utilisation d'effets comme le fuzz ou la wah-wah sont très répandu. Le but recherché est donc la lourdeur et la puissance.

Les caractéristiques vocales sont des techniques de chant clair empruntées au heavy rock et au heavy metal, avec une prédilection pour un timbre nasillard (hérité principalement de Ozzy Osbourne et Burke Shelley). Cependant il ne s'agit pas d'une règle et de nombreux groupes, notamment amalgamés à d'autre genres depuis les années 1990, usent de techniques allant du grognement (grunt-death metal) au hurlement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Racines du mouvement[modifier | modifier le code]

Black Sabbath eut une influence importante sur les groupes pionniers de doom metal.

Les racines du doom metal sont diverses selon les pays et dates d'émergences. Elles se situent surtout dans le heavy blues (Cream, Blue Cheer), le heavy rock (Sir Lord Baltimore, Budgie)[2], le proto-doom (Toad, Night Sun) et le heavy rock psychédélique (Iron Butterfly, Vanilla Fudge) des années 1960 et 1970. Mais l'histoire montre que Black Sabbath reste l'influence principale de la majorité des groupes de doom metal, plus particulièrement leurs trois premiers albums (Black Sabbath[1], Paranoid et Master of Reality).

Dans les années 1980, après la déferlante NWOBHM et l'essor d'un heavy metal de plus en plus speed, des groupes tels que Saint Vitus, Trouble puis Candlemass choisissent le retour aux sources de la musique heavy avec un son plus lourd et massif, sans renier les apports plus récents, et accèdent à une certaine notoriété dans les circuits underground auprès d'un public Metal moins demandeur de rapidité et désireux de réentendre une musique à la fois mélodique et puissante. En 1986, le groupe Candlemass sort son premier album nommé Epicus Doomicus Metallicus, popularisant ainsi le terme « Doom Metal » auprès du public et le fidélisant pour la première fois autour de cette étiquette.

Au début des années 1990, à la suite de formations doom metal plus extrêmes comme Death Mask et Dream Death, le groupe britannique Cathedral se pose en précurseur d'une hybridation doom metal/death metal avant d'opter pour une tendance stoner metal. Le label discographique allemand Hellhound Records (en), actif de la fin des années 1980 jusqu'à la seconde moitié des années 1990 est d'une importance capitale dans le développement du doom metal. Des groupes majeurs se font enfin connaître internationalement et peuvent dès lors jouir d'une relative exposition dans la presse spécialisée grâce à une distribution plus large de leurs albums. C'est le cas de Saint Vitus, Count Raven, The Obsessed, Revelation, Unorthodox, Iron Man, Blood Farmers ou encore Internal Void.

Diversification[modifier | modifier le code]

À la toute fin des années 1980, plusieurs groupes (Winter, Necro Schizma, disEMBOWELMENT et une partie du death metal néerlandais) commencent à utiliser les ambiances lourdes du doom metal avec le style vocal et la musicalité du death metal, sous-genre alors tout juste naissant. Les trois groupes phare de ce mouvement, baptisé death/doom, sont les trois groupes britanniques Paradise Lost, My Dying Bride et Anathema. Ces groupes usent alors d'une esthétique et de thématiques gothiques, s'éloignant à la fois du death metal de leurs débuts et de leurs influences doom metal. Ce courant sera largement vulgarisé par des groupes comme Novembers Doom, Saturnus, Morgion ou Katatonia.

Au fil des années 1990 l'essor du death/doom popularise le sous-genre au sein du heavy metal et une vague de groupes apparaît progressivement avec la médiatisation grandissante. Parallèlement à cette mode, d'autres courants combinant d'autres sous-genres au doom metal font leur apparition dans l'underground : le sludge doom (hybride de hardcore, metal et doom metal, avec des groupes tels que Crowbar et Iron Monkey ), le funeral (forme plus atmosphérique du death/doom, avec des groupes tels que Thergothon et Skepticism), le stoner/doom (hybride de stoner rock et doom metal, avec des groupes tels que Acrimony et Sleep), le drone (musique expérimentale mettant l'accent sur la lourdeur, avec des groupes comme Earth et Sunn O)))), ainsi que des formes de black metal plus lentes associés populairement au death/doom (des groupes tels que Deinonychus ou Tristitia).

Actuellement, le style de doom metal originel est appelé doom traditionnel, il est communément admis qu'il regroupe aussi en son sein le doom dit épique, popularisé notamment par Candlemass dès leur deuxième album, Solitude Aeturnus, Solstice ou encore Forsaken (faisant un pont direct entre doom, heavy metal et power metal). S'il est resté relativement confidentiel dans les années 1990 malgré des groupes actifs comme Count Raven, Penance et la vague du Maryland, il connut un renouveau dans les années 2000 grâce à quelques groupes comme Reverend Bizarre, The Gates Of Slumber et Warning, au moment où le death/doom commençait à s'essouffler et que les deux courants sludge et drone gagnaient en popularité.

