Jean Danjou

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Jean Danjou
Image illustrative de l'article Jean Danjou

Naissance
Chalabre, France
Décès (à 35 ans)
Camarón de Tejeda, Mexique
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Légion étrangère
Grade Capitaine
Années de service 18491863
Conflits Crimée (Sébastopol)
Campagne d'Italie (1859) (Magenta - Solférino)
Expédition du Mexique († à Camarón de Tejeda)
Faits d'armes Bataille de Camerone
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur

Jean Danjou, né le à Chalabre (Aude), tué le à Camerone (Mexique), est un officier militaire français du second Empire. Il s’illustra notamment en résistant à une armée de plus de 2 000 Mexicains lors de la bataille de Camerone, le 30 avril 1863. Il commandait alors la 3e compagnie du régiment étranger et disposait de 62 hommes seulement.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Originaire d'une famille de tradition militaire, il est né le 15 avril 1828, à Chalabre, de Jean et de Marguerite Balussou. Il est le quatrième d'une fratrie de huit enfants. Après des études sommaires à l’école primaire de Mirepoix, puis de Carcassonne, il travaille dès l’âge de quinze ans dans la fabrique de bonneterie de son père.

Sa vocation militaire est provoquée par la visite en grand uniforme d’un ancien ouvrier de la fabrique familiale, le sous-lieutenant Canut. En 1847, il entre à l'école de Saint-Cyr.

Carrière et distinctions[modifier | modifier le code]

Promu sous-lieutenant, il est affecté au 51e de Ligne. En 1852, il est versé au 2e régiment étranger.

Le 1er mai 1853, au cours d'une expédition topographique en Algérie, il perd la main gauche à la suite de l’explosion de son fusil. Il la remplacera par une prothèse articulée en bois, dont il se servira comme d’une vraie.

Promu lieutenant le 23 décembre 1853, puis capitaine le 9 juin 1855 à titre exceptionnel au siège de Sébastopol en 1854 et, enfin, capitaine adjudant major le 18 septembre 1855. Mis en non-activité par suite de "dégagement des cadres", le 16 avril 1856, il reçoit néanmoins la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Rappelé au service le 26 mai 1856, il est affecté au 26e d'infanterie, avant d'être de nouveau nommé au 2e régiment étranger en 1857.

Campagnes[modifier | modifier le code]

La bataille de Camerone[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Camerone.

Lors de l'expédition du Mexique (1861-1867), il est tué le 30 avril 1863 à Camerone, au cours d'une bataille restée mythique, durant laquelle 63 légionnaires (dont il avait pris ce jour-là le commandement) firent face à environ 2000 soldats de l'armée mexicaine.

Le capitaine Danjou et ses hommes se sont retranchés dans une hacienda délabrée. Malgré une démonstration de force des Mexicains, le capitaine Danjou refuse de se rendre. Les cavaliers mexicains démontés lancent alors une première attaque maladroite mais sont contraints de battre en retraite après avoir subi de lourdes pertes. Face à une situation quasiment désespérée, Danjou jure de ne jamais se rendre et demande à ses hommes de faire de même, ce qu’ils font. Il est mortellement frappé d’une balle en pleine poitrine en traversant la cour afin d'inspecter ses positions.

Les hommes du capitaine Danjou, fidèles à la promesse faite à leur chef, déclinent une nouvelle proposition de reddition en dépit des tentatives d'intimidation du colonel Milan : les mexicains font comprendre aux légionnaires qu'ils ne feront pas de quartier, s'ils s'obstinent à leur résister.

À la fin de la journée, 40 légionnaires sont morts et 23 faits prisonniers. Presque tous sont blessés, et les deux tiers d'entre eux succomberont à leurs blessures au cours de leur captivité. De leur côté, les Mexicains déplorent plus de 500 tués et blessés.

Les trois derniers légionnaires acceptent de se rendre, à condition qu'ils puissent conserver leurs armes et que l'on soigne leurs blessés. Acceptant les conditions de cette poignée de braves dont le courage l'impressionne, un officier mexicain francophone leur répond  : " On ne refuse rien à des hommes comme vous ! ".

La main du Capitaine Danjou[modifier | modifier le code]

Main en bois du capitaine Danjou

Après le combat, la colonne de secours du colonel Jeanningros ne retrouve que des corps dépouillés. On cherche en vain la main articulée que le capitaine Danjou s'était fait faire 10 ans auparavant. La prothèse est finalement retrouvée en juillet 1865 par le lieutenant autrichien Karl Grübert chez le propriétaire français d'un ranch aux environs de Tesuitlan, à 100 km du lieu du combat. Celui-ci la tenait d'un guérillero ayant participé au combat. Le lieutenant Grübert la lui rachète pour 50 piastres. Selon une autre source, la main du capitaine Danjou a été retrouvée lors de l'arrestation du général Ramirez qui la détenait.

Elle est ensuite rapportée à Sidi-Bel-Abbès en 1865 par le colonel Guilhem. Depuis, cette relique est conservée précieusement dans la crypte du Musée du Souvenir de la Légion étrangère à Aubagne. Elle est présentée tous les ans lors de la cérémonie de Camerone à la Maison mère, portée par celui qui a été choisi par ses pairs (et ce n'est pas nécessairement un officier, encadré par deux ou parfois trois accompagnateurs).

Sources : Képi blanc et Division histoire et patrimoine de la Légion étrangère

In memoriam[modifier | modifier le code]

Un tableau représentant son portrait au musée de la Légion étrangère est une œuvre du sergent Sméou, d’après photographie.

Une stèle est érigée en sa mémoire à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, et une plaque commémorative est apposée sur sa maison natale située dans la rue qui porte son nom à Chalabre dans l'Aude.

Apposé également sur les murs de sa maison natale, vers 1985, son portrait en gravure sur granit d'après des photos d'un buste en bronze du Musée de la Légion étrangère à Aubagne, réalisé par Michel Robardet, artiste peintre, graveur.

Le "domaine capitaine Danjou" est le siège de l’Institution des invalides de la Légion étrangère et de l’amicale des anciens de la légion étrangère du pays d'Aix et de la Sainte-Baume.

Le château abrite le musée de l'uniforme légionnaire, annexe du Musée de la Légion étrangère d'Aubagne, ainsi qu’une boutique ouverte au public et proposant à la vente les réalisations des ateliers.

Un quartier "capitaine Danjou" abrite le 4e RE, à Castelnaudary dans l’Aude. Réalisé en trois tranches successives. La première voit la réalisation des bâtiments des compagnies d'engagés volontaires, du PC, du stand de tir couvert, de l'ensemble alimentation - loisirs et du poste de sécurité. La seconde tranche des travaux permet la réalisation de toutes les installations techniques et le reliquat de l'infrastructure destinée à l'instruction spécialisée. La troisième tranche qui sort de terre à partir de 1988, comporte entre autres le cercle mess, l'infirmerie, les bâtiments destinés à héberger la CIC et la CIS. La piscine est inaugurée en 1997. Doté également d'un vaste complexe d'instruction à la conduite, le quartier se place parmi les centres d'instruction les plus modernes et les plus performants d'Europe.

Une promotion "capitaine Danjou", d’élèves officiers est donnée à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr 1971-1973. L’école est commandée par le général de Barry.