Kituba

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kituba, munukutuba
kituba, munu kutuba, kikóngo ya létá
Parlée en Angola, République démocratique du Congo, République du Congo
Nombre de locuteurs 1 million en République du Congo, 4 millions en République démocratique du Congo
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 mkw, ktu
IETF mkw ktu
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Kibuku yantete

Bantu nyonso, na mbutukulu kevwandaka na kimpwanza ya bawu, ngenda mpe baluve ya mutindu mosi. Mayela na mbanzulu je na bawu, ni yawu yina bafwana kusalasana na bumpangi.

Le kituba, aussi appelé munukutuba, kikongo ya leta ou kikongo du gouvernement, est une langue bantoue parlée comme seconde ou première langue en République du Congo par 50,35 % de la population, entre Brazzaville et Pointe-Noire, et en République démocratique du Congo par plus de 4 millions de personnes. C’est un créole kikongo,. Dans les régions où le kituba n'est pas la première langue, le nom kikongo est parfois utilisé.

Histoire[modifier | modifier le code]

La langue kituba est apparut grâce aux échanges commerciaux sur les bords du bas du fleuve Congo, avant l’exploration de l’intérieur africain par les Européens. La langue a pris de l’importance grâce à l’augmentation du commerce. Lorsque les missionnaires et les colons européens sont arrivés plus à l’intérieur, ils ont favorisé l’utilisation du kituba aux différentes langues de l'aire kongo.[réf. nécessaire] D’une part parce que celui-ci était déjà une langue comprise par une majorité de groupes Kongos. Et d'autre part, il était plus simple d'accès à des locuteurs de langues européennes. C’est pour cette raison que le kituba a été associé aux colonisateurs. La langue s'est consolidée avec la construction des chemins de fer. La transformation des ex-colonies de cette zone en États unitaires indépendants a propulsé le munukutuba dans sa phase d'extension que l'on connaît actuellement.

Classification[modifier | modifier le code]

Distribution géographique des langues kongo et du kituba.

L’Organisation des Nations unies publie une seule traduction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme en kituba et en kikongo.

Statut[modifier | modifier le code]

La Constitution de 2002 de la République du Congo utilise le nom « kituba » pour dénommer la langue, remplaçant le terme « munukutuba », utilisé dans les Constitutions précédentes. Le nom officiel de la langue y est donc « kituba ».

En République Démocratique du Congo, la Constitution ne précise pas quel langue du kikongo est une des 4 langues nationales.

Écriture[modifier | modifier le code]

Le constat s'est imposé depuis bien des décennies que les alphabets occidentaux étaient insuffisants pour écrire les langues africaines. Aujourd'hui, grâce aux progrès de la linguistique et surtout de la phonologie, on connaît certain sons africains.

L’écriture mandombe, crée en République démocratique du Congo, est aussi utilisée dans la communauté kimbanguiste pour transcrire le kituba.

Ordre alphabétique[modifier | modifier le code]

A B D E F G I K L M MB MF MP MV N ND NG NK NL NS NT NZ O P S T U V W Y Z
a b d e f g i k l m mb mf mp mv n nd ng nk nl ns nt nz o p s t u v w y z

Prononciation[modifier | modifier le code]

Voyelles[modifier | modifier le code]

Voyelles (courte, longue) en API
Antérieur Postérieur
Fermé /i/, /iː/ /u/, /uː/
Mi-fermé /e/, /eː/ /o/, /oː/
Ouvert /a/, /aː/

Le kituba possède 5 voyelles dont la quantité vocalique change le sens, donc 5 voyelles courtes et 5 voyelles longues. La longueur de voyelle change le sens des mots de des paire minimale[1] :

  • [kùsìkísà] (faire tarir) et [kùsìːkísà] (vanter, se vanter)
  • [kùsálà] travailler et [kùsáːlà] (mépriser)
  • [kùtéká] (vendre) et [kùtéːkà] (apparaître)
  • [kùsóla] (défricher) et [kùsóːlà] (choisir)
  • [kùkúlà] (grandir) et [kùkúːlà] (déliver)

Consonnes[modifier | modifier le code]

Bilabial Labio-
dental
Alvéolaire Post-
alvéolaire
Palatal Vélaire
Occlusif p b t d k g
Nasal m n ŋ
Fricatif f v s z (ɕ) (ʑ)
Spirant j
Spirant latérale l

