Consoude

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les Consoudes (genre Symphytum) sont des plantes herbacées vivaces appartenant à la famille des Boraginacées (bourrache, myosotis). Affectionnant principalement les lieux humides, elles sont natives de l'Europe ou de l'ouest de l'Asie (Turquie, Hongrie, Caucase, Géorgie, Iran).

Le nom français « consoude » provient des capacités de ces plantes à accélérer la consolidation des fractures grâce à leur teneur en allantoïne. Elles étaient en effet très utilisées autrefois pour cet usage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Connues depuis l'antiquité comme plantes médicinales, les consoudes ont été propagées le long des grandes routes européennes par les pèlerins et les gens du voyage. En vogue au XIXe siècle en Angleterre, elles ont connu un engouement depuis les années 1960 aux États-Unis et ailleurs pour leur intérêt thérapeutique et pour le jardin. Enfin, les horticulteurs ont développé des variétés ornementales dans le but d'obtenir des effets de massifs intéressants. On peut donc rencontrer les consoudes dans la nature, mais aussi dans les jardins, près des habitations, échappées des cultures ou au bord des chemins.

Description générale[modifier | modifier le code]

Diagramme floral du genre Symphytum

Les feuilles sont velues et épaisses, élancées et rudes au toucher, soutenues par un solide pétiole.

Les racines généralement charnues sont, suivant l'âge, brunes à noires à l'extérieur et blanches à l'intérieur. Certaines variétés possèdent des racines dont la taille peut atteindre 180 cm.

Au milieu de la touffe de feuilles émergent des tiges florifères garnies de clochettes de couleur variable suivant les variétés. Les tiges sont souvent ailées (les ailes des pétioles se prolongeant le long de la tige)

La corolle est formée par 5 pétales soudés ensemble. Les sépales et les étamines également au nombre de 5, donnent naissance à 4 graines noires (akènes ou nucules)

Les boutons floraux enroulés en spirale se déroulent et changent souvent de couleur au fur et à mesure de leur épanouissement, à l'usage des insectes pollinisateurs. De même, l'extrémité de la corolle est davantage colorée, comme pour indiquer l'entrée. Les fleurs sont en effet très mellifères, bien que tous les insectes ne soient pas capables de la polliniser. Ils doivent forcer un double fond dans la corolle avant de pouvoir atteindre le nectar ! Il n'est pas rare de voir les bourdons grignoter la paroi par l'extérieur avec leurs mandibules, offrant ainsi le passage à d'autres insectes attirés par le puissant parfum d'eux seuls perceptible… Ceci explique que parfois les graines (nucules) ne soient pas très nombreuses. Les graines n'apparaissent que rarement sur les variétés hybrides (stérilité ou difficulté de pollinisation ?)

Principales espèces et variétés[modifier | modifier le code]

  • La consoude de Russie : le terme de "consoude de Russie" n'est pas réservé à une espèce précise. Il s'agit en réalité d'une appellation populaire fourre-tout qui comprend des variétés de grand développement pour un usage agricole, aussi bien hybrides que non, et importées de Russie en Angleterre dans le but d'un usage agricole.

La distinction des variétés a été historiquement confuse, et cette confusion se poursuit toujours. Des variances de couleur (entre autres) sont observées pour la consoude officinale et par conséquent les consoudes de Russie hybrides. Les feuilles sans pétioles se prolongent parfois sur la tige sous forme d'ailes, ce qui est un des caractères permettant une différenciation.

La couleur de la corolle n'est pas forcément déterminante de la variété, mais plutôt sa forme ou sa taille, qui varie très légèrement. La Consoude de Russie hybride a une corolle plus longue que la consoude officinale. L'ouverture de la corolle est plus étroite pour l'officinale ainsi que l'hybride, ce qui n'est pas le cas de certaines autres variétés. La plupart du temps, on risque de trouver soit l'une ou l'autre de ces deux variétés. Le plus simple pour les distinguer est de regarder les ovaires des fleurs fanées. S'ils sont desséchés, ils sont sans doute stériles, et donc la variété est probablement hybride. S'ils sont pleins de nucules, on a affaire à une variété botanique fertile comme la consoude officinale.

