Diola

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Diola
Jola
Parlée en Gambie, Sénégal, Guinée-Bissau
Région Casamance au Sénégal
Nombre de locuteurs plus de 3 millions (tous dialectes compris)
Classification par famille
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Fujuum 1

Bukanak búrom nan kuwolimi kurere kererer di waafaw búrom. Kubabaj poop búyejet di karampenoor. (dyo)

Le Diola est une langue nigéro-congolaise parlée en Gambie (1,2 million de locuteurs), au Sénégal (Casamance : 1,2 million de locuteurs) et en Guinée-Bissau (0,8 million de locuteurs). C'est la langue des Diolas qui occupent la région qui s'étend sur ces trois pays. Un consensus des auteurs mentionne que le vocabulaire Diola a été attribué par les autres groupes ethniques (Mandingues, ou les explorateurs ou colons : les Anglais, Français et Portugais selon des auteurs de référence). Le véritable nom de ce groupe ethnique est Ajamat (ou Ajamaat) ou Adjamaat (ou Adjamat). De nos jours, ce vocabulaire, Ajamaat, est utilisé pour nommer un sous-groupe des Diolas et un dialecte qui a toujours conservé ce vocabulaire de « Ajamat ». Notons que le terme Ajamat (ou Ajamaat) ou Adjamaat (ou Adjamat) signifie l'Être Humain (ou un être pensant par opposition à l'animal qui n'est pas doté d'intelligence). Ajamaat était le terme utilisé par ce groupe ethnique pour s'autodésigner. Ce terme a l'avantage de regrouper toute l’ethnie Ajamat que nous pouvons retrouver sous différents vocabulaires selon le pays de référence. Par exemple, en Guinnée-Bissau cette ethnie est désignée sous le vocable de Félipes (ou Flup ou encore Floups) et au Sénégal et en Gambie par Diola. Autrement dit, il serait donc intéressant de revenir maintenant à ce vocable d'unicité culturelle ou ethnique qui est « Ajamat ».

C'est l'une des six langues nationales du Sénégal, avec le wolof, le sérère, le mandingue, le peul et le soninké.

On peut distinguer plusieurs dialectes de la langue Diola (ou « Ajamat ») en fonction des groupes de villages de la Casamance, de Gambie et de la Guinée-Bissau :

  • Le Boulouf ou Bluf ou Huluf ou encore Eblufayi en Diola (singulier : Abluf) ou Ejugutayi) (vers le barrage d'Affiniam...). Exemples de villages: Elana, Affiniam, Mangagoulack, Kartiack, Tendouck, Boutégol, etc.
  • le Fogni ou Goufognyaye : La région du Fogny (vers le département de Bignona et en Gambie). Exemples de villages: Bignona (même), Bessire, Batingné, Koubalar, Finthiok, Mampalago, Tendimane, Tanghori, Soutou, etc.
  • Le Kassa ou Kaasa (dans le département d'Oussouye). Exemples de villages : Mlomp, Kagnoute, Oussouye (même), Sigalène, Oukout, etc.
  • Le Ajamat (ou Ajamaat) ou Adjamat (ou Adjamaat) ou encore Ejamat (ou Éjamaat...) (vers le parc de la Basse-Casamance et en Guinée-Bissau). Exemples de villages: Youtou, Éffock, Kaguitte (au Sénégal), Suzana, Éjatène, Éramé, Kasolol, Katon, Karuhey, Bujin, Yall, etc. (en Guinée-Bissau)
  • Essouke Kuring ou Mof Ayi: Enampor, Essyl, Kamobeul, Badiatte, Eloubaline, Banjal, Etama et Séléki.
  • Kusilaay (ou Goussilaye):
  • Gouronaye : Îles de Caron
  • Essoukoudiack :

etc.

NB:Deux personnes maîtrisant chacune un dialecte de la langue Joola (ou Adjamat) peuvent se comprendre en parlant chacun son dialecte ou il va avoir l'une des deux personnes qui va parler même le dialecte de l'autre personne en vue de mieux se comprendre.

Construction[modifier | modifier le code]

La langue est basée sur l'utilisation d'un radical déclinable grâce à des suffixes et des préfixes. L'utilisation de la répétition du radical permet de l'utiliser comme un adjectif.