Sous-genres[modifier | modifier le code]

Au fil de son développement, le mouvement doom metal donne naissance à plusieurs sous-genres, dont le drone doom, l'epic doom, le sludge doom, et le stoner doom[3].

Avantgarde doom[modifier | modifier le code]

L'avantgarde doom est un sous-genre qui rassemble des groupes de doom metal aux styles indéfinissables, atypiques et expérimentaux, avec des petites touches artistiques. Quelques exemples sont Esoteric et Unholy. L'avantgarde doom peut aussi inclure des groupes d'avant-garde metal qui ne sont pas doom metal au sens strict du terme, mais qui ont des connexions et/ou des influences depuis/vers le doom metal. Ces groupes peuvent aussi être classés en tant que sludge atmosphérique ou sludge mélodique. Mais la plupart des groupes de ce sous-genre ont évolué vers ce qui est décrit comme du post-metal, qui est largement influencé par le son de l'avantgarde doom et du sludge doom.

Doom traditionnel[modifier | modifier le code]

Influencé par le heavy metal traditionnel des années 1970 et 1980[4], le doom traditionnel est le doom metal dans sa forme la plus pure, basée sur des riffs fortement influencés par Black Sabbath ainsi que le NWOBHM. Quatre vagues ont été jusque là reconnues dans l'histoire du doom traditionnel. La première commença avec les originateurs du genre, les groupes proto-doom Black Sabbath et Pentagram. La seconde vague était au milieu des années 1980 surtout dans les travaux de Saint Vitus, Trouble, Witchfinder General, Pagan Altar, The Obsessed et Candlemass. La troisième vague commence avec le succès du premier album de Cathedral, Forest of Equilibrium[5]. D'autres groupes modernes du doom metal traditionnel incluent Orodruin, Reverend Bizarre[6], et Witchcraft.

Epic doom[modifier | modifier le code]

Le doom épique est comparable au doom traditionnel, avec de plus fortes influences médiévales et/ou fantastiques dans les paroles[7]. Celles-ci sont chantées d'une manière beaucoup plus narrative, épique, et parfois même théâtrale[8]. Le doom épique est inspiré principalement du metal traditionnel comme Manowar et Iron Maiden, ainsi que par Black Sabbath. Les groupes les plus influents jouant de ce style sont Candlemass et Solitude Aeturnus. Un certain nombre de groupes qui ont adopté ce style venaient de la région du West Yorkshire, en Angleterre, vers la fin des années 1990.

Stoner doom[modifier | modifier le code]

Le stoner doom est un style musical hybride entre le doom traditionnel et le stoner rock. Parmi les groupes caractéristiques du genre on peut citer Cathedral, Sleep, Electric Wizard, Acid King, High on Fire, Om et YOB.

Sludge doom[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sludge metal.

Combinant les riffs lents et le pessimisme du doom metal avec l'approche directe et les cris du hardcore, le sludge doom est aux frontières du doom metal et du punk hardcore. Bien que les premiers groupes de sludge eussent plus l'apparence de groupes de stoner rock, ils n'avaient pas le regard positif sur la vie des musicien du stoner rock. Ils chantaient des textes typiquement centrés sur la misère, la haine et le nihilisme. Ces thèmes lyriques sont spécifiques au sludgecore et n'ont généralement rien à voir avec ceux utilisé dans les autres genres de doom metal. Le style est lancé au début des années 1990 par des groupes tels que Eyehategod[9], Crowbar[10], Buzzov*en[11], Acid Bath (en)[12], et Grief[13].

Funeral doom[modifier | modifier le code]

Le funeral doom est un style qui pousse la lenteur du doom metal à l'extrême et met l'accent sur une atmosphère de désespoir et de vide. Ce style peut être vu comme un départ du death-doom, ralentissant la musique encore plus, et incorporant fréquemment des influences de la musique ambiante, en créant un son qui est distordu et apeurant, mais souvent aussi rêveur. Les paroles sont généralement growlées, beaucoup plus effacées par les instruments que dans les autres styles et plutôt utilisées comme une texture additionnelle. Des exemples du style incluent Mournful Congregation, Esoteric (en), Evoken, Funeral, Thergothon, Skepticism, et Corrupted[14].

Drone doom[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drone metal.