  • On compte de nombreuses espèces et variétés de consoudes. Parmi les nombreuses variétés, certaines sont adaptées aux régions froides (Baltique) et d'autres aux climats équatoriaux. Plusieurs variétés ont été cultivées par des milliers d'exploitations à des fins fourragères :
  • Symphytum asperum Lepech. (1805) (ou Symphytum asperrimum Sims) : consoude rude ou consoude hérissée, aux clochettes rose bengale virant au bleu de cobalt. La plus rude au toucher. Grand développement, entre dans le groupe dit « de Russie ».
  • S. bulbosum K.F.Schimp : consoude bulbeuse Rare, très ressemblante à S. tuberosum, à fleurs blanc-jaune, elle ne présente pas l'intérêt agricole ni thérapeutique des autres consoudes.
  • Symphytum caucasicum M.Bieb : consoude du Caucase, a été importée en Angleterre en 1811 pour évaluer ses qualités fourragères (médiocres) alors que la consoude de Russie avait été importée en Angleterre vers la fin du XVIIIe siècle. Aux clochettes bleues, cette espèce a donné naissance à des cultivars horticoles tels que 'Variegatum' au feuillage panaché, S.caucasicum 'Eminence' ou S.caucasicum 'Norwich Sky'.
  • S. floribundum Shuttlew. ex E.P.Bicknell : consoude à nombreuses fleurs
  • S.grandiflorum DC. : consoude à grande fleur qui se reconnaît à ses stolons. Sa corolle longue de 2,5 cm a également inspiré les horticulteurs : Blaueglocken (bleu ciel), Goldsmith (aux feuilles liserées de jaune, fleur crème), Hidcote blue (bleu tendre à blanc), Hidcote Pink (rose saumoné à blanc), Indigo (bleu)
  • S. ibericum Stev à la longue floraison a donné naissance à de nombreux cultivars horticoles diversement colorés : All Gold (feuillage doré), Gold in spring, Jubilee, Lilicinum Pink Robins, Variegatum, Wisley Blue, Miraculum… Cette variété est souvent donnée à tort comme synonyme de la consoude à grandes fleurs en raison de leurs caractères voisins.
  • Symphytum officinale L. (1753) : consoude officinale ou grande consoude, décrite dans tous les livres de botanique. Il existe plusieurs variations dans la couleur des fleurs. En principe blanc crème, il existe une variété S. officinale var. patens de couleur mauve également très répandue. Les tiges sont ailées. Les consoudes officinales sont les plus fréquentes en raison de leur dissémination par graines.
  • Symphytum orientale L. (synonyme possible Sympytum tauricum Willd.) : consoude d'Orient, petite aux feuilles en forme de cœur, fleurs blanches peut se rencontrer sur le littoral européen atlantique.
  • S. peregrinum Ledeb. : consoude voyageuse
  • S. tuberosum L. : consoude tubéreuse Elle se différencie par son faible développement et sa résistance à la sécheresse. Se rencontre dans les régions méridionales jusqu'en Corse.
  • S. ×rubrum : consoude pourpre elle est issue d'un croisement entre S. ibericum et S. officinale.
  • S. ×uplandicum Nyman (1854) : consoude de Russie hybride : résultant de l'hybridation naturelle ou non de S.asperum et S. officinale. Les variations dépendent de celles de la consoude officinale du parent. Elles sont bien plus vigoureuses en général que leurs parents et ne donnent pas (ou très rarement) de graines. Le terme de consoude voyageuse Symphytum peregrinum Ledeb. est généralement donné comme équivalent à la Consoude hybride (S. ×uplandicum). Cependant certaines publications en font une description à part. Il pourrait s'agir d'une confusion ou simplement du fait que cette consoude hybride (aux fleurs bleues et aux boutons roses) décrite à l'origine comme un type particulier, ait simplement rejoint la classe plus générale des hybrides.

Seules les consoudes officinale, tubéreuse et bulbeuse sont indigènes en France, les autres sont subspontanées (échappées des cultures).

Les consoudes hybrides sont soit spontanées lorsque les parents croissent dans le voisinage, soit artificielles. Les consoudes hybrides sont le plus souvent dispersées par les cultures (subspontanées). Par ailleurs, les consoudes ont été plantées le long des chemins de pèlerinage pour qu'elles soient disponibles partout pour un usage médicinal.

La consoude officinale a donné des cultivars ornementaux : S. o. aureum et argenteum au feuillage panaché jaune ou blanc. S. o. coccineum (bleu), purpureum (pourpre). S. o. Empire (pourpre violacé) qui est stérile pourrait être un hybride… Aureo-variegatum est un cultivar au feuillage panaché de jaune de la consoude hérissée.

D'autres variétés sont connues sous le nom de :

  • consoude bleue (S. azureum), variété frêle
  • consoude cordée (S. cordatum) de petite taille utilisée en horticulture.

et pour donner un vertige supplémentaire : S. echinatum, S. micum, S. gussonei, S. hajastanum, S. icaricum, S. insulare, S. carpatinensis S. kurdicum, S. longipetiolatum, S. longisetum, S. mediterraneum, S. naxicola S. nodosum, S. ottomanum, S. palaestinum, S. pseudobulbosum, S. savvalense S. sepulcrale, S. sylvaticum, S. zeyheri, S. bohemicum F. W. Schmidt 1794, S. uliginosum Kern., S. foliosum Rehm., S. leonhardtianum Pugsley, S. ×polonicum Bocki, S. × var. glabrescens Nickl., S. tanaicense Stev., S. × ullepitschii Wettst. La détermination exacte est comme de coutume une affaire de spécialiste.

