Benito Juárez

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Benito Juárez
Illustration.
Fonctions
Président du Mexique
Prédécesseur Benito Juárez (Gouv.Libéral)
Successeur Sebastián Lerdo de Tejada
Prédécesseur Benito Juárez (Gouv.Libéral)
Successeur Benito Juárez (Gouv.Libéral)
Prédécesseur Benito Juárez (Gouv.Libéral)
Successeur Benito Juárez (Gouv.Libéral)
Prédécesseur Ignacio Comonfort
Successeur Benito Juárez (Gouv.Libéral)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Oaxaca, (Mexique)
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Mexico, (Mexique)
Nationalité Mexicain
Parti politique Libéral
Liste des chefs d'État du Mexique

Benito Pablo Juárez García né le à Oaxaca, Mexique et décédé le à Mexico, Mexique. Il fut Président du Mexique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Indigène zapotèque, Benito Juárez est né au village de San Pablo Guelatao, dans la région connue aujourd'hui sous le nom de Sierra Juárez, dans l'État d'Oaxaca. Ses parents étaient paysans et moururent lorsqu'il était âgé de 3 ans. Il fut ensuite ouvrier agricole et berger jusqu'à 12 ans, quand il partit le à Oaxaca dans le but d'étudier et d'obtenir un meilleur niveau de vie, alors qu'il ne savait ni lire, ni écrire et qu'il ne parlait pas l'espagnol mais uniquement le zapotèque. À Oaxaca, il avait une sœur qui travaillait comme cuisinière, qui le reçut et lui trouva un travail de domestique. Un prêtre franciscain, nommé Antonio Salanueva, fut impressionné par l'intelligence du jeune garçon et sa facilité d'apprentissage. Il l'aida à intégrer le séminaire de la ville, dans laquelle il commença ses études et se dédia plus au droit qu'à la théologie.

Gouverneur de l'État d'Oaxaca en 1847, Juárez se distingua pour ses mesures progressistes, reconstruction du palais du gouvernement, amélioration des routes, établissement d'une carte de l'État et d'un plan de la ville d'Oaxaca, réorganisation de la garde nationale et rétablissement des finances publiques. Antonio López de Santa Anna, de retour au pouvoir, de nombreux libéraux furent exilés, lui-même s'en fut à La Nouvelle-Orléans. À la chute de Santa Anna, et pendant le gouvernement de Juan Álvarez, Juárez fut nommé ministre de la Justice et de l'Instruction publique, fit proclamer les lois sur l'administration de la justice et de l'organisation de tribunaux de la nation, du district et territoires (loi Juarez) qui abolissait les fueros, privilèges qu'avaient les militaires et le clergé sur les autres citoyens. Nommé à nouveau gouverneur d'Oaxaca, il convoqua des élections et fut réélu.

Juárez proclama à Oaxaca la constitution de 1857, il fut nommé la même année ministro de Gobernacion et plus tard président de la Cour suprême de justice pendant le gouvernement de Comonfort. Ce dernier ne reconnut plus la Constitution de 1857 et, après un coup d'État, Juarez avec d'autres libéraux fut emprisonné. Il fut libéré le 11 janvier 1858 et devint président de la république à Guanajuato. Il expédia alors les lois dites de la réforme (leyes de Reforma) qui assuraient l'indépendance de l'État vis-à-vis de l'Église, la loi sur le mariage civil et du registre civil, celle de cimetières et la nationalisation des biens de l'église.

Un soulèvement conservateur provoqua la guerre de Réforme, pendant laquelle Juárez assuma la présidence de la république (1858), et promulgua les Lois de Réforme un an plus tard. Ces lois constituent encore la base de l'État mexicain moderne : confiscation des biens du clergé et vente de terre de l'Église et séparation de l'Église et de l'État, fin de la reconnaissance des biens collectifs appartenant aux villageois, pour la plupart indigènes. Ces terres furent achetées par des spéculateurs pour la plupart issus du gouvernement de Juárez et les propriétaires terriens en profitèrent pour constituer ou agrandir leurs domaines.

McLane-Ocampo[modifier | modifier le code]

En 1859, son gouvernement signa avec les États-Unis le traité McLane-Ocampo, concédant des droits de passage perpétuels sur le territoire mexicain. En 1860, il entra dans la ville de Mexico et fut désigné de nouveau président en 1861. Pendant cette période, devant une situation financière grave à cause de la guerre civile, il décida de suspendre le 17 juillet 1861 le paiement de la dette extérieure, ce qui causa les protestations de la France, de l'Espagne et de la Grande-Bretagne. Cette situation entraîna l'invasion française, autrichienne, anglaise et espagnole, avec le soutien des conservateurs et de l'église défaits par la guerre de Réforme. Il s'ensuivit la proclamation de Maximilien d'Autriche (époux de Charlotte de Belgique) comme empereur du Mexique. Juárez est l'auteur de la loi dite « mortuaire » du 25 janvier 1862 contre les traîtres à la patrie. Cette loi ne prévoyait que deux peines : huit ans de prison ou la mort. Elle fut rétablie pendant la guerre civile mexicaine par Venustiano Carranza.

Menée par la bourgeoisie libérale et par ceux que les lois de la réforme avaient enrichis, une résistance à l'envahisseur s'organisa, couronnée par l'entrée de Benito Juárez dans la capitale, sa réélection comme président en 1867 et l'exécution de Maximilien. Cette nouvelle période se caractérisa par un autoritarisme et par de nouvelles difficultés financières. La perte de l'appui des libéraux, la montée du bandolérisme et les désordres sociaux minèrent les capacités politiques de Juárez. Il était franc-maçon, fondateur de la loge Rito Nacional Mexicano y adoptant le nom symbolique de Guillermo Tell[1],[2].

De nouveau élu président (mais seulement par le congrès) en 1871, Juárez qui n'a jamais été élu à la présidence, se confronta à des soulèvements, dirigés principalement par le général Porfirio Díaz. En 1871, Díaz, au cri de sufragio efectivo - no reeleccion (« suffrage effectif - pas de réélection », que reprendra plus tard contre lui Francisco I. Madero), se souleva contre Juárez, qu'il accusa de fraude et proclama le plan de la Noria qui donne le départ de la révolution de la Noria. Presque vaincu, Juárez mourut au Palais national le 18 juillet 1872 d'un infarctus. Lui succède alors Sebastián Lerdo de Tejada. Avant de terminer son mandat celui-ci organise sa réélection au moyen de fraudes massives. Porfirio Diaz reprend les armes et proclame le plan de Tuxtepec et le principe de la non-réélection. À la fin de 1876, Diaz se déclare président provisoire du Mexique.

Benito Juárez a figuré sur les pièces de 10 centavos frappées de 1956 à 1967, sur les pièces de 25 pesos de 1972, sur celles de 50 pesos dans les années 1980. Une série commémorative de 1, 5 et 10 pesos en 1957 pour le 100e anniversaire de la constitution libérale. Il a aussi figuré sur de billets de banques et l'actuel billet de 20 pesos est a son effigie. Il figure aussi sur de nombreuses médailles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Benito Juárez y el pensamiento masónico - Q.H. Cuauhtémoc D. Molina García, Pietre-Stones Review of Freemasonry
  2. Eugen Lennhof, Oskar Posner et Dieter Binder, Internationales FreimaurerLexikon, éd. Herbig, 2006 (ISBN 978-3-7766-2478-6)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]