Par exemple (Goussilaye) :

  • Le radical « soup » signifie chaud, chaleur
  • Soussoup = c'est chaud, il fait chaud
  • Soupout = suffixe « out » pour signifier le contraire, ce n'est pas chaud
  • Essoupor = suer
  • Gassoupen = chauffer

Autres noms[modifier | modifier le code]

Le nom de cette langue est aussi écrit Jola, Joola ou Djola en français. Le véritable nom de cette langue peut aussi s'écrire : Ajamaat ou Ajamat, ou Adjamat ou Adjamaat, .

Patronymes[modifier | modifier le code]

En général on peut les identifier par les noms de famille suivants :

Adioye, Assine, Biagui, Badiane, Badiate, Badji, Bassène, Bodian, Batendeng, Batiga, Coly, Deme, Diabone, Diamacoune, Diatta, Diadhiou, Diamé, Diandy, Diassy, Diédhiou, Diémé, Djiba, Djibalène, Djiboune, Djicoune, Djihounouck, Ehemba, Goudiaby, Himbane, Lambal, Mané, Manga, Niassy, Ngandoul, Nyafouna, Sadio, Sagna, Sambou, Sané, Senghor, Sonko, Tamba, Tendeng, etc.

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Prononciation standard
terre yintam
ciel émite
eau moumélam mou mel
feu sambunass samboun
homme a niné aniné
femme a naré anaré
manger é tign / futign / fouri fouri
boire ka hob / baran baran
grand ka baak
petit titi dia titi
nuit fou dionarafou fou dionarafou
jour funak / hounak funak
  • Safoul !  : bonjour
  • Masumé ! : bonjour ( réponse à Safoul)
  • Kasumay ?  : Comment ça va ? (littéralement: que la paix soit sur toi)
  • Kasumay balay ou Kassumay Kéb! : Ça va bien. (littéralement: que la paix soit sur toi aussi)
  • Iyo !  : Merci.
  • Aw pop kasumay ? : Et toi, ça va ?
  • Kate bolul ? : Comment va la famille ?
  • KuKu Bo (mais se prononce Coucou Bo)! : Elle est là-bas. (comprendre : Elle va bien)
  • Pé ! karessi bu ? : Parfaitement. Comment t'appelles-tu ?
  • Karessom Christophe ! : Je m'appelle Christophe .
  • Aw pop Karessi bu ? : Et toi, Comment t'appelles-tu ?
  • Karessom François ! : On m'appelle François !
  • Aw bay ? (ou: Bay nu kinè ?) : D'où es-tu ?
  • Montpellier ! : De Montpellier !
  • Aw Bébay ? (ou: Aw é djow bay ?) : Où vas-tu ?
  • Bé Husuy ! : À Oussouye !
  • Yo ! Ujow kasumay ! : merci ! Bonne route ! (littéralement: Pars avec la paix)
  • Susum ! : c'est bon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) J. David Sapir, A Grammar of Diola-Fogny, West African Language Monographs 3, Cambridge, Cambridge University Press, 1965.
  • Christian Sina Diatta, Parlons jola - Langue et culture diolas, L'Harmattan, 1998, ISBN 2-7384-7169-2
  • Michel de Lavergne, « Description succincte du diola du Fogny (Sénégal) », Bulletin de l'IFAN, 1979, série B, no 41, p. 568-652.
  • Paul Diédhiou, « L'identité joola en question : La bataille idéologique du MFDC pour l'indépendance ». Édition Karthala, 2011.
  • Pierre-Marie Sambou, Diola Kaasa esuulaalur : Phonologie, morphophonologie et morphologie, Dakar, Université de Dakar, 1979, 211 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Pierre-Marie Sambou et J. Lopis, « Le trait atr et ses manifestations en joola et en noon », Bulletin de l'IFAN, 1981, vol. 43, série B, no 1/2, p. 203-214
  • Pape Chérif Bétrand Akandijack Bassène, « Histoire authentique de la Casamance ». Édition Injé Ajamaat / La Brochure, 2011.
  • Henri Weiss, Grammaire et Lexique Diola du Fogny (Casamance), Paris, Larose, 1940
  • R.P. Édouard Wintz, Dictionnaire français-dyola et dyola-français, précédé d'un essai de grammaire, Elinkine, Paris, 1909, 190 p. (réimprimé en Angleterre, Gregg Press Ltd en 1968)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]