Les classifications elles-mêmes étant susceptibles de se modifier au fur et à mesure des investigations scientifiques modernes.

La variété des consoudes et des nombreuses hybridations possibles rallonge régulièrement la liste des variétés créées par les obtenteurs horticoles.

Les sélections de Bocking[modifier | modifier le code]

L'histoire de la consoude est, on le voit, très liée à l'Angleterre et rien d'étonnant que sa popularité lui ait fait gagner ses lettres de noblesse dans ce pays. À partir de 1955, la H.D.R.A.(Henry Doubleday Research Association), en la personne de Lawrence D. Hills, a procédé à des études comparatives dans sa station anglaise de Bocking, Braintree Essex. Cette station a étudié les différentes souches et a notamment sélectionné un hybride no 14 particulièrement intéressant pour le jardin et un hybride no 4 idéal pour l'usage fourrager. Cette association jouit d'une notoriété mondiale et la culture biologique a trouvé son synonyme anglais de « comfrey gardening ». Elle continue entre autres son programme de vulgarisation de la consoude à Ryton on Dunsmore, COVENTRY CV8 3LG. Elle doit son nom à l'introducteur de la Consoude de Russie en Angleterre. Cultivars horticoles: S.x U. Variegatum (panaché) ; S.x U.Jenny Swales

Utilisation[modifier | modifier le code]

Très utilisée en permaculture, la consoude est utile pour tous les jardiniers car elle est capable de récupérer gratuitement les précieux nutriments du sol telle une pompe fonctionnant à l'énergie solaire. Avec ses profondes racines, la consoude ramène du sous-sol de nombreux oligo-éléments et minéraux. C'est pour cette raison qu'on plante souvent des consoudes autour des arbres fruitiers. En effet, les deux plantes ne se font pas concurrence puisque leurs racines sont situées à différents niveaux de profondeur. C'est surtout pour la potasse que l'effet-consoude est le plus efficace (ce qui en fait un excellent engrais pour pomme de terre et tomate). Le tableau ci-dessous en révèle l'extraordinaire richesse, d'autant plus qu'il existe peu d'engrais organiques potassiques. La sélection "Bocking 14" est la plus douée à cet égard, car elle en fixe deux fois plus que la consoude officinale. C'est pour cette raison que la saveur des feuilles est amère et donc déconseillée pour l'alimentation de bestiaux et l'usage humain. Le rapport carbone/azote de la consoude fanée est de 9,8, soit celui d'un compost très mûr. C'est pour cette raison que Hills[1] l'a nommée "instant-compost": elle est utilisable en l'état (fanée) par le jardinier parce qu'elle ne provoque pas de faim d'azote.

Comparatif entre consoude, fumier et compost
% eau % azote % phosphore % potasse C/N
fumier 76 0,64 0,23 0,32 14
consoude fanée 75 0,74 0,24 1,19 9,8
compost de consoude 32 0,55 0,91 3,04 7,8
compost 76 0,5 0,27 0,81 20

Le purin de consoude[modifier | modifier le code]

Le purin de consoude se fabrique en laissant macérer 1 kg de consoude dans un récipient non métallique contenant 10 litres d'eau de pluie. Il sera utilisé dilué à 10 %. Une autre méthode de fabrication est possible sans adjonction d'eau[2].

Ce purin contient du calcium, du fer, du magnésium, du cuivre, du potassium, du bore, du manganèse, et du zinc.

Plante médicinale[modifier | modifier le code]

Riche en calcium, potassium, phosphore, vitamine B12, fer et silice, la consoude est très utile en traitement d’appoint par cataplasme pour faciliter la cicatrisation de plaies ou de fractures.

Culture[modifier | modifier le code]

Les jardiniers s’intéressent à la culture de la consoude, dans le but d’en récolter les feuilles plus tard, et d’en faire du purin de consoude. La sélection bocking 14 est recommandée dans ce cas. Non seulement, parce qu’elle est la plus riche en éléments fertilisants, mais aussi parce qu’elle est stérile, et donc n’est pas envahissante pour le jardin. Cette variété de consoude ne se multiplie que par bouture.

La culture de la consoude est facile à réaliser. Une fois le terrain bien préparé, il faut planter les boutures de consoude à 5 - 7 cm de profondeur, puis à 60 centimètres dans le rang et 60 centimètres entre les rangs[3]. Il n’y a pas de soin particulier à apporter quant au suivi de sa plantation.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 16e jour du mois de floréal, est officiellement dénommé jour de la Consoude[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Bernard Bertrand, La consoude, trésor du jardin, 01/10/2007, Terran (Éditions de) - (ISBN 978-2-913288-74-4)

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]