Dans certaines variétés du kituba :

Prénasalisation[modifier | modifier le code]

Le kituba contient plusieurs consonnes prénasalisées :

Consonnes b d ɡ p t k f v s z
Prénasalisation mb nd ŋg mp nt ŋk mf mv ns nz

Les consonnes occlusives sourdes prénasalisées sont souvent substituées par leurs équivalents non prénasalisés :

  • /mp/: [mp] ou [p]
    • e.g.: mpimpa est prononcé [mpi.mpa] mais parfois [pimpa] ou [pipa]
  • /nt/: [nt] ou [t]
    • e.g.: ntinu est prononcé nti.nu mais parfois [ti.nu]
  • /ŋk/: [ŋk] or [k]
    • e.g.: nkento est prononcé [ŋke.nto] mais parfois [ke.nto]
  • /ns/: [ns] or [s]
    • e.g.: nionso est prononcé [ɲo.nso] mais parfois [ɲo.so]

Les consonnes occlusives sonores prénasalisées, /mb/, /nd/, /ŋg/, /nz/ ne varient pas en général.

Les consonnes fricatives prénasalisées sont parfois substituées par leurs équivalents affriqués :

  • /nz/: [nz] ou [ndz]
    • e.g.: manzanza est prononcé [ma.nza.nza] mais parfois [ma.ndza.ndza]
  • /mf/: [mf] ou [mpf]
    • e.g.: mfumu est prononcé [mfu.mu] mais parfois [mpfu.mu]

Grammaire[modifier | modifier le code]

Classes[modifier | modifier le code]

classe préfixe
nominal
exemple traduction
1 mu- muzombi chasseur
2 ba- bazombi chasseurs
3 mu- mulangi bouteille
4 mi- milangi bouteilles
5 di- dinkondé banane
6 ma- mankondé bananes
7 ki- kiti chaise
8 bi- biti chaises
9 n-/m- nzo maison
11 lu- lusuki poil
11a n-/m- nsuki poils
12 ka- kamwana tout petit enfant
13 tu- tubana petits enfant
14 bu- bunduki fusils
14a ma- manduki fusils
19 fi-/ka- fimasa un peu d’eau
21 ku- kudya manger

On peut dénombrer neuf classes ou particules. La plupart renvoient à des catégories philosophiques, présentes dans cette zone géographique. Elles vont par paire (singulier/pluriel). Seules deux classes n'admettent pas de pluriel.

  • Classes ou particules allant par paire (singulier/pluriel) :
    • mu-/ba- (1/2)
      • e.g.: mukongo un kongo, bakongo les kongos
    • mu-/mi- (3/4)
      • e.g.: mulangi une bouteille, milangi bouteilles
    • di-/ma- (5/6)
      • e.g.: dinkonde une banane, mankonde bananes
    • ki-/bi- (7/8)
      • e.g.: kima une chose, bima choses
    • lu-/tu- (11/13)
      • e.g.: ludimi une langue, tudimi ou baludimi langues
    • yi-/bayi- (2)
      • e.g.: yinti un arbre, bayinti arbres
    • n-/ban- (9/2)
      • e.g.: ngulu un porc, bangulu porcs
    • ka-/tu-
      • e.g.: kamwana tout petit enfant, tubana petits enfants
  • Classes ou particules qui n'admettent pas de pluriel :
    • Préfixes ou classes d'abstraction : bu-, lu-
    • Préfixes ou classes (ou particules) verbales : ku-

Il est très important de noter qu'en munukutuba, la reconnaissance du genre passe en second lieu. Il apparaît uniquement lorsque l'on veut préciser qu'il s'agit du masculin ou du féminin. On fait dans ce cas appel à un adjectif approprié.

Conjugaison[modifier | modifier le code]

Les verbes du kituba se conjuguent en ajoutant des préfixes et suffixes à la racine.

Mode indicatif[modifier | modifier le code]

temps nuance préfix/suffix exemple
passé antérieur -ak- saláka
récent mé sála
historique vandaka ku- vandáka kusála
continuatif mé -ak- mé saláka
présent général ké sála
(1) kéna ku- kéna kusála
continuatif ké -ak- ké saláka
futur immédiat ké sála
éloigné ta ta sála
continuatif ta -ak- ta saláka

Mode impératif[modifier | modifier le code]

nuance exemple
momentané sála
habituel saláka

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mfoutou 2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]