Le drone doom est un sous-genre musical du doom metal nommé d'après la technique musicale du bourdon (drone en anglais). Le sous-genre n'est souvent composée que de guitares et de basses graves et distordues, généralement accompagnées de beaucoup de reverbe appliqué au mixage final[15]. Les thèmes clairs (mélodiques) sont rares dans ce style. Les morceaux de drone doom sont généralement longs avec une durée moyenne généralement entre dix minutes et une demie-heure. Le chant et la batterie sont souvent absents, et la musique manque souvent de rythme au sens traditionnel. Comme dans le funeral doom, le drone doom met généralement l'accent sur le désespoir et le vide, bien que des thèmes cryptiques et apocalyptiques soient aussi fréquents. Le genre est généralement influencé par le bourdon[15], la musique bruitiste[15], et le musique minimaliste[15]. Le style émerge au début des années 1990, et les groupes Earth[16], Boris et Sunn O))) et sont les principaux contributeurs[15].

Death-doom[modifier | modifier le code]

Le death-doom (ou doom-death) est un mélange des éléments du death metal, en particulier le grunt associé avec le genre, et de la lenteur du doom metal[17]. Principalement influencé par les premières chansons de Hellhammer/Celtic Frost, le style émerge à la fin des années 1980, et gagne une certaine popularité durant les années 1990[17]. Le death-doom est également lancé par des groupes comme Winter[18], Disembowelment[18], Paradise Lost[18], Autopsy, Anathema et My Dying Bride[18].

Black-doom[modifier | modifier le code]

Le black-doom est une combinaison des éléments du black metal et du doom metal[19],[20]. Comme dans le funeral doom, les thèmes tournent souvent autour de la nature, de la mélancolie, de la tristesse ou encore de la dépression. La musique est caractérisé par l'utilisation de cris propres au black metal, des riffs de black metal ou de doom metal soumis à une distorsion, ainsi que des riffs de guitare clean. Des exemples de groupes généralement associés à ce sous-genre incluent Barathrum[21], Forgotten Tomb, Woods of Ypres[22], et Katatonia à leurs débuts[23]. D'autres groupes de black metal expérimental comme Agalloch sont arrivés à un style similaire. Apparemment, ce sous-genre du doom metal s'est développé à la fin des années 1990.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Doom metal », sur Allmusic (consulté le 221 juin 2008).
  2. « Budgie » (consulté le 10 octobre 2012).
  3. (en) Chad Bowar, « Description des sous-genres du metal », About.com (consulté le 21 février 2009).
  4. (en) Voutiriadou, Maria, « Crowned In Earth », Metal Temple (consulté le 19 mars 2013).
  5. (en) « Cathedral - Forest of Equilibirium (9/10) - Great Britain - 1991 », sur Metal Observer (consulté le 7 décembre 2014).
  6. (en) « Reverend Bizarre », Decibel Magazine (consulté le 20 septembre 2013).
  7. (en) Hayes, Craig, « Witch Mountain - Cauldron Of The Wild Review », About.com (consulté le 6 juin 2012).
  8. (en) Henderson, Alex, « Fear of Infinity », Allmusic (consulté le 6 juin 2012).
  9. (en) Huey, Steve, « Eyehategod », Allmusic (consulté le 21 juillet 2008).
  10. Huey, Steve, « Crowbar », Allmusic (consulté le 21 juillet 2008).
  11. (en) York, William, « Buzzov*en », Allmusic (consulté le 21 juillet 2008).
  12. (en) York, William, « Acid Bath », Allmusic (consulté le 21 juin 2008).
  13. (en) Henderson, Alex, « Grief », Allmusic (consulté le 21 juin 2008).
  14. (en) James Minton, Kim Kelly, et Jenn Selby, Filth Parade, Terrorizer #188, septembre 2009, p. 56.
  15. a, b, c, d et e (en) John Wray, « Heady Metal », sur New York Times,‎ 28 mai 2006 (consulté le 18 août 2008).
  16. (en) Jason Jackowiak, « Earth: Hex: Or Printing in the Infernal Method », sur Splendid,‎ 14 septembre 2005 (consulté le 28 août 2008).
  17. a et b (en) Doom Metal Special: Doom/Death, Terrorizer #142.
  18. a, b, c et d (en) Nathalie J. Purcell, Death Metal Music: The Passion and Politics of a Subculture, McFarland & Company,‎ 2003 (ISBN 0-7864-1585-1, lire en ligne), p. 23.
  19. Newshound, Terrorizer, « ITALIAN BLACKENED DOOMSTERS FORGOTTEN TOMB PLAN RELEASE review », Terrorizer Online (consulté le 29 janvier 2009).
  20. Marsicano, Dan, « Ordo Obsidium - Orbis Tertius Review review », About.com (consulté le 29 janvier 2012).
  21. (en) « REVIEWS »,‎ 1999 (consulté le 25 mai 2013).
  22. Newshound, Terrorizer, « WOODS OF YPRES RELEASE DISCUSS THE GREEN ALBUM review », Terrorizer Online (consulté le 29 janvier 2009).
  23. « Katatonia Brave Murder Day », Decibel Magazine (consulté le 27 juin 2012).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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