Nufi

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Nufi
Fe'fe', Fe'efe'e, Fotouni, Bafang, Nufi
Parlée au Cameroun
Région Province de l'Ouest, Département du Haut-Nkam
Nombre de locuteurs 123.700[1]
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 fmp
IETF fmp
Linguasphère 99-AGE-f

Le fe'efe'e, aussi souvent appelé nufi, est une langue bamilékée de la région de l'Ouest du Cameroun. Il est parlé principalement dans le département du Haut-Nkam, dans les bourgades de la ville de Bafang (sauf autour de Kékem qui parle Ghomala'. Cependant, il est important de tres rapidement souligner la nuance qui existe entre les mots fe'efe'e et nufi. La langue parlée dans le Haut-nkam s’appelle le fe’efe’e. Comme avant l’arrivee des missionnaires français Barthelemie Tuem, Paul Gontier et ses compatriotes, la langue était seulement parlée et pas écrite, l’avenement et l’adoption d’un system d’écriture pour la langue fe’efe’e va tellement ébahir et émerveiller les villageois qu’ils s’exclameront: « nu fī » qui signifie litteralement chose nouvelle. Les abbés TCHAMDA et TCHUEM ont immédiatement adopté ce mot nufi pour désigner la nouvelle dimension que prenait la langue fe’efe’e. Pour être plus concis, le fe’efe’e écrit et enseigné s'appelle le Nufī, qui signifie chose nouvelle. Le Nufī par ailleurs est l’académie qui se charge de la pérennité de la langue Fe’efe’e. La langue fe'efe'e est une langue très aisée à assimiler, la preuve elle est parlée avec aisance par les étrangers à travers le monde. visiter par exemple le site Résurrection des Langues Minoritaires pour vous en rendre compte.

Histoire du Nufi[modifier | modifier le code]

Lors de l’expansion du christianisme, l’usage des langues locales constituaient un instrument nécessaire pour l’évangélisation des peuples païens. Ainsi, dès leur arrivée au Cameroun, les missionnaires étaient invités dans le pays Bamiléké à apprendre les langues locales. Avant l’arrivée des missionnaire au Cameroun, le pidgin ou encore « bush-english » et le douala étaient les langues en vigueur au Cameroun. Immédiatement après la fondation de la paroisse Banka-Bafang en 1924, le père Paul GONTIER suivi quelque temps après par le père STOLL, amorcent l’étude des langues bamilékées dans la perspective de pouvoir communiquer efficacement aux fidèles les enseignements de l’église. Ces deux pionniers ont jeté les bases de la traduction de l’Evangile en langue bamiléké. De là, découlent les premières recherches pour une transcription phonétique du fé’efé’e.

L’initiative fut poursuivie en 1930 par des ex-séminaristes dont Monsieur TCHAMDJOU Alphonse et le catéchiste NEMALEU Victor qui traduisent des cantiques français et douala en langues bamiléké. En 1940 le père STOLL composa sa grammaire comparée (tonétique des langues bantous) et met sur pied un petit vocabulaire Français-Bamiléké [2] Un important pas venait d’être franchi pour l’écriture du bamiléké. De 1943 à 1949, les grands séminaristes Bamiléké de Yaoundé se préoccupèrent des moyens adaptés pour mieux faire passer le message chrétien à leurs compatriotes ; pour cela, ils traduisirent les évangiles, ébauchèrent une grammaire bamiléké, établissant un petit vocabulaire théologique bamiléké. L’effort des premiers missionnaires fut poursuivi par les prêtres indigènes.

En 1951, l’abbé François Marie TCHAMDA, alors séminariste décida d’aider les Bamilékés à entendre les merveilles de Dieu en leur propre langue. Après le séminaire, il fut affecté comme vicaire à Banka et c’est ici qu’il entreprit la transcription du fe’efe'’e pour répandre la doctrine chrétienne. Il réunit tous les cantiques et prières indigènes déjà existant, en traduisit et composa de nouveaux, révisa et compléta les textes bibliques traduits au séminaire. De cet ensemble il composa le missel des Bamiléké qui parut en 1953. Ce nouvel instrument de base mit sur pied pour l’apostolat eut des échos, mais présenta une grosse difficulté : la difficulté pour les fidèles de déchiffrer les textes de leur missel. C’est alors que naquit l’idée d’initier les fidèles à la lecture du bamiléké. Tâche exécutée avec succès par les abbés F. M. TCHAMDA et B. TCHUEM. Ils initièrent à la lecture les chrétiens pour la plupart illettrés. C’est ainsi que naquirent les écoles et le journal NUFI. Aussi, l’expérience NUFI devint une entreprise d’éducation permanente, englobant l’alphabétisation et des cours d’histoire, de géographie, de calcul, d’instruction civique et bien d’autres disciplines[3].

Les activités du NUFI ne se limitent pas aux seules disciplines scolaires type classique, elles englobent la danse, le théâtre, la pharmacopée indigène. Il s’agit de rendre la culture accessible à tous par le canal de la langue qu'ils comprennent et écrivent déjà bien, bref tout ce qui concourt à l’expression de l’homme et à l’épanouissement de sa personnalité. Concernant le problème des langues, le synode de 1949 avait proposé ceci : « il devient absolument nécessaire d’entreprendre l’étude d’une langue indigène ; les autochtones du sud du vicariat peuvent comprendre toutes les langues Douala. Pour les Bamiléké, la question s’avère difficile, vu la diversité des dialectes : le synode adopte pour la généralité des Grassfields la langue Bafang… » [4].

Alphabet[modifier | modifier le code]

L'alphabet nufi est basé sur l'alphabet général des langues camerounaises, qui est comme l'alphabet latin moderne avec quelques lettres additionnelles.

Alphabet nufi
Majuscules A [n 1] B C D E Ə[n 2] F G Gh H I J K L M N Ŋ O P S Sh T U Ʉ V W Y Z Zh ʼ
Minuscules a ɑ b c d e ə f  g gh h i j k l m n ŋ o p s sh t u ʉ v w  y z zh ʼ

Remarques :

  1. L’alpha ‹ Ɑ, ɑ › utilisé au Cameroun à la forme de l’alpha grec classique autant en majuscule qu’en minuscule :
    Latin alpha in GACL.svg.
    • Le ‹ ə › U+0259 (‹ Ə › U+018F en majuscule) utilisé au Cameroun n'est pas à confondre avec le ‹ ǝ › U+01DD (‹ Ǝ › U+018E en majuscule).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SIL 1982 (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  2. A. SAGNE, op cit. pp. 160 à 168.
  3. Brochure de l’abbé F. M. TCHAMDA « Qu’est ce que Nufi ? » publiée par les éditions SOPECAM
  4. Acte du synode de 1949, n°8 Cité dans les lettres pastorales de Novembre 1948, p. 15.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]